[48] Dans le conte picard cité plus haut, le petit Poucet s'appelle
Jean l'_Espiègle_. C'est exactement l'_Eulenspiegel_ du conte wende.
On sait qu'_Espiègle_ est la forme française du nom d'_Eulenspiegel_,
le héros d'un livre très populaire en Allemagne à la fin du moyen âge,
et qui a fait aussi l'amusement de nos aïeux.--Reste à savoir si les
Wendes de la Lusace emploient le mot allemand lui-même ou un équivalent
dans leur langue; ce que ne dit pas M. Veckenstedt.
[49] Dans le conte rhénan, la mère de Poucet a souhaité d'avoir un
enfant, quand même il ne serait pas plus grand que le pouce. Comparer
le conte italien des Marches et le conte croate.--Dans les deux contes
portugais et dans la variante grecque, le souhait qu'a formé la mère,
c'est d'avoir un fils, ne fût-il pas plus gros qu'un grain de mil, un
haricot ou un pois.
[50] Tout ce passage se retrouve dans le conte italien des Marches:
Pouce s'introduit dans une bergerie et crie à ses camarades les
voleurs, qui sont restés dehors: «Lesquels voulez-vous, les blancs ou
les noirs?--Tais-toi,» disent les voleurs; «le maître va t'entendre.»
Mais Pouce continue à crier. Le maître arrive. Les voleurs décampent et
Pouce se cache dans un trou de la muraille. Le maître met sa lumière
justement dans ce trou. «Oh! tu m'aveugles,» crie Pouce.
[51] Dans le conte lithuanien, les voleurs ayant tué les bœufs qu'ils
ont pris à un seigneur, de concert avec Poucet, celui-ci s'offre à
aller laver les boyaux. Il les porte donc à la rivière et se met tout
à coup à pousser des cris terribles: «Ah! mon bon monsieur, je ne les
ai pas volés tout seul; il y a encore là trois hommes qui font rôtir la
viande.» Quand les voleurs entendent ces paroles, ils s'enfuient.