LA FOUDRE ET LES EAUX SOUTERRAINES.

Dans une relation d'un cas de foudre globulaire présentée à l'Académie

des sciences par M. Violle au nom de M. G. de La Villemontée, il est

noté très expressément que cette foudre globulaire se manifesta

au-dessus d'un bassin alimenté par une nappe d'eau souterraine. Ce fait

vient à l'appui d'une opinion d'après laquelle la foudre éclate le plus

souvent au-dessus des cours ou nappes d'eau souterraine. Comme il est

dit dans les instructions sur les paratonnerres de l'Académie des

sciences, la foudre évite plutôt les sols arides reposant sur des

rochers ou sables secs, sauf s'il a plu récemment. Mais si, sous ces

rochers et sables, il y a des gisements métalliques ou des gisements

d'eau, c'est tout autre chose. La foudre y tombe volontiers.

Ainsi, on sait 'qu'à Bagnères-de-Bigorre la foudre est attirée par les

gisements de magnétite: les arbres qui surmontent ceux-ci, et qui

pourtant ne sont pas sur une crête, sont constamment foudroyés.

D'autre part, non loin du col de Somport, le docteur Pedro Farreras a

relevé trois points qui sont particulièrement frappés par la foudre. Or,

à chacun de ces trois points, il y a ou bien une source, ou bien un

cours d'eau souterrain. En réalité, la foudre est une bonne indication

de points d'eau, et si on la voit souvent frapper une même localité, un

même groupe d'arbres, c'est que sous le sol il y a de l'eau qui le rend

particulièrement conducteur.

L'Illustration, No. 3651, 15 Février 1913 · 第 34 / 43 题