De l'échec de Constantine, le ministère--c'était encore le ministère
du 6 septembre--tira deux conclusions qu'il éprouvait quelque embarras
à concilier. Il comprenait que la politique et l'honneur l'obligeaient
à obtenir une réparation de l'échec subi par nos armes; mais, en même
temps, il se sentait confirmé dans son opposition aux idées et aux
pratiques du maréchal Clauzel, dans sa préférence pour une occupation
restreinte et pacifique. Tout d'abord, il voulut avoir à Alger un
homme dont les idées ne fussent plus en désaccord avec les siennes. Le
maréchal se vit donc retirer son commandement, ce qui éveilla chez lui
les plus âpres ressentiments. Une ordonnance du 12 février 1837 nomma
à sa place le général Damrémont, de renom moins éclatant, mais esprit
sûr, calme et droit. Envoyé naguère en Algérie avec une mission
confidentielle, il avait eu occasion de se former des idées sur la
conduite à suivre en ce pays et de les faire connaître au
ministère[660]; avant même que le désastre de Constantine eût mis en
si triste lumière les défauts de la politique suivie par le maréchal
Clauzel, il l'avait jugée déraisonnable, coûteuse, stérile et
périlleuse; aussi en avait-il préconisé une toute différente, qui
pouvait se résumer ainsi: choisir certains points importants, de
préférence sur la côte; s'y établir fortement, en faire une véritable
terre française; de là, nouer des relations amicales et commerciales
avec les indigènes, qui seraient amenés peu à peu à se rapprocher de
nous et à s'imprégner de notre civilisation.
[Note 660: Cf. dans les pièces justificatives des _Mémoires de M.
Guizot_ (t. IV, p. 428 et suiv.), une longue lettre, en date du 10
décembre 1836, écrite par le général Damrémont à M. Guizot.]
Les instructions données au nouveau gouverneur étaient pleinement
conformes à ses idées personnelles. «Le but que le gouvernement se
propose, lui disait-on en substance, n'est pas la domination absolue,
ni l'occupation effective de la Régence. Ce que la France a surtout en
vue, c'est son établissement maritime, c'est la sécurité et
l'extension de son commerce, c'est l'accroissement de son influence
dans la Méditerranée. La guerre est un obstacle à tous ces résultats.
Le gouvernement ne l'accepte que comme une nécessité dont il désire,
dont il croit pouvoir hâter le terme. La France a surtout intérêt à
être maîtresse du littoral. Les principaux points à occuper sont:
Alger, Bone et Oran, avec leurs territoires. Le reste doit être
abandonné à des chefs indigènes. La pacification est désormais l'objet
principal à atteindre. La guerre n'est que le moyen de l'obtenir aux
conditions les plus avantageuses, moyen auquel il ne faut avoir
recours qu'à la dernière extrémité.» Voilà pour la conduite générale.
En ce qui touchait la vengeance à tirer de l'échec de Constantine, le
gouvernement eût été heureux de ne pas recommencer une seconde
expédition qui lui semblait peu en harmonie avec son système; il était
d'ailleurs, non sans raison, plus préoccupé d'Abd-el-Kader que
d'Ahmed. Aussi invitait-il le gouverneur à tâcher d'obtenir à
l'amiable une satisfaction qui nous dispensât de recourir aux armes.
Si cette satisfaction était refusée, le ministère, malgré ses
répugnances, n'hésitait pas, et il déclarait que la France irait
dicter ses conditions dans le palais même d'Ahmed. Seulement, il
estimait prudent de ne pas se mettre à la fois sur les bras le bey de
Constantine et l'émir de Mascara. Avant donc d'agir contre le premier,
il fallait se débarrasser du second, soit en l'écrasant par la guerre,
soit en le désarmant par la paix. Cette partie de la tâche était
spécialement confiée au général Bugeaud, nommé à Oran avec des
pouvoirs qui le rendaient presque indépendant du gouverneur général.
De ses instructions il résultait que, tout en le laissant maître
d'atteindre son but par la guerre ou par la paix, on attendait de lui
plutôt la paix. Il était autorisé à l'acheter par de grandes
concessions: non-seulement on lui permettait, mais on lui prescrivait
d'abandonner Tlemcen et la Tafna; toutefois il devait obtenir de
l'émir la reconnaissance de notre souveraineté, le payement d'un
tribut, et lui imposer le Chélif pour frontière, c'est-à-dire le
renfermer dans la province d'Oran. En même temps qu'il donnait ces
instructions au général Damrémont et au général Bugeaud, le
gouvernement, pour les mettre à même de les exécuter, élevait de
trente et un mille hommes à quarante-trois mille l'effectif de l'armée
d'occupation.
En répudiant le système du maréchal Clauzel, le ministère savait être
d'accord avec le sentiment de la Chambre. Quelques semaines après la
nomination du nouveau gouverneur, une loi de crédits supplémentaires
fut l'occasion d'un débat sur les affaires d'Afrique. Le rapport
déposé par M. Janvier le 22 mars 1837 était un réquisitoire sévère
contre la conduite du maréchal et contre l'appui que lui avait donné
le ministère du 22 février; il y dénonçait une déviation de la
politique jusqu'alors approuvée par le Parlement. La discussion qui
s'ouvrit un mois plus tard fut très-vive. Le maréchal Clauzel se
défendit aigrement; M. Thiers intervint avec plus de réserve. Mais le
sentiment de la majorité n'était pas avec eux; il était plutôt avec M.
Molé et M. Guizot, préconisant l'«occupation limitée et pacifique»; M.
Guizot avait soin, à la vérité, d'ajouter qu'il demandait une
«occupation limitée non pas seulement à trois ou quatre ports dans
lesquels on serait enfermé, mais à des parties de territoire autour
des principaux points». Ce sentiment de la Chambre était si manifeste
que M. Thiers, n'osant l'affronter, niait que la question fût posée
entre deux systèmes opposés, celui de l'occupation restreinte et celui
de l'occupation complète; il se défendait, pour son compte, de vouloir
la seconde, et proclamait que «si on lui assurait Oran, Alger, Bone,
avec une certaine étendue de territoire autour et des relations
pacifiques avec les tribus, il trouverait cela excellent»; la seule
question, à l'entendre, était de savoir si, une fois la guerre
engagée, il fallait ou non la faire «prompte et énergique». Vers la
même époque, le rapport de la commission du budget se prononçait
nettement pour l'occupation limitée, et prétendait même, en
conséquence, réduire, pour 1838, le chiffre de l'armée d'Afrique à
vingt-trois mille hommes.
Le nouveau gouverneur général et le nouveau commandant d'Oran
arrivèrent en Afrique, à peu près ensemble, en mars et avril 1837. Le
premier se trouva tout de suite aux prises avec plusieurs tribus
voisines de la Métidja qu'Abd-el-Kader avait fait soulever, pour
occuper la division d'Alger et l'empêcher de seconder le général
Bugeaud. Quant à celui-ci, après quelques semaines employées en
préparatifs militaires et en ébauches de négociation, il entra en
campagne. Il s'aperçut bien vite qu'Abd-el-Kader était devenu trop
fort et resté trop insaisissable pour être abattu d'un seul coup[661],
ainsi que l'exigeait l'action projetée contre Constantine. D'ailleurs,
sa petite armée, à peine en mouvement, se voyait presque dans
l'impossibilité d'agir par le mauvais état des mulets qu'on lui avait
expédiés précipitamment de France. Il en conclut à l'urgence de
traiter. Ses instructions ne tendaient-elles pas plus à la paix qu'à
la guerre? Un tel parti lui coûtait moins qu'on n'aurait pu le croire.
Non qu'il ne fût déjà le vigoureux soldat qu'on verra plus tard à
l'oeuvre sur cette terre d'Afrique; seulement, en 1837, il ne pensait
pas de l'entreprise algérienne ce qu'il en pensera en 1840. Mal vue
par des parlementaires et des économistes, cette entreprise n'était
pas alors mieux jugée par certains officiers; le général Bugeaud était
du nombre, comme le maréchal Soult et plusieurs autres. Déjà, l'année
précédente, dans les lettres que, de la province d'Oran, il écrivait
au ministre de la guerre, il mettait en doute si l'on conserverait
«cette fâcheuse conquête», et il ajoutait: «Je suis très-convaincu que
l'on peut soumettre le pays, pour un temps du moins, avec beaucoup
d'activité et de dépense, mais je ne crois pas du tout que l'on soit
récompensé des frais et du sang versé[662].»
[Note 661: «J'ai calculé, écrivait le général à un de ses amis, que
quelques brillants combats n'avanceraient pas la question, parce que
nous n'étions pas préparés pour occuper et soumettre le pays; qu'après
deux ou trois mois de courses pénibles, après avoir brûlé force
moissons, après avoir jeté 1,200 ou 1,500 hommes dans les hôpitaux, il
faudrait rentrer et chercher de nouveau à traiter, et se contenter
d'une paix à peu de chose près semblable à celle que je pensais faire
avant tous ces désastres.» (_Le Maréchal Bugeaud_, par le comte
D'IDEVILLE, t. II, p. 82.)]
[Note 662: Lettres des 24 et 29 juin 1836. (D'IDEVILLE, t. II, p. 28
et 34.)]
Une fois décidé à traiter, le général Bugeaud ne traîna pas les choses
en longueur. Des ouvertures furent faites à l'émir. Celui-ci exigea
tout de suite beaucoup plus que ne prévoyaient les instructions
ministérielles. Le général, après avoir consulté ses officiers, prit
sur lui de céder. En quelques jours, tout fut réglé. Le pouvoir de
l'émir était reconnu non-seulement sur la province d'Oran, où nous
abandonnions Tlemcen et la Tafna, mais sur toute celle de Titteri et
sur la plus grande partie de celle d'Alger, y compris le port de
Cherchell qui donnait accès à la mer. La France «se réservait», dans
la province d'Oran, Mostaganem, Mazagran et leurs territoires, Oran,
Arzeu, plus une bande de terrain le long du rivage, de la Macta à
l'Oued-Malah; dans la province d'Alger, un territoire borné à l'ouest
par la Chiffa, et au sud par la première crête du petit Atlas. Sans
doute, par l'article premier, «l'émir reconnaissait la souveraineté de
la France en Afrique», et, pour les parties soumises à son autorité,
l'article 3 se servait de cette expression: «l'émir _administrera_ la
province de...»; mais on avait renoncé, devant sa résistance, à exiger
de lui aucun tribut; de plus, les autres clauses sur l'extradition des
criminels, l'établissement des agents consulaires, etc., paraissaient
considérer les deux parties comme traitant d'égal à égal. L'article 4
stipulait que «l'émir n'aurait aucune autorité sur les musulmans qui
voudraient habiter le territoire réservé à la France»; cette réserve
n'avait pas été obtenue sans peine. Par contre, nous n'avions rien
stipulé en faveur des tribus qui avaient encouru la colère
d'Abd-el-Kader, en se mettant sous notre protection et en combattant
à nos côtés.
Pour consentir des conditions qui faisaient à ce point reculer la
France et grandir son plus redoutable adversaire, il fallait que le
général Bugeaud se crût obligé, par ses instructions et par les
circonstances, à traiter à tout prix. Cette explication même ne suffit
pas: il convient d'y joindre les illusions que s'était faite le
général sur le caractère chevaleresque de l'émir et sur les profits de
son alliance. «Je trouvais des avantages à lui céder plus de
territoire, écrivait-il à M. Molé, parce qu'il nous offrait plus de
garanties de sécurité et plus d'avantages commerciaux que des beys
sans influence que l'on voudrait établir entre lui et nous.» Il disait
aussi: «La connaissance que j'ai acquise du caractère religieux et
sincère de l'émir, comme de sa puissance sur les Arabes, me donne la
conviction profonde que toutes les conditions seront parfaitement
exécutées; je me rends son garant, et je prouve la foi que j'ai dans
sa parole, par la grande responsabilité que j'assume sur ma tête.»
Ajoutons enfin que le vaillant et rude soldat n'était pas de taille à
lutter, sur le terrain diplomatique, avec le souple et rusé Arabe; il
en avait un peu le sentiment: «Je ne crois pas, écrivait-il encore à
M. Molé, qu'il y ait au monde rien de plus difficile que de traiter
avec les Arabes. Il est bien plus aisé de les vaincre en un jour
d'action[663].»
[Note 663: D'IDEVILLE, t. II, p. 62, 63 et 72.]
Le traité fut signé au camp de la Tafna, le 30 mai 1837. Le général
Bugeaud fit proposer, pour le lendemain, une entrevue à l'émir, qui
l'accepta. Le rendez-vous était à neuf heures du matin, dans une
vallée située à trois lieues du camp. Le général y arrive, à l'heure
fixée, avec une partie de son armée; mais il n'y trouve pas
Abd-el-Kader. Toute la matinée s'écoule dans cette attente. Vers deux
heures, accourent des émissaires qui expliquent le retard par toutes
sortes de mauvaises raisons. Enfin, à cinq heures, un autre messager
vient annoncer que l'émir est à une courte distance, et qu'en
s'avançant un peu, on le rencontrera. Tout à son impatience, le
général laisse ses troupes et suit le messager avec son état-major.
Mais il marche ainsi plus d'une heure, sans rencontrer personne. Quand
enfin il découvre les Arabes, il est, depuis longtemps, hors de vue de
sa propre armée. Sur les pentes de collines qui forment comme un
immense amphithéâtre d'une demi-lieue de développement, sont massés
dix mille cavaliers; au centre, un groupe de deux cents chefs,
fastueusement vêtus et équipés; devant eux, Abd-el-Kader enveloppé
dans un burnous d'étoffe grossière, monté sur un magnifique cheval
noir qu'il manie avec dextérité, entouré d'hommes à pied qui tiennent
la bride et les étriers. En face de cette imposante mise en scène, la
petite troupe des Français, à laquelle se sont mêlés des
fonctionnaires civils d'une tenue peu militaire, avait maigre
apparence et semblait quelque députation venant rendre hommage à un
vainqueur. C'est bien ce que voulait l'astucieux émir. Le général
Bugeaud a trop tard le sentiment du piége où il s'est laissé choir.
«Je trouve indécent, de la part de ton chef, dit-il à un des envoyés
arabes, de me faire attendre si longtemps et de me faire venir si
loin.» Mais s'il recule, on croira qu'il a peur de se trouver presque
seul au milieu de cette multitude. Il met donc son cheval au galop,
joint Abd-el-Kader et lui propose de mettre pied à terre pour causer
plus à l'aise. L'émir descend de son cheval, et a soin de s'asseoir le
premier, laissant debout, devant lui, le général, qui n'a plus qu'à
s'asseoir à son tour. Après un entretien qui dure quarante minutes
environ, le général se lève: l'émir restait assis. «Il est convenable
que tu te lèves avec moi», lui fait dire le général, et le saisissant,
en souriant, par la main, il l'enlève facilement de terre[664].
Abd-el-Kader prend le parti de sourire aussi. D'ailleurs, en dépit de
ce dernier incident, il est arrivé à ses fins. Devant ses sujets
rassemblés en foule pour jouir de ce spectacle, il s'est donné les
apparences de la supériorité sur le chef des chrétiens. C'était
beaucoup pour des populations très-attentives à ces questions de
cérémonial. Aussi, quand l'émir rejoint son armée, une joyeuse et
triomphante clameur s'élève de ses rangs et se mêle au fracas d'un
long coup de tonnerre qui éclate au même moment. L'état-major français
lui-même s'arrête, saisi par la grandeur de la scène. Quelques
semaines plus tard, devant tous les chefs arabes de nouveau réunis,
Abd-el-Kader complétait son triomphe, en se faisant introniser
solennellement dans cette ville de Tlemcen qu'il avait si longtemps
convoitée et que les Français venaient de lui livrer.
[Note 664: «Il n'est pas très-lourd», a dit plus tard le général, en
racontant cet incident à la tribune. Dès le lendemain de la scène, il
écrivait à M. Molé: «Sa main, qui est jolie, m'a paru faible; je
sentais que je l'aurais brisée dans la mienne.» Le général était de
taille athlétique; Abd-el-Kader, au contraire, était petit.]
Les conditions du traité ne laissèrent pas que de causer en France un
pénible étonnement. C'était fournir à l'opposition un grief qu'elle se
donna de garde de négliger; la presse de gauche fit même d'autant plus
de bruit de cette affaire qu'elle n'aimait pas le général Bugeaud, qui
d'ailleurs le lui rendait bien. Malgré ces attaques, malgré les
critiques plus sérieuses du général Damrémont, le ministère se décida
à ratifier le traité. Il eut occasion de s'en expliquer dans la
Chambre, à propos du budget: M. Mauguin avait violemment blâmé «cette
transaction honteuse, où l'on avait vu un général français aller
devancer l'Arabe jusque dans sa tente, et lui donner ainsi le droit de
dire à ses hordes que la France s'était humiliée devant lui»; M. Molé
répondit en opposant, une fois de plus, le système de l'occupation
restreinte qui était le sien, à celui de la conquête absolue et de
l'occupation générale dont il déclarait ne vouloir jamais être
l'exécuteur: le traité était l'application du premier système. «Nous
vous avions dit, ajouta le président du conseil, que le but de la
guerre serait la paix. En effet, nous avions cru qu'il faudrait
l'acheter avec l'argent de la France et le sang de ses enfants. Mais
il s'est trouvé, en Afrique, un général patriote qui, placé à la tête
de la plus belle division qu'un officier français pût commander,
aimant la guerre et sachant la faire, a préféré l'intérêt de son pays
à tout. Ce général a compris qu'il pouvait faire, dès à présent, une
paix qu'il avait cru d'abord devoir être le but et le prix de la
victoire, et il s'est efforcé de la négocier. Je l'en ai loué,
Messieurs, et pour ma part, je me suis associé à la responsabilité
qu'il prenait.» La majorité parut témoigner, par son attitude, que ce
langage répondait à ses sentiments[665].
[Note 665: Cette affaire devait avoir un épilogue très-pénible pour le
général Bugeaud. Le traité de la Tafna contenait un article secret,
aux termes duquel l'émir s'engageait à verser 180,000 francs au
général. M. Molé, consulté, avait paru d'abord autoriser la
stipulation de ce «cadeau de chancellerie» que le général voulait
employer à récompenser les officiers de son entourage et à
subventionner les chemins vicinaux de son département. Le conseil des
ministres, avec raison plus sévère, refusa d'approuver cette clause,
qui ne fut pas exécutée. En cette circonstance, le général s'était,
sans intention mauvaise, conformé à certaines habitudes prises par les
généraux de l'Empire, et il ne s'était pas rendu compte que ces
pratiques n'étaient plus de mise. L'année suivante, au cours d'un
procès fait à un général de Brossard, pour faits d'indélicatesse
découverts et dénoncés par le général Bugeaud, l'article secret du
traité de la Tafna fut révélé par la défense, et ce même général
Bugeaud, appelé comme témoin à s'expliquer, le fit avec un emportement
si maladroit qu'il paraissait s'être mis en posture d'accusé. La
presse opposante se jeta avec passion sur ce scandale, qui alimenta
pendant longtemps sa polémique. Le général en souffrit beaucoup, et
ses amis en furent fort embarrassés.]