A la suite de la catastrophe du _Titanic_, le professeur Barnes fut
chargé par le gouvernement canadien d'observer les icebergs qui dérivent
devant les côtes du Labrador. On vient de publier les résultats de cette
campagne au cours de laquelle ont été faites des constatations curieuses.
La fusion de l'iceberg, due à l'élévation de température de la mer,
augmente encore légèrement la température des eaux de surface, par suite
des deux courants qu'elle détermine: au-dessous de l'iceberg, un courant
vertical descendant d'eau refroidie; autour de la montagne de glace, un
courant centripète amenant l'eau de mer voisine pour remplacer l'eau du
courant précédent.
Dans le voisinage de l'iceberg, l'eau de ce deuxième courant est plus
chaude que la mer environnante; l'iceberg provoque donc sa propre
destruction, et sa fusion s'opère presque exclusivement par les faces
immergées.
Quant à l'action refroidissante propre de l'iceberg, elle est toujours
extrêmement faible, et elle cesse de se faire sentir à quelques mètres.
M. Barnes ajoute que la glace des icebergs emprisonne toujours de
grandes quantités d'air dissous et d'air libre à l'état de très fines
bulles, donnant lien à une effervescence quand on fait fondre cette
glace dans l'eau tiède. Cet air libre est quelquefois à une pression
suffisante pour expliquer les explosions d'icebergs que l'on observe
fréquemment.