XXIV

Jadis, chaque matin, quand la rosée luisait dans l’herbe, vous veniez

balancer mon hamac. Mais, glissant des sourires aux larmes, je ne vous

reconnaissais pas.

Durant les somptueux midis d’Avril vous me parliez, je crois, de vous

suivre. Mais je cherchais votre visage, et voici qu’entre nous passaient

des processions fleuries, et des hommes et des femmes jetant leurs

chansons aux souffles du sud.

Sur la route je vous ai croisé sans vous reconnaître. Et puis, certains

jours plein du vague parfum des lauriers roses, plein du vent qui

s’obstinait parmi les gémissantes palmes, je vous ai longuement

considéré. Et je ne savais pas si vous m’aviez jamais été inconnu.

La fugitive · 第 27 / 98 题