Dans une seconde variante, également de Montiers-sur-Saulx, des
gens ont un petit garçon pas plus haut que le pouce: on l'appelle
_P'tiot Pouçot_. Un jour, le petit Poucet part pour chercher un
maître. Il arrive à un village et entre dans la première maison
qu'il voit. Il demande si on veut le prendre comme domestique. La
femme, qui en ce moment se trouve seule à la maison, lui répond
qu'il est trop petit. «Prenez-moi,» dit le petit Poucet; «je
travaille bien.» Le mari, étant revenu, le prend à son service.
La femme l'envoie chercher une bouteille de vin chez le marchand.
Le petit Poucet dit à celui-ci de lui donner un tonneau. Le
marchand se récrie; mais le petit Poucet n'en démord pas. On lui
donne le tonneau, et il s'en va en le poussant devant lui. Sur son
chemin les gens sont ébahis: «Un tonneau qui marche tout seul!»
Ensuite la femme l'envoie chercher une miche de pain chez le
boulanger. Le petit Poucet se fait donner toutes les miches, qu'il
pousse aussi devant lui.
Un jour que la femme fait la galette, il tombe dedans sans qu'on
s'en aperçoive. On met la galette au four. Quand elle est cuite
et qu'on la coupe en deux, on coupe l'oreille au petit Poucet.
«Oh! prenez garde! vous me coupez l'oreille.» Mais on ne fait pas
attention à lui, et on le mange avec la galette.
* * * * *
Plusieurs contes de cette famille sont formés en entier, ou presque
en entier, du premier épisode de notre conte (le petit Poucet avalé
par la vache), épisode présenté d'une manière très simple.
Voici d'abord un conte basque de la Haute-Navarre (_Revue de
linguistique_, 1876, p. 242): Il était une fois un petit, petit
garçon; il avait nom Ukaïltcho (Petite poignée). Un jour, sa
mère l'avait envoyé garder la vache. La pluie ayant commencé,
Ukaïltcho se cacha sous un pied de chou. Comme on ne le voyait
plus revenir, sa mère s'en fut le chercher. «Ukaïltcho! où
êtes-vous?--Ici! ici!--Où?--Dans les boyaux de la vache.--Quand
sortirez-vous?--Quand la vache fera ...» La vache avait avalé
Ukaïltcho, pensant que c'était une feuille de chou.
Même histoire dans un conte languedocien cité par M. Gaston Paris
(_Le petit Poucet et la Grande-Ourse_, p. VII), où Peperelet (Grain
de poivre), s'en allant porter à manger à son père et à ses frères
qui coupent du bois dans la forêt, voit venir le loup et se cache
sous un chou, qu'une vache mange, et Pepeleret avec;--et aussi
dans un conte du Forez (_ibid._, p. 37), où Plen Pougnet (Plein
le poing) s'étant assis derrière un mur, un bœuf le prend pour un
chardon et l'avale.
Dans un conte catalan (_Rondallayre_, III, p. 88), le héros est un
petit garçon pas plus gros qu'un grain de mil. Un jour ses parents
l'envoient chercher pour un sou de safran. Il arrive chez le
marchand. «Donnez-moi pour un sou de safran.» On regarde, mais l'on
ne voit qu'un sou qui remue. A la fin on entrevoit le petit garçon,
on prend le sou et on met le safran à la place. Tandis que le petit
retourne vers la maison, de grosses gouttes commencent à tomber;
il se met à l'abri sous un chou. Arrive un bœuf, qui mange chou et
enfant. On cherche le petit partout. «Où es-tu?--Dans le ventre du
bœuf; il n'y tonne ni n'y pleut.» Personne ne sait ce que cela veut
dire. Tout à coup le bœuf fait un p.., et voilà le petit retrouvé.
D'autres contes, comme le conte lorrain, développent cet épisode
et le font suivre d'un second (le petit Poucet ramassé par une
femme avec le ventre de la vache) et même, le plus souvent, d'un
troisième (le petit Poucet avalé ensuite par un loup avec les
tripes).
Dans un conte picard (Carnoy, p. 329), Jean Pouçot, autrement dit
Jean l'Espiègle, après avoir été avalé par la vache, lui pique les
boyaux avec des alènes qu'il avait dans sa poche. La vache se roule
par terre de douleur; on la tue et on met cuire les tripes dans un
chaudron. Jean l'Espiègle interpelle sa grand'mère, et on le retire
du chaudron.
Dans un conte allemand (Prœhle, I, nº 39), Poucet (_Daumgross_) est
allé cueillir des fleurs dans un pré; il est ramassé avec l'herbe
fauchée et donné à la vache, qui l'avale. Toutes les fois que la
servante vient traire la vache, Poucet lui adresse la parole. La
servante finit par ne plus oser aller à l'étable, et on tue la
vache. Les tripes sont données à une mendiante, qui les met dans
son panier. A partir de ce moment, à toutes les portes auxquelles
elle se présente, elle entend répondre non: c'est Poucet qui lui
joue ce tour; mais il meurt d'avoir été cuit avec les tripes.
Dans un conte écossais (Campbell, nº 69), Thomas du Pouce est allé
se promener; la grêle étant venue à tomber, il s'abrite sous une
feuille de patience. Un taureau mange la plante et, en même temps,
Thomas du Pouce. Son père et sa mère le cherchent. Il leur crie
qu'il est dans le taureau. On tue la bête; mais on jette justement
le gros boyau dans lequel était Thomas. Passe une mendiante, qui
ramasse le boyau. Pendant qu'elle marche, Thomas lui parle; elle
jette de frayeur ce qu'elle porte. Un renard prend le boyau et
Thomas se met à crier: «Tayaut! au renard!» Les chiens courent sus
au renard et le mangent, et ils mangent aussi le boyau, mais sans
toucher à Thomas, qui revient sain et sauf à la maison.
Venons maintenant à un conte grec moderne (Hahn, nº 55). Là,
Demi-pois est avalé par un des bœufs de son père, pendant qu'il
leur donne du foin. Le soir, pendant que ses parents sont à table,
ils entendent une voix qui sort d'un des bœufs: «Je veux ma part,
je veux ma part.» Le père tue le bœuf et donne les boyaux à une
vieille femme pour qu'elle les lave. Comme celle-ci se met en
devoir de les fendre, Demi-pois lui crie: «Vieille, ne me crève pas
les yeux, ou je te crève les tiens!» La vieille, effrayée, laisse
là les boyaux et s'enfuit. Le renard passe et avale les boyaux avec
Demi-pois; mais celui-ci lui rend la vie dure. Dès que le renard
s'approche d'une maison, Demi-pois crie à tue-tête: «Gare à vous,
les gens! le renard veut manger vos poules.» Le renard, qui meurt
de faim, demande conseil au loup; celui-ci l'engage à se jeter
par terre du haut d'un arbre; le renard suit ce conseil, et il
est tué roide. Le loup dévore son ami et avale en même Demi-pois;
mais voilà que toutes les fois qu'il approche d'un troupeau, il
entend crier dans son ventre: «Holà! bergers, le loup va manger
un mouton.» Désespéré, le loup se précipite du haut d'un rocher.
Alors Demi-pois sort de sa prison et retrouve ses parents.--M.
Gaston Paris rapproche de ce conte grec, particulièrement pour la
fin, un conte du Forez. Le voici: Le _Gros d'in pion_ (Gros d'un
poing) faisait paître un bœuf; il s'était mis derrière un chou. En
mangeant le chou, le bœuf mangea le _Gros d'in pion_. Le maître tua
le bœuf, et le chat qui passait mangea à son tour le _Gros d'in
pion_. Le chat fut tué, et le _Gros d'in pion_ fut cette fois mangé
par le chien. Enfin le loup dévora le chien. Mais, à partir de ce
jour-là, plus moyen pour le loup de manger des moutons. Quand il
allait vers les bergeries, le _Gros d'in pion_, qui était dans son
ventre, criait: «Gare, gare, le loup vient manger vos moutons.»
Survint compère le renard qui conseilla au loup «de passer entre
deux pieux très rapprochés l'un de l'autre, afin que la pression
pût le délivrer d'un hôte aussi incommode; ce qui fut fait.»--M.
Gaston Paris fait remarquer que le collectionneur, M. Gras, «ne
dit pas, ce qui doit être dans l'histoire, que le loup resta pris
au corps par les pieux et mourut là misérablement.» «C'est, on le
voit, ajoute M. Paris, le pendant exact du conte grec; seulement
ici, conformément à la tradition, le loup est bafoué par le
renard.» Il l'est également, ajouterons-nous à notre tour, dans une
variante grecque de _Demi-pois_ (Hahn, II, p. 254).
Dans un conte portugais (Coelho, nº 33), Grain de Mil, qui s'est
mis sur une feuille de millet, est avalé par un bœuf; son père
l'appelle partout, et, l'entendant enfin répondre de dedans la
bête, il la fait tuer; mais il a beau chercher, il ne trouve pas
le petit. On jette les tripes dehors; un loup, les ayant avalées,
est pris de tranchées. Grain de Mil lui crie de se soulager, et,
sorti du ventre du loup, il retourne chez son père, après d'autres
aventures qui ne se rapportent en rien au conte lorrain. (Comparer
un autre conte portugais, nº 94 de la collection Braga, dont le
héros s'appelle _Manoel Feijão_, «Manoel Haricot».)--Dans un
conte basque, dont M. W. Webster ne dit qu'un mot (p. 191 de sa
collection), le petit héros est d'abord avalé par un bœuf, puis par
un chien, pendant qu'on lave les tripes du bœuf.
* * * * *
D'autres contes vont nous offrir de nouvelles aventures se
surajoutant aux premières. Ainsi, un conte rhénan (Grimm,
nº 37) commence par raconter comment Poucet (_Daumesdick_)
conduit la voiture de son père, en se mettant dans l'oreille du
cheval; comment il est acheté par des étrangers, émerveillés de
son adresse; comment ensuite il s'échappe et s'associe à des
voleurs. Vient, après cette première partie, l'histoire que nous
connaissons: Poucet avalé par une vache dans une brassée de foin;
la terreur de la servante à qui il crie de ne plus donner de foin
à la bête; la vache tuée; le ventre jeté sur le fumier et avalé
par un loup. Finalement Poucet indique au loup le garde-manger
d'une certaine maison, qui est celle de ses parents; le loup s'y
introduit, mais n'en peut plus sortir. Il est tué et Poucet délivré.
Dans un conte russe, dont M. Paris donne la traduction (_op. cit._,
p. 81; voir aussi L. Léger, nº 3), même première partie, à peu
près: Petit Poucet se glisse dans l'oreille du cheval et laboure à
la place de son père; il est vendu par celui-ci à un seigneur et
s'échappe; il s'associe à des voleurs, vole un bœuf et demande les
boyaux pour sa part. Il se couche dedans pour passer la nuit et il
est avalé par un loup. Comme dans les contes cités précédemment,
il crie aux bergers de prendre garde au loup. Celui-ci, en danger
de mourir de faim, dit à Petit Poucet de sortir. «Porte-moi chez
mon père, et je sortirai.» Le loup l'y porte; Petit Poucet sort du
grand ventre par derrière, s'assied sur la queue du loup et se met
à crier: «Battez le loup!» Le vieux et la vieille tombent sur le
loup à coups de bâton, et, quand il est mort, ils prennent la peau
pour en faire une «touloupe» à leur fils.
Ce conte russe n'a pas le passage où Poucet est avalé par un
bœuf. Ce trait va se retrouver dans un conte du pays messin, qui
a beaucoup de rapport avec le conte russe (_Mélusine_, 1877, col.
41): Jean Bout-d'homme est vendu par son père le terrassier à un
seigneur qui l'a trouvé très gentil. Après s'être d'abord échappé,
il est rattrapé par le seigneur qui le met dans un panier suspendu
au plafond de la cuisine: de là il doit observer ce qui se passe
et en rendre compte à son maître. Un jour, il est aperçu par un
domestique qui, pour le punir de son espionnage, le jette dans
l'auge aux bestiaux; il est avalé par un bœuf. Le seigneur ayant
fait tuer ce bœuf pour un festin qu'il doit donner, les tripes sont
jetées sur le grand chemin. Une vieille femme, passant par là,
les ramasse et les met dans sa hotte. Elle n'a pas fait dix pas,
qu'elle entend une voix qui sort de sa hotte et lui dit:
«Toc! toc!
Le diable est dans ta hotte!
Toc! toc!
Le diable est dans ta hotte!»
La vieille jette là sa hotte et s'enfuit. Suivent les aventures de
Jean Bout-d'homme avec le loup, aventures à peu près identiques
à celle du Petit Poucet russe. «Tais-toi, maudit ventre!» dit le
loup, désespéré d'entendre toujours une voix qui prévient les
bergers de son approche.--«Je ne me tairai pas, tant que tu n'auras
pas été me déposer sous la porte de mon père.--Eh! bien, je vais
y aller.» Quand ils arrivent, Jean Bout-d'homme sort du ventre du
loup, se glisse dans la maison en passant par la chatière, et, au
même instant, saisissant le loup par la queue, il crie: «Venez,
venez, père, je tiens le loup par la queue.» Le père accourt et tue
d'un coup de hache le loup dont il vend la peau.
Dans un conte allemand (Grimm, nº 45), conte résultant de la fusion
faite par les frères Grimm de divers contes de la région du Mein,
de la Hesse et du pays de Paderborn,--ce qui, soit dit en passant,
est un procédé assez peu scientifique,--une servante, pour se
débarrasser du petit espion (comme dans le conte messin), le donne
aux vaches avec l'herbe. On tue la vache qui l'a avalé; on fait des
saucissons avec une partie de la viande, et Poucet (_Daumerling_)
se trouve enfermé dans un de ces saucissons. Au bout d'un long
temps, il est délivré; puis, plus tard, avalé par un renard. Il
finit également par recouvrer sa liberté.
Nous mentionnerons encore un conte wende de la Lusace (Veckenstedt,
p. 97, nº 6), où le petit fripon d'_Eulenspiegel_ s'associe à un
voleur, puis est ramassé avec le foin et avalé par la vache. Quand
on tue la vache, il parvient à s'échapper[48].
Deux contes italiens ont également l'association du petit héros
avec des voleurs. Le premier, recueilli dans les Marches par M. A.
Gianandrea (_Giornale di filologia romanza_, nº 5), n'a de commun
avec notre conte que le passage où _Deto grosso_ (Gros doigt,
Pouce) qui s'est caché dans la laine d'un mouton, est avalé par un
loup, en même temps que le mouton.--Dans le second, recueilli en
Toscane par M. Pitrè (_Novelle popolari toscane_, nº 42), Cecino
(Petit pois) est avalé par un cheval appartenant à ses amis les
voleurs; puis par un loup, quand le cheval a été tué et jeté
dehors. Le loup voulant aller manger une chèvre, Cecino crie au
chevrier de prendre garde.
* * * * *
Certains contes étrangers ont, des aventures de Poucet, uniquement
celles que nous avons vues en dernier lieu s'ajouter au fonds
commun à tous les contes cités. Ainsi, le Poucet d'un conte
lithuanien (Schleicher, p. 7) laboure en se tenant dans l'oreille
d'un bœuf; il est acheté par un seigneur; il aide des voleurs
à voler les bœufs du seigneur et ensuite attrape les voleurs
eux-mêmes. Le conte finit là-dessus.--Dans un conte croate (Krauss,
I, nº 92), Poucet conduit de la même manière un attelage de bœufs.
Son père le vend aussi à un seigneur, qui le met dans sa poche;
Poucet en profite pour jeter à son père tout l'argent qui s'y
trouve. Il tombe ensuite entre les mains d'une bande de voleurs,
dans laquelle il s'engage.--Dans un conte albanais (Hahn, nº 99),
le petit héros, qu'on appelle «La Noix», laboure, assis sur la
pointe de la charrue; il s'associe à des voleurs et devient fameux
sous le nom du «voleur La Noix».
* * * * *
Un poème anglais, l'histoire de _Tom Pouce_, qui a été sans
doute imprimé dès le XVIe siècle, mais dont la plus ancienne
édition connue est de 1630, a conservé, au milieu de toute sorte
de fantaisies plus ou moins poétiques, un trait de notre thème
(Brueyre, p. 5): Tom Pouce est attaché par sa mère à un chardon
pour que le vent ne l'enlève pas. Une vache mange le chardon et
Tom Pouce avec. «Où est-tu, Tom?» crie partout la mère.--«Dans le
ventre de la vache.» Tom finit par en sortir.
* * * * *
Un conte kabyle (J. Rivière, p. 8) présente une curieuse
ressemblance avec tous ces contes européens: Un homme avait deux
femmes. Un jour, en remuant du grain, l'une trouve un pois chiche:
«Plût à Dieu, se dit-elle, que j'eusse Pois chiche pour fils!»
L'autre trouve un ongle: «Plût à Dieu, dit-elle, que j'eusse Ali
g'icher (_sic_) pour fils!» Dieu les exauce[49]. Le conte laisse
de côté Pois chiche et ne s'occupe que d'Ali. Le petit garde
un troupeau de brebis sans qu'on puisse voir où il est. Des
voleurs étant venus à passer, il se joint à eux. Quand ils sont
auprès d'une maison, ils font un trou dans le mur, et Ali entre
dans l'étable. Il passe dans l'oreille d'une vache et se met à
crier: «Est-ce une vache d'Orient ou une vache d'Occident que
j'amène?--Amène toujours,» disent les voleurs. Une vieille femme
se lève à leurs cris, allume une lampe et regarde partout; elle
s'arrête près de l'oreille de la vache. «Recule donc,» crie Ali,
«tu vas me brûler.»[50] La vieille étant partie, Ali prend une
vache, et les voleurs la conduisent sur une colline, où ils la
tuent. Ali se fait donner la vessie et s'en va près d'un ruisseau
voisin. Tout à coup il se met à crier: «O mon père, pardon; je l'ai
achetée, je ne l'ai pas volée.» Les voleurs, se croyant surpris,
s'enfuient, et Ali rapporte la viande à sa mère[51]. Il prend un
des boyaux, le porte dans le jardin du roi et se cache dans le
boyau. La fille du roi ramasse le boyau et le met dans son panier.
Quand elle passe sur la place publique, Ali crie de toutes ses
forces: «La fille du roi a volé un boyau!» La fille du roi jette
le boyau; un lion survient et l'avale. Ali se met à parler dans le
ventre du lion, qui lui demande comment il pourra se débarrasser
de lui. Ali lui conseille d'avaler un rasoir: «Je te percerai un
peu et je sortirai.» Toujours sur le conseil d'Ali, le lion met en
fuite des enfants occupés à se raser la tête. Il avale un de leurs
rasoirs. Ali lui fend tout le ventre, et le lion tombe mort.