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Souffrir est donc le cri qui se lève de la terre: voici encore qu'Irène

m'appelle pour la soutenir dans de nouvelles épreuves. Je ne puis lui

refuser le faible appui de ma présence. Je vais donc quitter le lieu de

mon repos et, pour un temps, aller habiter le vieux palais abandonné;

puis, quand les jours trop lents se seront écoulés, je penserai à venir

t'attendre. Déjà tu me parles de retour, déjà tu soulèves doucement la

pierre du tombeau, et j'aperçois un premier rayon de jour: car,

bien-aimé, comment te dirai-je jamais la lourdeur et le vide des heures

depuis que tu m'as quittée, l'espèce de nuit qui enveloppe ma pensée,

l'égarement de douleur qui me bouleverse pendant ces secondes affreuses

où l'idée me vient que peut-être, à ce moment déjà, tu es perdu pour

moi?... Pourtant je sais que tu ne l'es pas; j'entends de loin battre

ton coeur; et je crois, puisque tu me le dis, que tu désires encore

dormir sur le mien... Oh! viens donc!... l'ombre arrive, le jour

décline... laisse-moi jouir encore de la lumière!

Lettres d'une amoureuse · 第 61 / 86 题