Les comiques anglais peignent ces vices et les ont. Quelque chose s'en

répand sur leur talent et sur leur théâtre. L'art y manque, et la

philosophie aussi. Les écrivains ne vont pas vers une idée générale,

et ils ne vont pas par le chemin le plus droit. Ils composent mal; et

s'embarrassent de matériaux. Leurs pièces ont communément deux

intrigues entre-croisées, visiblement distinctes[98], réunies pour

amonceler les événements, et parce que le public a besoin d'un

surcroît de personnages et de faits. Il faut un gros courant

d'actions tumultueuses pour remuer leurs sens épais; ils font comme

les Romains, qui fondaient en une seule plusieurs pièces attiques. Ils

s'ennuient de la simplicité de l'action française, parce qu'ils n'ont

pas la finesse du goût français. Leurs deux séries d'actions se

confondent et se heurtent. On ne sait où l'on va; à chaque instant, on

est détourné de son chemin. Les scènes sont mal liées; elles changent

vingt fois de lieu. Quand l'une commence à se développer, un déluge

d'incidents vient l'interrompre. Les conversations parasites traînent

entre les événements. On dirait d'un livre où les notes sont pêle-mêle

entrées dans le texte. Il n'y a pas de plan véritablement calculé et

rigoureusement suivi; ils se sont donné un canevas, et en écrivent les

scènes au fur et à mesure, à peu près comme elles leur viennent. La

vraisemblance n'est pas bien gardée; il y a des déguisements mal

arrangés, des folies mal simulées, des mariages de paravent, des

attaques de brigands dignes de l'opéra-comique. C'est que pour

atteindre l'enchaînement et la vraisemblance, il faut partir de

quelque idée générale. Une conception de l'avarice, de l'hypocrisie,

de l'éducation des femmes, de la disproportion en fait de mariage,

arrange et lie par sa vertu propre les événements qui peuvent la

manifester. Ici cette conception manque. Congreve, Farquhar, Vanbrugh

ne sont que des gens d'esprit et non des penseurs. Ils glissent à la

surface des choses, ils n'y pénètrent pas. Ils jouent avec les

personnages. Ils visent au succès, à l'amusement. Ils esquissent des

caricatures, ils filent vivement la conversation futile et frondeuse;

ils heurtent les répliques, ils lancent les paradoxes; leurs doigts

agiles manient et escamotent les événements en cent façons ingénieuses

et imprévues. Ils ont de l'entrain, ils abondent en gestes, en

ripostes; le va-et-vient du théâtre et la verve animale font autour

d'eux comme un petillement. Néanmoins tout ce plaisir reste à fleur de

peau; on n'a rien vu du fonds éternel et de la vraie nature de

l'homme; on n'emporte aucune pensée; on a passé une heure, et voilà

tout; le divertissement vous laisse vide, et n'est bon que pour

occuper des soirées de coquettes et de fats.

Ajoutez que ce plaisir n'est pas franc; il ne ressemble point au bon

rire de Molière. Dans le comique anglais, il y a toujours un fonds

d'âcreté. On l'a vu, et de reste, chez Wycherley; les autres, quoique

moins cruels, raillent âprement. Leurs personnages, par plaisanterie,

échangent des duretés; ils s'amusent à se blesser; un Français souffre

d'entendre ce commerce de prétendues politesses; nous n'allons point

par gaieté à des assauts de pugilat. Leur dialogue tourne

naturellement à la satire haineuse; au lieu de couvrir le vice, il le

met en saillie; au lieu de le rendre risible, il le rend odieux. «À

quoi avez-vous passé la nuit? dit une dame à son amie.--À chercher

tous les moyens de faire enrager mon mari.--Rien d'étonnant que vous

paraissiez si fraîche ce matin après une nuit de rêveries si

agréables[99]!» Ces femmes sont vraiment méchantes et trop

ouvertement. Partout ici le vice est cru, poussé à ses extrêmes,

présenté avec ses accompagnements physiques. «Quand j'appris que mon

père avait reçu une balle dans la tête, dit un héritier, mon coeur fit

une cabriole jusqu'à mon gosier.--Consultez les veuves de la ville,

dit une jeune dame qui ne veut pas se remarier, elles vous diront

qu'il ne faut pas prendre à bail fixe une maison qu'on peut louer pour

trois mois[100].» Les _gentlemen_ se collettent sur la scène,

brusquent les femmes aux yeux du public, achèvent l'adultère à deux

pas, dans la coulisse. Les rôles ignobles ou féroces abondent. Il y a

des furies comme mistress Loveit et lady Touchwood. Il y a des

pourceaux comme le chapelain Bull et l'entremetteur Coupler. Lady

Touchwood, sur la scène, veut poignarder son amant[101]; Coupler, sur

la scène, a des gestes qui rappellent la cour de notre Henri III. Les

scélérats comme Fainall et Maskwell restent entiers, sans que leur

odieux soit dissimulé par le grotesque. Les femmes même honnêtes,

comme Silvia et mistress Sullen, sont aventurées jusqu'aux situations

les plus choquantes. Rien ne choque ce public; il n'a de l'éducation

que le vernis.

Il y a une correspondance forcée entre l'esprit d'un écrivain, le

monde qui l'entoure et les personnages qu'il produit; car c'est dans

ce monde qu'il prend les matériaux dont il les fait. Les sentiments

qu'il contemple en autrui et qu'il éprouve en lui-même s'organisent

peu à peu en caractères; il ne peut inventer que d'après sa structure

donnée et son expérience acquise, et ses personnages ne font que

manifester ce qu'il est, ou abréger ce qu'il a vu. Deux traits

dominent dans ce monde; ils dominent aussi dans ce théâtre. Tous les

personnages réussis s'y ramènent à deux groupes: les êtres naturels

d'un côté, les êtres artificiels de l'autre; les uns avec la

grossièreté et l'impudeur des inclinations primitives, les autres avec

la frivolité et les vices des habitudes mondaines; les uns incultes,

sans que leur simplicité révèle autre chose que leur bassesse native;

les autres cultivés, sans que leur raffinement leur imprime autre

chose qu'une corruption nouvelle. Et le talent des écrivains est

propre à la peinture de ces deux groupes: ils ont la grande faculté

anglaise, qui est la connaissance du détail précis et des sentiments

réels; ils voient les gestes, les alentours, les habits, ils entendent

les sons de voix; ils osent les montrer; ils ont hérité bien peu, de

bien loin, et malgré eux, mais enfin ils ont hérité de Shakspeare; ils

manient franchement, et sans l'adoucir, le gros rouge cru qui seul

peut rendre la figure de leurs brutes. D'autre part, ils ont la verve

et le bon style; ils peuvent exprimer le caquetage étourdi, les

affectations folâtres, l'intarissable et capricieuse abondance des

fatuités de salon; ils ont autant d'entrain que les plus fous, et en

même temps ils parlent aussi bien que les mieux appris; ils peuvent

donner le modèle des conversations ingénieuses; ils ont la légèreté de

touche, le brillant, et aussi la facilité, la correction, sans

lesquelles on ne fait pas le portrait des gens du monde. Ils trouvent

naturellement sur leur palette les fortes couleurs qui conviennent à

leurs barbares et les jolies enluminures qui conviennent à leurs

élégants.

[Note 98: Dryden s'en vante. Il y a toujours chez lui une comédie

complète amalgamée grossièrement avec une tragédie complète.]

[Note 99:

CLARISSA.

Prithee, tell me how you have passed the night?

ARAMINTA.

Why, I have been studying all the ways my brain could produce to

plague my husband.

CLARISSA.

No wonder, indeed, you look so fresh this morning, after the

satisfaction of such pleasant ideas all night. (Vanbrugh,

_Confederacy_, II, I.)]

[Note 100: Lady Fidget dit:

Our virtue is like the statesman's religion, the Quaker's word, the

gamester's oath, and the great man's honour, but to cheat those that

trust us. (Wycherley, _Love in a Wood_.)

If you consult the widows of the town, they'll tell you, you should

never take a lease of a house you can hire for a quarter's warning.

(Vanbrugh, _Relapse_, acte II, fin.)

My heart cut a caper up to my mouth when I heard my father was shot

through the head. (_Ibid._)]

[Note 101:

LADY TOUCHWOOD (_à Maskwell_).

You want but leisure to invent fresh falsehood, and sooth me to a

fond belief of all your fictions. But I'll stab the lie that is

forming in your heart, and save a sin, in pity of your soul.

(Congreve, _Double Dealer_.)]

VIII

Il y a d'abord le butor, le squire Sullen[102], ou sir John

Brute[103], sorte d'ivrogne ignoble «qui, le soir, roule dans la

chambre de sa femme en trébuchant comme un passager qui a le mal de

mer, entre brutalement au lit, les pieds froids comme de la glace,

l'haleine chaude comme une fournaise, les mains et la face aussi

grasses que son bonnet de flanelle, renverse les matelas, retrousse le

drap par-dessus ses épaules et ronfle[104].»--On lui demande pourquoi

il s'est marié?--«Je me suis marié parce que j'avais l'idée de coucher

avec elle, et qu'elle ne voulait pas me laisser faire[105].» Il fait

de son salon une écurie, fume jusqu'à l'empester pour en chasser les

femmes, leur jette sa pipe à la tête, boit, jure et sacre. Les gros

mots, les malédictions coulent dans sa conversation comme les ordures

dans un ruisseau. Il se soûle au cabaret et hurle: «Au diable la

morale, au diable la garde! et que le constable soit marié!» Il crie

qu'il est Anglais, homme libre; il veut sortir et tout casser[106].

«Laissez-moi donc tranquille avec ma femme et votre maîtresse, je les

donne au diable toutes les deux de tout mon coeur, et toutes les

jambes qui traînent une jupe, excepté quatre braves drôlesses, et

Betty Sands en tête, qui se grisent avec lord Rake et moi cinq fois

par semaine[107].» Il sort de l'auberge avec des chenapans avinés, et

court sus aux femmes à travers les rues. Il détrousse un tailleur qui

portait une soutane, s'en habille, rosse la garde. On l'empoigne et on

le mène au constable; il déblatère en chemin, et finit, au milieu de

ses hoquets et de ses rabâchages d'ivrogne, par proposer au constable

d'aller pêcher quelque part ensemble une bouteille et une fille. Il

rentre enfin «couvert de sang et de boue,» grondant comme un dogue,

les yeux gonflés, rouge, appelant sa nièce salope et sa femme

menteuse. Il va à elle, l'embrasse de force, et comme elle se

détourne: «Ah! ah! je vois que cela vous fait mal au coeur. Eh bien!

justement à cause de cela, embrassez-moi encore une fois.» Là-dessus

il la chiffonne et la bouscule: «Bon; maintenant que vous voilà aussi

sale et aussi torchonnée que moi, les deux cochons font la

paire[108].» Il veut prendre la théière dans une armoire, enfonce la

porte d'un coup de pied, et découvre le galant de sa femme avec celui

de sa nièce. Il tempête, vocifère de sa langue pâteuse un radotage

d'imbécile, puis tout d'un coup tombe endormi. Son valet arrive et

charge sur son dos cette carcasse inerte[109]. C'est le portrait du

pur animal, et je trouve qu'il n'est pas beau.

Voilà le mari; voyons le père, sir Tunbelly, un gentilhomme

campagnard, élégant s'il en fut. Tom Fashion frappe à la porte du

château, qui à l'air d'un poulailler, et où on le reçoit comme dans

une ville de guerre. Un domestique paraît à la fenêtre, l'arquebuse à

la main; à grand'peine, à la fin, il se laisse persuader qu'il doit

avertir son maître: «Vas-y, Ralph, mais écoute; appelle la nourrice

pour qu'elle enferme miss Hoyden avant que la porte soit

ouverte[110].» Vous remarquez que dans cette maison on prend des

précautions à l'endroit des filles.--Sir Tunbelly arrive avec ses gens

munis de fourches, de faux et de gourdins, d'un air peu aimable, et

veut savoir le nom du visiteur: «car tant que je ne saurai pas votre

nom, je ne vous demanderai pas d'entrer chez moi, et quand je saurai

votre nom, il y a six à parier contre quatre que je ne vous le

demanderai pas non plus[111].» Il a l'air d'un chien de garde qui

gronde et regarde les mollets d'un intrus. Mais bientôt il apprend que

cet intrus est son futur gendre: il s'exclame, il s'excuse, il crie à

ses domestiques d'aller mettre en place les chaises de tapisserie, de

tirer de l'armoire les grands chandeliers de cuivre, de «lâcher» miss

Hoyden, de lui faire passer une gorgerette propre, «si ce n'a pas été

aujourd'hui le jour du changement de linge[112].» Le faux gendre veut

épouser Hoyden tout de suite: «Oh! non, sa robe de noces n'est pas

encore arrivée.--Si, tout de suite, sans cérémonie, cela épargnera de

l'argent.--De l'argent, épargner de l'argent, quand c'est la noce

d'Hoyden! Vertudieu! je donnerai à ma donzelle un dîner de noces,

quand je devrais aller brouter l'herbe à cause de cela comme le roi

d'Assyrie, et un fameux dîner, qu'on ne pourra pas cuire dans le

temps de pocher un oeuf. Ah! pauvre fille, comme elle sera effarouchée

la nuit des noces! car, révérence parler, elle ne reconnaîtrait pas un

homme d'une femme, sauf par la barbe et les culottes[113].» Il se

frotte les mains, fait l'égrillard. Plus tard il se grise, il embrasse

les dames, il chante, il essaye de danser. «Voilà ma fille; prenez,

tâtez, je la garantis, elle pondra comme une lapine apprivoisée[114].»

Arrive Foppington, le vrai gendre. Sir Tunbelly, le prenant pour un

imposteur, l'appelle chien; Hoyden propose qu'on le traîne dans

l'abreuvoir; on lui lie les pieds et les mains, et on le fourre dans

le chenil; sir Tunbelly lui met le poing sous le nez, voudrait lui

enfoncer les dents jusque dans le gosier. Plus tard, ayant reconnu

l'imposteur: «Mylord, dit-il du premier coup, lui couperai-je la

gorge, ou sera-ce vous[115]?» Il se démène, il veut tomber dessus à

grands coups de poing. Tel est le gentilhomme de campagne, seigneur et

fermier, boxeur et buveur, braillard et bête. Il sort de toutes ces

scènes un fumet de mangeaille, un bruit de bousculades, une odeur de

fumier.

Tel père, telle fille. Quelle ingénue que miss Hoyden! Elle gronde

toute seule «d'être enfermée comme la bière dans le cellier:

Heureusement qu'il me vient un mari, ou, par ma foi! j'épouserais le

boulanger, oui, je l'épouserais[116]!» Quand la nourrice annonce

l'arrivée du futur, elle saute de joie, elle embrasse la vieille: «Ô

bon Dieu! je vais mettre une chemise à dentelles, quand je devrais

pour cela être fouettée jusqu'au sang[117].» Tom vient lui-même et lui

demande si elle veut être sa femme. «Monsieur, je ne désobéis jamais à

mon père, excepté pour manger des groseilles vertes[118].--Mais votre

père veut attendre une semaine?--Oh! une semaine! je serai une vieille

femme après tant de temps que cela[119]!» Je ne puis pas traduire

toutes ses réponses. Il y a un tempérament de chèvre sous ses phrases

de servante. Elle épouse Tom en secret, à l'instant, et le chapelain

leur souhaite beaucoup d'enfants[120]. «Par ma foi! dit-elle, de tout

mon coeur! plus il y en aura, plus nous serons gais, je vous le

promets, hé! nourrice[121].» Mais le vrai futur se présente, et Tom se

sauve. À l'instant son parti est pris, elle dit à la nourrice et au

chapelain de tenir leurs langues: «J'épouserai celui-là aussi, voilà

la fin de l'histoire[122].» Elle s'en dégoûte pourtant, et assez vite;

il n'est pas bien bâti, il ne lui donne guère d'argent de poche; elle

hésite entre les deux, calcule: «Comment est-ce que je m'appellerais

avec l'autre? mistress, mistress, mistress quoi? Comment appelle-t-on

cet homme que j'ai épousé, nourrice?--_Squire_ Fashion.--_Squire_

Fashion! Oh bien! squire, cela vaut mieux que rien[123]. Mais mylady,

cela vaut mieux encore. Est-ce que vous croyez que je l'aime,

nourrice? Par ma foi! je ne me soucierai guère qu'il soit pendu quand

je l'aurai épousé une bonne fois. Non, ce qui me plaît, c'est de

penser au fracas que je ferai une fois à Londres; car quand je serai

les deux choses, épousée et dame, par ma foi! nourrice, je me

pavanerai avec les meilleures d'entre elles toutes[124].» Elle est

prudente pourtant, elle sait que son père a «son fouet de chiens à la

ceinture,» et «qu'il la secouera ferme.» Elle prend ses précautions en

conséquence: «Dites donc, nourrice, faites attention de vous mettre

entre moi et mon père, car vous savez ses tours, il me jetterait par

terre d'un coup de poing[125].» Voilà la vraie sanction morale; pour

un si beau naturel, il n'y en a pas d'autre, et sir Tunbelly fait bien

de la tenir à l'attache, avec un régime suivi de coups de pied

quotidiens[126].

[Note 102: Farquhar, _The Beaux Stratagem_.]

[Note 103: Vanbrugh, _Provoked Wife_.]

[Note 104: After his man and he had rolled about the room, like sick

passengers in a storm, he comes flounce in the bed, dead as a salmon

into a fishmonger's basket; his feet cold as ice, his breath hot as a

furnace, and his hands and his face as greasy as his flannel nightcap.

O matrimony! He tosses up the clothes with a barbarous swing over his

shoulders, disorders the whole economy of my bed, bares me half naked,

and my whole night's comfort is the tunable serenade of that wakeful

nightingale, his nose!]

[Note 105: Why did I marry! I married because I had a mind to lie with

her, and she would not let me....]

[Note 106: Ay, damn morality!--and damn the watch! and let the

constable be married!... Liberty and property, and Old England,

huzza!...

So, now, Mr. Constable, shall you and I go pick up a whore

together?--No?--Then I'll go by myself, and you and your wife may be

damned!...

Whom do you call a drunken fellow, you slut you? I'm a man of quality;

the king has made me a knight.... I'll devil you, you jade you! I'll

demolish your ugly face!...

I'll warrant you, it is some such squeamish minx as my wife, that is

grown so dainty of late, that she finds fault even with a dirty

shirt.]

[Note 107: Let us hear no more of my wife nor your mistress. Damn them

both with all my heart, and every thing else that dangles a petticoat,

except four generous whores, with Betty Sands at the head of them, who

are drunk with my Lord Rake and I ten times in a fortnight.]

[Note 108: Come, kiss me, then.

LADY BRUTE (_kissing him_).

There; now go. (_Aside._) He stinks like poison.

SIR JOHN.

I see it goes damnably against your stomach, and therefore kiss me

again. (_Kisses and tumbles her._)

So now, you being as dirty and as nasty as myself, we may go pig

together.]

[Note 109: Come to your kennel, you cuckoldy drunken sot you.]

[Note 110: Ralph, go thy ways, and ask Sir Tunbelly, if he pleases to

be waited upon. And dost hear? Call to nurse that she may lock up Miss

Hoyden before the gate's open.]

[Note 111: Till I know your name, I shall not ask you to come into my

house; and when I know your name, 'tis six to four I don't ask you

neither.]

[Note 112: Cod's my life! I ask your Lordship's pardon ten thousand

times. (_To a servant._) Here, run in a-doors quickly. Get a

Scotch-coal fire in the great parlour; set all the Turkey-work chairs

in their places; get the great brass candlesticks out, and be sure

stick the sockets full of laurel. Run! And do you hear; run away to

nurse; bid her let Miss Hoyden loose again, and, if it is not shifting

day, let her put on a clean tucker, quick!]

[Note 113: Ah! poor girl, she will be scared out of her wits on her

wedding night.

Udswoon, I'll give my wench a wedding-dinner, though I go to grass

with the King of Assyria for it.

Not so soon. That is knocking my girl, before you bid her stand.

Besides, my wench's wedding-gown is not come home yet.]

[Note 114: Ha! there is my wench, I' faith. Touch and take, I'll

warrant her; she'll breed like a tame rabbit.]

[Note 115: My lord, will you cut his throat, or shall I?

Here, give my dog-whip.

Here, here, here, let me beat out his brains, and that will decide it.

Ha! they bill like turtles. Udsookers, they set my old blood afire. I

shall cuckold somebody before morning.]

[Note 116: It's well I have a husband a-coming, or, ecod, I'd marry

the baker; I would so. Nobody can knock at the gate, but presently I

must be locked up; and here's the young grey-hound bitch can run loose

about the house all the day long, she can. 'Tis very well.]

[Note 117: O Lord, I'll go put on my laced smock, though I'm whipped

till the blood run down my heels for it.]

[Note 118: Sir, I never disobey my father in anything but eating of

green gooseberries....]

[Note 119: A week! Why, I shall be an old woman by that time!]

[Note 120: Ecod, with all my heart! The more the merrier, I say; ha!

nurse!]

[Note 121: Le caractère de la nourrice est excellent. Fashion la

remercie de l'éducation qu'elle a donnée à Hoyden:

«Alas, all I can boast of is, I gave her pure good milk, and so your

honour would have said, an you had seen how the poor thing sucked it!

Eh! God's blessing on the sweet face on it, how it used to hang at

this poor teat, and suck and squeeze, and kick, and sprawl it would,

till the belly on't was so full, it would drop off like a leech!»

Cela est vrai, même après la nourrice de Juliette dans Shakspeare.]

[Note 122: Why, if you two you be sure to hold your tongues, and not

say a word of what's past, I'll even marry this lord too.

NURSE.

What, two husbands, my dear?

HOYDEN.

Why, you had three, good nurse; you may hold your tongue...]

[Note 123: But if I leave my lord, I must leave my lady too; and when

I rattle about the streets in my coach, they'll only say: There goes

Mistress--Mistress--Mistress what? What is this man's name have

married, nurse?

NURSE.

'Squire Fashion.

HOYDEN.

'Squire Fashion is it? Well, 'squire, that's better than nothing.]

[Note 124: Love him! Why, do you think I love him, nurse? Ecod, I

would not care if he were hanged, so I were but once married to him.

No; that which pleases me is to think what work I'll make when I get

to London; for when I am a wife and a lady both, nurse, ecod, I'll

flaunt it with the best of 'em.]

[Note 125: But, d'ye hear? Pray, take care of one thing: when the

business comes to break out, be sure you get between me and my father;

for you know his tricks; he will knock me down.]

[Note 126: Voir aussi le caractère du jeune garçon lourdaud et bête,

squire Humphrey (_A Journey to London_, Vanbrugh). Il n'a qu'une idée,

manger toujours.]

IX

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 3 de 5) · 第 7 / 28 段