4 avril 1908.

Ce matin, pour m’occuper et m’entretenir dans l’illusion que tout n’est

pas perdu sans retour, je ramène l’auto à son garage et je nettoie les

soupapes.

... Notre beau pont est déjà presque tout à fait démonté, le Chinois qui

avait prêté les planches les ayant réclamées dès hier.

M. Chambert nous entoure d’intentions si aimables que nous nous

félicitons que la fortune adverse nous retienne auprès de lui, car il

sait nous consoler de notre tristesse.

Il trouve que nous avons eu assez de malheurs et cherche à nous

persuader de renoncer à la fin de notre voyage...

Ne pas aller à Ang-Kor! En sommes-nous là vraiment? Hélas! il faut bien

s’avouer que si notre pauvre Guérin met trop longtemps à se rétablir

nous nous verrons forcés de repartir sans lui. Une perte de temps trop

prolongée peut tout faire échouer, car la saison des pluies approche et

dès qu’elles commenceront à tomber, les plaines que nous avons à

traverser ne seront plus qu’un immense lac infranchissable.

Jamais encore, depuis notre départ de Saïgon, nous ne nous sommes

trouvés dans un aussi cruel embarras.

Nous attendons avec anxiété une dépêche de Bernis qui nous renseignera

sur l’état de ce malheureux Guérin.

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La Ville au Bois dormant · 第 54 / 102 题