Le nom qu’elle avait coutume de me donner, pareil au jasmin fleurissant
embauma les années de notre amour. Les reflets qui tremblent avec les
feuillages, les senteurs de l’herbe dans la nuit pluvieuse, la paix des
heures qui terminent un soir paresseux, se mêlaient à son écho.
Celui qui répondait à ce nom n’était pas seulement une œuvre de Dieu;
_elle_ aussi le recréa pour elle au cours des années fugitives.
Depuis, les jours vagabonds ne se groupent plus dans le nom murmuré par
sa voix. Ils disent: «qui nous rassemblera désormais? nous cherchons
notre bergère...»
Comme les nuages du soir ils vont à la dérive; ils flottent dans
l’obscurité; ils se perdent dans l’éternel oubli.