1 César suivait contre l'ennemi, disait-il, le système adopté par
la plupart des médecins contre les maladies, dont ils triomphent
plutôt par la faim que par le fer.
2 Domitius Corbulon prétendait qu'il fallait vaincre l'ennemi avec
la doloire, c'est-à-dire par les ouvrages de siège.
3 L. Paullus disait qu'un général devait avoir le caractère d'un
vieillard, c'est-à-dire s'arrêter aux résolutions les plus
prudentes[132].
4 On reprochait à Scipion l'Africain de ne pas aimer à se battre:
«Ma mère, répondit-il, a fait en moi un général, et non un
soldat.»
5 C. Marius, provoqué par un Teuton à un combat singulier, lui dit
que, s'il était désireux de mourir, une corde pouvait mettre fin à
sa vie. Comme le barbare insistait, Marius lui montra un vieux
gladiateur, dont la petite taille inspirait le mépris, et lui dit:
«Quand tu auras vaincu cet homme, je combattrai contre toi.»
6 Q. Sertorius, sachant par expérience qu'il ne pouvait résister
aux forces réunies des Romains, et voulant le prouver aux barbares
ses alliés, qui demandaient témérairement le combat, fit amener en
leur présence deux chevaux, l'un plein de vigueur, l'autre
extrêmement faible, auprès desquels il plaça deux jeunes gens qui
offraient le même contraste, l'un robuste, l'autre chétif; et il
ordonna au premier d'arracher d'un seul coup la queue entière du
cheval faible, au second de tirer un à un les crins du cheval
vigoureux. Le jeune homme chétif s'étant acquitté de sa tâche,
tandis que l'autre luttait inutilement avec la queue du cheval
faible: «Soldats, s'écria Sertorius, je vous ai montré, par cet
exemple, ce que sont les légions romaines: invincibles quand on
les prend en masse, elles seront bientôt affaiblies et taillées en
pièces, si elles sont attaquées séparément.»
7 Le consul Valerius Lévinus, qui avait une grande confiance en
ses troupes, ordonna de promener dans son camp un espion que l'on
y avait surpris; et, pour intimider les ennemis, il déclara qu'il
leur permettait de faire observer son armée par leurs espions
toutes les fois qu'ils le voudraient.
8 Le primipile Célius, qui, après la défaite de Varus, en
Germanie, servit de général à notre armée investie par les
barbares, craignait que ceux-ci n'approchassent de ses
retranchements du bois qu'ils avaient amassé, et n'incendiassent
son camp. Il feignit de manquer de bois lui-même, et, envoyant de
tous côtés des soldats pour en enlever, il réussit à faire
éloigner de là, par les Germains, tous les troncs d'arbres qu'ils
y avaient réunis.
9 Dans un combat naval, Cn. Scipion lança sur les vaisseaux
ennemis des vases remplis de poix et de résine, dont la chute
devait faire un double mal, et par leur pesanteur, et par les
matières inflammables qu'ils répandaient.
10 Hannibal enseigna au roi Antiochus[133] à jeter sur les vaisseaux
ennemis de petits vases pleins de vipères, pour épouvanter les
soldats, et leur faire abandonner le combat et la manoeuvre.
11 Prusias recourut à ce moyen au moment où sa flotte commençait à
fuir.
12 M. Porcius, ayant pris de vive force un vaisseau carthaginois,
fit main basse sur ceux qui le montaient, donna leurs armes à ses
soldats, qu'il revêtit de leurs dépouilles; et, trompant l'ennemi
par ce déguisement, il parvint à couler à fond plusieurs de leurs
navires.
13 Les Athéniens, dont le territoire était de temps en temps
ravagé par les Lacédémoniens, profitèrent des jours pendant
lesquels on célébrait, hors de leur ville, les fêtes de Minerve,
pour sortir avec toute l'apparence du culte ordinaire, mais avec
des armes cachées sous leurs habits. Au lieu de rentrer à Athènes
quand leurs cérémonies furent achevées, ils allèrent tout à coup
se jeter sur le pays des Lacédémoniens au moment où ceux-ci
craignaient le moins cette irruption, et ravagèrent à leur tour
les terres de ces ennemis, qui avaient si souvent dévasté les
leurs.
14 Cassius, ayant des vaisseaux de charge qui ne lui étaient plus
d'une grande utilité, y mit le feu, et les dirigea, par un vent
favorable, sur la flotte ennemie, qu'il incendia de cette manière.
15 Lorsque M. Livius eut défait Hasdrubal, on lui conseillait de
poursuivre et de détruire entièrement les débris de l'armée
ennemie: «Laissons -- en échapper quelques-uns, répondit-il, pour
annoncer notre victoire.»
16 Scipion l'Africain disait souvent qu'il fallait non seulement
laisser la retraite libre à l'ennemi, mais encore la lui rendre
sûre.
17 Pachès, général athénien, promit aux ennemis de leur laisser la
vie sauve, s'ils déposaient le fer; et, quand ils se furent soumis
à cette condition, il fit mettre à mort tous ceux qui avaient des
agrafes de fer[134] à leurs manteaux.
18 Hasdrubal, étant entré sur le territoire des Numides dans
l'intention de les soumettre, et les ayant trouvés prêts à se
défendre, leur affirma qu'il était venu dans le seul but de
prendre des éléphants, animaux communs dans cette contrée. Ils lui
permirent cette chasse, à condition qu'il ne les inquiéterait
point; et quand, sur la foi de sa promesse, leur armée se fut
dissoute, il les attaqua et les réduisit sous sa domination.
19 Alcétas, général de Lacédémone, voulant enlever aux Thébains un
convoi de vivres, tint sa flotte prête, mais cachée, et se mit à
exercer ses rameurs tour à tour sur la même galère, comme s'il
n'eût pas eu d'autres navires. Quelque temps après, lorsque les
vaisseaux des Thébains passèrent, il s'élança sur eux avec, toute
sa flotte, et s'empara du convoi.
20 Ptolémée, ayant en tête Perdiccas, dont l'armée était plus
forte que la sienne, attacha du sarment à tous ses bestiaux, pour
le leur faire traîner, les mit sous la conduite de quelques
cavaliers, et les précéda lui-même avec ses troupes. La poussière
soulevée par ces animaux ayant fait croire aux ennemis que
Ptolémée était suivi d'une armée nombreuse, ils en prirent
l'épouvante et se laissèrent vaincre.
21 Myronide, général athénien, sur le point d'en venir aux mains
avec les Thébains, qui lui étaient supérieurs en cavalerie, apprit
à ses soldats que dans les combats en plaine on peut sauver sa vie
si l'on tient ferme, mais qu'il est très dangereux de lâcher pied.
Il leur donna par là de la résolution, et remporta la victoire.
22 L. Pinarius commandait la garnison romaine à Henna, en Sicile,
lorsque les clefs des portes, dont il s'était emparé, lui furent
redemandées par les magistrats de la ville. Comme il les
soupçonnait d'être disposés à embrasser le parti des Carthaginois,
il demanda une nuit pour réfléchir; et, après avoir instruit ses
soldats de la perfide intention des Siciliens, il leur ordonna de
se tenir prêts pour le lendemain, et d'être attentifs au signal
qu'il leur donnerait. Les magistrats s'étant présentés dès le
point du jour, il leur promit de rendre les clefs, si tel était le
désir unanime des habitants d'Henna. Aussitôt le peuple entier se
réunit au théâtre, demanda à grands cris les clefs, et manifesta
ainsi la résolution de quitter le parti des Romains. Alors
Pinarius donna aux soldats le signal convenu, et tous les
habitants furent massacrés.
23 Iphicrate, général athénien, ayant donné à sa flotte
l'apparence de celle des ennemis, se dirigea vers une ville alliée
dont la fidélité lui était suspecte. Les démonstrations de joie
avec lesquelles il fut accueilli lui ayant dévoilé la perfidie des
habitants, il livra la ville au pillage.
24 Tib. Gracchus ayant déclaré que ceux des esclaves
volontaires[135] de son armée qui se montreraient braves recevraient
leur liberté, et que les lâches seraient mis en croix, quatre
mille d'entre eux, qui avaient combattu avec peu d'ardeur,
s'étaient réunis sur une colline fortifiée, par crainte du
châtiment. Il leur envoya dire que tout le corps des volontaires
était victorieux à ses yeux, puisque l'ennemi avait été mis en
déroute; et, après les avoir ainsi affranchis des effets de sa
menace[136] et de toute crainte, il les reçut dans le camp.
25 Après la bataille de Thrasymène, qui fut si désastreuse pour
les Romains, six mille hommes s'étant rendus à Hannibal par une
capitulation, il renvoya généreusement dans leurs villes les
alliés latins, en leur disant qu'il ne faisait la guerre que dans
le but de rendre la liberté à l'Italie[137]: ce moyen lui valut, par
leur intervention, la soumission de quelques peuples.
26 Pendant que Cincius, chef de la flotte romaine, assiégeait
Locres, Magon répandit le bruit dans notre camp que Marcellus
était tué; qu'Hannibal arrivait pour faire lever le siège; et
bientôt après des cavaliers, qu'il avait fait sortir secrètement
de la place, vinrent se montrer sur les hauteurs qui étaient en
vue des remparts. Cet artifice réussit: Cincius, persuadé que
c'était Hannibal qui venait, se rembarqua et prit la fuite.
27 Scipion Émilien, au siège de Numance, plaça des archers et des
frondeurs, non seulement dans les intervalles des cohortes, mais
encore entre les centuries[138].
28 Pélopidas, général thébain, mis en fuite par les Thessaliens,
franchit une rivière à l'aide d'un pont volant, qu'il fit brûler
ensuite par son arrière-garde, pour ne pas laisser le même moyen
de passage à l'ennemi qui le poursuivait.
29 La cavalerie romaine ne pouvant nullement tenir tête à celle
des Campaniens, Q. Névius, centurion de l'armée du proconsul
Fulvius Flaccus, imagina de choisir dans toutes les troupes les
soldats de petite taille qui paraissaient les plus agiles, de les
armer de boucliers courts, de casques légers, d'épées, et de sept
javelots longs de quatre pieds environ, de les mettre en croupe
derrière les cavaliers, et de les faire avancer jusqu'aux
murailles[139], où, mettant pied à terre, ils devaient combattre la
cavalerie ennemie. Cette manoeuvre fit beaucoup de mal aux
Campaniens, surtout à leurs chevaux, qui furent mis en désordre,
et notre armée remporta facilement la victoire.
30 P. Scipion, en Lydie, voyant qu'une pluie qui était tombée jour
et nuit avait incommodé l'armée d'Antiochus, au point que, non
seulement les hommes et les chevaux n'avaient plus de forces, mais
encore que les arcs, dont les cordes étaient mouillées, devenaient
inutiles, engagea son frère à livrer le combat le lendemain,
quoique ce fût un jour néfaste. La victoire fut le résultat de cet
avis[140].
31 Pendant que Caton ravageait l'Espagne, une députation des
Ilergètes, peuple allié des Romains, vint lui demander du secours.
Ne voulant ni les mécontenter par un refus, ni affaiblir ses
forces en les divisant, il ordonna au tiers de ses soldats de
prendre des vivres et de s'embarquer, mais avec la recommandation
expresse de revenir sur leurs pas, en prétextant que les vents
étaient contraires. Pendant ce temps, la nouvelle que du secours
arrivait rendit le courage aux Ilergètes, et renversa les projets
de leurs ennemis.
32 C. César, voyant qu'il y avait dans l'armée de Pompée un grand
nombre de chevaliers romains qui, par leur habileté à manier les
armes, lui tuaient beaucoup de monde, ordonna à ses troupes de
leur porter des coups d'épée au visage et dans les yeux. Il
réussit par ce moyen à leur faire prendre la fuite.
33 Les Vaccéens, pressés dans un combat par Sempronius Gracchus,
formèrent autour d'eux une enceinte de chariots, dans lesquels ils
placèrent leurs meilleurs soldats habillés en femmes. Sempronius,
croyant n'avoir affaire qu'à des femmes, s'avança témérairement
pour les envelopper; mais ceux qui étaient sur les chariots
reprirent l'offensive, et mirent ses troupes en fuite.
34 Eumène, de Cardie, un des successeurs d'Alexandre, étant
assiégé dans un château où il ne pouvait exercer ses chevaux,
avait soin, chaque jour, et aux mêmes heures, de les suspendre de
telle manière, que, appuyés sur leurs pieds de derrière, et ayant
en l'air ceux de devant, ils s'agitaient violemment en tout sens,
et se mettaient en sueur pour reprendre leur position naturelle.
35 M. Caton, à qui des barbares s'engageaient à fournir des
guides, et même des renforts, pourvu qu'on leur donnât une somme
considérable, n'hésita point à la promettre, parce que, s'ils
étaient vainqueurs, il pouvait les payer avec le butin fait sur
l'ennemi, et que, s'ils périssaient dans le combat, il était
dégagé de sa promesse.
36 Statilius, cavalier recommandable par ses services, se
disposant à passer du côté de l'ennemi, Q. Fabius Maximus le fit
appeler, et, après lui avoir dit, par forme d'excuse, que la
jalousie de ses camarades lui avait laissé jusqu'alors ignorer son
mérite, lui fit présent d'un cheval et d'une somme d'argent. Cet
homme, que le sentiment de ses torts avait amené tremblant, sortit
plein de joie; et, de chancelant, il devint dès lors aussi fidèle
qu'il était brave.
37 Philippe, ayant appris qu'un certain Pythias, excellent
guerrier, était devenu son ennemi, parce que, dans sa pauvreté,
ayant peine à nourrir ses trois filles, il ne recevait de ce roi
aucun subside, répondit à ceux qui lui conseillaient de se défaire
de cet homme: «Quoi! si un de mes membres était malade, le
couperais-je plutôt que de le guérir?» Ensuite il fit venir
secrètement ce Pythias, le reçut avec bonté; et, après lui avoir
fait exposer l'état malheureux de ses affaires, il lui donna de
l'argent, et le rendit par là plus fidèle et plus dévoué qu'il
n'était avant qu'il eût à se plaindre.
38 Après le malheureux combat contre les Carthaginois, où
Marcellus perdit la vie, T. Quinctius Crispinus, ayant appris que
l'anneau de son collègue était entre les mains d'Hannibal, informa
toutes les villes d'Italie qu'elles avaient à se défier des
lettres qu'elles recevraient sous le sceau de Marcellus. Cette
précaution fit échouer les tentatives d'Hannibal à Salapie et dans
d'autres villes.
39 Après le désastre de Cannes, le courage des Romains était
tellement abattu, qu'une grande partie des débris de l'armée,
entraînée par plusieurs citoyens des premières familles, formait
la résolution de quitter l'Italie. F. Scipion, encore très jeune,
accourut, et, dans l'assemblée même où l'on délibérait, déclara
qu'il allait tuer de sa propre main quiconque ne jurerait pas de
ne point abandonner la république. Après avoir lui-même prononcé
le serment, il tira son épée, menaça d'immoler un de ceux qui
étaient le plus près de lui, s'il n'en faisait autant, et força
celui-ci par la crainte, les autres par l'exemple, à prendre le
même engagement.
40 Les Volsques étant campés dans un lieu environné de
broussailles et de bois, Camille incendia tout ce qui pouvait
porter la flamme jusqu'à leurs retranchements, et les obligea
ainsi d'abandonner le camp.
41 Pendant la guerre Sociale, P. Crassus fut surpris de la même
manière avec toute son armée.
42 En Espagne, Q. Metellus étant sur le point de lever son camp,
et ses soldats se tenant renfermés dans l'intérieur des
retranchements, Hermocrate profita de leur inaction pour ne les
faire attaquer que le lendemain par ses troupes, alors plus
capables de combattre, et termina ainsi la guerre[141].
43. Miltiade, ayant défait à Marathon une multitude innombrable de
Perses, et voyant que les soldats athéniens perdaient le temps à
recevoir des félicitations, les fit marcher à la hâte au secours
de leur ville, vers laquelle se dirigeait la flotte ennemie. Quand
il y fut accouru, et qu'il eut garni les murs de défenseurs, les
Perses, croyant que le nombre des Athéniens était considérable, et
que l'armée qui avait combattu à Marathon était différente de
celle qu'on voyait sur les remparts, revirèrent de bord sur-le-
champ et regagnèrent l'Asie.
44 Pisistrate, général athénien, ayant pris la flotte des
Mégariens, qui avait débarqué près d'Éleusis, pendant la nuit,
pour enlever des femmes d'Athènes occupées à célébrer les fêtes de
Cérès, vengea ses concitoyens par un grand massacre des ennemis,
et remplit de soldats athéniens les vaisseaux capturés, sur
lesquels il mit en vue quelques femmes qui semblaient être des
captives. Les Mégariens, trompés par cette apparence, et persuadés
que leurs compagnons revenaient avec le fruit de leur entreprise,
s'avancèrent à leur rencontre en désordre et sans armes, et furent
eux-mêmes taillés en pièces.
45 Cimon, général athénien, ayant battu la flotte des Perses près
de l'île de Chypre, revêtit ses soldats des dépouilles des
prisonniers; et, avec les vaisseaux mêmes des barbares, il fit
voile pour la Pamphylie, et aborda près du fleuve Eurymédon. Les
Perses, reconnaissant leurs navires et le costume de ceux qui les
montaient, ne se méfièrent de rien; mais, soudainement attaqués
par Cimon, ils furent ainsi défaits le même jour sur terre et sur
mer.
[1] Tacite, Hist. Lib. IV, c.39.
[2] Vie de Domitien
[3] Tacite, Vie d'Agricola, ch. VIII & IX
[4] Vie d'Agricola, ch. XVII
[5] Plinius Jun., lib. IV, ep. 8.
[6] Liv. IX, lett. 19.
[7] Hist. abr. de la litt. rom., L. II, p. 454
[8] Daunou, Cours d'études d'hist., t.1er, p. 431
[9] Essai sur l'hist. de l'art militaire, t. 1er, p.
288.
[10] Mémoires de l'Académie des sciences morales et
politiques, t. iv, p. 839.
[11] Le texte de M. Naudet porte Néron, sans doute
par la faute du typographe.
[12] Avant d'écrire ce recueil de stratagèmes, où tout
est pratique, Frontin avait publié des ouvrages purement
théoriques sur l'art militaire.
[13] Opérations de stratégie et de tactique, en général
[14] Stratagèmes, ruses de guerre proprement dites.
[15] Plutarque (Vie de Caton le Censeur, ch. X) porte à
quatre cents le nombre des villes que soumit Caton en
Espagne. Tite-Live, après avoir rapporté ce fait, avec le
détail de toutes les circonstances qui l'ont amené, ajoute
(liv. XXXIV ch. 17) que le consul marcha contre les villes
qui refusaient d'obéir, et qu'il fut même obligé d'assiéger
Segestica, ville riche et importante, qu'il prit d'assaut.
Polyen a compris ce même fait dans son recueil de
stratagèmes (liv. VIII, ch. 17). Voyez aussi Polybe,
Fragments, liv. XIX ; et Aurelius Victor, qui a reproduit
presque littéralement le texte de Frontin (Hommes
illustres, ch. XLVII).
[16] Selon Diodore de Sicile (liv. XIV, ch. 55), le point
de ralliement indiqué par Himilcon était Panorme,
aujourd'hui Palerme. Cet usage des ordres cachetés,
maintenant encore en vigueur dans la marine, était
familier aux généraux de l'antiquité.
[17] C. Lélius était envoyé par Scipion. Celui-ci, après
avoir fait reconnaître le camp de Syphax, parvint à
l'incendier pendant la nuit, ce qui mit un tel désordre dans
l'armée ennemie, que le fer et le feu détruisirent quarante
mille hommes. Voyez Tite-Live, liv. XXX, ch. 3-6 ; et
Polybe, liv. XIV, fragment 2.
[18] Gabies, ville du Latium et colonie d'Albe. Elle
était déjà en ruines du temps d'Auguste.
Les détails de cet odieux artifice des deux Tarquins
sont dans Tite-Live, liv. I, ch. 24. Voyez aussi Florus, liv. I.
ch. 7 ; Valère-Maxime, liv. VII, ch. 4 ; Denys d'Halicarnasse,
liv. IV, ch. 54 ; Ovide, Fastes, liv. II, v. 686 à 711.
Diogène Laërce rapporte que Thrasybule, tyran de
Milet, donna un conseil du même genre à Périandre, tyran
de Corinthe, dans les termes suivants :