M. de Boyvin-Vaurouy, rapporteur.

[Note 132: Un autre bon prêtre donna les derniers soins à la victime.

Il en est parlé dans le rapport manuscrit que des chirurgiens

dressèrent de l'état du cadavre, et qui a été retrouvé par M. Moreau

dans un volume de la Bibliothèque de l'Arsenal. Voici l'extrait qu'il

en donne (_Bibliogr. des Mazarinades_, III, pag. 11 nº 2997):

«Premièrement, ils reconnurent qu'il avoit esté lié d'une grosse corde

par le milieu, de son corps, dont les marques en estoient encore

toutes recentes, et particulièrement le noeud de ladite corde qui

avoit enfoncé dans son corps de la profondeur d'une grosse noix. Un

honneste ecclesiastique de ses amis, nommé M. Butel, s'estant

rencontré lorsqu'on le visitoit, s'offrit à lui rendre les derniers

devoirs de charité, qui furent de l'ensevelir; ce que s'estant mis en

devoir d'exercer, luy ayant levé la teste pour mettre sa coiffe, une

partie de sa cervelle tomba dans ses mains, qui fut un spectacle

d'horreur et de compassion à tous les assistans. Il remarqua sur son

corps quantité de meurtrissures, provenantes des grands coups de

lisière qu'ils lui avoient donnés, comme aussi la plaie d'un coup de

hallebarde qu'il receut au dessus de la cuisse, de la largeur de

quatre doigts, et plusieurs piqueures de poinçons aux genoux.»

Loret donne aussi quelques détails qui s'accordent bien avec ceux

qu'on vient de lire:

Un d'entre eux, le plus perverty,

Le frappa de façon cruelle

Et luy fit sortir la cervelle.]

[Note 133: «Ce meurtre, dit M. Moreau, causa une très vive émotion

dans Paris. La Justice dut en connoître, mais je ne sais pas quel

arrêt fut rendu.» Nos recherches n'ont pas été plus heureuses. Il dut

y avoir de longs débats, au milieu desquels, en ces temps de troubles

de toutes sortes, la vérité et la justice eurent certainement peine à

se faire jour. Loret, presque toujours si bien renseigné, et qui, en

qualité de voisin assez proche, puisqu'il logeoit rue de l'Arbre-Sec,

devoit avoir été édifié mieux que personne sur les détails du drame de

la Tonnellerie, donne lui-même à penser qu'il y eut dans toute cette

affaire beaucoup de contradiction et d'obscurité. _Mais_, dit-il,

... De ce noir evenement

On parle si diversement,

Que certes l'on ne sait que croire

D'une si malheureuse histoire.]

* * * * *

_Les Grands jours tenus à Paris par M. Muet, lieutenant du petit

criminel_[134].

Variétés Historiques et Littéraires (01/10) Recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers · 第 34 / 61 题