Quand nous nous sommes rencontrés mon cœur s’exprimait en musique:
«Celle qui est à jamais loin de toi s’est à jamais rapprochée.»
Mon chant s’arrête, et j’en viens à croire ma Bien-Aimée toute proche,
oubliant en vérité qu’elle est loin, très loin de moi.
La musique comble l’infini qui sépare nos deux âmes. Or ceci nous était
caché jadis par le brumeux écran des choses quotidiennes.
Au sein des fugaces nuits d’été, lorsqu’une rumeur s’élève du silence,
je pleure l’absence de celle qui est près de moi. Je m’interroge: «Quand
donc pourrai-je murmurer à son oreille des mots qui portent en eux le
rythme de l’éternité?»
Sortez de vos langueurs, ô mes chants! A travers l’écran déchiré des
choses quotidiennes montez jusqu’à ma Bien-Aimée dans la surprise
éternelle des premières rencontres!