Le pont est terminé! C’est un travail splendide et qui fait honneur à la
main-d’œuvre cambodgienne. Il semble qu’un train de marchandises y
passerait sans accident et, pour que rien ne nous retarde demain, nous
allons l’utiliser dès à présent...
Comme nous l’espérions, tout marche à souhait: au passage de l’auto, pas
un craquement, pas un fléchissement... et pas la moindre émotion. La
seule difficulté consiste, une fois passés, à remonter la berge à la
fois escarpée et sablonneuse; il y faut le concours bruyant des nombreux
coolies qui ne parviennent pas sans peine à tirer la voiture du sable où
elle s’est enlisée jusqu’aux essieux. Là encore, la main-d’œuvre
cambodgienne finit par triompher et nous sortons sans plus d’encombres
de ce mauvais pas. Mais, si la main-d’œuvre cambodgienne est excellente,
le malheur est que la main de Guérin ne va pas mieux aujourd’hui, au
contraire; ses douleurs n’ont fait qu’augmenter durant la nuit et notre
inquiétude s’accroît d’heure en heure. De tous les déboires que nous
avons eu à subir, la souffrance de l’un des nôtres est encore le pire et
celui que nous avions le moins prévu.
[Illustration: DE POUTRE EN POUTRE]
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