Et de même qu'au cœur de l'homme est toujours caché un instinct pour

tous ses vrais devoirs, un instinct qui ne peut être étouffé, mais

seulement faussé et corrompu si vous le détournez de son but

véritable:--de même qu'il y a cet instinct profond de l'amour, qui,

justement discipliné, maintient toutes les saintetés de la vie, et,

faussement dirigé, les mine toutes; et _doit_ faire l'un ou

l'autre;--ainsi est-il dans le cœur humain un inextinguible instinct,

l'amour du pouvoir, qui, justement dirigé, maintient toute la majesté

de la loi et de la vie, et, mal dirigé, les détruit.

87. Profondément enraciné dans la plus intime vie du cœur de l'homme,

et du cœur de la femme, Dieu l'a mis là et l'y garde. Vainement autant

qu'à tort, vous blâmez et rebutez le désir du pouvoir! La volonté

céleste et l'intérêt humain sont que vous le désiriez de toutes vos

forces. Mais quel pouvoir[197]? Ceci est toute la question.

Pouvoir de détruire? la force du lion et l'haleine du dragon? Non

certes. Pouvoir de guérir de racheter, de guider, de protéger. Pouvoir

du sceptre et du bouclier; le pouvoir de la main royale qui guérit en

touchant, qui enchaîne l'ennemi et délivre le captif; le trône qui

est fondé sur le roc de Justice, et qu'on descend seulement par les

marches de la Pitié[198]. Ne convoiterez-vous pas un tel pouvoir,

n'aspirerez-vous pas à un trône comme celui-là et à ne plus être

seulement des ménagères, mais des reines?

88. Il y a déjà longtemps que les femmes d'Angleterre se sont arrogé,

dans toutes les classes, un titre qui jadis n'appartenait qu'à la

noblesse, et ayant une fois pris l'habitude de se faire donner le simple

titre de gentille femme (gentlewoman), qui correspond à celui de

gentilhomme (gentleman), insistèrent pour avoir le privilège de

prendre le titre de Dame (Lady)[199], qui exactement correspond au seul

titre de Seigneur (Lord).

Je ne les blâme pas de cela[200]; mais seulement des motifs étroits

qui les poussent à cela. Je voudrais qu'elles désirent et revendiquent

le titre de Lady, pourvu qu'elles revendiquent non pas simplement le

titre, mais la charge et les devoirs qui sont signifiés par lui. Lady

vent dire: «Qui donne du pain» ou «qui donne des pains»[201] et Lord

signifie «qui assure le maintien des lois» et les deux titres se

réfèrent, non à la loi qui est maintenue dans la maison, non au pain

qui est donné dans la maison mais à la loi qui est maintenue pour les

multitudes; et au pain qui est rompu pour les multitudes. Si bien qu'un

«Seigneur» (Lord) n'a droit légalement à son titre qu'autant qu'il

maintient la justice du Seigneur des Seigneurs; et une dame (Lady) n'a

droit légalement à son titre qu'autant qu'elle prête aux pauvres,

représentants de son Maître, cette aide qu'un jour des femmes, qui

L'assistèrent de leurs biens, reçurent la permission d'étendre à ce

Maître Lui-même--et autant qu'elle se fait connaître comme Lui-même,

en rompant le pain[202].

89. Et cette bienfaisante et légale Domination, le pouvoir du Dominus,

du Seigneur de la Maison, et de la Domina, ou Dame de la maison, est

grand et vénérable, non par le nombre de ceux qui l'ont transmis en

ligne directe, mais par le nombre de ceux sur lesquels il étend son

empire; il est toujours l'objet d'une vénération religieuse partout

où sa dynastie est fondée sur ses services et son ambition

proportionnée à ses bienfaits. Votre imagination se plaît à la

pensée que vous soyez de nobles dames, avec une suite de vassaux. Qu'il

en soit ainsi; vous ne sauriez être trop noble, et votre suite ne

saurait être trop nombreuse; mais voyez à ce que cette suite soit de

vassaux que vous serviez et nourrissiez, pas seulement d'esclaves qui

vous servent et nourrissent, et à ce que la multitude qui vous obéit

soit la multitude de ceux que vous avez délivrés, et non réduits en

captivité.

90. Et ceci, qui est vrai d'une humble domination, de la domination

domestique, est également vrai de la domination de la reine; cette

très haute dignité vous est accessible, si vous voulez accepter aussi

ces très hauts devoirs. Rex et Regina--Roi et Reine--«Bien-Faisants»,

(Right-doers)[203]; ils diffèrent seulement de Lady et de Lord en ceci

que leur pouvoir est le plus haut aussi bien sur l'esprit que sur le

corps; qu'ils ne font pas que nourrir et vêtir, mais dirigent et

enseignent. Hé bien, que vous en ayez ou non conscience, vous avez

toutes, dans plus d'un cœur, des trônes, avec une couronne qu'on ne

dépose pas; reines vous devez toujours être[204], reines pour vos

fiancés, reines pour vos maris et vos fils; reines d'un plus haut

mystère pour le monde plus distant de vous qui s'incline et s'inclinera

toujours devant la couronne de myrte et le sceptre sans tache de la

Femme. Mais, hélas! trop souvent vous êtes de paresseuses et

insouciantes reines, jalouses de votre majesté dans les plus petites

choses, pendant que vous l'abdiquez dans les grandes; et laissant le

désordre et la violence faire librement leur œuvre parmi les hommes,

au mépris de ce pouvoir que vous avez reçu directement en présent du

Prince de toute Paix et que celles d'entre vous qui sont mauvaises

trahissent, pendant que celles qui sont bonnes l'oublient.

91. «Prince de la Paix[205]». Pensez à ce nom. Quand les rois

gouvernent en ce nom, et les nobles, et les juges de la terre, eux

aussi, dans leur étroit domaine et leur humaine mesure, en reçoivent

le pouvoir. Il n'est pas d'autres monarques que ceux-là; toute autre

monarchie que la leur est _an_archie[206]. Ceux qui gouvernent vraiment

«Dei gratia» sont tous princes, oui, princes et princesses de la Paix.

Il n'y a pas une guerre dans le monde, non, pas une injustice, dont

vous, femmes, ne soyez responsables; responsables non de l'avoir

provoquée, mais de ne pas l'avoir empêchée. Les hommes, par nature,

sont enclins à combattre; ils combattront pour n'importe quelle cause

ou pour aucune. C'est à vous de choisir leur cause pour eux, et de les

retenir quand il n'y a pas de cause à défendre. Il n'y a pas de

souffrance, pas d'injustice, pas de misère sur la terre, dont vous ne

soyez coupables. Les hommes peuvent supporter la vue de ces choses, mais

vous ne devriez pas pouvoir la supporter. Les hommes peuvent fouler tout

cela aux pieds sans rien ressentir, car la lutte est leur lot, et

l'homme est pauvre de sympathie et avare d'espérance; vous seules

pouvez sentir la profondeur de la peine et deviner le chemin de la

guérison.

Au lieu de vous efforcer à cette tâche, vous vous en détournez; vous

vous enfermez derrière les murs de vos parcs et les portes de vos

jardins; et vous vous contentez de savoir qu'au delà il y a tout un

monde inculte; un monde dont vous n'osez pas pénétrer les secrets, et

dont vous n'osez pas concevoir la souffrance.

92. Je vous avoue que c'est là, pour moi, le plus confondant de tous

les phénomènes que nous présente l'humanité. Je ne suis pas surpris

des abîmes, où, quand elle est détournée de ce qui fait son honneur,

peut tomber l'humanité. Je ne m'étonne pas de la mort de l'avare, dont

les mains, en se relâchant, laissent pleuvoir l'or. Je ne m'étonne pas

de la vie du débauché, un linceul enroulé autour de ses pieds. Je ne

m'étonne pas du meurtre commis par un seul bras sur une seule victime,

dans l'obscurité du chemin de fer, ou à l'ombre des roseaux du marais.

Je ne m'étonne même pas du meurtre aux myriades de mains, du meurtre

des multitudes, accompli comme une action d'éclat, en plein jour, par

la frénésie des nations, ni des incalculables et inimaginables

forfaits amoncelés de l'enfer au ciel par leurs prêtres et leurs rois.

Mais ce qui m'étonne toujours--oh! combien cela m'étonne!--c'est de

voir parmi vous la femme tendre et délicate, son enfant sur son sein,

douée d'un pouvoir--si seulement elle voulait l'exercer, sur l'enfant

et sur le père,--plus pur que les souffles du ciel et plus fort que les

vagues de la mer--que dis-je, d'un infini de bénédiction que son

époux ne voudrait pas céder contre la terre elle-même, quand même

elle serait faite d'une seule topaze massive et parfaite[207]--de voir

cette femme abdiquer une telle majesté pour jouer à la préséance

avec la voisine de la porte en face. Oui cela m'étonne--oh!

m'étonne--de la voir le matin, dans toute la fraîcheur de son âme

innocente, descendre dans son jardin, jouer avec la frange de ses fleurs

protégées, et relever leurs têtes penchées, un sourire heureux au

visage et sans nuage au front, parce qu'un petit mur entoure sa place de

paix, et cependant elle sait, dans son cœur, si elle voulait seulement

chercher à savoir, qu'au delà de ce petit mur couvert de roses,

l'herbe inculte, jusqu'à l'horizon, est arrachée jusqu'à la racine

par l'agonie des hommes et qu'elle est battue par les flots montants de

leur sang répandu.

93. Avez-vous jamais songé au sens profond qui est caché, ou du moins

que nous pouvons lire, si nous le voulons faire, dans notre coutume de

jeter des fleurs devant ceux que nous estimons les plus heureux?

Pensez-vous que ce soit seulement pour les abuser de l'espérance que

toujours le bonheur tombera ainsi en pluie à leurs pieds? Que partout

où ils passeront, ils fouleront une herbe au suave parfum, et que le

sol rude s'adoucira pour eux, sous l'épaisseur des roses? Dans la

mesure où ils croiront cela, ils auront à marcher sur des herbes

amères et sur des épines, et la seule douceur sous leurs pas sera

celle de la neige. Mais ce n'est pas ce qu'on se proposait de leur dire;

cette vieille coutume comportait un sens meilleur. Le sentier que suit

une femme bonne est certes jonché de fleurs; mais elles viendront

derrière ses pas, non devant eux: «Ses pieds ont touché les prairies

et les marguerites en sont restées roses[208].»

94. Vous pensez que c'est là seulement une rêverie d'amant;--fausse et

vaine[209]! Et si elle était vraie? Peut-être pensez-vous que ceci

aussi est une rêverie de poète:

Même la légère campanule relève sa tête

Qui rebondit sous ses pas aériens[210].

Mais c'est peu de dire d'une femme qu'elle ne détruit pas là où elle

pose le pied. Il faut qu'elle ranime; les campanules doivent fleurir et

non s'affaisser quand elle passe. Vous pensez que je me jette dans de

folles hyperboles. Pardon; pas le moins du monde et je veux vraiment

dire ce que je dis ici en un anglais tranquille, parlant résolument et

sincèrement. Vous avez entendu dire (et je crois qu'il y a plus qu'une

fiction dans ces paroles, mais admettons qu'elles ne soient qu'une

fiction) que les fleurs ne fleurissent bien que dans le jardin de celui

qui les aime. Je sais que vous aimeriez que ce fût vrai; vous penseriez

que c'est une plaisante magie que de pouvoir épanouir plus richement la

floraison de vos fleurs rien qu'en laissant tomber sur elles un regard

de bonté; mieux encore, si votre regard avait le pouvoir non seulement

de les réjouir, mais de les protéger; si vous pouviez ordonner à la

noire nielle de rebrousser chemin et à la chenille annelée

d'épargner,--si vous pouviez ordonner à la rosée de tomber pendant la

sécheresse, et dire au vent du sud au temps des frimas: « Viens, Vent

du sud, et souffle sur mon jardin, que tous ses parfums d'aromates

s'exhalent[211],» ce serait une grande chose, pensez-vous? Et ne

pensez-vous pas que ce serait une chose plus grande encore, que tout

cela (et beaucoup plus que tout cela) vous puissiez le faire pour des

fleurs plus belles que celles-là--des fleurs qui pourraient vous bénir

de les avoir bénies, et qui vous aimeraient de les avoir aimées; des

fleurs qui ont des pensées comme les vôtres, des vies comme les

vôtres, et qui, sauvées une fois, seraient sauvées pour toujours.

Est-ce là un faible pouvoir? Au loin, parmi les landes et les

rochers,--au loin dans l'obscurité des rues terribles, gisent ces

faibles fleurettes, leurs fraîches feuilles déchirées, leurs tiges

brisées; ne descendrez vous jamais auprès d'elles pour les bien

arranger dans leurs petites corbeilles odorantes, pour les abriter,

toutes tremblantes, du vent cruel? Les matins succéderont-ils aux

matins, pour nous, mais non pour elles? L'aube se lèvera-t-elle

seulement pour regarder au loin les frénétiques Danses de la

mort[212]; et ne se lèvera-t-elle jamais pour rafraîchir de son

souffle ces touffes vivantes de violette sauvage, et de chèvrefeuille,

et de rose; ni pour vous appeler, par la fenêtre (ne vous donnant pas

le nom de la Dame du poète anglais, mais le nom de la grande Mathilde

de Dante[213], qui, sur le bord de l'heureux Léthé, se tenait debout,

tressant les fleurs avec les fleurs en guirlandes), disant:

Viens dans le jardin, Maud,

Car cette noire chauve-souris, la nuit, s'est envolée

Et les parfums du chèvrefeuille flottent au loin

Et le musc des roses s'exhale[214].

Ne descendrez-vous pas parmi elles? parmi ces douces choses vivantes,

dont le jeune courage, jailli de la terre avec, sur lui, la couleur

profonde du ciel, s'élance, dans la vigueur des épis joyeux[215], et

dont la pureté, lavée de la poussière, va s'ouvrant, bouton par

bouton, en la fleur de promesse;--et encore elles se tournent vers vous,

et pour vous «le pied d'alouette chuchote: J'entends, j'entends!--et le

lys soupire: J'attends[216]».

95. Avez-vous remarqué que j'ai passé deux lignes quand je vous ai lu

la première stance et pensez-vous que je les aie oubliées?

Écoutez-les maintenant:

Viens dans le jardin, Maud,

Car cette noire chauve-souris, la nuit, s'est envolée,

Viens dans le jardin, Maud,

Je suis sur la porte, tout seul.

Qui est-ce, pensez-vous, qui se tient ainsi sur la porte de ce si doux

jardin, seul, et vous attendant? Avez-vous jamais entendu parler non

d'une Maud, mais d'une Madeleine, qui, descendant à son jardin, à

l'aurore, trouva quelqu'un qui attendait sur la porte, quelqu'un qu'elle

supposa être le jardinier[217]? Ne l'avez-vous pas cherché souvent,

Lui, cherché en vain, toute la nuit, cherché en vain à la porte de

cet ancien jardin où l'Épée flamboyante est plantée[218]?

Là Il n'est jamais; mais à la porte de _ce jardin-ci_ Il attend

toujours--il attend de vous prendre par la main, prêt à descendre voir

avec vous les fruits de la vallée, voir si la vigne a fleuri, et si la

grenade a bourgeonné.

Là vous verrez avec Lui les petites vrilles de la vigne que sa main

conduit; là vous verrez[219] éclater les grenades où sa main a caché

la graine couleur de sang, et plus encore: vous verrez les troupes des

anges gardiens, en remuant leurs ailes, écarter les oiseaux affamés

des sentiers où Il a semé, et, s'appelant l'un l'autre à travers les

rangées des vignes, dire: «Emparons-nous des renards[220], des petits

renards qui pillent nos vignes, parce que nos vignes ont de tendres

grappes de raisins.»

Oh! reines que vous êtes,--ô reines!--dans les collines et les calmes

forêts vertes de ce pays qui est le vôtre, les renards auront-ils des

tanières et les oiseaux de l'air des nids; et dans vos cités

faudra-t-il que les pierres aient à crier contre vous qu'elles sont les

seuls oreillers où le Fils de l'Homme peut reposer sa tête?

[Note 154: La version habituelle est: «Le désert et le lieu aride se

réjouiront et la solitude sera dans l'allégresse et fleurira comme une

rose. Comparez Modern Painters, vol. IV, ch. VII, § 4: «Il faut que la

cruauté des tempêtes frappe les montagnes, que la ronce et les épines

croissent sur elles; mais elles les frappent de façon à amener leurs

rochers aux formes les plus belles; et elles croissent de façon que _le

désert fleurisse comme la rose._» Et aussi Fors Clavigera, vol. IV (ce

dernier passage cité par M. Bardoux): «L'histoire de la vallée aux

roses n'est pas révolue. Les montagnes et les collines rompront le

silence, éclateront en chansons; et autour d'elle, le désert se

réjouira et fleurira comme la rose.» (Note du traducteur.)]

[Note 155: Milton, Paradis perdu, IIe chant, vers 673 (je transcris

cette référence du Bulletin de l'Union pour l'action morale qui m'est

très aimablement communiqué par M. Lucien Fontaine (Bulletin des 1er

et 15 décembre 1895).]

[Note 156: State en anglais signifie aussi majesté. Ruskin dit: a kings

majesty or «state».]

[Note 157: Comparez Mæterlinck: «Ne parlons pas du père de Cordelia,

dont l'inconscience par trop manifeste ne sera contestée par personne;

mais Hamlet, le penseur, est-il sage? Voit-il les crimes d'Elseneur

d'assez haut? (Il les aperçoit des sommets de l'intelligence, mais non

des sommets de la bonté.) Que serait-il advenu s'il avait contemplé

les forfaits d'Elseneur des hauteurs d'où Marc-Aurèle et Fénelon les

eussent contemplés? Vous imaginez-vous une âme puissante et souveraine

au lieu de celle de Hamlet, et que la tragédie suive son cours jusqu'à

la fin? Hamlet pense beaucoup mais n'est guère sage.» (_La Sagesse et

la Destinée._) (Note du traducteur.)]

[Note 158: Comparez «les acteurs s'élancent, tenant en main déjà

leur catastrophe». (Comtesse Mathieu de Noailles, article sur _la Lueur

sur la cime._) (Note du traducteur.)]

[Note 159: «Sa naïveté et sa crédulité de demi-barbare.»

(Mæterlinck.)]

[Note 160: Marchand de Venise, III, 2.]

[Note 161: Comparez Fors Clavigera, lettre 92: «Walter Scott est sans

comparaison possible la plus grande puissance spirituelle en Europe

depuis Shakespeare.» Comparez la haute estime où Scott est également

tenu par Carlyle, par Gœthe, par Emerson. (Note du traducteur.)]

[Note 162: J'aurais dû, pour rendre cette affirmation pleinement

intelligible, indiquer les différentes faiblesses qui abaissent

l'idéal des autres grands caractères masculins, l'égoïsme et

l'étroitesse d'esprit chez Redgauntlet, la médiocrité d'enthousiasme

religieux chez Edouard Glendinning (i) et d'autres analogues; et

j'aurais dû faire observer qu'il a parfois esquissé à l'arrière-plan

des caractères vraiment parfaits--trois d'entre eux (acceptons

joyeusement cette marque de courtoisie adressée à l'Angleterre et à

ses soldats) sont des officiers anglais: Le colonel Gardiner (ii), le

colonel Talbot et le colonel Mannering (iii). (Note de l'auteur.)

(i) Personnage du _Monastère_. Sur le _Monastère_ voir Fiction, Fair

and Foul (publié dans «On the Old Road»), § 26, 113, 114, 117 et

surtout § III et aussi la belle lettre 92 dans Fors Clavigera. (Note du

traducteur.)

(ii) Ce personnage de Wawerley est cité dans le même ouvrage (Fiction,

Fair and Foul) § 113. (Note du traducteur.)

(iii) Voir le même ouvrage § 109 et 119. (Note du traducteur.)]

[Note 163: Dandie Dinmont, personnage de Guy Mannering. Voir le même

ouvrage, § 9, 10, 23, 114, etc. (Note du traducteur.)]

[Note 164: Sur Rob Roy, voir le même ouvrage, § 22, 24, 29, 30, 31,

97, 114. (Note du traducteur.)]

[Note 165: Sur Rose Bradwardine (personnage de «Wawerley»), voir

«Fiction, Fair and Foul» § 20. (Note du traducteur.)]

[Note 166: Sur Catherine Seyton (personnage de «l'Abbé»), voir le

même ouvrage, § 21. (Note du traducteur.)]

[Note 167: Sur Diane Vernon (personnage de «Rob Roy» ), voir le même

ouvrage, § 22. (Note du traducteur.)]

[Note 168: Sur Redgauntlet, voir le même ouvrage, passim.]

[Note 169: Sur ce prénom d'Alice, voir même ouvrage, §19, note 5

(Alice Bridgenorth est un personnage de Peveril du Pic, Alice Lee de

Woodstock). (Note du traducteur.)]

[Note 170: Sur Jenny Deans, voir le même ouvrage, § 113. (Note du

traducteur.)]

[Note 171: Sur cette ascension de Dante à la suite de Béatrice, voir

Lucie Félix-Faure, les Femmes dans l'œuvre de Dante, pp. 226-280.

(Note du traducteur.)]

[Note 172: «Rien ne vaut la douceur de son autorité.» (Baudelaire.)

(Note du traducteur.)]

[Note 173: Les mots «la résurrection d'Alceste» se trouvent plusieurs

fois dans Ruskin. Cf. The Queen of the air, III, 92, Pleasures of

England, IV. (Note du traducteur.)]

[Note 174: Ouvrage de Chaucer imite des Héroïdes d'Ovide et des

hagiographies chrétiennes. Dix-neuf héroïnes devaient prendre place

dans cet ouvrage qui, resté incomplet, n'en comprend que neuf. (Note du

traducteur.)]

[Note 175: Allusions à la «Fairy queen» de Spencer (1589-1596). Le

chevalier de la Croix-Rouge notamment est d'abord par les enchantements

d'Archimagus séparé d'Una. (Note du traducteur.)]

[Note 176: Moïse, Cf. Exode, II. (Note du traducteur.)]

[Note 177: Cf. _Bible d'Amiens_: «L'Égypte fut pour tous les peuples

la mère de la géométrie, de l'astronomie, de l'architecture et de la

chevalerie... Elle fut l'éducatrice de Moïse et l'hôtesse du Christ»

(III, 27) et le beau morceau sur l'Égypte artistique et guerrière dans

la Couronne d'Olivier sauvage, II, la Guerre. (Note du traducteur.)]

[Note 178: Coventry Patmore. Vous ne pourrez jamais le lire assez

souvent ni assez attentivement; autant que je sache il est le seul

poète vivant qui toujours fortifie et épure; les autres quelquefois

assombrissent et presque toujours déprimant et découragent les

imaginations dont ils se sont facilement emparés. (Note de l'auteur.)]

[Note 179: Allusion à Isaïe, XXXII, 2. (Note du traducteur.)]

[Note 180: Allusion à Jérémie, XXII, 14: «Malheur à qui dit: «Je

me bâtirai une grande maison et des étages bien aérés, et qui s'y

perce des fenêtres, qui la lambrisse de cèdre, et qui la peint de

vermillon.» (Note du traducteur.)]

[Note 181: Rigoletto. (Note du traducteur.)]

[Note 182: Walter Scott (Marmion, 6e chant, stance 30). Référence du

Bulletin de l'Union pour l'action morale, n° du 1er janvier 1896. (Note

du traducteur.)]

[Note 183: Wordsworth. Ces mots «exquise vérité» appliqués à

Wordsworth sont commentés par Ruskin lui-même dans «Fiction, Fair and

Foul», § 80 (On the old Road, 3e volume.) (Note du traducteur.)]

[Note 184: Cf., dans la Bible, la Vallée de Bénédiction (II

Chroniques, XX, 26), la vallée de Destruction (Joel, II, 14, etc.).

Mais l'allusion est ici bien plus directe, à la vallée symbolique que

doit traverser _Chrétien_, dans le Pilgrims progress du chaudronnier

Bunyam. Tout est allégorie (un homme perfide, _Sagesse mondaine_, un

homme secourable, _Évangéliste_, tentent de perdre et de sauver

_Chrétien_, tandis que _Maniable_ s'embourbe dans le marais du

_Découragement_, etc.) dans ce livre auquel Ruskin fait souvent

allusion. (Note du traducteur.)]

[Note 185: Allusion au Paradis reconquis de Milton: «Comme des enfants

ramassent des galets sur la grève.» D'où (nous dit la «Library

Edition», cette parole de Newton qu'il «n'était qu'un enfant jouant

sur le rivage de la mer et s'amusant après un galet d'un autre galet,

des coquillages après les coquillages, tandis que le grand océan de

vérité s'étendait au loin, inaccessible.» (Note du traducteur.)]

[Note 186: Allusion à Tennyson: «Dieu qui toujours vit et aime.»

(Note du traducteur.)]

[Note 187: _Prayer book._]

Sésame et les lys: des trésors des rois, des jardins des reines · 第 15 / 16 段