Votre pensée m’accompagne sans cesse, Bien Aimée; puissiez-vous en
retour ne pas penser à moi seulement quand vous en avez le loisir. Ma
vie se passe à vous attendre; puissiez-vous ne pas venir à moi seulement
quand vous vous souvenez!
Sur ma couche solitaire je demeure des nuits entières à vous espérer. La
lueur de ma lampe pâlit enfin dans l’aube naissante, et mes yeux sont
las d’avoir longtemps veillé.
Couronnée de grâces vous marchez en chantant au milieu des heures
heureuses. Se peut-il qu’à ces heures heureuses j’aille mêler mes pas si
le hasard me les fait rencontrer?