XVII

Quand nous nous sommes rencontrés mon cœur s’exprimait en musique:

«Celle qui est à jamais loin de toi s’est à jamais rapprochée.»

Mon chant s’arrête, et j’en viens à croire ma Bien-Aimée toute proche,

oubliant en vérité qu’elle est loin, très loin de moi.

La musique comble l’infini qui sépare nos deux âmes. Or ceci nous était

caché jadis par le brumeux écran des choses quotidiennes.

Au sein des fugaces nuits d’été, lorsqu’une rumeur s’élève du silence,

je pleure l’absence de celle qui est près de moi. Je m’interroge: «Quand

donc pourrai-je murmurer à son oreille des mots qui portent en eux le

rythme de l’éternité?»

Sortez de vos langueurs, ô mes chants! A travers l’écran déchiré des

choses quotidiennes montez jusqu’à ma Bien-Aimée dans la surprise

éternelle des premières rencontres!

La fugitive · 第 80 / 98 题