tous ses vrais devoirs, un instinct qui ne peut être étouffé, mais
seulement faussé et corrompu si vous le détournez de son but
véritable:--de même qu'il y a cet instinct profond de l'amour, qui,
justement discipliné, maintient toutes les saintetés de la vie, et,
faussement dirigé, les mine toutes; et _doit_ faire l'un ou
l'autre;--ainsi est-il dans le cœur humain un inextinguible instinct,
l'amour du pouvoir, qui, justement dirigé, maintient toute la majesté
de la loi et de la vie, et, mal dirigé, les détruit.
87. Profondément enraciné dans la plus intime vie du cœur de l'homme,
et du cœur de la femme, Dieu l'a mis là et l'y garde. Vainement autant
qu'à tort, vous blâmez et rebutez le désir du pouvoir! La volonté
céleste et l'intérêt humain sont que vous le désiriez de toutes vos
forces. Mais quel pouvoir[197]? Ceci est toute la question.
Pouvoir de détruire? la force du lion et l'haleine du dragon? Non
certes. Pouvoir de guérir de racheter, de guider, de protéger. Pouvoir
du sceptre et du bouclier; le pouvoir de la main royale qui guérit en
touchant, qui enchaîne l'ennemi et délivre le captif; le trône qui
est fondé sur le roc de Justice, et qu'on descend seulement par les
marches de la Pitié[198]. Ne convoiterez-vous pas un tel pouvoir,
n'aspirerez-vous pas à un trône comme celui-là et à ne plus être
seulement des ménagères, mais des reines?
88. Il y a déjà longtemps que les femmes d'Angleterre se sont arrogé,
dans toutes les classes, un titre qui jadis n'appartenait qu'à la
noblesse, et ayant une fois pris l'habitude de se faire donner le simple
titre de gentille femme (gentlewoman), qui correspond à celui de
gentilhomme (gentleman), insistèrent pour avoir le privilège de
prendre le titre de Dame (Lady)[199], qui exactement correspond au seul
titre de Seigneur (Lord).
Je ne les blâme pas de cela[200]; mais seulement des motifs étroits
qui les poussent à cela. Je voudrais qu'elles désirent et revendiquent
le titre de Lady, pourvu qu'elles revendiquent non pas simplement le
titre, mais la charge et les devoirs qui sont signifiés par lui. Lady
vent dire: «Qui donne du pain» ou «qui donne des pains»[201] et Lord
signifie «qui assure le maintien des lois» et les deux titres se
réfèrent, non à la loi qui est maintenue dans la maison, non au pain
qui est donné dans la maison mais à la loi qui est maintenue pour les
multitudes; et au pain qui est rompu pour les multitudes. Si bien qu'un
«Seigneur» (Lord) n'a droit légalement à son titre qu'autant qu'il
maintient la justice du Seigneur des Seigneurs; et une dame (Lady) n'a
droit légalement à son titre qu'autant qu'elle prête aux pauvres,
représentants de son Maître, cette aide qu'un jour des femmes, qui
L'assistèrent de leurs biens, reçurent la permission d'étendre à ce
Maître Lui-même--et autant qu'elle se fait connaître comme Lui-même,
en rompant le pain[202].
89. Et cette bienfaisante et légale Domination, le pouvoir du Dominus,
du Seigneur de la Maison, et de la Domina, ou Dame de la maison, est
grand et vénérable, non par le nombre de ceux qui l'ont transmis en
ligne directe, mais par le nombre de ceux sur lesquels il étend son
empire; il est toujours l'objet d'une vénération religieuse partout
où sa dynastie est fondée sur ses services et son ambition
proportionnée à ses bienfaits. Votre imagination se plaît à la
pensée que vous soyez de nobles dames, avec une suite de vassaux. Qu'il
en soit ainsi; vous ne sauriez être trop noble, et votre suite ne
saurait être trop nombreuse; mais voyez à ce que cette suite soit de
vassaux que vous serviez et nourrissiez, pas seulement d'esclaves qui
vous servent et nourrissent, et à ce que la multitude qui vous obéit
soit la multitude de ceux que vous avez délivrés, et non réduits en
captivité.
90. Et ceci, qui est vrai d'une humble domination, de la domination
domestique, est également vrai de la domination de la reine; cette
très haute dignité vous est accessible, si vous voulez accepter aussi
ces très hauts devoirs. Rex et Regina--Roi et Reine--«Bien-Faisants»,
(Right-doers)[203]; ils diffèrent seulement de Lady et de Lord en ceci
que leur pouvoir est le plus haut aussi bien sur l'esprit que sur le
corps; qu'ils ne font pas que nourrir et vêtir, mais dirigent et
enseignent. Hé bien, que vous en ayez ou non conscience, vous avez
toutes, dans plus d'un cœur, des trônes, avec une couronne qu'on ne
dépose pas; reines vous devez toujours être[204], reines pour vos
fiancés, reines pour vos maris et vos fils; reines d'un plus haut
mystère pour le monde plus distant de vous qui s'incline et s'inclinera
toujours devant la couronne de myrte et le sceptre sans tache de la
Femme. Mais, hélas! trop souvent vous êtes de paresseuses et
insouciantes reines, jalouses de votre majesté dans les plus petites
choses, pendant que vous l'abdiquez dans les grandes; et laissant le
désordre et la violence faire librement leur œuvre parmi les hommes,
au mépris de ce pouvoir que vous avez reçu directement en présent du
Prince de toute Paix et que celles d'entre vous qui sont mauvaises
trahissent, pendant que celles qui sont bonnes l'oublient.
91. «Prince de la Paix[205]». Pensez à ce nom. Quand les rois
gouvernent en ce nom, et les nobles, et les juges de la terre, eux
aussi, dans leur étroit domaine et leur humaine mesure, en reçoivent
le pouvoir. Il n'est pas d'autres monarques que ceux-là; toute autre
monarchie que la leur est _an_archie[206]. Ceux qui gouvernent vraiment
«Dei gratia» sont tous princes, oui, princes et princesses de la Paix.
Il n'y a pas une guerre dans le monde, non, pas une injustice, dont
vous, femmes, ne soyez responsables; responsables non de l'avoir
provoquée, mais de ne pas l'avoir empêchée. Les hommes, par nature,
sont enclins à combattre; ils combattront pour n'importe quelle cause
ou pour aucune. C'est à vous de choisir leur cause pour eux, et de les
retenir quand il n'y a pas de cause à défendre. Il n'y a pas de
souffrance, pas d'injustice, pas de misère sur la terre, dont vous ne
soyez coupables. Les hommes peuvent supporter la vue de ces choses, mais
vous ne devriez pas pouvoir la supporter. Les hommes peuvent fouler tout
cela aux pieds sans rien ressentir, car la lutte est leur lot, et
l'homme est pauvre de sympathie et avare d'espérance; vous seules
pouvez sentir la profondeur de la peine et deviner le chemin de la
guérison.
Au lieu de vous efforcer à cette tâche, vous vous en détournez; vous
vous enfermez derrière les murs de vos parcs et les portes de vos
jardins; et vous vous contentez de savoir qu'au delà il y a tout un
monde inculte; un monde dont vous n'osez pas pénétrer les secrets, et
dont vous n'osez pas concevoir la souffrance.
92. Je vous avoue que c'est là, pour moi, le plus confondant de tous
les phénomènes que nous présente l'humanité. Je ne suis pas surpris
des abîmes, où, quand elle est détournée de ce qui fait son honneur,
peut tomber l'humanité. Je ne m'étonne pas de la mort de l'avare, dont
les mains, en se relâchant, laissent pleuvoir l'or. Je ne m'étonne pas
de la vie du débauché, un linceul enroulé autour de ses pieds. Je ne
m'étonne pas du meurtre commis par un seul bras sur une seule victime,
dans l'obscurité du chemin de fer, ou à l'ombre des roseaux du marais.
Je ne m'étonne même pas du meurtre aux myriades de mains, du meurtre
des multitudes, accompli comme une action d'éclat, en plein jour, par
la frénésie des nations, ni des incalculables et inimaginables
forfaits amoncelés de l'enfer au ciel par leurs prêtres et leurs rois.
Mais ce qui m'étonne toujours--oh! combien cela m'étonne!--c'est de
voir parmi vous la femme tendre et délicate, son enfant sur son sein,
douée d'un pouvoir--si seulement elle voulait l'exercer, sur l'enfant
et sur le père,--plus pur que les souffles du ciel et plus fort que les
vagues de la mer--que dis-je, d'un infini de bénédiction que son
époux ne voudrait pas céder contre la terre elle-même, quand même
elle serait faite d'une seule topaze massive et parfaite[207]--de voir
cette femme abdiquer une telle majesté pour jouer à la préséance
avec la voisine de la porte en face. Oui cela m'étonne--oh!
m'étonne--de la voir le matin, dans toute la fraîcheur de son âme
innocente, descendre dans son jardin, jouer avec la frange de ses fleurs
protégées, et relever leurs têtes penchées, un sourire heureux au
visage et sans nuage au front, parce qu'un petit mur entoure sa place de
paix, et cependant elle sait, dans son cœur, si elle voulait seulement
chercher à savoir, qu'au delà de ce petit mur couvert de roses,
l'herbe inculte, jusqu'à l'horizon, est arrachée jusqu'à la racine
par l'agonie des hommes et qu'elle est battue par les flots montants de
leur sang répandu.
93. Avez-vous jamais songé au sens profond qui est caché, ou du moins
que nous pouvons lire, si nous le voulons faire, dans notre coutume de
jeter des fleurs devant ceux que nous estimons les plus heureux?
Pensez-vous que ce soit seulement pour les abuser de l'espérance que
toujours le bonheur tombera ainsi en pluie à leurs pieds? Que partout
où ils passeront, ils fouleront une herbe au suave parfum, et que le
sol rude s'adoucira pour eux, sous l'épaisseur des roses? Dans la
mesure où ils croiront cela, ils auront à marcher sur des herbes
amères et sur des épines, et la seule douceur sous leurs pas sera
celle de la neige. Mais ce n'est pas ce qu'on se proposait de leur dire;
cette vieille coutume comportait un sens meilleur. Le sentier que suit
une femme bonne est certes jonché de fleurs; mais elles viendront
derrière ses pas, non devant eux: «Ses pieds ont touché les prairies
et les marguerites en sont restées roses[208].»
94. Vous pensez que c'est là seulement une rêverie d'amant;--fausse et
vaine[209]! Et si elle était vraie? Peut-être pensez-vous que ceci
aussi est une rêverie de poète:
Même la légère campanule relève sa tête
Qui rebondit sous ses pas aériens[210].
Mais c'est peu de dire d'une femme qu'elle ne détruit pas là où elle
pose le pied. Il faut qu'elle ranime; les campanules doivent fleurir et
non s'affaisser quand elle passe. Vous pensez que je me jette dans de
folles hyperboles. Pardon; pas le moins du monde et je veux vraiment
dire ce que je dis ici en un anglais tranquille, parlant résolument et
sincèrement. Vous avez entendu dire (et je crois qu'il y a plus qu'une
fiction dans ces paroles, mais admettons qu'elles ne soient qu'une
fiction) que les fleurs ne fleurissent bien que dans le jardin de celui
qui les aime. Je sais que vous aimeriez que ce fût vrai; vous penseriez
que c'est une plaisante magie que de pouvoir épanouir plus richement la
floraison de vos fleurs rien qu'en laissant tomber sur elles un regard
de bonté; mieux encore, si votre regard avait le pouvoir non seulement
de les réjouir, mais de les protéger; si vous pouviez ordonner à la
noire nielle de rebrousser chemin et à la chenille annelée
d'épargner,--si vous pouviez ordonner à la rosée de tomber pendant la
sécheresse, et dire au vent du sud au temps des frimas: « Viens, Vent
du sud, et souffle sur mon jardin, que tous ses parfums d'aromates
s'exhalent[211],» ce serait une grande chose, pensez-vous? Et ne
pensez-vous pas que ce serait une chose plus grande encore, que tout
cela (et beaucoup plus que tout cela) vous puissiez le faire pour des
fleurs plus belles que celles-là--des fleurs qui pourraient vous bénir
de les avoir bénies, et qui vous aimeraient de les avoir aimées; des
fleurs qui ont des pensées comme les vôtres, des vies comme les
vôtres, et qui, sauvées une fois, seraient sauvées pour toujours.
Est-ce là un faible pouvoir? Au loin, parmi les landes et les
rochers,--au loin dans l'obscurité des rues terribles, gisent ces
faibles fleurettes, leurs fraîches feuilles déchirées, leurs tiges
brisées; ne descendrez vous jamais auprès d'elles pour les bien
arranger dans leurs petites corbeilles odorantes, pour les abriter,
toutes tremblantes, du vent cruel? Les matins succéderont-ils aux
matins, pour nous, mais non pour elles? L'aube se lèvera-t-elle
seulement pour regarder au loin les frénétiques Danses de la
mort[212]; et ne se lèvera-t-elle jamais pour rafraîchir de son
souffle ces touffes vivantes de violette sauvage, et de chèvrefeuille,
et de rose; ni pour vous appeler, par la fenêtre (ne vous donnant pas
le nom de la Dame du poète anglais, mais le nom de la grande Mathilde
de Dante[213], qui, sur le bord de l'heureux Léthé, se tenait debout,
tressant les fleurs avec les fleurs en guirlandes), disant:
Viens dans le jardin, Maud,
Car cette noire chauve-souris, la nuit, s'est envolée
Et les parfums du chèvrefeuille flottent au loin
Et le musc des roses s'exhale[214].
Ne descendrez-vous pas parmi elles? parmi ces douces choses vivantes,
dont le jeune courage, jailli de la terre avec, sur lui, la couleur
profonde du ciel, s'élance, dans la vigueur des épis joyeux[215], et
dont la pureté, lavée de la poussière, va s'ouvrant, bouton par
bouton, en la fleur de promesse;--et encore elles se tournent vers vous,
et pour vous «le pied d'alouette chuchote: J'entends, j'entends!--et le
lys soupire: J'attends[216]».
95. Avez-vous remarqué que j'ai passé deux lignes quand je vous ai lu
la première stance et pensez-vous que je les aie oubliées?
Écoutez-les maintenant:
Viens dans le jardin, Maud,
Car cette noire chauve-souris, la nuit, s'est envolée,
Viens dans le jardin, Maud,
Je suis sur la porte, tout seul.
Qui est-ce, pensez-vous, qui se tient ainsi sur la porte de ce si doux
jardin, seul, et vous attendant? Avez-vous jamais entendu parler non
d'une Maud, mais d'une Madeleine, qui, descendant à son jardin, à
l'aurore, trouva quelqu'un qui attendait sur la porte, quelqu'un qu'elle
supposa être le jardinier[217]? Ne l'avez-vous pas cherché souvent,
Lui, cherché en vain, toute la nuit, cherché en vain à la porte de
cet ancien jardin où l'Épée flamboyante est plantée[218]?
Là Il n'est jamais; mais à la porte de _ce jardin-ci_ Il attend
toujours--il attend de vous prendre par la main, prêt à descendre voir
avec vous les fruits de la vallée, voir si la vigne a fleuri, et si la
grenade a bourgeonné.
Là vous verrez avec Lui les petites vrilles de la vigne que sa main
conduit; là vous verrez[219] éclater les grenades où sa main a caché
la graine couleur de sang, et plus encore: vous verrez les troupes des
anges gardiens, en remuant leurs ailes, écarter les oiseaux affamés
des sentiers où Il a semé, et, s'appelant l'un l'autre à travers les
rangées des vignes, dire: «Emparons-nous des renards[220], des petits
renards qui pillent nos vignes, parce que nos vignes ont de tendres
grappes de raisins.»
Oh! reines que vous êtes,--ô reines!--dans les collines et les calmes
forêts vertes de ce pays qui est le vôtre, les renards auront-ils des
tanières et les oiseaux de l'air des nids; et dans vos cités
faudra-t-il que les pierres aient à crier contre vous qu'elles sont les
seuls oreillers où le Fils de l'Homme peut reposer sa tête?
[Note 154: La version habituelle est: «Le désert et le lieu aride se
réjouiront et la solitude sera dans l'allégresse et fleurira comme une
rose. Comparez Modern Painters, vol. IV, ch. VII, § 4: «Il faut que la
cruauté des tempêtes frappe les montagnes, que la ronce et les épines
croissent sur elles; mais elles les frappent de façon à amener leurs
rochers aux formes les plus belles; et elles croissent de façon que _le
désert fleurisse comme la rose._» Et aussi Fors Clavigera, vol. IV (ce
dernier passage cité par M. Bardoux): «L'histoire de la vallée aux
roses n'est pas révolue. Les montagnes et les collines rompront le
silence, éclateront en chansons; et autour d'elle, le désert se
réjouira et fleurira comme la rose.» (Note du traducteur.)]
[Note 155: Milton, Paradis perdu, IIe chant, vers 673 (je transcris
cette référence du Bulletin de l'Union pour l'action morale qui m'est
très aimablement communiqué par M. Lucien Fontaine (Bulletin des 1er
et 15 décembre 1895).]
[Note 156: State en anglais signifie aussi majesté. Ruskin dit: a kings
majesty or «state».]
[Note 157: Comparez Mæterlinck: «Ne parlons pas du père de Cordelia,
dont l'inconscience par trop manifeste ne sera contestée par personne;
mais Hamlet, le penseur, est-il sage? Voit-il les crimes d'Elseneur
d'assez haut? (Il les aperçoit des sommets de l'intelligence, mais non
des sommets de la bonté.) Que serait-il advenu s'il avait contemplé
les forfaits d'Elseneur des hauteurs d'où Marc-Aurèle et Fénelon les
eussent contemplés? Vous imaginez-vous une âme puissante et souveraine
au lieu de celle de Hamlet, et que la tragédie suive son cours jusqu'à
la fin? Hamlet pense beaucoup mais n'est guère sage.» (_La Sagesse et
la Destinée._) (Note du traducteur.)]
[Note 158: Comparez «les acteurs s'élancent, tenant en main déjà
leur catastrophe». (Comtesse Mathieu de Noailles, article sur _la Lueur
sur la cime._) (Note du traducteur.)]
[Note 159: «Sa naïveté et sa crédulité de demi-barbare.»
(Mæterlinck.)]
[Note 160: Marchand de Venise, III, 2.]
[Note 161: Comparez Fors Clavigera, lettre 92: «Walter Scott est sans
comparaison possible la plus grande puissance spirituelle en Europe
depuis Shakespeare.» Comparez la haute estime où Scott est également
tenu par Carlyle, par Gœthe, par Emerson. (Note du traducteur.)]
[Note 162: J'aurais dû, pour rendre cette affirmation pleinement
intelligible, indiquer les différentes faiblesses qui abaissent
l'idéal des autres grands caractères masculins, l'égoïsme et
l'étroitesse d'esprit chez Redgauntlet, la médiocrité d'enthousiasme
religieux chez Edouard Glendinning (i) et d'autres analogues; et
j'aurais dû faire observer qu'il a parfois esquissé à l'arrière-plan
des caractères vraiment parfaits--trois d'entre eux (acceptons
joyeusement cette marque de courtoisie adressée à l'Angleterre et à
ses soldats) sont des officiers anglais: Le colonel Gardiner (ii), le
colonel Talbot et le colonel Mannering (iii). (Note de l'auteur.)
(i) Personnage du _Monastère_. Sur le _Monastère_ voir Fiction, Fair
and Foul (publié dans «On the Old Road»), § 26, 113, 114, 117 et
surtout § III et aussi la belle lettre 92 dans Fors Clavigera. (Note du
traducteur.)
(ii) Ce personnage de Wawerley est cité dans le même ouvrage (Fiction,
Fair and Foul) § 113. (Note du traducteur.)
(iii) Voir le même ouvrage § 109 et 119. (Note du traducteur.)]
[Note 163: Dandie Dinmont, personnage de Guy Mannering. Voir le même
ouvrage, § 9, 10, 23, 114, etc. (Note du traducteur.)]
[Note 164: Sur Rob Roy, voir le même ouvrage, § 22, 24, 29, 30, 31,
97, 114. (Note du traducteur.)]
[Note 165: Sur Rose Bradwardine (personnage de «Wawerley»), voir
«Fiction, Fair and Foul» § 20. (Note du traducteur.)]
[Note 166: Sur Catherine Seyton (personnage de «l'Abbé»), voir le
même ouvrage, § 21. (Note du traducteur.)]
[Note 167: Sur Diane Vernon (personnage de «Rob Roy» ), voir le même
ouvrage, § 22. (Note du traducteur.)]
[Note 168: Sur Redgauntlet, voir le même ouvrage, passim.]
[Note 169: Sur ce prénom d'Alice, voir même ouvrage, §19, note 5
(Alice Bridgenorth est un personnage de Peveril du Pic, Alice Lee de
Woodstock). (Note du traducteur.)]
[Note 170: Sur Jenny Deans, voir le même ouvrage, § 113. (Note du
traducteur.)]
[Note 171: Sur cette ascension de Dante à la suite de Béatrice, voir
Lucie Félix-Faure, les Femmes dans l'œuvre de Dante, pp. 226-280.
(Note du traducteur.)]
[Note 172: «Rien ne vaut la douceur de son autorité.» (Baudelaire.)
(Note du traducteur.)]
[Note 173: Les mots «la résurrection d'Alceste» se trouvent plusieurs
fois dans Ruskin. Cf. The Queen of the air, III, 92, Pleasures of
England, IV. (Note du traducteur.)]
[Note 174: Ouvrage de Chaucer imite des Héroïdes d'Ovide et des
hagiographies chrétiennes. Dix-neuf héroïnes devaient prendre place
dans cet ouvrage qui, resté incomplet, n'en comprend que neuf. (Note du
traducteur.)]
[Note 175: Allusions à la «Fairy queen» de Spencer (1589-1596). Le
chevalier de la Croix-Rouge notamment est d'abord par les enchantements
d'Archimagus séparé d'Una. (Note du traducteur.)]
[Note 176: Moïse, Cf. Exode, II. (Note du traducteur.)]
[Note 177: Cf. _Bible d'Amiens_: «L'Égypte fut pour tous les peuples
la mère de la géométrie, de l'astronomie, de l'architecture et de la
chevalerie... Elle fut l'éducatrice de Moïse et l'hôtesse du Christ»
(III, 27) et le beau morceau sur l'Égypte artistique et guerrière dans
la Couronne d'Olivier sauvage, II, la Guerre. (Note du traducteur.)]
[Note 178: Coventry Patmore. Vous ne pourrez jamais le lire assez
souvent ni assez attentivement; autant que je sache il est le seul
poète vivant qui toujours fortifie et épure; les autres quelquefois
assombrissent et presque toujours déprimant et découragent les
imaginations dont ils se sont facilement emparés. (Note de l'auteur.)]
[Note 179: Allusion à Isaïe, XXXII, 2. (Note du traducteur.)]
[Note 180: Allusion à Jérémie, XXII, 14: «Malheur à qui dit: «Je
me bâtirai une grande maison et des étages bien aérés, et qui s'y
perce des fenêtres, qui la lambrisse de cèdre, et qui la peint de
vermillon.» (Note du traducteur.)]
[Note 181: Rigoletto. (Note du traducteur.)]
[Note 182: Walter Scott (Marmion, 6e chant, stance 30). Référence du
Bulletin de l'Union pour l'action morale, n° du 1er janvier 1896. (Note
du traducteur.)]
[Note 183: Wordsworth. Ces mots «exquise vérité» appliqués à
Wordsworth sont commentés par Ruskin lui-même dans «Fiction, Fair and
Foul», § 80 (On the old Road, 3e volume.) (Note du traducteur.)]
[Note 184: Cf., dans la Bible, la Vallée de Bénédiction (II
Chroniques, XX, 26), la vallée de Destruction (Joel, II, 14, etc.).
Mais l'allusion est ici bien plus directe, à la vallée symbolique que
doit traverser _Chrétien_, dans le Pilgrims progress du chaudronnier
Bunyam. Tout est allégorie (un homme perfide, _Sagesse mondaine_, un
homme secourable, _Évangéliste_, tentent de perdre et de sauver
_Chrétien_, tandis que _Maniable_ s'embourbe dans le marais du
_Découragement_, etc.) dans ce livre auquel Ruskin fait souvent
allusion. (Note du traducteur.)]
[Note 185: Allusion au Paradis reconquis de Milton: «Comme des enfants
ramassent des galets sur la grève.» D'où (nous dit la «Library
Edition», cette parole de Newton qu'il «n'était qu'un enfant jouant
sur le rivage de la mer et s'amusant après un galet d'un autre galet,
des coquillages après les coquillages, tandis que le grand océan de
vérité s'étendait au loin, inaccessible.» (Note du traducteur.)]
[Note 186: Allusion à Tennyson: «Dieu qui toujours vit et aime.»
(Note du traducteur.)]
[Note 187: _Prayer book._]