IX

Le lendemain, Gilberte apparut, ravissante dans un petit

costume d’automne, mais fort grave, et ce jour-là on ne

l’entendit ni chanter ni rire.

A peine à déjeuner eut-elle un éclair de sa gaîté mordante

habituelle, en trempant sa lèvre rose dans le champagne

mousseux.

Simiès, avec son rire satanique et sans égard pour son

clérical de neveu, comme il appelait le jeune Daltier, se

remit à philosopher et à tourner en dérision toute divinité

et toute religion.

Il savait Albéric réfractaire à ses principes anti-chrétiens

et prenait plaisir à assombrir ce beau visage calme et noble.

Albéric le réfutait en quatre paroles, mais il ne laissait

pas la discussion monter à l’état de dispute, trop courtois

et trop respectueux comme hôte et comme neveu du châtelain

des Marnes, pour manifester son dédain.

Mais, en regardant Gilberte, l’envie lui prenait de

l’emporter dans ses bras pour l’enlever à ce milieu funeste

où, goutte à goutte, on versait le poison dans son âme

innocente.

"Enfin, se disait-il, dans quelques jours elle sera à

l’abri. J’augure bien de son séjour dans une famille

chrétienne, et ensuite... eh bien! ensuite, que Dieu la

garde!"

Gilberte avait obtenu de son oncle de choisir le toit des de

Carcanne pour le temps où elle se trouverait sans lui à

Paris, et elle avait fait part de son succès à son cousin.

Simiès annonça ses projets à ses amis, et naturellement on

nomma les de Carcanne.

L’athée goûtait peu leur compagnie pour lui-même, mais il

était bien aise de leur confier sa nièce, ce qui ne

l’empêchait pas de déblatérer contre eux.

— M. et Mme de Carcanne, dit-il de son ton âpre, sont

incontestablement de bonnes gens, agréables sous certains

rapports; sous d’autres ils se montrent fort ridicules;

figurez-vous qu’ils se gardent depuis quinze ans une fidélité

conjugale qui fait sourire; de notre temps, un mari et une

femme ont assez l’un de l’autre au bout de trois mois; ceux-

ci sont tels qu’au premier jour. Philémon et Baucis n’étaient

rien auprès d’eux.

— Mon oncle, dit gravement Gilberte, pourquoi vous moquez-

vous d’eux au moment où vous allez leur demander un service

qu’ils ne vous refuseront pas, bien certainement?

— Cette petite fille ose tout dire vraiment, grommela le

vieillard un peu vexé de l’observation de l’enfant.

Aussi continua-t-il, comme par bravade:

— M. de Carcanne est un utopiste qui élève ridiculement les

enfants dans la crainte du Seigneur; il en fait de petites

nonnes et des séminaristes en herbe.

— Et Madame? demanda quelqu’un.

— Madame? il la prête à tout le monde, elle est la femme de

tous, elle rend service à tous et l’on s’adresse à elle des

quatre coins de l’univers; elle est confite en dévotion et

n’a certainement jamais lancé un coup d’œil à son miroir ni

dit un oui pour un non. Or, une femme n’est plus une femme si

elle n’est coquette et rusée.

— Je ne suis pas de votre avis, mon oncle, dit Albéric d’une

voix très ferme, et je n’estime une femme qu’autant qu’elle

est modeste et sincère.

— Mon neveu, répondit mielleusement Simiès, vous êtes un

idéaliste, vous; ici nous n’aimons pas l’idéal; nous

n’avons pas la même manière de voir, c’est convenu. Ainsi

vous vivez comme ce bon M. de Carcanne, moi j’adore le

plaisir et j’en use; que voulez-vous? c’est ma façon, à

moi, d’aller en paradis.

— Mais j’aime aussi le plaisir, mon oncle, riposta Albéric,

seulement j’ai horreur de la débauche! La religion que vous

me reprochez de pratiquer ne défend pas toutes les

distractions; elle est indulgente.

"Et il se croit heureux au milieu du perpétuel

étourdissement de sa vie! pensa le jeune homme en regardant

Simiès avec une pitié profonde. Combien est plus belle la

part que j’ai choisie! Pauvre Gilberte! que deviendra-t-

elle aux côtés de cet impie malgré sa noble nature? Oh!

malheur, malheur à qui enseigne à l’enfant la science du mal

! que je plains mon oncle s’il l’entraîne quelque jour avec

lui dans la fange où il vit! Moi je suis impuissant, je ne

puis que prier pour eux."

Huit jours après, Gilberte, le cœur un peu gros en se

séparant du vieillard qui la gâtait tant, entrait chez les de

Carcanne.

Les excellentes gens n’avaient pas accueilli avec beaucoup

d’empressement la proposition de Simiès, mais leur compassion

et leur bonté prenant le dessus, ils y répondirent

affirmativement et reçurent à bras ouverts l’orpheline,

petite brebis égarée qu’ils n’espéraient pas beaucoup voir

revenir à des sentiments chrétiens.

Mais ils ne se doutaient pas que l’enfant était encore tout

imbue des sages conseils de son cousin Albéric, reparti pour

Marseille le lendemain de sa grande conversation avec la

fillette.

Gilbert avait bonne mémoire et bonne volonté; elle tenait

aussi à contenter M. et Mme de Carcanne qui la traitaient

comme leur propre fille.

Frappés de la profonde innocence de ses yeux, ils comprirent

que cette enfant, qui entendait de si singuliers propos dans

la maison de son oncle, était aussi candide au fond que leurs

petits anges aimés.

Pendant onze mois, Simiès reçut de sa nièce les lettres les

plus élogieuses sur les Carcanne: elle était chez eux,

aimée, gâtée, choyée, elle se portait bien et était sage.

"Sage? oui, à sa manière! ricanait l’athée en lisant ces

épîtres; doit-elle leur en faire voir à ces pauvres Carcanne

qui ouvrent de grands yeux quand on leur parle opéra ou qu’on

prononce devant eux le mot amour! Ah! ah! ah! il me tarde

de retrouver mon beau lutin qui s’ennuie fameusement là-bas,

quoiqu’elle ne s’en plaigne pas. Voyons, elle va avoir quinze

ans, il faudra que je songe à la présenter dans le monde,

parce que, ensuite, l’âge viendra m’empêcher de l’y conduire;

je ne suis plus un jeune homme, que diable!"

Mais ce dont il ne se doutait pas, le malheureux, c’est que

son beau lutin avait supplié ses amis de lui apprendre ses

prières, ce qu’ils avaient fait avec bonheur.

Et à mesure que la fillette retrouvait les hymnes de son

enfance apprises jadis sur les genoux de sa mère, ses

souvenirs, trop longtemps étouffés, sortaient de leurs

sépulcres rouverts.

Avec l’ardeur d’une néophyte, elle voulut assister à tous les

offices de l’église, donner aux pauvres tout l’or de sa

petite bourse bien garnie par les soins de Simiès; enfin,

voyant Marie, la fille aînée de M. de Carcanne, se préparer à

sa première communion, elle obtint d’accomplir elle aussi

cette grande action.

C’était une belle occasion dont il fallait profiter; le curé

de Saint-Augustin, consulté et instruit de la position de

l’enfant, l’admit aux catéchismes, et Gilberte y montra une

assiduité et une intelligence telles qu’elle passa un examen

brillant et fut invitée à suivre la retraite avec sa petite

amie.

Sa piété était un peu exaltée comme celle des convertis, en

général, mais elle était sincère, et, le grand jour arrivé,

Gilberte s’agenouilla à la sainte table, souffrant un peu de

n’y être suivie par aucun parent tandis que ses compagnes

étaient escortées des leurs, et la vision du passé lui revint

et la fit pleurer en songeant combien elle était seule sur la

terre.

Le lendemain elle fut confirmée, et, six semaines plus tard,

son oncle de retour en France l’enlevait à ses amis en

remerciant ceux-ci des soins dévoués qu’ils avaient prodigués

à l’enfant.

Simiès ramena triomphalement sa nièce à l’hôtel de la rue de

Lisbonne, rouvert pour les recevoir; Gilberte ne quitta

point les de Carcanne sans un véritable serrement de cœur,

mais elle était heureuse de retrouver son oncle et

s’imaginait, pauvre illusionnée dans l’enthousiasme de sa foi

renouvelée, qu’elle allait convertir le vieil athée à ses

idées chrétiennes.

Les de Carcanne eux-mêmes regrettèrent la jolie fillette qui

était reconnaissante de leurs bontés et qui ne leur avait

donné que de la satisfaction pendant plusieurs mois qu’elle

leur avait été confiée. Ils ne devaient plus la revoir

souvent, car, peu après, M. de Carcanne fut appelé en

Périgord par un héritage inattendu qui lui apportait un beau

domaine où il s’installa presque définitivement avec toute sa

famille.

Pendant quelque temps les jeunes filles entretinrent une

correspondance assez assidue, puis, un beau jour, Simiès

détourna les lettres des petites de Carcanne et Gilberte,

voyant les siennes demeurer sans réponses, s’en blessa et ne

donna plus signe de vie à ses amies.

X

Simiès éprouva du désappointement en retrouvant Gilberte

grave et posée.

Comme elle était la franchise même, elle ne voulut rien

cacher à son tuteur et lui raconta qu'elle était revenue à la

foi et qu'elle désirait continuer à accomplir ses devoirs

religieux.

— Vous êtes mécontent, mon oncle, ajouta-t-elle en voyant le

pli de colère s'accuser sur le front du vieillard, et vous me

reprochez ce changement: ne l'imputez pas à mes amis, c'est

moi seule qui l'ai exigé, et ce que j'ai fait c'est moi qui

l'ai voulu; or vous savez que, quand je veux une chose, je

la veux bien, dit-elle câlinement pour apaiser Simiès qu’elle

devinait furieux.

Mais Simiès était habile; il ne manifesta sa rage qu’en

s’écriant avec un haussement d’épaule significatif:

— Tu es une imbécile et les de Carcanne encore plus. Je te

croyais plus intelligente.

Peinée et blessée, Gilberte ne répliqua point.

En lui-même l’athée se disait:

"Bah! tout beau, tout nouveau; je ne m’en inquiète guère;

l’enfant devait inévitablement tomber dans la bigoterie de

ces gens-là; mais j’ai mon plan et je parie que d’ici

quelques mois j’aurai retrouvé ma Gilberte d’autrefois, mon

gentil démon!"

Il avait son plan, en effet, le misérable, et son plan était

infernal: il ne tourmenta point Gilberte, il ne l’empêcha

point d’aller à la messe le dimanche ni de faire sa prière

soir et matin; il fermait les yeux avec une tactique habile,

se contentant de railler.

Il lui donna pour institutrice une Américaine absolument

dénuée de piété, qui avait pour unique qualité de parler fort

bien l’anglais; il lui mit entre les mains des livres qu’il

choisit progressivement mauvais et sceptiques; enfin soit à

Paris, soit aux Marnes, soit à Nice, soit à Biarritz, bref

dans tous les lieux où il la conduisit, il eut soin de la

lancer dans le monde de telle sorte que le tourbillon des

plaisirs entraîna et grisa la jeune fille si bien que sa vie

dissipée ne trouva plus de place pour la prière.

Un jour vint où Gilberte avait tout oublié: les souvenirs de

sa première communion, les recommandations des de Carcanne,

les conseils d’Albéric et l’existence de tous les Daltier du

monde.

Simiès avait donc bien réussi, et, avec son rire de démon il

se frottait les mains en murmurant:

— Je savais bien que je ressusciterais l’ancienne Gilberte.

Mort et damnation! Si elle était restée ce qu’elle était il

y a deux ans, en sortant de chez ces idiots de Carcanne, je

ne l’aurais pas gardée; mais à présent il n’y a plus rien à

craindre; cette cire molle gardera mon empreinte.

Il y avait une chose cependant que Simiès n’avait pu enlever

de l’âme de Gilberte: son amour pour les pauvres vers

lesquels la portait sa générosité habituelle.

De même qu’elle ne pouvait voir un animal blessé sans le

soulager à l’instant, de même elle ne pouvait voir un

malheureux souffrir sans y apporter du remède.

Elle, autrefois si hautaine, prenait à présent en pitié les

vagabonds exposés aux rudes caresses du vent ou aux morsures

du soleil; les gens du peuple, les travailleurs au front

mouillé toujours courbé vers un sol ingrat pour lui arracher

un morceau de pain noir, sans autres jouissances qu’un rayon

chaud en hiver et un peu d’ombre en été, sans fêtes, sans

plaisirs, sans musique, sans repos, souvent enfin sans

récompense.

Parfois, dans ses chevauchées aux Marnes, Gilberte, arrêtant

sa monture, causait avec eux de la moisson, de la vendange et

des espérances de l’année; il y avait souvent une éloquence

étonnante sur les vieilles lèvres flétries des paysans et des

paysannes, et une grande leçon dans leur résignation

héroïque.

Ce qui surprenait douloureusement la jeune fille, c’était de

voir son oncle, si imbu de principes égalitaires, refuser une

pièce de monnaie à l’affamé, lui qui mettait deux francs dans

ses moins bons cigares.

Aussi se moquait-il de sa nièce quand il la voyait vider sa

bourse dans les mains du premier vagabond venu.

— Ma mère aimait à me voir donner aux malheureux, elle me

l’enseignait lorsque j’étais petite, répondait Gilberte un

peu attristée de ses sarcasmes.

— Ta mère était une femme d’esprit et de grande beauté, je ne

le conteste pas, mais elle manquait absolument de sens

pratique, répliquait Simiès de son ton railleur.

Mais Gilberte n’en continuait pas moins à secourir les

misérables, autant qu’elle pouvait en trouver le temps dans

son existence affairée de mondaine.

— Vois-tu, lui disait encore son excellent oncle, pourquoi se

dépouiller pour autrui? ce qu’on donne, on ne l’a plus, donc

autant le garder. En ce monde, il faut le plus possible tirer

la couverture à soi, comme on dit. Il serait excessif

d’affirmer, je le veux bien, que toutes les femmes pieuses

adonnées aux bonnes oeuvres soient niaises, mais combien les

autres sont plus amusantes!

— En général pourtant, mon oncle, ripostait Gilberte vexée

pour son sexe, en général les femmes frivoles et égoïstes ne

sont pas douées d’intelligence transcendante.

— Bah! j’estime qu’une femme n’est spirituelle et

intelligente qu’autant qu’elle s’amuse et amuse les autres.

— Cependant... regardez Mme Hermès.

— Tu me cites là une exception. Que diras-tu de son mari,

grands dieux, alors? Ce pauvre Hermès, un vrai poupard!

— Il est très bon, rétorqua Gilberte; l’habit ne fait pas le

moine, ni l’air la chanson.

— Toi d’abord, Gilberte, tu as l’esprit de contradiction

jusqu’au bout des ongles; allons, viens me chanter quelque

chose et ne garde pas rancune pour ses taquineries à ton

vieux scélérat d’oncle qui t’adore.

Là-dessus Gilberte se mettait au piano et, ayant perdu chez

les de Carcanne le goût des couplets d’opérette lestes ou

égrillards, elle entonnait une rêveuse ballade qu’elle disait

avec beaucoup d’expression.

— Trop d’âme! oh! trop d’âme! s’écriait Simiès en simulant

un frisson. Très joli peut-être, mais trop triste. Brrr! Tu

me ferais pleurer pour la première fois de ma vie.

Alors la jeune fille prenait en soupirant la partition de la

Mascotte ou de Giroflé-Girofla.

C’est ainsi qu’elle recouvra l’habitude de chanter ce que ne

chante pas une femme qui se respecte.

C’est ainsi que s’éteignirent peu à peu toutes les bonnes

pensées, toutes les pieuses résolutions de Gilberte Mauduit.

Qu’était-elle devenue, cette étincelle divine tombée du ciel

dans l’âme de cette enfant au jour de sa première communion?

Le souffle empoisonné de l’athéisme allait-il flétrir tout à

fait cette innocence ou bien ceux qui veillaient sur elle de

là-haut allaient-ils l’en préserver?

A dix-huit ans, Gilberte Mauduit était une ravissante

créature, blanche comme la neige avec de magnifiques cheveux

couleur vieil or et une regard de velours; à l’éclat

magique, au sourire enchanteur, à la taille svelte et souple.

Simiès en était plus fier que jamais.

A son retour d’Amérique, il avait été frappé de son

changement, car il avait laissé une fillette encore maigre et

pâlotte; et il retrouvait une adorable jeune fille, presque

une femme.

Rien de plus délicieux, en effet, de plus séduisant que ce

visage rêveur ou mutin, selon l’impression qui l’animait.

Aussi, partout où la conduisait son oncle, recevait-elle un

tribut d’admiration à laquelle, habituée de trop bonne heure,

elle ne prêtait plus attention; à Aix-les-Bains, à Bade en

été; à Nice en hiver; à Biarritz où elle passait le mois le

plus chaud de l’été et où, au moment où la foule élégante se

donne rendez-vous à la plage, on la regardait nager; blanche

dans l’eau bleue ou verte, comme si elle fût de marbre.

Elle avait cependant des jours de mélancolie, de lassitude

intense, comme si un ange miséricordieux fût venu toucher son

front d’une pensée plus haute au milieu du tourbillon mondain

dans lequel s’égrenaient ses années de jeunesse.

Aux bains de mer, Gilberte contracta, un été, une de ces

liaisons éphémères, mais assez intimes pour laisser un

souvenir au cœur: elle s’était attachée à une famille

espagnole dont les jeunes filles, Mercédès, Sixta, Callista,

toutes gentilles et aimantes, menaient à la fois joyeuse

existence et pieuses pratiques de religion; un matin elles

entraînèrent Gilberte avec elles à l’église: on y célébrait

un service funèbre pour un de leurs parents mort peu

auparavant.

Gilberte n’avait jamais assisté à semblable cérémonie depuis

qu’elle avait perdu sa mère, et à ce moment-là elle était si

jeune et elle pleurait tant qu’elle n’en avait gardé aucune

mémoire. Cette fois-ci elle fut étonnée et profondément

impressionnée de la beauté de cette fête triste. Au retour,

comme son oncle lui proposait gaiement une partie folle à San

Sebastian, elle lui dit pour toute réponse, le regard perdu

dans le vague:

— Mon oncle, lorsque je mourrai, je veux que l’on m’enterre

chrétiennement et je veux qu’on chante le Dies irae à ...

— Est-ce que tu deviens folle? s’écria Simiès en se

retournant brusquement.

Le lendemain, il emmenait Gilberte à Arcachon, avec une

troupe folle de Parisiens rencontrés à Bayonne.

Mais, souvent, une vision plus grave passa devant les yeux de

la jeune fille dans ses heures solitaires, heures bien rares,

il est vrai, et, tandis que le chant du Dies irae et la douce

plainte du Pie Jesu revenait à son oreille, elle murmurait:

— Je ne veux pas, si je meurs, que l’on m’enterre civilement,

je veux que ce soit comme pour ma mère.

Mais le lendemain un plaisir nouveau venait s’offrir à elle,

et dans son esprit mobile la romance amoureuse d’un opéra en

vogue remplaçait le Pie Jesu.

Une Pupille Genante · 第 16 / 33 题