A la demande générale, la chasse est remise à demain pour laisser
reposer les braves éléphants revenus de Baraï et qui gardent encore dans
les jarrets quelque fatigue du voyage.
Nous remplaçons la chasse par une promenade à cheval: j’en suis fort
heureux, car l’automobilisme ne m’a aucunement brouillé avec
l’équitation. En matière de sports surtout, il faut pratiquer le plus
large éclectisme; l’homme d’un seul sport risque de devenir un
redoutable «Fâcheux», Molière s’en était avisé déjà. Aujourd’hui, les
fâcheux sont devenus des raseurs, leur nom seul a changé.
... Des instructions sont données aux gouverneurs pour faire déblayer
notre route le plus possible jusqu’à la province de Battambang.
M. Chambert écrit au Résident de cette province pour lui demander de
bien vouloir en faire autant dans sa juridiction; je ne puis dire assez
combien je suis touché de cette aimable collaboration que nous avons
trouvée partout jusqu’ici, et j’en reste très fier, car elle me prouve
que notre voyage peut être utile à la colonie.
J’ai un itinéraire détaillé jusqu’à Siem-Reap.
Un pont sera établi ici, pour nous permettre de passer la rivière et
nous n’en prévoyons pas d’autre sur toute la route. Nous n’aurons à
traverser que deux grandes mares très peu profondes.
Espérons que nous en avons fini avec ces pannes aquatiques, qui ont déjà
failli nous être si fatales, et que dorénavant la chance nous favorisera
jusqu’au bout.
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