Jadis, chaque matin, quand la rosée luisait dans l’herbe, vous veniez
balancer mon hamac. Mais, glissant des sourires aux larmes, je ne vous
reconnaissais pas.
Durant les somptueux midis d’Avril vous me parliez, je crois, de vous
suivre. Mais je cherchais votre visage, et voici qu’entre nous passaient
des processions fleuries, et des hommes et des femmes jetant leurs
chansons aux souffles du sud.
Sur la route je vous ai croisé sans vous reconnaître. Et puis, certains
jours plein du vague parfum des lauriers roses, plein du vent qui
s’obstinait parmi les gémissantes palmes, je vous ai longuement
considéré. Et je ne savais pas si vous m’aviez jamais été inconnu.