25 avril 1908.

Une dernière déception nous attendait, qui va gâter notre retour. Ces

pluies continuelles ayant amené une crue considérable des eaux, il nous

devient naturellement impossible de revenir, comme nous le désirions

tant, par le chemin de Kreck-Tay-Ninh.

Et la triste conséquence de cette hostilité des éléments, c’est qu’il va

falloir nous séparer de notre bonne voiture et l’embarquer pour

Pnom-Penh sur une chaloupe des Messageries Fluviales.

Nous irons nous-même par eau... puisque les bateaux sont maintenant les

seuls moyens de transport possibles.

Ainsi, notre voyage va s’achever de la façon la plus monotone et la plus

aquatique!... _Desinit in piscem!_...

... Dès ce matin, Guérin est allé reconnaître le chemin que devra suivre

la voiture pour descendre sur la berge du Mékong jusqu’à la chaloupe.

Comme cette berge est à pic, cela nous ménage encore quelques émotions.

[Illustration: A DIEU VAT!]

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Même jour, six heures.

Enfin... c’est fait... et malgré de terribles difficultés, sans accrocs

ni dommage, grâce à la parfaite amabilité de M. Dessenlis et de tous les

Européens présents que je tiens à remercier ici de leur concours si

bienveillant et si gracieux.

Pour descendre la berge escarpée du fleuve, il a fallu retenir la

voiture par une chaîne à l’arrière, caler les roues de devant avec des

madriers... et laisser glisser lentement l’énorme masse jusqu’à la

chaloupe. La moindre imprudence pouvait avoir les suites les plus

néfastes. Enfin, tout s’est bien passé.

Guérin, que rien ne saurait décider à quitter sa voiture, vient de

s’embarquer sur la même chaloupe. Il nous attendra à Pnom-Penh.

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La Ville au Bois dormant · 第 96 / 102 题