28 avril 1908.

M. Voreau, inspecteur des douanes, a l’amabilité de mettre à notre

disposition sa chaloupe qui va nous conduire à Pnom-Penh (à la Capitale,

comme on dit ici, tout naturellement d’ailleurs!). Ainsi, nous serons

comme chez nous et confortablement installés.

Et nous liquidons!... C’est-à-dire que, dans l’après-midi, je paie et

renvoie les trois charrettes qui nous ont suivis (et au besoin précédés,

dirait M. Joseph Prudhomme!) depuis Tay-Ninh.

Le brave Nam-Ay et ses deux camarades avaient les larmes aux yeux en

nous quittant. Je les regrette vivement, car ce sont trois fidèles et

sûrs compagnons qui nous ont rendu bien des services pendant ce pénible

voyage.

Après le dîner, au moment où nous embarquons, M. Dessenlis nous comble

de joie en nous donnant plusieurs splendides trophées de buffles et de

cerfs qui, joints à ceux que M. Chambert a eu la bonté de nous offrir,

seront, pour des chasseurs impénitents comme nous, le plus agréable

souvenir de notre séjour au Cambodge.

A dix heures, nous partons après un dernier adieu à Kompong-Cham et à

notre charmant hôte.

... N’oublions pas pourtant, en quittant cette ville, de consacrer une

mention peu honorable à notre ex-boy-interprète-guide-cuisinier, le

fâcheux Brin-d’Amour qui, toujours en prison, continue de méditer sur

les bienfaits de l’automobile et les méfaits de l’horlogerie européenne.

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La Ville au Bois dormant · 第 97 / 102 题