Le second volume renferme quelques opuscules et un grand nombre de

lettres, en italien. Le principal opuscule est la _Réponse à un

article du journal littéraire d'Italie_. C'est là qu'il juge Descartes

avec l'impartialité que nous avons admirée plus haut. Dans deux

lettres que contient aussi ce volume (au père de Vitré, 1726, et à D.

Francesco Solla, 1729), il attaque la réforme cartésienne, et l'esprit

du 18e siècle, souvent avec humeur, mais toujours d'une manière

éloquente.--Deux morceaux sur Dante ne sont pas moins curieux. On y

trouve l'opinion reproduite depuis par Monti, que l'auteur de la

divine Comédie est plus admirable encore dans le purgatoire et le

paradis que dans cet enfer si exclusivement admiré.--1730. Pourquoi

les orateurs réussissent mal dans la poésie.--De la grammaire.--1720.

Remercîment à un défenseur de son système. Dans cette lettre curieuse,

Vico explique le peu de succès de la _Science nouvelle_. On y trouve

le passage suivant: Je suis né dans cette ville, et j'ai eu affaire à

bien des gens pour mes besoins. Me connaissant dès ma première

jeunesse, ils se rappellent mes faiblesses et mes erreurs. Comme le

mal que nous voyons dans les autres nous frappe vivement, et

nous reste profondément gravé dans la mémoire, il devient une règle

d'après laquelle nous jugeons toujours ce qu'ils peuvent faire ensuite

de beau et de bon. D'ailleurs je n'ai ni richesses ni dignité; comment

pourrais-je me concilier l'estime de la multitude? etc.--1725. Lettre

dans laquelle il se félicite de n'avoir pas obtenu la chaire de droit,

ce qui lui a donné le loisir de composer la _Science nouvelle_ (_Voy._

l'avant-dernière page du discours.)--Lettre fort belle sur un ouvrage

qui traitait de la morale chrétienne, à Mgr. Muzio Gaëta.--Lettre au

même, dans laquelle il donne une idée de son livre _De antiquâ

sapientiâ Italorum_. «Il y a quelques années que j'ai travaillé à un

système complet de métaphysique. J'essayais d'y démontrer que l'homme

est Dieu dans le monde des grandeurs abstraites, et que Dieu est

géomètre dans le monde des grandeurs concrètes, c'est-à-dire dans

celui de la nature et des corps. En effet, dans la géométrie l'esprit

humain part du point, chose qui n'a point de parties, et qui, par

conséquent, est infinie; ce qui faisait dire à Galilée que quand nous

sommes réduits au point, il n'y a plus lieu ni à l'augmentation, ni à

la diminution, ni à l'égalité... Non-seulement dans les problèmes,

mais aussi dans les théorèmes, connaître et faire, c'est la même chose

pour le géomètre comme pour Dieu.»

Les réponses des hommes de lettres auxquels écrit Vico, donnent une

haute idée du public philosophique de l'Italie à cette époque. Les

principaux sont Muzio Gaëta, archevêque de Bari; un prédicateur

célèbre, Michelangelo, capucin; Nicoló Concina, de l'ordre des

Prêcheurs, professeur de philosophie et de droit naturel, à Padoue,

qui enseignait plusieurs parties de la doctrine de Vico; Tommaso Marin

Alfani, du même ordre, qui assure avoir été comme ressuscité après une

longue maladie, par la lecture d'un nouvel ouvrage de Vico; le duc de

Laurenzano, auteur d'un ouvrage sur le bon usage des passions

humaines; enfin l'abbé Antonio Conti, noble vénitien, auteur d'une

tragédie de César, et qui était lié avec Leibnitz et Newton. Vico

était aussi en correspondance avec le célèbre Gravina, avec Paolo

Doria, philosophe cartésien, et avec ce prodigieux Aulisio,

professeur de droit, à Naples, qui savait neuf langues, et qui écrivit

sur la médecine, sur l'art militaire et sur l'histoire. D'abord ennemi

de Vico, Aulisio se réconcilia avec lui après la lecture du discours

_De nostri temporis studiorum ratione_. Nous n'avons ni les lettres

qu'il écrivit à ces trois derniers ni leurs réponses.

* * *

Dans le troisième volume des Opuscules, Vico offre une preuve nouvelle

que le génie philosophique n'exclut point celui de la poésie. Ainsi

sont dérangées sans cesse les classifications rigoureuses des

modernes. Quoi de plus subtil, et en même temps de plus poétique que

le génie de Platon? Vico présente, par ce double caractère, une

analogie remarquable avec l'auteur de la Divine comédie.

Mais, c'est dans sa prose, c'est dans son grand poème philosophique de

la _Science nouvelle_, que Vico rappelle la profondeur et la sublimité

de Dante. Dans ses poésies, proprement dites, il a trop souvent

sacrifié au goût de son siècle. Trop souvent son génie a été resserré

par l'insignifiance des sujets officiels qu'il traitait. Cependant

plusieurs de ces pièces se font remarquer par une grande et noble

facture. Voyez particulièrement, l'exaltation de Clément XII, le

panégyrique de l'électeur de Bavière, Maximilien Emmanuel; la mort

d'Angela Cimini; plusieurs sonnets, pages 7, 9, 190, 195; enfin un

épithalame dans lequel il met plusieurs des idées de la _Science

nouvelle_, dans la bouche de Junon.

Nous ne nous arrêterons que sur les poésies où Vico a exprimé un

sentiment personnel. La première est une élégie qu'il composa à l'âge de

vingt-cinq ans (1693); elle est intitulée _Pensées de mélancolie_. À

travers les _concetti_ ordinaires aux poètes de cette époque, on y

démêle un sentiment vrai: «Douces images du bonheur, venez encore

aggraver ma peine! Vie pure et tranquille, plaisirs honnêtes et

modérés, gloire et trésors acquis par le mérite, paix céleste de l'âme,

(et ce qui est plus poignant à mon coeur) amour dont l'amour est le

prix, douce réciprocité d'une foi sincère!...» Long-temps après, sans

doute de 1720 à 1730, il répond par un sonnet à un ami qui déplorait

l'ingratitude de la patrie de Vico. «Ma chère patrie m'a tout refusé!...

Je la respecte et la révère. Utile et sans récompense, j'ai trouvé déjà

dans cette pensée une noble consolation. Une mère sévère ne caresse

point son fils, ne le presse point sur son sein, et n'en est pas moins

honorée...» La pièce suivante, la dernière du recueil de ses poésies,

présente une idée analogue à celle du dernier morceau qu'il a écrit en

prose (_Voy._ la fin du _Discours_). C'est une réponse au cardinal

Filippo Pirelii, qui avait loué la _Science nouvelle_ dans un sonnet.

«Le destin s'est armé contre un misérable, a réuni sur lui seul tous les

maux qu'il partage entre les autres hommes, et a abreuvé son corps et

ses sens des plus cruels poisons. Mais la Providence ne permet pas que

l'âme qui est à elle soit abandonnée à un joug étranger. Elle l'a

conduit, par des routes écartées, à découvrir son oeuvre admirable du

monde social, à pénétrer dans l'abîme de sa sagesse les lois éternelles

par lesquelles elle gouverne l'humanité. Et grâce à vos louanges, ô

noble poète, déjà fameux, déjà _antique_ de son vivant, il vivra aux

âges futurs, l'infortuné Vico!»

* * *

Le quatrième volume renferme ce que Vico a écrit en latin. La vigueur

et l'originalité avec lesquelles il écrivait en cette langue eût fait

la gloire d'un savant ordinaire.

1696. _Pro auspicatissimo in Hispaniam reditu Francisci Benavidii S.

Stephani comitis atque in regno Neap. Pro rege oratio._--1697. _In

funere Catharinæ Aragoniæ Segorbiensium ducis oratio._--1702. _Pro

felici in Neapolitanum solium aditu Philippi V, Hispaniarum novique

orbis monarchæ oratio._--1708. _De nostri temporis studiorum ratione

oratio ad litterarum studiosam juventutem, habita in R. Neap.

Academiâ._--1738. _In Caroli et Mariæ Amaliæ utriusque Siciliæ regum

nuptiis oratio._--_Oratiuncula pro adsequendâ laureâ in utroque

jure._--_Carolo Borbonio utriusque Siciliæ Regi R. Neap.

Academia._--_Carolo Borbonio utriusque Siciliæ Regi epistola._

1729. _Vici vindiciæ sive notæ in acta eruditorum Lipsiensia mensis

augusti A. 1727, ubi inter nova literaria unum extat de ejus libro,

cui titulus: Principi d'una scienza nuova d'intorno alla commune

natura delle nazioni._ Cet article, où l'on reproche à Vico d'avoir

_approprié son système au goût de l'Église romaine_, avait été envoyé

par un Napolitain. La violence avec laquelle Vico répond à un

adversaire obscur, ferait quelquefois sourire, si l'on ne connaissait

la position cruelle où se trouvait alors l'auteur. «Lecteur impartial,

dit-il en terminant, il est bon que tu saches que j'ai dicté cet

opuscule au milieu des douleurs d'une maladie mortelle, et lorsque je

courais les chances d'un remède cruel qui, chez les vieillards,

détermine souvent l'apoplexie. Il est bon que tu saches que depuis

vingt ans j'ai fermé tous les livres, afin de porter plus

d'originalité dans mes recherches sur le droit des gens; le seul livre

où j'ai voulu lire c'est le sens commun de l'humanité». Ce qui rend

cet opuscule précieux, c'est qu'en plusieurs endroits Vico déclare que

le sujet propre de la Science nouvelle, c'est _la nature commune aux

nations_, et que son système du droit des gens n'en est que le

principal corollaire.

1708. _Oratio cujus argumentum, hostem hosti infensiorem

infestioremque quam stultum sibi esse neminem._ Nul n'a d'ennemi plus

cruel et plus acharné que l'insensé ne l'est de lui-même.--1732. _De

mente heroicâ oratio habita in R. Neap. academiâ._ L'héroïsme dont

parle Vico est celui d'une grande âme, d'un génie courageux qui ne

craint point d'embrasser dans ses études l'universalité des

connaissances, et qui veut donner à sa nature le plus haut

développement qu'elle comporte. Nulle part il ne s'est plus abandonné

à l'enthousiasme qu'inspire la science considérée dans son ensemble et

dans son harmonie. Cet ouvrage, qui semble porter l'empreinte d'une

composition très rapide, est surtout remarquable par la

chaleur et la poésie du style. L'auteur avait cependant

soixante-quatre ans.

Ajoutez à cette liste des ouvrages latins de Vico, un grand nombre de

belles inscriptions. Voici l'indication des plus considérables:

Inscriptions funéraires en l'honneur de D. Joseph Capece et D. Carlo

de Sangro, 1707, faites par ordre du comte de Daun, général des armées

impériales dans le royaume de Naples.--Autre en l'honneur de

l'empereur Joseph, 1711, faite par ordre du vice-roi, Charles

Borromée.--Autre en l'honneur de l'impératrice Éléonore, faite par

ordre du cardinal Wolfgang de Scratembac, vice-roi.

* * *

Nous avons déjà nommé la plupart des auteurs qui ont mentionné Vico

(Journal de Trévoux, 1726, septembre; page 1742).--Journal de Leipsig,

1727, août, page 383.--Bibliothèque ancienne et moderne de Leclerc,

tome XVIII, partie II, pag. 426.--Damiano Romano.--Duni? Governo

civile.--Cesarotti (sur Homère).--Parini (dans ses cours à Milan).--Joseph

de Cesare. Pensées de Vico sur.... 18...?--Signorelli.--Romagnosi (de

Parme).--L'abbé Talia. Lettres sur la philosophie morale, 1817,

Padoue.--Colangelo--(_Biblioteca analitica, passim_).--Joignez-y Herder,

dans ses opuscules, et Wolf dans son _Musée des sciences de l'antiquité_

(tome I, page 555). Ce dernier n'a extrait que la partie de la Science

nouvelle relative à Homère.--Aucun Anglais, aucun Écossais, que je

sache, n'a fait mention de Vico, si ce n'est l'auteur d'une brochure

récemment publiée sur l'état des études en Allemagne et en Italie.--En

France, M. Salfi est le premier qui ait appelé l'attention du public sur

la Science nouvelle, dans son _Éloge de Filangieri_, et dans plusieurs

numéros de la _Revue Encyclopédique_, t. II, p. 540; t. VI, p. 364; t.

VII, p. 343.--_Voy._ aussi _Mémoires du comte Orloff sur Naples_, 1821,

t. IV, p. 439, et t. V, p. 7.

* * *

Vico n'a point laissé d'école; aucun philosophe italien n'a

saisi son esprit dans tout le siècle dernier; mais un assez

grand nombre d'écrivains ont développé quelques-unes de ses idées.

Nous donnons ici la liste des principaux.

Genovesi (né en 1712, mort en 1769). N'ayant pu me procurer que deux

des nombreux ouvrages de ce disciple illustre de Vico (_les

Institutions_ et la _Diceosina_), je donne les titres de tous les

livres qu'il a faits, en faveur de ceux qui seraient à même de faire

de plus amples recherches.--Leçons d'économie politique et

commerciale.--Méditations philosophiques (sur la religion et la

morale), 1758.--Institutions de métaphysique à l'usage des

commençans.--Lettre académique (sur l'utilité des sciences, contre le

paradoxe de J.-J. Rousseau), 1764.--Logique à l'usage des jeunes gens,

1766 (divisée en cinq parties: _emendatrice_, _inventrice_,

_giudicatrice_, _ragionatrice_, _ordonatrice_. On estime le dernier

chapitre, _Considérations sur les sciences et les arts_).--Traité des

sciences métaphysiques, 1764 (divisé en cosmologie, théologie,

anthropologie).--Dicéosine, ou science des droits et des devoirs de

l'homme, 1767; ouvrage inachevé. C'est surtout dans le troisième

volume de la Dicéosine que Genovesi expose des idées analogues à

celles de Vico.

Filangieri (né en 1752, mort en 1788). Quoique cet homme célèbre n'ait

rien écrit qui se rattache au système de Vico, nous croyons devoir le

placer dans cette liste. À l'époque de sa mort prématurée, il méditait

deux ouvrages; le premier eût été intitulé: _Nouvelle science des

sciences_; le second: _Histoire civile, universelle et perpétuelle_.

Il n'est resté qu'un fragment très court du premier, et rien du

second. J'ai cherché inutilement ce fragment.

Cuoco (mort en 1822). Voyage de Platon en Italie. Ouvrage très

superficiel et qui exagère tous les défauts du Voyage d'Anacharsis.

Les hypothèses historiques de Vico ont souvent chez Cuoco un air plus

paradoxal encore, parce qu'on n'y voit plus les principes dont elles

dérivent. Ce sont à-peu-près les mêmes idées sur l'_Histoire

éternelle_, sur l'Histoire romaine en particulier sur les douze

tables, sur l'âge et la patrie d'Homère, etc. Au moment où

les persécutions égarèrent la raison du malheureux Cuoco, il détruisit

un travail fort remarquable, dit-on, sur le système de la Science

nouvelle.

L'infortuné Mario Pagano (né en 1750, mort en 1800), est de tous les

publicistes celui qui a suivi de plus près les traces de Vico. Mais

quel que soit son talent, on peut dire que, dans ses _Saggi politici_,

les idées de Vico ont autant perdu en originalité que gagné en clarté.

Il ne fait point marcher de front, comme Vico, l'histoire des

religions, des gouvernemens, des lois, des moeurs, de la poésie,

etc. Le caractère religieux de la Science nouvelle a disparu. Les

explications physiologiques qu'il donne à plusieurs phénomènes

sociaux, ôtent au système sa grandeur et sa poésie, sans l'appuyer sur

une base plus solide. Néanmoins les _Essais politiques_ sont encore le

meilleur commentaire de la Science nouvelle. Voici les points

principaux dans lesquels il s'en écarte. 1º Il pense avec raison que

la _seconde barbarie_, celle du moyen âge, n'a pas été aussi semblable

à la première que Vico paraît le croire. 2º Il estime davantage la

sagesse orientale. 3º Il ne croit pas que _tous_ les hommes après le

déluge soient tombés dans un état de brutalité complète. 4º Il

explique l'origine des mariages, non par un sentiment religieux, mais

par la jalousie. Les plus forts auraient enlevé les plus belles,

auraient ainsi formé les premières familles et fondé la première

noblesse. 5º Il croit qu'à l'origine de la société, les hommes

furent, non pas agriculteurs, comme l'ont cru Vico et Rousseau, mais

chasseurs et pasteurs.

Chez tous les écrivains que nous venons d'énumérer, les idées de Vico

sont plus ou moins modifiées par l'esprit français du dernier siècle.

Un philosophe de nos jours me semble mieux mériter le titre de

disciple légitime de Vico. C'est M. Cataldo Jannelli, employé à la

bibliothèque royale de Naples, qui a publié, en 1817, un ouvrage

intitulé: _Essai sur la nature et la nécessité de la science des

choses et histoires humaines_. Nous n'entreprendrons pas de juger ce

livre remarquable. Nous observerons seulement que l'auteur ne semble

pas tenir assez de compte de la perfectibilité de l'homme.

Il compare trop rigoureusement l'humanité à un individu, et croit

qu'elle aura sa vieillesse comme sa jeunesse et sa virilité (page 58).

* * *

Il ne nous reste qu'à donner la liste des principaux auteurs français,

anglais et allemands qui ont écrit sur la philosophie de l'histoire.

Lorsque nous n'étions pas sûr d'indiquer avec exactitude le titre de

l'ouvrage, nous avons rapporté seulement le nom de l'auteur.

FRANCE. Bossuet. Discours sur l'histoire universelle, 1681.--Voltaire.

Philosophie de l'histoire. Essai sur l'esprit et les moeurs des

nations, commencé en 1740, imprimé en 1785.--Turgot. Discours sur les

avantages que l'établissement du christianisme a procurés au genre

humain. Autre sur les progrès de l'esprit humain. Essais sur la

géographie politique. Plan d'histoire universelle. Progrès et

décadences alternatives des sciences et des arts. Pensées détachées.

Ces divers morceaux sont ce que nous avons de plus original et de plus

profond sur la philosophie de l'histoire. L'auteur les a écrits à

l'âge de vingt-cinq ans, lorsqu'il était au séminaire, de 1750 à 1754.

_Voy._ le second volume des oeuvres complètes, 1810.--Condorcet.

Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain; écrit

en 1793, publié en 1799.--Mme de Staël, _passim_, et surtout dans

son ouvrage sur la Littérature considérée dans ses rapports avec les

institutions politiques.--Walckenaër. Essai sur l'histoire de l'espèce

humaine.--Cousin. De la philosophie de l'histoire; très court, mais

très éloquent, dans ses Fragmens philosophiques; écrit en 1818,

imprimé en 1826.

ANGLETERRE. Ferguson. Essai sur l'histoire de la société civile, 1767;

trad.--Millar. Observations sur les distinctions de rang dans la

société, 1771.--Kames. Essais sur l'histoire de l'homme,

1773.--Dunbar? Essais sur l'histoire de l'humanité, 1780.--Price...

1787.--Priestley. Discours sur l'histoire; traduits.

ALLEMAGNE. Iselin. Histoire du genre humain, 1764.--Herder.

Idées philosophiques sur l'histoire de l'humanité, 1772 (traduit par

M. Edgard Quinette, 1837).--Kant. Idée de ce que pourrait être une

histoire universelle, considérée dans les vues d'un citoyen du monde

(traduit par Villiers dans le Conservateur, tome II, an VIII). Autres

opuscules du même, sur l'identité de la race humaine, sur le

commencement de l'histoire du genre humain, sur la théorie de la pure

religion morale, etc. (traduits dans le même volume du Conservateur,

ou dans les Archives philosophiques et littéraires, tome

VIII).--Lessing. Éducation du genre humain, 1786.--Meiners. Histoire

de l'humanité, 1786. Voyez aussi ses autres ouvrages _passim_.--Carus.

Idées pour servir à l'histoire du genre humain.--Ancillon. Essais

philosophiques, ou nouveaux mélanges, etc., 1817. _Voy._ philosophie

de l'histoire, dans le premier volume; perfectibilité, dans le second

(écrit en français).

Ajoutez à cette liste un nombre infini d'ouvrages dont le sujet est

moins général, mais qui n'en sont pas moins propres à éclairer la

philosophie de l'histoire; tels que l'Histoire de la culture et de la

littérature en Europe, par Eichorn; la Symbolique de Creutzer, etc.

TABLE DES MATIÈRES.

AVIS DU TRADUCTEUR.

DISCOURS SUR LE SYSTÈME ET LA VIE DE VICO. pag. I

APPENDICE DU DISCOURS. XLIX

LIVRE Ier--_Des principes_.--Argument. 1

CHAPITRE Ier Table chronologique. 5

CHAP. II. Axiomes. 24

CHAP. III. Trois principes fondamentaux. 75

CHAP. IV. De la Méthode. 81

LIVRE II.--_De la sagesse poétique_.--Argument. 93

CHAP. Ier Sujet de ce Livre. 101

CHAP. II. De la Métaphysique poétique. 108

CHAP. III. De la Logique poétique. 125

CHAP. IV. De la Morale poétique. 168

CHAP. V. Du Gouvernement de la famille, ou Économie

dans les âges poétiques. 174

CHAP. VI. De la Politique poétique. 186

CHAP. VII. De la Physique poétique. 221

CHAP. VIII. De la Cosmographie poétique. 231

CHAP. IX. De l'Astronomie poétique. 233

CHAP. X. De la Chronologie poétique. 235

CHAP. XI. De la Géographie poétique. 239

Conclusion de ce Livre. 247

LIVRE III.--_Découverte du véritable Homère_.--Argument. 249

CHAP. Ier De la Sagesse philosophique que l'on

attribue à Homère. 252

CHAP. II. De la Patrie d'Homère. 258

CHAP. III. Du temps où vécut Homère. 260

CHAP. IV. Pourquoi le génie d'Homère dans la poésie

héroïque ne peut jamais être égalé. 264

CHAP. V. Observations philosophiques devant servir

à la découverte du véritable Homère. 268

CHAP. VI. Observations philologiques, etc. 274

CHAP. VII. Découverte du véritable Homère. 278

APPENDICE.--Histoire raisonnée des poètes dramatiques et

lyriques. 283

LIVRE IV.--DU COURS QUE SUIT L'HISTOIRE DES NATIONS.--Argument. 287

CHAP. Ier--INTRODUCTION.--Trois sortes de nature de

moeurs, de droits naturels, de

gouvernemens. 291

CHAP. II. Trois espèces de langues et de caractères. 296

CHAP. III. Trois espèces de jurisprudences, d'autorités

de raisons.--Corollaires relatifs à la

politique et au droit des Romains. 299

CHAP. IV. Trois espèces de Jugemens.--Corollaire

relatif au duel et aux représailles.--Trois

périodes dans l'histoire des moeurs et de

la jurisprudence. 309

CHAP. V. Autres preuves, tirées des caractères propres

aux aristocraties héroïques. 321

CHAP. VI. Autres preuves tirées de la manière dont

chaque forme de la société se combine avec

la précédente. 334

CHAP. VII. Dernières preuves. 342

LIVRE V.--_Retour des mêmes révolutions, lorsque les sociétés

détruites se relèvent de leurs ruines._--Argument. 355

CHAP. Ier Objet de ce Livre--Retour de l'âge divin. 357

CHAP. II. Comment les nations parcourent de nouveau la

carrière qu'elles ont fournie, conformément

à la nature éternelle des fiefs.--Que

l'ancien droit politique des Romains se

renouvela dans le droit féodal. (Retour de

l'âge héroïque.). 362

CHAP. III. Coup-d'oeil sur le monde politique, ancien

et moderne. 371

CHAP. IV. Conclusion.--D'une république éternelle

fondée dans la nature par la providence

divine, et qui est la meilleure possible

dans chacune de ses formes diverses. 376

APPENDICE DU SECOND LIVRE.--Explication de la mythologie

grecque et romaine.

389

PRINCIPES

DE

LA PHILOSOPHIE

DE L'HISTOIRE.

LIVRE PREMIER.

DES PRINCIPES.

ARGUMENT.

_On ne peut déterminer quelles lois observe la civilisation dans son

développement, sans remonter à son origine._ _L'auteur prouve d'abord

la nécessité de suivre dans cette recherche une nouvelle méthode, par

l'insuffisance et la contradiction de tout ce qu'on a dit sur

l'histoire ancienne jusqu'à la seconde guerre punique_ (chap. I.)--_Il

expose ensuite sous la forme d'axiomes, les vérités générales qui font

la base de son système_ (chap. II.)-_-Il indique enfin les trois

grands principes d'où part la science nouvelle, et la méthode qui lui

est propre_ (chap. III et IV.)

_Chap. I._ TABLE CHRONOLOGIQUE. _Vaines prétentions des

Égyptiens à une science profonde et à une antiquité exagérée. Le

peuple hébreux est le plus ancien de tous. Division de l'histoire des

premiers siècles en trois périodes._--1. _Déluge. Géans. Âge d'or.

Premier Hermès._--2. _Hercule et les Héraclides. Orphée. Second

Hermès. Guerre de Troie. Colonies grecques de l'Italie et de la

Sicile._--3. _Jeux olympiques. Fondation de Rome. Pythagore. Servius

Tullius. Hésiode, Hippocrate et Hérodote. Thucydide; guerre du

Péloponèse. Xénophon; Alexandre. Lois Publilia et Petilia. Guerre de

Tarente et de Pyrrhus. Seconde guerre punique._

_Dans ce chapitre, l'auteur jette en passant les fondemens d'une

critique nouvelle_: 1º _La civilisation de chaque peuple a été son

propre ouvrage, sans communication du dehors_; 2º _On a exagéré la

sagesse ou la puissance des premiers peuples_; 3º _On a pris pour des

individus des êtres allégoriques ou collectifs_ (_Hercule_, _Hermès_.)

_Chap. II._ AXIOMES. 1-22. _Axiomes généraux._ 23-114. _Axiomes

particuliers._==1-4. _Réfutation des opinions que l'on s'est formées

jusqu'ici sur les commencemens de la civilisation._--5-15. _Fondemens

du_ vrai. _Méditer le monde social dans son idée éternelle._--16-22.

_Fondemens du_ certain. _Apercevoir le monde social dans sa

réalité._==23-28. _Division des peuples anciens en hébreux et gentils.

Déluge universel. Géans_.--28-30. _Principes de la théologie

poétique._--31-40. _Origine de l'idolâtrie, de la divination, des

sacrifices._--41-46. _Principes de la mythologie historique._--47-62.

_Poétique._--47-49. _Principe des caractères poétiques._--50-62. _Suite

de la poétique. Fable, convenance, pensée, expression, chant,

vers._--63-65. _Principes étymologiques._--66-96. _Principes de

l'histoire idéale._--70-84. _Origine des sociétés._--84-96. _Ancienne

histoire romaine._--97-103. _Migrations des peuples._--104-114.

_Principes du droit naturel._

_Chap. III._ TROIS PRINCIPES FONDAMENTAUX.--_Religions et croyance à

une Providence, mariages et modération des passions, sépultures et

croyance à l'immortalité de l'âme._

_Chap. IV._ DE LA MÉTHODE.--_Le point de départ de la science nouvelle

est la première pensée_ humaine _que les hommes durent concevoir, à

savoir, l'idée d'un Dieu._==_Cette science emploie d'abord des

preuves_ philosophiques, _ensuite des preuves_ philologiques.

_Les preuves_ philosophiques _elles-mêmes sont ou théologiques ou

logiques. La science nouvelle est une_ démonstration historique de la

Providence; _elle trace le cercle éternel d'une_ histoire idéale _dans

lequel tourne l'histoire réelle de toutes les nations. Elle s'appuie

sur une_ critique nouvelle, _dont le criterium est le_ sens commun du

genre humain. _Cette critique est le fondement d'un nouveau

système du_ droit des gens.

Preuves philologiques, _tirées de l'interprétation des fables, de

l'histoire des langues, etc._

LIVRE PREMIER.

DES PRINCIPES.

CHAPITRE PREMIER.

TABLE CHRONOLOGIQUE, OU PRÉPARATION DES MATIÈRES QUE DOIT METTRE EN

OEUVRE LA SCIENCE NOUVELLE.

Principes de la Philosophie de l'Histoire traduits de la 'Scienza nuova' · 第 4 / 28 段