poetry consist. Their heroes are the most civil people breathing; but
their good breeding seldom extends to a word of sense. All their wit
is in their ceremony. They want the genius which animates our
stage.... Thus their _Hippolytus_ is so scrupulous in point of decency
that he will rather expose himself to death than accuse his
step-mother to his father; and my criticks, I am sure, will commend
him for it. But we of grosser apprehensions are apt to think that this
excess of generosity is not practicable but with fools and madmen....
Take Hippolytus out of his poetic fit, and I suppose he would think it
a wiser part to set the saddle on the right horse, and chuse rather to
live with the reputation of a plain-spoken honest man than to die with
the infamy of an incestuous villain.... The poet has chosen to give
him the turn of gallantry, sent him to travel from Athens to Paris,
taught him to make love, and transformed the Hippolytus of Euripides
into Monsieur Hippolyte. (Préface de _All for Love_.)
Cette critique montre, en abrégé, tout le bon sens et toute la liberté
d'esprit de Dryden, mais en même temps toute la grossièreté de son
éducation et de son temps.]
[Note 172:
.... Contented to be thinly regular.
Their tongue enfeebled is refin'd too much,
And, like pure gold, it bends to every touch.
Our sturdy Teuton yet will not obey,
More fit for manly thought, and strengthen'd with allay.
(Épître XII.)]
[Note 173: A more masculine fancy and greater spirit in the writing
than there is in any of the French.]
[Note 174:
War is my province; Priest, why stand you mute?
You gain by Heav'n and therefore should dispute....
CATHERINE.
Then let the whole dispute concluded be
Betwixt these rules and christianity....
.... Reason with your fond religion fights,
For many Gods are many infinites;
This to the first philosophers was known.
Who under various names, ador'd but one.
(Act. II, sc. I.)]
[Note 175:
Absent, I may her Martyrdom decree,
But one look more will make that martyr me....
Ce Maximin a la spécialité des calembours: Porphyrius, à qui il offre
sa fille en mariage, répond que la distance est trop grande. Maximin
là-dessus répond:
Yet Heav'n and Earth which so remote appear,
Are by the air, which flows betwixt'em, near.]
[Note 176:
Since you neglect to answer my desires,
Know, princess, you shall burn in other fires.
(Act. III, sc. I.)]
[Note 177:
CHRISTIAN PRIEST.
But we by Martyrdom our faith aver.
MONTEZUMA.
You do no more than I for ours do now,
To prove religion true....
If either wit or suffering would suffice,
All faiths afford the constant and the wise,
And yet ev'n they, by education sway'd,
In Age defend what infancy obey'd.
CHRISTIAN PRIEST.
Since Age by erring childhood is misled
Refer yourself to our unerring head.
MONTEZUMA.
Man and not err! what reason can you give?
CHRISTIAN PRIEST.
Renounce that carnal reason and believe.
PIZARRO.
Increase their pains, the cords are yet too slack.
(Acte V, sc. I.)]
[Note 178:
Bring me Porphyrius and my Empress dead,
I would brave Heav'n, in my each hand a head.
Il dit en mourant:
And shoving back this earth on which I sit,
I'll mount, and scatter all the gods I hit.]
[Note 179:
And why this niceness to that pleasure shown,
Where Nature sums up all her joys in one....
Promiscuous love is Nature's general law;
For whosoever the first lovers were,
Brother and sister made the second pair,
And doubled by their love their piety....
You must be mine that you may learn to live.
Remarquez que cette furie, six vers plus loin, copie une réponse de
Phèdre. Dryden a cru imiter Racine.
(_Aurengzebe_, acte IV, sc. I.)]
[Note 180:
I take this garland not as given by you,
But as my merit and my beauty due.
(_The Indian Emperor._)]
[Note 181:
Were I no queen, did you my beauty weigh,
My youth in bloom, your age in its decay.
(_Aurengzebe_, acte II, sc. I.)]
[Note 182:
'Tis true I am alone.
So was the Godhead ere he made the world,
And better serv'd himself than serv'd by Nature.
.... I have seen enough within
To exercise my virtue.
(_Mariage à la mode_, acte III, sc. II.)]
[Note 183:
The Moors have heaven and me to assist them....
I'll whistle thy tame fortune after me....
Il devient amoureux. Voici en quel style il parle de l'amour:
'Tis he; I feel him now in every part,
Like a new Lord he vaunts about my heart,
Surveys in state each corner of my breast.
While poor fierce I that was, am dispossest.
(_Almanzor._)]
[Note 184: Voir la chanson sur laquelle on danse _la Zambra_ dans
_Almanzor_.]
IV
Le second point digne d'imitation dans la tragédie classique est le
style. À la vérité Dryden épure et éclaircit le sien en introduisant
le raisonnement serré et les mots exacts. Il y a chez lui des disputes
oratoires comme dans Corneille, des répliques lancées coup sur coup,
symétriques, et comme un duel d'arguments. Il y a des maximes
vigoureusement ramassées dans l'enceinte d'un vers unique, des
distinctions, des développements, et tout l'art des bonnes
plaidoiries. Il y a d'heureuses antithèses, des épithètes d'ornement,
de belles comparaisons travaillées, et tous les artifices de l'esprit
littéraire. Et ce qu'il y a de plus frappant, c'est qu'il abandonne le
vers dramatique et national, qui est sans rime, ainsi que le mélange
de prose et de vers commun à tous les anciens poëtes, pour rimer toute
sa tragédie à la française, croyant inventer ainsi un nouveau genre,
qu'il nomme _heroic play_. Mais, dans cette transformation, le bon
périt, le mauvais reste. Car remarquez que la rime est chose
différente chez des races différentes. Pour un Anglais elle ressemble
à un chant, et le transporte à l'instant dans un monde idéal ou
féerique. Pour un Français, elle n'est qu'une convention ou une
convenance, et le transporte à l'instant dans une antichambre ou un
salon; pour lui, c'est un costume d'ornement et rien qu'un costume;
s'il gêne la prose il l'anoblit; il impose le respect, non
l'enthousiasme et change le style roturier en style titré. D'ailleurs,
dans nos vers aristocratiques tout se tient. Toute pédanterie, tout
appareil de logique en est exclu; rien de plus désagréable que la
rouille scolastique à des gens bien élevés et délicats. Les images y
sont rares, toujours soutenues; la poésie audacieuse, la vraie
fantaisie, n'y ont point de place; ses éclats et ses écarts
dérangeraient la politesse et le train régulier du monde. Les mots
propres, le relief des expressions franches ne s'y trouvent pas; les
termes généraux, toujours un peu effacés, conviennent bien mieux aux
ménagements et aux finesses de la société choisie. Contre toutes ces
règles, Dryden vient se heurter lourdement. Sa rime, pour les oreilles
d'un Anglais, écarte à l'instant toute illusion théâtrale; on sent que
les personnages qui parlent ainsi sont des mannequins sonores; il
avoue lui-même que sa tragédie héroïque ne fait que mettre en scène
des poëmes chevaleresques comme ceux de l'Arioste et de Spenser.
Des élans poétiques achèvent de ruiner toute vraisemblance.
Reconnaissez-vous l'accent du drame dans cette comparaison d'épopée?
«Comme une belle tulipe opprimée par l'orage,--frissonnante, se ferme,
et plie ses bras de soie pour s'endormir,--se courbe sous l'ouragan,
toute pâle, et presque morte,--pendant que le vent sonore chante
autour de sa tête courbée,--ainsi disparaît votre beauté
voilée[185].»--Quelle singulière entrée que ces _concetti_ de Cortez
qui débarque! «Dans quel climat fortuné sommes-nous jetés,--si
longtemps caché, si récemment connu,--comme si notre vieux monde
s'était écarté par pudeur,--pour venir ici secrètement accoucher d'un
nouvel univers[186]?» Jugez combien ces plaques de couleur font
contraste sur le sobre dessin de la dissertation française. Ici les
amoureux font assaut de métaphores. Là, un amant, pour vanter les
beautés de sa maîtresse, dit que «des coeurs sanglants gisent
palpitants dans sa main[187].» À chaque page, des mots crus ou bas
viennent salir la régularité du style noble. La pesante logique
s'étale carrément dans les discours des princesses: «Deux si, dit
Lyndaxara, font à peine une possibilité[188].» Dryden met son bonnet
de gradué sur la tête de ces pauvres femmes. Ni lui ni ses personnages
ne sont des gens bien élevés, maîtres de leur style; ils n'ont pris
aux Français que le gros appareil du barreau et de l'école: ils ont
laissé là l'éloquence unie, la diction modérée, l'élégance et la
finesse. Tout à l'heure la grossièreté licencieuse de la Restauration
perçait à travers le masque des beaux sentiments dont elle se
couvrait; maintenant la rude imagination anglaise a crevé le moule
oratoire où elle tâchait de s'enfermer.
Retournons le tableau. Dryden veut garder le fond du vieux drame
anglais, et conserve l'abondance des événements, la variété des
intrigues, l'imprévu des accidents et la représentation physique des
actions sanglantes ou violentes. Il tue autant que Shakspeare. Par
malheur, tous les poëtes n'ont pas le droit de tuer. Quand on promène
les spectateurs parmi les meurtres et les surprises, on a besoin de
cent préparations secrètes. Supposez une sorte de verve et de folie
romanesque, le style le plus osé, tout bizarre et poétique, des
chansons, des peintures, des rêveries à haute voix, le franc dédain de
toute vraisemblance, un mélange de tendresse, de philosophie et de
moquerie, toutes les grâces fuyantes des sentiments nuancés, tous les
caprices de la fantaisie bondissante: la vérité des événements ne vous
importera guère. Personne, devant _Cymbeline_ ou _As you like it_,
n'est politique ou historien; on ne prend point au sérieux ces courses
d'armées, ces avénements de princes; on assiste à une fantasmagorie.
On n'exige pas que les choses aillent selon les lois naturelles; au
contraire, on exige volontiers qu'elles aillent contre les lois
naturelles. La déraison en fait le charme. Il faut que ce nouveau
monde soit tout imaginaire; s'il ne l'était qu'à demi, personne n'y
voudrait monter. C'est pourquoi nous ne montons point dans celui de
Dryden. Une reine qu'on détrône, puis qu'on rétablit à l'improviste;
un tyran qui retrouve son fils perdu, se trompe, adopte une jeune
fille à sa place; un jeune prince qui, mené au supplice, arrache
l'épée d'un garde et reprend sa couronne, voilà les romans qui
composent sa _Reine vierge_ et son _Mariage à la mode_. On devine quel
air les dissertations classiques ont dans ce pêle-mêle; la solide
raison rabat coup sur coup l'imagination sur le pavé. On ne sait s'il
s'agit d'un portrait ou d'une arabesque; on reste suspendu entre la
vérité et la fantaisie; on voudrait monter au ciel ou descendre en
terre, et l'on saute au plus vite hors de l'échafaudage maladroit où
le poëte veut nous jucher.
D'autre part, quand Shakspeare veut, non plus éveiller un songe, mais
imprimer une croyance, il nous dispose encore et par avance, mais
d'une autre façon. Naturellement nous doutons en face d'une action
atroce; nous devinons que les fers rougis qui vont brûler les yeux du
petit Arthur sont des bâtons peints, et que les six drôles qui font le
siége de Rome sont des figurants loués à trente sous par nuit. Contre
cette défiance, il faut employer le style le plus naturel,
l'imitation circonstanciée et crue des moeurs de corps de garde et de
cabaret; je ne croirai à la sédition de Jack Cade qu'en entendant des
paroles fangeuses de luxure bestiale et de stupidité populacière; il
faut me montrer les quolibets, le gros rire, l'ivrognerie, les
habitudes de boucher et de corroyeur, pour que je me figure un
attroupement et une élection. Pareillement, dans les meurtres,
faites-moi sentir la flamme des passions grondantes, l'accumulation de
désespoir ou de haine qui ont lancé la volonté et roidi la main; quand
les paroles effrénées, les soubresauts du délire, les cris convulsifs
du désir exaspéré, m'auront fait toucher tous les liens de la
nécessité intérieure qui a ployé l'homme et conduit le crime, je ne
songerai plus à regarder si le couteau saigne, parce que je sentirai
en moi, toute frémissante, la passion qui l'a manié. Est-ce que j'ai
besoin de vérifier si Cléopatre est morte? Le singulier rire dont elle
éclate quand on apporte le panier d'aspics, le brusque roidissement
nerveux, le flux de paroles fiévreuses, la gaieté saccadée, les gros
mots, le torrent d'idées dont elle déborde, m'ont déjà fait mesurer
tout l'abîme du suicide[189], et je l'ai prévu dès l'entrée. Cette
furie d'imagination allumée par le climat et la toute-puissance, ces
nerfs de femme, de reine et de courtisane, cet abandon extraordinaire
de soi-même à toutes les fougues de l'invention et du désir, ces cris,
ces larmes, cette écume aux lèvres, cette tempête d'injures,
d'actions, d'émotions, cette promptitude au meurtre annonçaient de
quel élan elle allait heurter le dernier obstacle et se briser.
Qu'est-ce que Dryden vient faire ici avec ses phrases écrites?
Qu'est-ce qu'une suivante qui parle avec des mots d'auteur, et qui dit
à sa maîtresse demi-folle: «Appelez la raison à votre secours[190]?»
Qu'est-ce qu'une Cléopatre comme la sienne, copiée d'après la
Castlemaine[191], habile aux manéges et aux pleurnicheries,
voluptueuse et coquette, n'ayant ni la noblesse de la vertu ni la
grandeur du crime? «La nature m'avait faite pour être une bonne
épouse, une pauvre innocente colombe domestique; tendre sans art,
douce sans tromperie[192].» Non, certes, ou du moins cette tourterelle
n'eût point dompté ni gardé Antoine; une bohémienne seule le pouvait
par la supériorité de l'audace et la flamme du génie. Je vois, dès le
titre de la pièce, pourquoi Dryden a amolli Shakspeare; _Tout pour
l'amour, ou le Monde bien perdu_. Quelle misère que de réduire de tels
événements à une pastorale, d'excuser Antoine, de louer par
contre-coup Charles II, de roucouler comme dans une bergerie! Et tel
était le goût des contemporains: quand Dryden écrivit d'après
Shakspeare _la Tempête_ et d'après Milton _l'État d'innocence_, il
corrompit encore une fois les idées de ses maîtres; il changea Ève et
Miranda en courtisanes[193]; il abolit partout, sous les convenances
et les indécences, la franchise, la sévérité, la finesse et la grâce
de l'invention originale. Autour de lui, Settle, Shadwell, sir Robert
Howard, faisaient pis. _L'Impératrice du Maroc_, par Settle, fut si
admirée, que les gentilshommes et les dames de la cour l'apprirent
pour la jouer à White-Hall, devant le roi. Et ce ne fut point là une
mode passagère; quoique dégrossi, ce goût dura. En vain les poëtes
rejetèrent une partie de l'alliage français dont ils avaient chargé
leur métal natif; en vain ils revinrent aux vieux vers sans rime
qu'avaient maniés Jonson et Shakspeare; en vain Dryden, dans les rôles
d'Antoine, de Ventidius, d'Octavie, de don Sébastien et de Dorax,
retrouva une portion du naturel et de l'énergie antiques: en vain
Otway, qui avait un vrai talent dramatique, Lee et Southern
atteignirent à des accents vrais ou touchants, en telle sorte qu'une
fois, dans _Venise sauvée_, on crut que le drame allait renaître: le
drame était mort, et la tragédie ne pouvait le remplacer; ou plutôt
chacun d'eux mourait par l'autre, et leur union, qui les avait énervés
sous Dryden, les énervait sous ses successeurs. Le style littéraire
émoussait la vérité dramatique; la vérité dramatique gâtait le style
littéraire; l'oeuvre n'était ni assez vivante ni assez bien écrite;
l'auteur n'était ni assez poëte ni assez orateur: il n'avait ni la
fougue et l'imagination de Shakspeare ni la politesse et l'art de
Racine[194]. Il errait sur les confins des deux théâtres, et ne
convenait ni à des artistes demi-barbares ni à des gens de cour
finement polis. Tel est en effet le public qui l'écoute, incertain
entre deux formes de pensées, nourri de deux civilisations contraires.
Ces hommes n'ont plus la jeunesse des sens, la profondeur des
impressions, l'originalité audacieuse et la folie poétique des
cavaliers et des aventuriers de la Renaissance; ils n'auront jamais
les adresses de langage, la douceur des moeurs, les habitudes de la
cour et les finesses de sentiment ou de pensée qui ont orné la cour de
Louis XIV. Ils quittent l'âge de l'imagination et de l'invention
solitaire, qui convient à leur race, pour l'âge de la raison et de la
conversation mondaine, qui ne convient pas à leur race; ils perdent
leurs mérites propres et n'acquièrent pas les mérites de leurs
voisins. Ce sont des poëtes étriqués et des courtisans mal élevés, ne
sachant plus rêver et ne sachant pas encore vivre, tantôt plats ou
brutaux, tantôt emphatiques ou roides. Pour qu'une belle poésie
naisse, il faut qu'une race rencontre son siècle. Celle-ci, égarée
hors du sien et entravée d'abord par l'imitation étrangère, ne forme
que lentement sa littérature classique; elle ne l'atteindra qu'après
avoir transformé son état religieux et politique: ce sera le règne de
la raison anglaise. Dryden l'ouvre par ses autres oeuvres, et les
écrivains qui paraîtront sous la reine Anne lui donneront son
achèvement, son autorité et son éclat.
[Note 185:
As some fair tulip, by a storm oppress'd,
Shrinks up, and folds its silken arms to rest;
And bending to the blast, all pale and dead,
Hears from within the wind sing round its head:
So, shrouded up, your beauty disappears;
Unveil, my love, and lay aside your fears.
The storm that caus'd your fright is past and done.
(_Conquest of Granada_, part I.)]
[Note 186:
On what new happy climate are we thrown,
So long kept secret and so lately known?
As if our old world modestly withdrew
And here in private had brought forth a new.
(_The Indian Emperor._)]
[Note 187:
And bloody hearts lye panting in her hand.
(_Almanzor._)]
[Note 188:
Two if's scarce make one possibility.
(_Almanzor._)
Poor women's thoughts are all extempore.
Des dames si logiciennes ont des grossièretés étranges: Lyndaxara son
amant qui la supplie de le rendre «heureux».
If I make you so, you shall pay my price.]
[Note 189:
He words me, girls, he words me, that I should not
By noble to myself; but hark thee, Charmion....
Now, Iras, what think'st thou?
Thou, an Egyptian puppet, shalt be shown
In Rome, as well as I. Mechanic slaves,
With greasy aprons, rules and hammers, shall
Uplift us to the view....
Saucy lictors
Will catch at us like strumpets; and scald rhymers
Ballad us out o'tune; the quick comedians
Extemporally will stage us, and present
Our Alexandrian revels; Antony
Shall be brought drunken forth, and I shall see
Some squeaking Cleopatra boy my greatness
I' the posture of a whore....
Husband, I come;
Now to that name my courage prove my title!
I am fire and air; my other elements
I give to baser life.--So, you have done!
Come then, and take the last warmth of my lips.
Farewell, kind Charmion--Iras, long long farewell.
_Dost thou not see my baby at my breast,
That sucks the nurse asleep?_
Cette gaminerie amère de courtisane et d'artiste est sublime.]
[Note 190: _The World well lost_, acte II.
IRAS.
Call Reason to assist you.
CLEOPATRA.
I have none.
And none would have. My love's a noble madness,
Which shows the cause deserved it. Moderate sorrow
Fits vulgar love, and for a vulgar man.
But I have loved with such transcendant passion;
I soared at first quite out of Reason's view,
And now am lost above it.]
[Note 191:
Come to me, come, my soldier, to my arms.
You have been too long away from my embraces.
But when I have you fast and all my own,
With broken murmurs and amorous sighs
I'll say you were unkind and punish you
And mark you red with many an eager kiss.]
[Note 192:
Nature meant me
A wife, a silly harmless household dove,
Fond without art, and kind without deceit.
(_Ibid._)]
[Note 193: Miranda dit: «And if I can but escape with life, I had
rather lie in pain nine months, as my father threatened, than lose my
longing.»--Dryden donne une soeur à Miranda; elles se querellent, et
sont jalouses l'une de l'autre, etc.--Voyez aussi la description
qu'Ève fait de son bonheur, et les idées que ses confidences suggèrent
à Satan (acte III, sc. I).]
[Note 194: Cette impuissance ressemble à celle de Casimir Delavigne.]
V
Arrêtons-nous pourtant un instant encore, et cherchons si, parmi tant
de rameaux avortés et tordus, la vieille souche théâtrale, livrée par
hasard à elle-même, ne produira pas sur un point quelque jet vivant et
sain. Quand un homme comme Dryden, si bien doué, si bien instruit et
si bien exercé, travaille de toute sa force, il y a des chances pour
que parfois il réussisse, et une fois, en partie du moins, Dryden a
réussi. Ce serait le traiter trop rigoureusement que de le juger
toujours en regard de Shakspeare; même à côté de Shakspeare, et avec
la même matière, on peut faire une belle oeuvre; seulement, le lecteur
est tenu d'oublier pour un instant le grand inventeur, le créateur
inépuisable d'âmes véhémentes et originales, de considérer l'imitateur
tout seul et sans lui imposer une comparaison qui l'accablerait.