dog--and use me like a dog a little. Hurry durry, I will--here 'tis.
(_Gives the purse._)--Now bough waugh waugh, bough, waugh.
AQUILINA.
Hold, hold, sir. If curs bite, they must be kickt, sir. Do you see,
kickt thus?
ANTONIO.
Ay, with all my heart. Do, kick, kick on, now I am under the table,
kick again,--kick harder--harder yet--bough, waugh, waugh,
bough.--Odd, I'll have a snap at thy shins.--Bough, waugh, waugh,
waugh, bough--odd, she kicks bravely.]
[Note 208: Out on him, beast; he's always talking filthy to a body. If
he sits but at the table with one, he'll be making nasty figures in
the napkins.
He has such a breath, one kiss of him were enough to cure the fits of
the mother; 'tis worse than assa foetida.--Clean linen, he says, is
unwholesome; he is continually eating of garlic and chewing tobacco.]
[Note 209:
Who'd be that sordid foolish thing call'd man,
To cringe thus, fawn, and flatter for a pleasure
Which beasts enjoy so very much above him?
The lusty bull ranges through all the field,
And from the herd singling his female out,
Enjoys her, and abandons her at will.
It shall be so, I'll yet possess my love,
Wait on, and watch her loose unguarded hours.
Then, when her roving thoughts have been abroad,
And brought in wanton wishes to her heart
I' th' very minute when her virtue nods,
I'll rush upon her in a storm of love,
Beat down her guard of honour all before me,
Surfeit on joys, till even desire grow sick;
Then by long absence liberty regain,
And quite forget the pleasure and the pain.
(_Orphan_, fin du Ier acte.)
Impossible de voir ensemble plus de coquinerie morale et de correction
littéraire.]
[Note 210:
PAGE (_à Monimia_).
.... In the morning when you call me to you,
And by your bed I stand tell you stories,
I am asham'd to see your swelling breasts;
It makes me blush, they are so very white.
MONIMIA.
Oh men, for flattery and deceit renown'd!]
[Note 211: Burns disait que dans son village il était arrivé, au moyen
du raisonnement et des livres, à se figurer à peu près exactement tout
ce qu'il avait vu plus tard dans les salons, tout, sauf une femme du
grand monde.]
VI
Laissons donc ce théâtre dans l'oubli qu'il a mérité et cherchons
ailleurs, dans les écrits de cabinet, un emploi plus heureux d'un
talent plus complet.
C'est ici le véritable domaine de Dryden et de la raison
classique[212]: des pamphlets et des dissertations en vers, des
épîtres, des satires, des traductions et des imitations, tel est le
champ où les facultés logiques et l'art d'écrire trouvent leur
meilleur emploi. Avant d'y descendre et d'y observer leur oeuvre, il
est à propos de regarder de plus près l'homme qui les y portait.
C'est un esprit singulièrement solide et judicieux excellent
argumentateur, habitué à digérer ses idées, tout nourri de bonnes
preuves longuement méditées, ferme dans la discussion, posant des
principes, établissant des divisions, apportant des autorités, tirant
des conséquences, tellement que, si on lisait ses préfaces sans lire
ses pièces, on le prendrait pour un des maîtres du drame. Il atteint
naturellement la prose définitive; ses idées se déroulent avec ampleur
et clarté; son style est de bon aloi, exact et simple, pur des
affectations et des ciselures dont Pope plus tard chargera le sien; sa
phrase ressemble à celle de Corneille, périodique et large par la
seule vertu du raisonnement intérieur qui la déploie et la soutient.
On voit qu'il pense, et par lui-même, qu'il lie ses pensées, qu'il les
vérifie, que, par-dessus tout cela, naturellement il voit juste, et
qu'avec la méthode il a le bon sens. Il a les goûts et les faiblesses
qui conviennent à sa forme d'intelligence. Il élève au premier rang
«l'admirable Boileau, dont les expressions sont nobles, le rhythme
excellent, les pensées justes, le langage pur, dont la satire est
perçante et dont les idées sont serrées, qui, lorsqu'il emprunte aux
anciens, les paye avec usure de son propre fonds, en monnaie aussi
bonne et de cours presque universel[213].» Il a la roideur des poëtes
logiciens, trop réguliers et raisonnables, blâmant l'Arioste, «qui n'a
su ni faire un plan proportionné, ni garder quelque unité d'action, ou
quelque limite de temps, ou quelque mesure dans son énorme fable, dont
le style est exubérant, sans majesté ni décence, et dont les aventures
sortent des bornes du naturel et du possible[214].» Il ne comprend
pas mieux la finesse que la fantaisie. Parlant d'Horace, il trouve que
«son esprit est terne et son sel presque sans goût; celui de Juvénal
est plus vigoureux et plus mâle, et me donne autant de plaisir que
j'en puis porter[215].» Par la même raison, il rabaisse les
délicatesses du style français. «La langue française n'est pas munie
de muscles comme notre anglaise; elle a l'agilité d'un lévrier, mais
non la masse et le corps d'un dogue. Ils ont donné pour règle à leur
style la pureté; la vigueur virile est celle du nôtre[216].» Deux ou
trois mots pareils peignent un homme; Dryden vient de marquer sans le
savoir la mesure et la qualité de son esprit.
Cet esprit, on le devine, est lourd, et particulièrement dans la
flatterie. L'art de flatter est le premier dans un âge monarchique.
Dryden n'y est guère habile, non plus que ses contemporains. De
l'autre côté du détroit, à la même époque, on loue autant, mais sans
trop s'avilir, parce qu'on apprête la louange; tantôt on la déguise ou
on la relève par la grâce du style; tantôt on a l'air de s'y conformer
comme à une mode. Ainsi tempérée, les gens la digèrent. Ici, loin de
la fine cuisine aristocratique, elle pèse toute crue et massive sur
l'estomac. J'ai conté comment le ministre Clarendon, apprenant que sa
fille venait d'épouser en secret le duc d'York, suppliait le roi de la
faire décapiter au plus vite; comment la chambre des communes,
composée en majorité de presbytériens, se déclarait elle-même et le
peuple anglais rebelles, dignes du dernier supplice, et allait encore
se jeter aux pieds du roi, d'un air contrit, pour le supplier de
pardonner à la chambre et à la nation. Dryden n'est pas plus délicat
que les hommes d'État et les législateurs. Ordinairement ses dédicaces
donnent la nausée. Il dit à la duchesse de Monmouth que «nulle partie
de l'Europe ne peut offrir quelqu'un qui égale son noble époux pour la
mâle beauté et l'excellence de l'extérieur.»--«Vous n'avez qu'à vous
montrer tous deux ensemble pour recevoir les bénédictions et les
prières de l'humanité. Nous sommes prêts à conclure que vous êtes un
couple d'anges envoyés ici-bas pour rendre la vertu aimable ou pour
offrir des modèles aux poëtes, quand ils voudront instruire et charmer
leur siècle en peignant la bonté sous la forme la plus parfaite et la
plus séduisante qui soit dans la nature[217].» Ailleurs, se tournant
vers Monmouth, il ajoutait: «Tous les hommes se joindront à moi pour
le tribut d'adoration dont je m'acquitte envers Votre Grâce[218].» Sa
Grâce ne sourcillait pas, ne bouchait pas sa narine, et Sa Grâce avait
raison. Un autre écrivain, mistress Afra Behn, allumait sous le nez
d'Éléonor Gwynn des lampions bien plus infects; les nerfs alors
étaient robustes, l'on respirait agréablement là où d'autres
suffoqueraient. Le comte de Dorset ayant écrit quelques petites
chansons et satires, Dryden lui jure que dans son genre il égale
Shakspeare et surpasse tous les anciens. Et ces panégyriques assenés
en face durent imperturbablement pendant vingt pages, l'auteur passant
tour à tour en revue les diverses vertus de son grand homme et
trouvant toujours que la dernière est la plus belle, après quoi, en
récompense, il recevait une bourse d'or. Notez qu'en cela Dryden
n'était pas plus laquais qu'un autre. La corporation de Hall,
haranguée un jour par le duc de Monmouth, lui fit cadeau de six
pièces d'or, que Monmouth donna à M. Marwel, député de Hall au
Parlement. Les scrupules modernes n'étaient pas nés. Je crois que
Dryden, avec tous ses prosternements, a plutôt manqué d'esprit que
d'honneur.
Un second talent, peut-être le premier en temps de carnaval, est l'art
de dire des polissonneries, et la Restauration fut un carnaval à peu
près aussi délicat qu'un bal de débardeurs. Il y a d'étranges chansons
et des prologues plus que hasardés dans les pièces de Dryden. Son
_Mariage à la mode_ s'ouvre par ces vers que chante une dame mariée:
«Pourquoi un sot voeu de mariage, fait il y a longtemps, nous
lierait-il maintenant que notre passion est éteinte[219]?» Le lecteur
lira lui-même le reste; on n'en peut rien citer. D'ailleurs Dryden y
réussit mal: son fonds d'esprit est trop solide; son naturel est trop
sérieux, même réservé, taciturne. «Son ton libre, dit très-bien Walter
Scott, ressemble à l'impudence forcée d'un homme timide.» Il voulait
avoir les belles façons d'un Sedley, d'un Rochester, se faisait
pétulant par calcul, et s'asseyait carrément dans l'ordure où les
autres ne faisaient que gambader. Rien de plus nauséabond qu'une
gravelure étudiée, et Dryden étudie tout, jusqu'à la plaisanterie et
la politesse. Il écrit à Dennis, qui l'avait loué: «Les belles
qualités que vous me prêtez ne sont pas plus à moi que la lumière de
la lune ne peut être dite lui appartenir, puisqu'elle ne brille que
par la clarté réfléchie de son frère[220].» Il écrit à sa cousine, en
manière de narration divertissante, ces détails sur une grosse femme
avec qui il a voyagé: «Son poids faisait que les chevaux cheminaient
très-péniblement; mais, pour leur donner le temps de souffler, elle
nous arrêtait souvent, et alléguait quelque nécessité de la nature, et
nous disait que nous sommes tous chair et sang[221].» Il paraît
qu'alors ces jolies choses égayaient les dames. Ses lettres sont
composées de grosses civilités officielles, de compliments
vigoureusement équarris, de révérences mathématiques; son badinage est
une dissertation; il étaye les bagatelles avec des périodes. Il dit au
comte de Rochester, qui l'avait complimenté: «J'éprouve qu'il ne me
sied pas de disputer en aucune chose contre Votre Seigneurie, qui
écrit mieux sur le moindre des sujets que je ne le puis faire sur le
meilleur.» Cette réplique paraissait vive. J'ai trouvé chez lui de
beaux morceaux, je n'en ai jamais rencontré d'agréables; il ne sait
pas même disserter avec goût. Les personnages de son _Essai sur le
Drame_ se croient encore sur les bancs de l'école, citent
doctoralement Paterculus, et en latin encore, combattent la définition
de l'adversaire et remarquent qu'elle est faite _a genere et fine_, au
lieu d'être établie selon la bonne règle, d'après le genre et
l'espèce[222]. «On m'accuse, dit-il doctoralement dans une préface,
d'avoir choisi des personnes débauchées pour protagonistes ou
personnages principaux de mon drame, et de les avoir rendues heureuses
dans la conclusion de ma pièce, ce qui est contre la loi de la
comédie, qui est de récompenser la vertu et de punir le vice[223].
Ailleurs il déclare qu'il ne veut pas abolir dans la passion l'emploi
des métaphores, parce que Longin les juge nécessaires pour
l'exciter[224].» Son grand discours _sur l'origine et les progrès de
la satire_ fourmille d'inutilités, de longueurs, de recherches et de
comparaisons de commentateur. Il ne sait pas effacer en lui l'érudit,
le logicien, le rhétoricien, pour ne montrer que «l'honnête homme.»
Mais l'homme de coeur apparaît souvent; à travers plusieurs chutes et
beaucoup de glissades, on découvre un esprit qui se tient debout, plié
plutôt par convenance que par nature, ayant de l'élan et du souffle,
occupé de pensées graves, et livrant sa conduite à ses convictions. Il
se convertit loyalement et après réflexion à la religion catholique, y
persévéra après la chute de Jacques II, perdit sa place
d'historiographe et de poëte lauréat, et, quoique pauvre, chargé de
famille et infirme, refusa de dédier son _Virgile_ au roi Guillaume.
«La dissimulation, écrit-il à ses fils, quoique permise en quelques
cas, n'est pas mon talent. Cependant, pour l'amour de vous, je
lutterai contre la franchise de ma nature. Au reste je ne me flatte
d'aucune espérance, mais je fais mon devoir et je souffre pour l'amour
de Dieu. Vous savez que les profits de mon livre auraient pu être plus
grands, mais ni ma conscience ni mon honneur ne me permettaient de les
prendre. Je ne me repentirai jamais de ma constance, puisque je suis
profondément persuadé de la justice de la cause pour laquelle je
souffre[225].» Un de ses fils ayant été renvoyé de l'école, il écrivit
au directeur, M. Busby, son ancien maître, avec une gravité et une
noblesse très-grandes, le priant sans s'humilier, le désapprouvant
sans l'offenser, d'un style contenu et fier qui fait plaisir, lui
redemandant ses bonnes grâces, sinon comme une dette envers le père,
du moins comme un don pour l'enfant, et ajoutant à la fin: «Je mérite
pourtant quelque chose, ne serait-ce que pour avoir vaincu mon coeur
jusqu'à prier[226].» On le trouve bon père avec ses enfants, libéral
envers son fermier, généreux même. «On a écrit, dit-il, plus de
libelles contre moi que contre presque aucun homme vivant, et j'aurais
eu le droit de défendre mon innocence. J'ai rarement répondu aux
pamphlets diffamatoires, ayant dans les mains les moyens de confondre
mes ennemis, et, quoique naturellement vindicatif, j'ai souffert en
silence et maintenu mon âme dans la paix[227].» Insulté par Collier
comme corrupteur des moeurs, il souffrit cette réprimande brutale et
confessa noblement les fautes de sa jeunesse: «M. Collier en beaucoup
de points m'a blâmé justement: je ne cherche d'excuse pour aucune de
mes pensées ou de mes expressions; quand on peut les taxer
équitablement d'impiété, d'immoralité ou de licence, je les rétracte.
S'il est mon ennemi, qu'il triomphe; s'il est mon ami (et je ne lui ai
donné aucune occasion personnelle d'être autrement), il sera content
de mon repentir[228].» Une telle pénitence relève; pour s'abaisser
ainsi, il faut être grand. Il l'était par l'esprit comme par le coeur,
muni de raisonnements solides et de jugements personnels, élevé
au-dessus des petits procédés de rhétorique et des arrangements de
style, maître de son vers, serviteur de son idée, ayant cette
abondance de pensées qui est la marque du vrai génie. «Elles arrivent
sur moi si vite et si pressées que ma seule difficulté est de choisir
ou de rejeter parmi elles[229].» C'est avec ces forces qu'il entra
dans sa seconde carrière; la constitution et le génie de l'Angleterre
la lui ouvraient.
[Note 212: «The stage to which my genius never much inclined me.»]
[Note 213: I might find in France a living Horace and a Juvenal in the
person of the admirable Boileau, whose numbers are excellent, whose
expressions are noble, whose thoughts are just, whose language is
pure, whose satire is pointed, and whose sense is close. What he
borrows from the ancient, he repays with usury of his own; in coin as
good and almost as universally valuable. (_Dédicace au comte de
Dorcet._)]
[Note 214: «Spenser wanted only to have read the rules of Bossu.»
Ailleurs il cite Longin, Boileau, Rapin: «The latter of whom is alone
sufficient, were all other criticks lost, to teach anew the rules of
writing.»
Arioste neither designed justly, nor observed any unity of action or
compass of time, or moderation in the vastness of his draught. His
style is luxurious without majesty or decency, and his adventures
without the compass of nature and possibility.]
[Note 215: His wit is faint, and his salt almost insipid. Juvenal is
of a more vigorous and masculine wit; he gives me as much pleasure as
I can bear.]
[Note 216: Their language is not strung with sinews like our English.
It has the nimbleness of a grey-hound, but not the bulk and body of a
mastiff. They have set up purity for the standard of their language,
and a masculine vigour is that of ours.]
[Note 217: To receive the blessings and prayers of mankind, you need
only be seen together. We are ready to conclude that you are a pair of
angels sent below to make virtue amiable in your persons, or to sit
for poets when they would pleasantly instruct the age, by drawing
goodness in the most perfect and alluring shape of nature.... No part
of Europe can afford a parallel to your noble Lord in masculine beauty
and in goodliness of shape. (Dédicace de _la Conquête de Mexico_.)
You have all the advantages of mind and body, and an illustrious
birth, conspiring to render you an extraordinary person. The
_Achilles_ and the _Rinaldo_ are present in you, even above their
originals; you only want a Homer or a Tasso to make you equal to them.
Youth, beauty, and courage (all which you possess in the highest of
their perfection) are the most desirable gifts of Heaven. (Dédicace de
_la Royale Martyre_, au duc de Monmouth.)]
[Note 218: «All men will join with me in the adoration which I pay
you.»--Au comte de Rochester, il écrit: «I find it is not for me to
contend any way with your Lordship, who can write better on the
meanest subject, than I can on the best.... You are above any incense
I give you.»--Dans la dédicace de ses fables, il compare le duc
d'Osmond à Nestor, Joseph, Ulysse, Lucullus, etc.--Un autre jour, il
compare la Castlemaine à Caton.]
[Note 219:
Why should a foolish marriage vow,
Which long ago was made,
Oblige us to each other now,
When passion is decay'd?
We lov'd, and we lov'd as long we cou'd,
'Till our love was lov'd out in us both.
But our marriage is dead when the pleasure is fled;
'Twas pleasure first made it an oath.]
[Note 220: They are no more mine when I receive them, than the light
of the moon can be allowed to be her own, who shines but by the
reflection of her brother. (1693. Lettre à Dennis.)]
[Note 221: Her weight made the horses travel very heavily; but to give
them a breathing time, she would often stop us, and plead some
necessity of nature, and tell us we were all flesh and blood.]
[Note 222: This définition, though critics raised a logical objection
against it--that it was only _a genere et fine_, and so not altogether
perfect, was yet well received by the rest.]
[Note 223: It is charged upon me that I make debauched persons my
protagonists, or the chief persons of the drama, and that I make them
happy in the conclusion of my play; against the law of comedy which is
to reward virtue and punish vice. (Préface du _Mock Astrologer_.)]
[Note 224: It is not that I would explode the use of metaphors from
passion, for Longinus thinks them necessary to raise it.]
[Note 225: Dissembling, though lawful in some cases, is not my talent.
Yet, for your sake, I will struggle with the plain openness of my
nature. In the mean time, I flatter not myself with any manner of
hopes; but do my duty and suffer for God's sake.--You know the profits
(of Virgil) might have been more; but neither my conscience nor my
honour would suffer me to take them. But I can never repent my
constancy, since I am thoroughly persuaded of the justice of the cause
for which I suffer.]
[Note 226: I have done something, so far to conquer my own spirit as
to ask it.]
[Note 227: More libels have been written against me than almost any
man now living. I have seldom answered any scurrilous lampoon, and,
being naturally vindictive, have suffered in silence, and possessed my
soul in quiet.]
[Note 228: I shall say the less of Mr Collier, because in many things
he has taxed me justly; and I have pleaded guilty to all thoughts or
expressions of mine, which can be truly argued of obscenity,
profaneness, or immorality; and retract them.--If he be my enemy, let
him triumph. If he be my friend, and I have given him no personal
occasion to be otherwise, he will be glad of my repentance.»--Il y a
de l'esprit dans ce qui suit: «He is too much given to horseplay in
his raillery, and comes to battle, like a Dictator from the plough; I
will not say: the zeal of God's house has eaten him up; but I am sure
it has devoured some part of his good manners and civility. (Préface
des _Fables_.)]
[Note 229: Thoughts, such as they are, come crowding in so fast upon
me, that my only difficulty is to chuse or to reject; to run them into
verses or to give them the other harmony of prose. I have so long
studied and practised both, that they are grown into habit and become
familiar to me.]
VII
«Un homme, dit La Bruyère, né Français et chrétien, se trouve
contraint dans la satire; les grands sujets lui sont défendus; il les
entame quelquefois et se détourne ensuite sur de petites choses qu'il
relève par la beauté de son génie et de son style.» Il n'en était
point ainsi en Angleterre. Les grands sujets étaient livrés aux
discussions violentes; la politique et la religion, comme deux arènes,
appelaient à l'audace et à la bataille tous les talents et toutes les
passions. Le roi, d'abord populaire, avait relevé l'opposition par ses
vices et par ses fautes, et pliait sous le mécontentement du public
comme sous l'intrigue des partis. On savait qu'il avait vendu les
intérêts de l'Angleterre à la France; on croyait qu'il voulait livrer
aux papistes les consciences des protestants. Les mensonges d'Oates,
l'assassinat du magistrat Godfrey, son cadavre promené solennellement
dans les rues de Londres, avaient enflammé l'imagination et les
préjugés du peuple; les juges intimidés ou aveugles envoyaient à
l'échafaud les catholiques innocents, et la foule accueillait par des
insultes et des malédictions leurs protestations d'innocence. On avait
exclu le frère du roi de ses emplois, on voulait l'exclure de ses
droits au trône. Les chaires, les théâtres, la presse, les _hustings_
retentissaient de discussions et d'injures. Les noms de whigs et de
tories venaient de naître, et les plus hauts débats de philosophie
politique s'agitaient, nourris par le sentiment d'intérêts présents et
pratiques, aigris par la rancune de passions anciennes et blessées.
Dryden s'y lança, et son poëme d'_Absalon et Achitophel_ fut un
pamphlet. «Je manie mieux le style âpre que le style doux[230],»
disait-il dans sa préface; et en effet, dans une telle guerre il
fallait des armes. C'est à peine si une allégorie biblique conforme au
goût du temps dissimule les noms sans cacher les hommes. Il expose la
tranquille vieillesse et le droit incontesté du roi David[231], la
grâce, l'humeur pliante, la popularité de son fils naturel
Absalon[232], le génie et la perfidie d'Achitophel[233], qui soulève
le fils contre le père, rassemble les ambitions froissées et ranime
les factions vaincues. D'esprit, il n'y en a guère ici: on n'a pas le
loisir d'être spirituel en de pareilles batailles; songez à ce peuple
soulevé qui écoute, à ces hommes emprisonnés, exilés, qui attendent:
ce sont la fortune, la liberté, la vie ici qui sont en jeu. Il s'agit
de frapper juste et fort, il ne s'agit point de frapper avec grâce. Il
faut que le public reconnaisse les personnages, qu'il crie leurs noms
sous leurs portraits, qu'il applaudisse à l'insulte dont on les
charge, qu'il les bafoue, qu'il les précipite du haut rang où ils
veulent monter. Dryden les passe tous en revue.
.... Zimri[234],--homme si divers qu'il semblait ne point
être--un seul homme, mais l'abrégé de tout le genre
humain.--Roide dans ses opinions, et toujours du mauvais
côté,--étant toute chose par écarts, et jamais rien
longtemps;--vous le trouviez, dans le cours d'une lune
révolue,--chimiste, ménétrier, homme d'État et bouffon,--puis
tout aux femmes, à la peinture, aux vers, à la bouteille,--outre
dix mille boutades qui mouraient en lui en naissant.--Heureux
fou, qui pouvait employer toutes ses heures--à désirer ou à
goûter quelque chose de nouveau!--L'injure et l'enthousiasme
étaient son style ordinaire;--l'un et l'autre (signe de bon
jugement!) toujours dans l'excès,--si extrêmement violent ou si
extrêmement poli,--que chaque homme pour lui était un dieu ou un
diable.--Dissiper la richesse était son talent propre.--Nulle
chose pour lui ne restait sans récompense, hors le mérite.--Pillé
par des parasites qu'il démasquait toujours trop tard,--il avait
son bon mot, ils avaient son domaine.--Ses bouffonneries
l'avaient chassé de la cour; il se consola--à former des partis
sans pouvoir être chef.