1 Q. Fabius dit à son fils, qui lui conseillait de sacrifier un
petit nombre de soldats pour s'emparer d'une position avantageuse:
«Veux-tu être de ce petit nombre [131]?»
2 Xénophon, étant à cheval, venait d'ordonner à son infanterie de
s'emparer d'une hauteur, lorsqu'il entendit un soldat dire, en
murmurant, qu'il était facile à un homme à cheval de commander des
choses aussi pénibles. Il descendit aussitôt, fit monter le soldat
à sa place, et se dirigea à pied vers le sommet de la montagne. Le
soldat, pour échapper à la honte et aux railleries de ses
camarades, se hâta de descendre. Quant à Xénophon, toute son armée
eut peine à obtenir de lui qu'il reprît son cheval, et qu'il
réservât ses forces pour les fonctions nécessaires de général.
3 Alexandre, pendant une marche en hiver, était assis devant un
feu, et regardait défiler ses troupes, lorsqu'il aperçut un soldat
presque mort de froid. Il lui fit prendre sa place, et lui dit:
«Si tu étais né parmi les Perses, ce serait pour toi un crime
capital de t'asseoir sur le siège de ton roi; un Macédonien peut
se le permettre.»
4 L'empereur Auguste Vespasien, étant informé qu'un jeune homme
d'illustre naissance, mais peu propre au métier des armes, était
obligé, par le mauvais état de sa fortune, de servir dans les
derniers grades de l'armée, lui assura de quoi vivre selon son
rang, et lui donna un congé honorable.