C'est qu'il n'était pas né épicurien. Son fonds, vraiment anglais,

c'est-à-dire énergique et sombre, répugnait à l'insouciance aisée et

aimable qui permet de prendre la vie comme une partie de plaisir. Son

style est travaillé et pénible. Son ton est virulent et acerbe. Il

fausse souvent la comédie pour arriver à la satire haineuse. L'effort

et l'animosité se marquent dans tout ce qu'il dit et fait dire. C'est

un Hobbes, non pas méditatif et tranquille comme l'autre, mais actif

et irrité, qui ne voit que du vice dans l'homme, et se sent homme

jusqu'au fond. Le seul travers qu'il repousse, c'est l'hypocrisie; le

seul devoir qu'il prescrive, c'est la franchise. Il veut que les

autres avouent leur vice, et il commence par avouer le sien. «Quoique

je ne sache pas mentir comme les poëtes, dit-il, je suis aussi vain

qu'eux;» puis, parlant de sa reconnaissance: «Voilà, madame, la

gratitude des poëtes, qui, en bon anglais, n'est qu'orgueil et

ambition[39].» Chez lui, nulle poésie d'expression, nulle conception

d'idéal, nul établissement de morale qui puisse consoler, relever ou

épurer les hommes. Il les parque dans leur perversité et dans leur

ordure, et s'y installe avec eux. Il leur montre les vilenies du

bas-fond où il les confine; il veut qu'ils respirent cette fange; il

les y enfonce, non pour les en dégoûter comme d'une chute

accidentelle, mais pour les y accoutumer comme à une assiette

naturelle. Il arrache les compartiments et les ornements par lesquels

ils essayent de couvrir leur état ou de régler leur désordre. Il

s'amuse à les faire battre, il se complaît dans le tapage des

instincts déchaînés; il aime les retours violents du pêle-mêle humain,

l'embrouillement des méchancetés, la dureté des meurtrissures. Il

déshabille les convoitises, il les fait agir tout au long, il les

ressent par contre-coup, et, tout en les jugeant nauséabondes, il les

savoure. En fait de plaisir, on prend ce qu'on trouve: les ivrognes de

barrière, à qui l'on demande comment ils peuvent aimer leur vin bleu,

répondent qu'il soûle tout de même et qu'ils n'ont que cela

d'agrément.

Qu'on puisse oser beaucoup dans un roman, on le comprend. C'est une

oeuvre de psychologie, voisine de la critique et de l'histoire, ayant

des libertés presque égales, parce qu'elle contribue presque également

à exposer l'anatomie du coeur[40]. Il faut bien qu'on puisse

représenter les maladies morales, surtout lorsqu'on le fait pour

compléter la science, froidement, exactement, et en style de

dissection. Un tel livre de sa nature est abstrait: il se lit dans un

cabinet, sous la lampe. Mais transportez-le sur le théâtre, empirez

ces scènes d'alcôve, réchauffez-les par des scènes de mauvais lieux,

donnez-leur un corps par les gestes et les paroles vibrantes des

actrices; que les yeux et tous les sens s'en remplissent, non pas les

yeux d'un spectateur isolé, mais ceux de mille hommes et femmes

confondus dans le parterre, irrités par l'intérêt de la fable, par la

précision de l'imitation littérale, par le ruissellement des lumières,

par le bruit des applaudissements, par la contagion des impressions

qui courent comme un frisson dans tous les nerfs excités et tendus!

Voilà le spectacle qu'a fourni Wycherley et qu'a goûté cette cour.

Est-il possible qu'un public, et un public de choix, soit venu écouter

de pareilles scènes? Dans _l'Amour au bois_, à travers les

complications des rendez-vous nocturnes et des viols acceptés ou

commencés, on voit un bel esprit, Dapperwitt, qui veut vendre Lucy, sa

maîtresse, à un beau gentilhomme du temps, Ranger. Il la vante, avec

quels détails! Il frappe à sa porte; l'acheteur cependant s'impatiente

et le traite comme un nègre. La mère ouvre, veut vendre Lucy pour

elle-même et à son profit, les injurie et les renvoie. On amène alors

un vieil usurier puritain et hypocrite, Gripe, qui d'abord ne veut pas

financer. «Payez donc à dîner!» Il donne un _groat_ pour un gâteau et

de l'ale[41]. L'entremetteuse se récrie, il lâche une couronne. «Mais

pour les rubans, les pendants d'oreille, les bas, les gants, la

dentelle et tout ce qu'il faut à la pauvre petite?» Il se

débat.--Allons! une demi-guinée.--«Une demi-guinée!» dit la

vieille.--«Je t'en prie, va-t'en; prends l'autre guinée aussi, deux

guinées, trois guinées, cinq; voilà, c'est tout ce que j'ai.--Il me

faut aussi ce grand anneau à cachet, ou je ne bouge pas[42]!» Elle

s'en va enfin, ayant tout extorqué, et Lucy fait l'innocente, semble

croire que Gripe est un maître à danser, et lui demande sa leçon. Ici

quelles scènes et quelles équivoques! Enfin elle crie, la mère et des

gens apostés enfoncent la porte; Gripe est pris au piége, on le menace

d'appeler le constable, on lui escroque cinq cents livres

sterling.--Faut-il conter le sujet de _l'Épouse campagnarde_? On a

beau glisser, on appuie trop. Horner, gentilhomme qui revient de

France, répand le bruit qu'il ne peut plus faire tort aux maris. Vous

devinez ce qu'entre les mains de Wycherley une pareille donnée peut

fournir, et il en tire tout ce qu'elle contient. Les femmes causent de

son état, et devant lui; elles se font détromper par lui, et s'en

vantent. Il y en a trois qui viennent chez lui, font ripaille,

boivent, chantent, et quelles chansons! C'est le débordement de

l'orgie qui triomphe, se décerne elle-même la couronne et s'étale en

maximes. «Notre vertu, dit l'une d'elles, est comme la conscience de

l'homme d'État, la parole du quaker, le serment du joueur, l'honneur

du grand seigneur: rien qu'une grimace pour duper ceux qui se fient à

nous.» À la dernière scène, les soupçons éveillés se calment sur une

nouvelle déclaration de Horner. Tous les mariages sont salis, et ce

carnaval finit par une danse des maris trompés. Pour comble, Horner

propose au public son exemple, et l'actrice qui vient dire l'épilogue

achève l'ignominie de la pièce en avertissant les faux galants qu'ils

aient à se bien tenir, et que s'ils peuvent duper les hommes, «ce

n'est pas aux femmes qu'on en peut donner à garder[43].»

Mais ce qui est véritablement unique, et le plus extraordinaire des

signes de ce temps, c'est qu'au milieu de ces provocations nulle

circonstance repoussante n'est omise, et que le conteur semble tenir

autant à nous dégoûter qu'à nous dépraver[44]. À chaque instant, les

élégants, même les dames, mettent en tiers dans la conversation ce

qui, depuis le seizième siècle, accompagne l'amour. Dapperwitt, en

offrant Lucy, dit pour excuser les retards: «Laissez-lui le temps de

mettre sa longue mouche sous l'oeil gauche et de corriger son haleine

avec un peu d'écorce de citron[45].» Lady Flippant, seule dans le

parc, s'écrie: «Malheureuse femme que je suis! j'ai quitté le troupeau

pour mettre les chiens à mes trousses, et pas un vagabond ivrogne qui

vienne trébucher sur mon chemin! Les mendiantes en loques, les

ramasseuses de cendres ont meilleure chance que moi.[46]» Ce sont là

les morceaux les plus doux, jugez des autres! Il prend à tâche de

révolter même les sens; l'odorat, les yeux, tout souffre devant ses

pièces; il faut que ses auditeurs aient eu des nerfs de matelot. Et

c'est de cet abîme que la littérature anglaise est remontée jusqu'à la

sévérité morale, jusqu'à la décence excessive qu'elle s'impose

aujourd'hui! Ce théâtre est comme une guerre déclarée à toute beauté,

à toute délicatesse. Si Wycherley emprunte à quelque écrivain un

personnage, c'est pour le violenter ou le dégrader jusqu'au niveau des

siens. S'il imite l'Agnès de Molière[47], il la marie afin de

profaner le mariage, lui ôte l'honneur, bien plus la pudeur, bien plus

encore la grâce, change sa tendresse naïve en instinct éhonté et en

confessions scandaleuses[48]. S'il prend la Viola de Shakspeare[49],

c'est pour la traîner dans des bassesses d'entremetteuse, parmi les

brutalités et les coups de main. S'il traduit le rôle de Célimène, il

efface d'un trait les façons de grande dame, les finesses de femme, le

tact de maîtresse de maison, la politesse, le grand air, la

supériorité d'esprit et de savoir-vivre, pour mettre à la place

l'impudence et les escroqueries d'une courtisane «forte en gueule.»

S'il invente une fille presque honnête, Hippolyta, il commence par lui

mettre dans la bouche des paroles telles qu'on n'en peut rien

transcrire. Quoi qu'il fasse et quoi qu'il dise, qu'il crée ou qu'il

copie, qu'il blâme ou qu'il loue, son théâtre est une diffamation de

l'homme, qui rebute en même temps qu'elle attire, et qui écoeure quand

elle corrompt.

Un don surnage pourtant, la force, qui ne manque jamais dans ce pays, et

y donne un tour propre aux vertus comme aux vices. Quand on a écarté les

phrases d'auteur tout oratoires et pesamment composées d'après les

Français, on aperçoit le vrai talent anglais, le sentiment poignant de

la nature et de la vie. Wycherley a ce lucide et hardi regard qui saisit

dans une situation les gestes, l'expression physique, le détail

sensible, qui fouille jusqu'au fond des crudités et des bassesses, qui

atteint, non pas l'homme en général et la passion telle qu'elle doit

être, mais l'individu particulier et la passion telle qu'elle est. Il

est réaliste, non pas de parti pris, comme nos modernes, mais par

nature. Il plaque violemment son plâtre sur la figure grimaçante et

bourgeonnée de ses drôles pour nous porter sous les yeux le masque

implacable où s'est collée au passage l'empreinte vivante de leur

laideur. Il charge ses pièces d'incidents, il multiplie l'action, il

pousse la comédie jusqu'aux situations dramatiques; il bouscule ses

personnages à travers les coups de main et les violences, il va jusqu'à

les fausser pour outrer la satire. Voyez dans Olivia, qu'il copie

d'après Célimène, la fougue des passions qu'il manie. Elle peint ses

amis comme Célimène[50], mais avec quels outrages! «Milady Automne?--Un

vieux carrosse repeint.--Sa fille?--Splendidement laide, une mauvaise

croûte dans un cadre riche.--Et la dégoûtante vieille au haut bout de

sa table....--Renouvelle la coutume grecque de servir une tête de mort

dans les banquets.» Nos nerfs modernes ne supporteraient pas le portrait

qu'elle fait de Manly, son amant; celui-ci l'entend par surprise; à

l'instant elle se redresse, le raille en face, se déclare mariée, lui

dit qu'elle garde les diamants qu'elle a reçus de lui, et le brave.

«Mais, lui dit-on, par quel attrait l'aimiez-vous? Qu'est-ce qui avait

pu vous donner du goût pour lui?--Ce qui force tout le monde à flatter

et à dissimuler, sa bourse; j'avais une vraie passion pour elle[51].»

Son impudence est celle d'une courtisane déclarée. Amoureuse dès la

première vue de Fidelio, qu'elle prend pour un jeune homme, elle se

pend à son cou, «l'étouffe de baisers;» puis dans l'obscurité elle

tâtonne pour le trouver en disant: «Où sont tes lèvres?» Il y a une

sorte de «férocité» animale dans son amour. Elle renvoie son mari par

une comédie improvisée; puis, avec un mouvement de danseuse: «Va-t'en,

mon mari, et viens, mon ami. Justement les seaux dans le puits: l'un

descendant fait monter l'autre.» Elle éclate d'un rire mordant: «Pourvu

qu'ils n'aillent pas comme eux se heurter en route et se casser l'un

l'autre[52]!» Surprise en flagrant délit et ayant tout avoué à sa

cousine, dès qu'elle entrevoit une espérance de salut, elle revient sur

son aveu avec une effronterie d'actrice: «Eh bien! cousine, lui dit

l'autre, je le confesse, c'était là de l'hypocrisie raisonnable.--Quelle

hypocrisie?--Je veux dire, ce conte que vous avez fait à votre mari; il

était permis, puisque c'était pour votre défense.--Quel conte? Je vous

prie de savoir que je n'ai jamais fait de conte à mon mari.--Vous ne me

comprenez pas, bien sûr: je dis que c'était une bonne manière d'en

sortir, et honnête, de faire passer votre galant pour une

femme.--Qu'est-ce que vous voulez dire, encore une fois, avec mon

galant, et qui est-ce qui a passé pour une femme?--Comment! vous voyez

bien que votre mari l'a pris pour une femme!--Qui?--Mon Dieu! mais

l'homme qu'il a trouvé avec vous!--Seigneur! vous êtes folle à coup

sûr.--Oh! ce jeu-là est trop insipide, Il en est blessant.--Et se jouer

de mon honneur est encore plus blessant.--Quelle impudence

admirable!--De l'impudence, moi! à moi un tel langage! Oh bien! je ne

reverrai plus votre visage. Lettice, où êtes-vous? Venez, laissons là

cette méchante femme médisante.--Un mot d'abord, madame, je vous prie;

pourriez-vous jurer que votre mari ne vous a pas trouvée avec...--Jurer!

Oui, que quiconque est monté dans ma chambre, inconnu, dans l'obscurité,

homme ou femme, je ne le connais pas, et par le ciel, et par tout ce qui

est bon; et si je meurs, puissé-je n'avoir jamais une seule joie dans ce

monde ni dans l'autre! Oui, et je veux être éternellement...--Damnée! et

vous l'êtes; mais vous n'avez plus besoin de vous parjurer: autant jouer

franc jeu.--Ô horrible! horrible avis! Sortons, ne l'entendons pas;

viens, Lettice, elle nous corromprait[53].» Voilà de la verve, et si

j'osais conter les audaces et les vérifications de l'action nocturne, on

verrait que Mme Marneffe a une soeur et Balzac un devancier.

Il est un personnage qui montre en abrégé son talent et sa morale,

tout composé d'énergie et d'indélicatesse, Manly, le _plain dealer_,

si visiblement son favori, que les contemporains ont donné à l'auteur

en surnom le nom de son héros. Manly est peint d'après Alceste, et

l'énormité des différences mesure la différence des deux mondes et des

deux pays[54]. Il n'est pas gentilhomme de cour, mais capitaine de

vaisseau, avec les allures des marins du temps, la casaque tachée de

goudron et sentant l'eau-de-vie[55], prompt aux voies de fait et aux

jurons sales, appelant les gens chiens et esclaves, et, quand ils lui

déplaisent, les jetant à coups de pied dans l'escalier. «Mylord,

dit-il à un seigneur avec un grondement de dogue, les gens de votre

espèce sont comme les prostituées et les filous, dangereux seulement

pour ceux que vous embrassez.» Puis, quand le pauvre homme essaye de

lui parler à l'oreille: «Mylord, tout ce que vous m'avez appris en me

chuchotant ce que je savais d'avance, c'est que vous avez l'haleine

puante; voilà un secret pour votre secret[56].» Quand il est dans le

salon d'Olivia avec «ces perroquets bavards, ces singes, ces échos

d'hommes,» il vocifère comme sur son gaillard d'arrière: «Silence,

bouffons de foire!» et il les prend au collet. «Pas de caquetage,

babouins! dehors tout de suite, ou bien[57]....» Et il les met à la

porte. Voilà ses façons d'homme sincère.--Il a été ruiné par Olivia

qu'il aime et qui le renvoie. La pauvre Fidelia, déguisée en homme et

qu'il prend pour un adolescent timide, vient le trouver pendant qu'il

ronge sa colère: «Je puis vous servir, monsieur; au pis, j'irais

mendier ou voler pour vous.--Bah! encore des vanteries.... Tu dis que

tu irais mendier pour moi?--De tout mon coeur, monsieur.--Eh bien! tu

iras faire l'entremetteur pour moi?--Comment, monsieur?--Oui, auprès

d'Olivia. Va, flatte, mens, agenouille-toi, promets n'importe quoi

pour me l'avoir. Je ne peux pas vivre sans l'avoir[58].» Et lorsque

Fidelia revient lui disant qu'Olivia l'a embrassée, de force, avec un

emportement d'amour: «Son amour!... l'amour d'une prostituée, d'une

sorcière! Ah! ah! n'est-ce pas qu'elle embrasse bien, monsieur? Bien

sûr, je me figurais que ses lèvres.... Mais je ne dois plus me les

figurer. Et pourtant elles sont si belles que je voudrais les baiser

encore,--m'y coller,--puis les arracher avec mes dents, les mâcher en

morceaux et les cracher à la face de son entreteneur[59]!...» Ces cris

de sauvage annoncent des actions de sauvage. Il va la nuit avec

Fidelia pour entrer sous son nom chez Olivia, et Fidelia, par

jalousie, résiste. Son sang s'émeut alors, un flot de fureur lui monte

à la face, et il lui crie tout bas d'une voix sifflante: «Ah! tu es

donc mon rival? Eh bien! alors tu vas rester ici et garder la porte à

ma place, pendant que j'entre à ta place. Puis, quand je serai

dedans, si tu oses bouger de cette planche ou souffler un mot, je lui

couperai la gorge, à elle d'abord; et si tu l'aimes, tu ne risqueras

pas sa vie. Et la tienne aussi, je sais que la tienne, au moins, tu

l'aimes. Pas un mot, où je commence par toi[60]!» Il renverse le mari,

autre traître, reprend à Olivia la cassette de bijoux qu'il lui avait

donnée, lui en jette quelques-uns, disant «qu'il n'a jamais quitté une

fille sans la payer[61],» et donne cette même cassette à Fidelia,

qu'il épouse. Toutes ces actions paraissaient alors convenables.

Wycherley prenait dans sa dédicace le titre de son héros, _Plain

dealer_; il croyait avoir tracé le portrait d'un franc honnête homme,

et s'applaudissait d'avoir donné un bon exemple au public; il n'avait

donné que le modèle d'une brute déclarée et énergique. C'est là tout

ce qui restait de l'homme dans ce triste monde. Wycherley lui ôtait

son manteau mal ajusté de politesse française, et le montrait avec la

charpente de ses muscles et l'impudence de sa nudité.

À côté d'eux, un grand poëte aveugle et tombé, l'âme remplie des

misères présentes, peignait ainsi le tumulte de l'orgie infernale:

«Bélial vint le dernier, le plus impur des esprits tombés du ciel, le

plus grossier dans l'amour du vice pour lui-même.... Nul n'est plus

souvent dans les temples et aux autels, quand le prêtre devient athée,

comme les fils d'Éli qui remplirent de leurs débauches et de leurs

violences la maison de Dieu. Il règne aussi dans les cours et dans les

palais, dans les cités luxurieuses, où le bruit de l'orgie monte

au-dessus des plus hautes tours, avec l'injure et l'outrage, quand la

nuit obscurcit les rues, et que ses fils se répandent au dehors,

gorgés d'insolence et de vin[62].»

[Note 37: Lorsque Jupiter sort, alléguant qu'il est jour, Alcmène lui

dit:

But you and I will draw our curtains close,

Extinguish day-light, and put out the sun.

Come back, my lord.

You have not yet laid long enough in bed

To warm your widowed side.

Comparez la matrone romaine de Plaute et l'honnête dame française de

Molière à cette personne expansive.]

[Note 38:

From hunting whores and haunting play,

And minding nothing all the day,

And all the night too, you will say,...

To make grave legs in formal fetters,

Converse with fools and write dull letters....

(_Lettre à lord Middleton_)]

[Note 39: Though I cannot lie like them, I am as vain as they; I

cannot but publicly give your Grace my humble acknowledgments.... This

is the poet's gratitude, which in plain english is only pride and

ambition.]

[Note 40: _Madame Bovary_, par G. Flaubert.]

[Note 41:

MISTRESS JOYNER.

You must send for something to entertain her.... Upon my life! A

groat! what will this purchase?

GRIPE.

Two black pots of ale and a cake, at the cellar. Come, the wine has

arsenic in it.]

[Note 42:

MISTRESS JOYNER.

A treat of a groat! I will not wag.

GRIPE.

Why don't you go? Here, take more money, and fetch what you will; take

here, half-a-crown.

MISTRESS JOYNER.

What will half-a-crown do?

GRIPE.

Take a crown then, an angel, a piece. Begone.

MISTRESS JOYNER.

A treat only will not serve my turn. I must buy the poor wretch there

some toys.

GRIPE.

What toys? What? Speak quickly.

MISTRESS JOYNER.

Pendants, necklaces, fans, ribbons, points, laces, stockings,

gloves....

GRIPE.

But there, take half a piece for the other things.

MISTRESS JOYNER.

Half a piece!

GRIPE.

Prithee, begone; take t'other piece then--two pieces--three

pieces--five--there; 'tis all I have.

MISTRESS JOYNER.

I must have the broad-seal ring, too, or I stir not.]

[Note 43: Il faut lire cet épilogue, pour voir quelles paroles et

quels détails on osait mettre dans la bouche d'une actrice.]

[Note 44: «That spark who has his fruitless designs upon the bedridden

widow down to the sucking heiress in her pissing clout.»

Mistress Flippant: «Though I had married the fool, I thought to have

reserved the witt, as well as other ladies.»

Dapperwit: «I will contest with no rival; not with my old rival your

coachman.»

She has a complexion like an Holland cheese, and no more teeth left

than such as give a haut goust to her breath.]

[Note 45: Pish! give her but leave to put on.... the long patch under

the left eye; awaken the roses on her cheeks with some Spanish wool,

and warrant her breath with some lemon-peel.

(Acte III, scène III.)]

[Note 46: Unfortunate lady that I am! I have left the herd on purpose

to be chased. But the park affords not so much as a satyr for me; and

no Burgundy man, or drunken scourer, will reel my way. The rag-women,

and cinder-women, have better luck than I. (Acte IV.)]

[Note 47: Dans _l'Épouse campagnarde_.]

[Note 48: On connaît la lettre d'Agnès dans Molière: «Je veux vous

écrire, et je suis bien en peine par où je m'y prendrai. J'ai des

pensées que je désirerais que vous sussiez; mais je ne sais comment

faire pour vous les dire, et je me défie de mes paroles, etc.»

Regardez la façon dont Wycherley la traduit: «Dear, sweet Mr Horner,

my husband would have me send you a base, rude, unmannerly letter: but

I won 't; and would have forbid you loving me, but I won 't; and would

have me say to you, I hate you, poor Mr Horner, but I won 't tell a

lie for him. For I'm sure if you and I were in the country at cards

together, I could not help treading on your toe under the table, or

rubbing knees with you, and staring in your face, till you saw me, and

then looking down and blushing for an hour together, etc.»--«Why, he

put the tip of his tongue between my lips.»]

[Note 49: Dans le _Plain dealer_.]

[Note 50:

NOVEL.

But, as I was saying, madam, I have been treated to-day with all the

ceremony and kindness imaginable at my Lady Autumn's But the nauseous

old woman at the upper hand of her table....

OLIVIA.

Revives the old Grecian custom of serving in a death's head with their

banquets....

I detest her hollow cherry cheeks, she looks like an old coach new

painted.

.... She is most splendidly, gallantly ugly, and looks like an ill

piece of daubing in a rich frame. (Acte II, scène I.)

La scène est empruntée au _Misanthrope_ et à la _Critique de l'École

des Femmes_; jugez de la transformation.]

[Note 51:

FIDELIA.

But, madam, what could make you dissemble love to him, when 'twas so

hard a thing for you, and flatter his love to you?

OLIVIA.

That which makes all the world flatter and dissemble. 'Twas his money;

I had a real passion for it.

.... As soon as I had his money, I hastened his departure like a wife,

who, when she has made the most of a dying husband's breath, pulls

away his pillow. (Acte IV, scène I.)

Cette dernière phrase est d'un satirique morose plutôt que d'un

observateur exact.]

[Note 52: Go, husband, and come up, friend; just the buckets in the

well; the absence of one brings the other. But I hope, like them too,

they will not meet in the way, jostle and clash together.]

[Note 53:

ELIZA.

Well, cousin, this, I confess, was reasonable hypocrisy; you were the

better for 't.

OLIVIA.

What hypocrisy?

ELIZA.

Why, this last deceit of your husband was lawful, since in your own

defence.

OLIVIA.

What deceit? I'd have you to know I never deceived my husband.

ELIZA.

You do not understand me, sure. I say, this was an honest come-off and

a good one. But it was a sign your gallant had enough of your

conversation, since he could so dexterously cheat your husband in

passing for a woman.

OLIVIA.

What d'ye mean, once more, with my gallant, and passing for a woman?

ELIZA.

What do you mean? You see your husband took him for a woman?

OLIVIA.

Whom?

ELIZA.

Heyday! Why, the man he found you with....

OLIVIA.

Lord, you rave, sure!

ELIZA.

Why, did not you tell me last night.... Fy, this fooling is so

insipid, 'tis offensive.

OLIVIA.

And fooling with my honour will be more offensive....

ELIZA.

Ô admirable confidence!....

OLIVIA.

Confidence, to me! To me such language! Nay, then I'll never see your

face again.... Lettice, where are you? Let us be gone from this

censorious ill woman.

ELIZA.

One word first, pray, madam. Can you swear that whom your husband

found you with....

OLIVIA.

Swear! Ay, that whosoever 'twas that stole up, unknown, into my room,

when 'twas dark, I know not, whether man or woman, by heavens, by all

that's good; or, may I never more have joys here, or the other world.

Nay, may I eternally....

ELIZA.

Be damned.... So, so you are damned enough already by your oaths. Yet

take this advice with you, in this plain-dealing age: to leave off

forswearing yourself....

OLIVIA.

O hideous, hideous advice! Let us go out of the hearing of it. She

will spoil us, Lettice. (Acte V, scène I.)]

[Note 54: Comparez au rôle d'Alceste des tirades comme celle-ci:

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 3 de 5) · 第 3 / 28 段