Théodore, -- Rosalinde, -- car je ne sais de quel nom vous
appeler, -- je viens de vous voir tout à l'heure, et je vous
écris. -- Que je voudrais savoir votre nom de femme! il doit être
doux comme le miel et voltiger sur les lèvres plus suave et plus
harmonieux que de la poésie! Jamais je n'eusse osé vous dire cela,
et cependant je serais mort de ne pas le dire. -- Ce que j'ai
souffert, nul ne le sait, nul ne peut le savoir, moi-même je ne
pourrais en donner qu'une faible idée; les mots ne rendent pas de
telles angoisses; je paraîtrais avoir contourné ma phrase à
plaisir, m'être battu les flancs pour dire des choses neuves et
singulières, et donner dans les plus extravagantes exagérations,
quand je ne peindrais que ce que j'ai éprouvé avec des images à
peine suffisantes.
Ô Rosalinde! je vous aime, je vous adore; que n'est-il un mot plus
fort que celui-là! Je n'ai jamais aimé, je n'ai jamais adoré
personne que vous; -- je me prosterne, je m'anéantis devant vous,
et je voudrais forcer toute la création à plier le genou devant
mon idole; vous êtes pour moi plus que toute la nature, plus que
moi, plus que Dieu; -- il me semble étrange que Dieu ne descende
pas du ciel pour se faire votre esclave. Où vous n'êtes pas tout
est désert, tout est mort, tout est noir; vous seule peuplez le
monde pour moi; vous êtes la vie, le soleil; -- vous êtes tout. --
Votre sourire fait le jour, votre tristesse fait la nuit; les
sphères suivent les mouvements de votre corps, et les célestes
harmonies se règlent sur vous, ô ma reine chérie! ô mon beau rêve
réel! Vous êtes vêtue de splendeur, et vous nagez sans cesse dans
des effluves rayonnants.
Il n'y a guère que trois mois que je vous connais, mais je vous
aime depuis bien longtemps. -- Avant de vous avoir vue, je
languissais déjà d'amour pour vous; je vous appelais, je vous
cherchais, et je me désespérais de ne point vous rencontrer dans
mon chemin, car je savais que je ne pourrais jamais aimer une
autre femme. -- Que de fois vous m'êtes apparue, -- à la fenêtre
du château mystérieux, accoudée mélancoliquement au balcon, et
jetant au vent des pétales de quelque fleur, ou bien, pétulante
amazone, sur votre cheval turc, plus blanc que neige, traversant
au galop les sombres allées de la forêt! -- C'étaient bien vos
yeux fiers et doux, vos mains diaphanes, vos beaux cheveux
ondoyants et votre demi-sourire, si adorablement dédaigneux. --
Seulement vous étiez moins belle, car l'imagination la plus
ardente et la plus effrénée, l'imagination d'un peintre et d'un
poète, ne peut atteindre à cette poésie sublime de la réalité. Il
y a en vous une source inépuisable de grâces, une fontaine
toujours jaillissante de séductions irrésistibles: vous êtes un
écrin toujours ouvert des perles les plus précieuses, et, dans vos
moindres mouvements, dans vos gestes les plus oublieux, dans vos
poses les plus abandonnées, vous jetez à chaque instant, avec une
profusion royale, d'inestimables trésors de beauté. Si les molles
ondulations de contour, si les lignes fugitives d'une attitude
pouvaient se fixer et se conserver dans un miroir, les glaces
devant lesquelles vous auriez passé feraient mépriser et regarder
comme des enseignes de cabarets les plus divines toiles de
Raphaël.
Chaque geste, chaque air de tête, chaque aspect différent de votre
beauté se gravent sur le miroir de mon âme avec une pointe de
diamant, et rien au monde n'en pourrait effacer la profonde
empreinte; je sais à quelle place était l'ombre, à quelle place
était la lumière, le méplat que lustrait le rayon du jour, et
l'endroit où le reflet errant se fondait avec les teintes plus
assouplies du cou et de la joue. -- Je vous dessinerais absente;
votre idée pose toujours devant moi.
Tout enfant, je restais des heures entières debout devant les
vieux tableaux des maîtres, et j'en fouillais avidement les noires
profondeurs. -- Je regardais ces belles figures de saintes et de
déesses dont les chairs d'une blancheur d'ivoire ou de cire se
détachent si merveilleusement des fonds obscurs, carbonisés par la
décomposition des couleurs; j'admirais la simplicité et la
magnificence de leur tournure, la grâce étrange de leurs mains et
de leurs pieds, la fierté et le beau caractère de leurs traits, à
la fois si fins et si fermes, le grandiose des draperies qui
voltigeaient autour de leurs formes divines, et dont les plis
purpurins semblaient s'allonger comme des lèvres pour embrasser
ces beaux corps. -- À force de plonger opiniâtrement mes yeux sous
le voile de fumée, épaissi par les siècles, ma vue se troublait,
les contours des objets perdaient leur précision, et une espèce de
vie immobile et morte animait tous ces pâles fantômes des beautés
évanouies; je finissais par trouver que ces figures avaient une
vague ressemblance avec la belle inconnue que j'adorais au fond de
mon coeur; je soupirais en pensant que celle que je devais aimer
était peut-être une de celles-là, et qu'elle était morte depuis
trois cents ans. Cette idée m'affectait souvent au point de me
faire verser des larmes, et j'entrais contre moi en de grandes
colères de n'être pas né au seizième siècle, où toutes ces belles
avaient vécu. -- Je trouvais que c'étaient de ma part une
maladresse et une gaucherie impardonnables.
Lorsque j'avançai en âge, le doux fantôme m'obséda encore plus
étroitement. Je le voyais toujours entre moi et les femmes que
j'avais pour maîtresses, souriant d'un air ironique et raillant
leur beauté humaine de toute la perfection de sa beauté divine. Il
me faisait trouver laides des femmes réellement charmantes et
faites pour rendre heureux quiconque n'aurait pas été épris de
cette ombre adorable dont je ne croyais pas que le corps existât
et qui n'était que le pressentiment de votre propre beauté. Ô
Rosalinde! que j'ai été malheureux à cause de vous, avant de vous
connaître! ô Théodore! que j'ai été malheureux à cause de vous,
après vous avoir connu! -Si vous voulez, vous pouvez m'ouvrir le
paradis de mes rêves. Vous êtes debout sur le seuil, comme un ange
gardien enveloppé dans ses ailes, et vous en tenez la clef d'or
entre vos belles mains. -- Dites, Rosalinde, dites, le voulez-
vous?
Je n'attends qu'un mot de vous pour vivre ou pour mourir: -- le
prononcerez-vous? Êtes-vous Apollon chassé du ciel, ou la blanche
Aphrodite sortant du sein de la mer? où avez-vous laissé votre
char de pierreries attelé de quatre chevaux de flamme? Qu'avez-
vous fait de votre conque de nacre et de vos dauphins à la queue
azurée? -- quelle nymphe amoureuse a fondu son corps dans le vôtre
au milieu d'un baiser, ô beau jeune homme, plus charmant que
Cyparisse et qu'Adonis, plus adorable que toutes les femmes!
Mais vous êtes une femme, nous ne sommes plus au temps des
métamorphoses; -- Adonis et Hermaphrodite sont morts, -- et ce
n'est plus par un homme qu'un pareil degré de beauté pourrait être
atteint; car, depuis que les héros et les dieux ne sont plus, vous
seules conservez dans vos corps de marbre, comme dans un temple
grec, le précieux don de la forme anathématisée par Christ, et
faites voir que la terre n'a rien à envier au ciel; vous
représentez dignement la première divinité du monde, la plus pure
symbolisation de l'essence éternelle, -- la beauté.
Dès que je vous ai vue, quelque chose s'est déchiré en moi, un
voile est tombé, une porte s'est ouverte, je me suis senti
intérieurement inondé par des vagues de lumière; j'ai compris que
ma vie était devant moi, et que j'étais enfin arrivé au carrefour
décisif. -- Les parties obscures et perdues de la figure à moitié
rayonnante que je cherchais à démêler dans l'ombre se sont
illuminées subitement; les teintes rembrunies qui noyaient le fond
du tableau se sont doucement éclairées; une tendre lueur rosée a
glissé sur l'outremer un peu verdi des lointains; les arbres qui
ne formaient que des silhouettes confuses ont commencé à se
découper d'une manière plus nette; les fleurs chargées de rosée
ont piqué de points brillants la sourde verdure du gazon. J'ai vu
le bouvreuil avec sa poitrine écarlate au bout d'une branche de
sureau, le petit lapin blanc aux yeux roses et aux oreilles
droites, qui sort sa tête entre deux brins de serpolet et passe sa
patte sur son museau, et le cerf craintif qui vient boire à la
source et mirer sa ramure dans l'eau. -- Du matin où le soleil de
l'amour s'est levé sur ma vie, tout a changé; là où vacillaient
dans l'ombre des formes à peine indiquées que leur incertitude
rendait terribles ou monstrueuses se dessinent avec élégance des
groupes d'arbres en fleurs, des collines s'arrondissent en
gracieux amphithéâtres, des palais d'argent avec leurs terrasses
chargées de vases et de statues baignent leurs pieds dans les lacs
d'azur et semblent nager entre deux _ciels; _ce que je prenais
dans l'obscurité pour un dragon gigantesque aux ailes armées
d'ongles et rampant sur la nuit avec ses pattes écaillées n'est
qu'une felouque à la voile de soie, aux avirons peints et dorés,
pleine de femmes et de musiciens, et cet effroyable crabe que je
croyais voir agiter au-dessus de ma tête ses crochets et ses
pinces n'est qu'un palmier à éventail dont la brise nocturne
remuait les feuilles étroites et longues. -- Mes chimères et mes
erreurs se sont évanouies: -- j'aime.
Désespérant de vous trouver jamais, j'accusais mon rêve de
mensonge et je faisais des querelles furieuses au sort: -- je me
disais que j'étais bien fou de chercher un pareil type, ou que la
nature était bien inféconde et le Créateur bien inhabile de ne
pouvoir réaliser la simple pensée de mon coeur. -- Prométhée avait
eu ce noble orgueil de vouloir faire un homme et de rivaliser avec
Dieu; moi, j'avais créé une femme, et je croyais qu'en punition de
mon audace un désir toujours inassouvi me rongerait le foie comme
un autre vautour; je m'attendais à être enchaîné avec des fers de
diamant sur une roche chenue au bord du sauvage Océan, -- mais les
belles nymphes marines aux longs cheveux verts, élevant au-dessus
des flots leur gorge blanche et pointue, et montrant au soleil
leur corps de nacre de perle tout ruisselant des pleurs de la mer,
ne seraient point venues s'accouder sur le rivage pour me faire la
conversation et me consoler dans ma peine comme dans la pièce du
vieil Eschyle. Il n'en a point été ainsi.
Vous êtes venue, et j'ai dû reprocher son impuissance à mon
imagination. -- Mon tourment n'a pas été celui que je craignais,
d'être perpétuellement en proie à une idée sur une roche stérile:
mais je n'en ai pas moins souffert. J'avais vu qu'en effet vous
existiez, que mes pressentiments ne m'avaient point menti sur ce
point; mais vous vous êtes présentée à moi avec la beauté ambiguë
et terrible du sphinx. Comme Isis, la mystérieuse déesse, vous
étiez enveloppée d'un voile que je n'osais soulever de peur de
tomber mort.
Si vous saviez, sous mes apparences distraites, avec quelle
attention haletante et inquiète je vous observais et vous suivais
jusque dans vos moindres mouvements! Rien ne m'échappait; comme je
regardais ardemment le peu qui paraissait de votre chair au cou ou
aux poignets pour tâcher de constater votre sexe! Vos mains ont
été pour moi le sujet d'études profondes, et je puis dire que j'en
connais les moindres sinuosités, les plus imperceptibles veines,
la plus légère fossette; vous seriez cachée des pieds à la tête
sous le plus impénétrable domino que je vous reconnaîtrais à voir
seulement un de vos doigts. J'analysais les ondulations de votre
marche, la manière dont vous posiez les pieds, dont vous releviez
vos cheveux; je cherchais à surprendre votre secret dans
l'habitude de votre corps. -- Je vous épiais surtout à ces heures
de mollesse où les os semblent retirés du corps et où les membres
s'affaissent et ploient comme s'ils étaient dénoués, pour voir si
la ligne féminine se prononcerait plus hardiment dans cet oubli et
cette nonchalance. Jamais personne n'a été couvé du regard aussi
ardemment que vous.
Je m'oubliais dans cette contemplation pendant des heures
entières. Retiré dans quelque coin du salon, ayant en main un
livre que je ne lisais point, ou tapi derrière le rideau de ma
chambre, lorsque vous étiez dans la vôtre et que les jalousies de
votre fenêtre étaient levées, alors, bien pénétré de la beauté
merveilleuse qui se répand autour de vous et vous fait comme une
atmosphère lumineuse, je me disais: Assurément c'est une femme; --
puis tout à coup un mouvement brusque et hardi, un accent viril ou
quelque façon cavalière détruisait dans une minute mon frêle
édifice de probabilités, et me rejetait dans mes irrésolutions
premières.
Je voguais à pleines voiles sur l'océan sans bornes de la rêverie
amoureuse, et vous veniez me chercher pour faire des armes ou
jouer à la paume avec vous; la jeune fille, transformée en jeune
cavalier, me donnait de terribles coups de bâton et me faisait
sauter le fleuret des mains aussi prestement et aussi lestement
que le spadassin le mieux rompu à l'escrime; à chaque instant de
la journée, c'était quelque désappointement pareil.
J'allais m'approcher de vous pour vous dire: -- Ma chère belle,
c'est vous que j'adore, et je vous voyais vous pencher tendrement
à l'oreille d'une dame et lui souffler à travers ses cheveux des
bouffées de madrigaux et de compliments. -- Jugez de ma situation.
-- Ou bien quelque femme, que, dans ma jalousie étrange, j'eusse
écorchée vive avec la plus grande volupté du monde, se penchait à
votre bras, vous tirait à part pour vous confier je ne sais quels
puérils secrets, et vous tenait des heures entières dans une
embrasure de la croisée.
J'enrageais de voir les femmes vous parler, car cela me faisait
croire que vous étiez un homme, et, l'eussiez-vous été, je ne
l'aurais souffert qu'avec une peine extrême. -- Quand les hommes
approchaient librement et familièrement, j'étais encore plus
jaloux, parce que je songeais cela, que vous étiez une femme et
qu'ils en avaient peut-être le soupçon comme moi; j'étais en proie
aux passions les plus contraires, et je ne savais à quoi me fixer.
Je me colérais contre moi-même, je m'adressais les plus durs
reproches d'être ainsi tourmenté par un semblable amour, et de
n'avoir pas la force d'arracher de mon coeur cette plante
vénéneuse qui y était poussée en une nuit comme un champignon
empoisonné; je vous maudissais, je vous appelais mon mauvais
génie; j'ai cru même un instant que vous étiez Belzébuth en
personne, car je ne pouvais m'expliquer la sensation que
j'éprouvais devant vous.
Quand j'étais bien persuadé que vous n'étiez en effet rien autre
chose qu'une femme déguisée, l'invraisemblance des motifs dont je
cherchais à justifier un pareil caprice me replongeait dans mon
incertitude, et je me remettais de nouveau à déplorer que la forme
que j'avais rêvée pour l'amour de mon âme se trouvât appartenir à
quelqu'un du même sexe que moi; -- j'accusais le hasard qui avait
habillé un homme d'apparences si charmantes, et, pour mon malheur
éternel, me l'avait fait rencontrer au moment où je n'espérais
plus voir se réaliser l'idée absolue de pure beauté que je
caressais depuis si longtemps dans mon coeur.
Maintenant, Rosalinde, j'ai la certitude profonde que vous êtes la
plus belle des femmes; je vous ai vue dans le costume de votre
sexe, j'ai vu vos épaules et vos bras si purs et si correctement
arrondis. Le commencement de votre poitrine que votre gorgerette
laissait entrevoir ne peut appartenir qu'à une jeune fille: ni
Méléagre le beau chasseur, ni Bacchus l'efféminé, avec leurs
formes douteuses, n'ont jamais eu une pareille suavité de lignes
ni une si grande finesse de peau, quoiqu'ils soient tous les deux
de marbre de Paros et polis par les baisers amoureux de vingt
siècles. -- Je ne suis plus tourmenté de ce côté-là. -- Mais ce
n'est pas tout: vous êtes femme, et mon amour n'est plus
répréhensible, je puis m'y livrer sans remords et m'abandonner au
flot qui m'emporte vers vous; si grande, si effrénée que soit la
passion que j'éprouve, elle est permise et je la puis avouer; mais
vous, Rosalinde, pour qui je brûlais en silence et qui ignoriez
l'immensité de mon amour, vous que cette révélation tardive ne
fera peut-être que surprendre, ne me haïssez-vous pas, m'aimez-
vous, pourrez-vous m'aimer? Je ne sais, -- et je tremble, et je
suis plus malheureux encore qu'auparavant.
-- Par instants, il me semble que vous ne me haïssez pas; -- quand
nous avons joué _Comme il vous plaira, _vous avez donné à
certaines parties de votre rôle un accent particulier qui en
augmentait le sens, et m'engageait, en quelque sorte à me
déclarer. -- J'ai cru voir dans vos yeux et dans votre sourire de
gracieuses promesses d'indulgence et sentir votre main répondre à
la pression de la mienne. -- Si je m'étais trompé, ô Dieu! c'est
une chose à quoi je n'ose pas réfléchir. -- Encouragé par tout
cela et poussé par mon amour, je vous ai écrit, car l'habit que
vous portez se prête mal à de tels aveux, et mille fois la parole
s'est arrêtée sur mes lèvres; bien que j'eusse l'idée et la ferme
conviction que je parlais à une femme, ce costume viril
effarouchait toutes mes tendres pensées amoureuses, et les
empêchait de prendre leur vol vers vous.
Je vous en supplie, Rosalinde, si vous ne m'aimez pas encore,
tâchez de m'aimer, moi qui vous ai aimée malgré tout, sous le
voile dont vous vous enveloppez, par pitié pour nous sans doute;
ne vouez pas le reste de ma vie au plus affreux désespoir et au
plus morne découragement; songez que je vous adore depuis que le
premier rayon de la pensée a lui dans ma tête, que vous m'étiez
révélée d'avance, et que, lorsque j'étais tout petit, vous
m'apparaissiez en songe avec une couronne de gouttes de rosée,
deux ailes prismatiques et la petite fleur bleue à la main; que
vous êtes le but, le moyen et le sens de ma vie; que, sans vous,
je ne suis rien qu'une vaine apparence, et que, si vous soufflez
sur cette flamme que vous avez allumée, il ne restera au fond de
moi qu'une pincée de poussière plus fine et plus impalpable que
celle qui saupoudre les propres ailes de la mort. -- Rosalinde,
vous qui avez tant de recettes pour guérir le mal d'amour,
guérissez-moi, car je suis bien malade; jouez votre rôle jusqu'au
bout, jetez les habits du beau Ganymède, et tendez votre blanche
main au plus jeune fils du brave chevalier Rowland des Bois.