L'obsession d'Irène nous faisant mal à tous deux, j'ai décide d'aller à
elle; tu m'as approuvée avec tendresse:
--Oui, ma Claudia, va; car je suis certain qu'un malheur l'attend.
Puis la pensée d'une séparation nouvelle t'a ému. J'ai vu frémir tes
narines, et tes yeux se remplir de cette belle flamme d'amour qui brûle
mon coeur;--un de tes bras m'a enserrée; et, me renversant un peu la
tête pour bien lire dans mes yeux, tu m'as dit:
--Ma Claudia, ton amour me paraît un autel, je voudrais y apporter des
fleurs et de l'encens; nulle femme sur terre ne m'a donné un tel
sentiment de force et de joie, tes baisers m'infusent la vie,
embrasse-moi, ma Claudia...
Et, en tremblant, je t'ai rendu tes baisers; mais c'étaient des baisers
tristes avec une saveur d'adieu.