2 avril 1908.

Le pont est terminé! C’est un travail splendide et qui fait honneur à la

main-d’œuvre cambodgienne. Il semble qu’un train de marchandises y

passerait sans accident et, pour que rien ne nous retarde demain, nous

allons l’utiliser dès à présent...

Comme nous l’espérions, tout marche à souhait: au passage de l’auto, pas

un craquement, pas un fléchissement... et pas la moindre émotion. La

seule difficulté consiste, une fois passés, à remonter la berge à la

fois escarpée et sablonneuse; il y faut le concours bruyant des nombreux

coolies qui ne parviennent pas sans peine à tirer la voiture du sable où

elle s’est enlisée jusqu’aux essieux. Là encore, la main-d’œuvre

cambodgienne finit par triompher et nous sortons sans plus d’encombres

de ce mauvais pas. Mais, si la main-d’œuvre cambodgienne est excellente,

le malheur est que la main de Guérin ne va pas mieux aujourd’hui, au

contraire; ses douleurs n’ont fait qu’augmenter durant la nuit et notre

inquiétude s’accroît d’heure en heure. De tous les déboires que nous

avons eu à subir, la souffrance de l’un des nôtres est encore le pire et

celui que nous avions le moins prévu.

[Illustration: DE POUTRE EN POUTRE]

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La Ville au Bois dormant · 第 52 / 102 题