Une dernière déception nous attendait, qui va gâter notre retour. Ces
pluies continuelles ayant amené une crue considérable des eaux, il nous
devient naturellement impossible de revenir, comme nous le désirions
tant, par le chemin de Kreck-Tay-Ninh.
Et la triste conséquence de cette hostilité des éléments, c’est qu’il va
falloir nous séparer de notre bonne voiture et l’embarquer pour
Pnom-Penh sur une chaloupe des Messageries Fluviales.
Nous irons nous-même par eau... puisque les bateaux sont maintenant les
seuls moyens de transport possibles.
Ainsi, notre voyage va s’achever de la façon la plus monotone et la plus
aquatique!... _Desinit in piscem!_...
... Dès ce matin, Guérin est allé reconnaître le chemin que devra suivre
la voiture pour descendre sur la berge du Mékong jusqu’à la chaloupe.
Comme cette berge est à pic, cela nous ménage encore quelques émotions.
[Illustration: A DIEU VAT!]
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Même jour, six heures.
Enfin... c’est fait... et malgré de terribles difficultés, sans accrocs
ni dommage, grâce à la parfaite amabilité de M. Dessenlis et de tous les
Européens présents que je tiens à remercier ici de leur concours si
bienveillant et si gracieux.
Pour descendre la berge escarpée du fleuve, il a fallu retenir la
voiture par une chaîne à l’arrière, caler les roues de devant avec des
madriers... et laisser glisser lentement l’énorme masse jusqu’à la
chaloupe. La moindre imprudence pouvait avoir les suites les plus
néfastes. Enfin, tout s’est bien passé.
Guérin, que rien ne saurait décider à quitter sa voiture, vient de
s’embarquer sur la même chaloupe. Il nous attendra à Pnom-Penh.
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