Ces bons rapports avec les puissances continentales n'étaient pas
faits pour adoucir la mauvaise humeur avec laquelle l'Angleterre avait
vu M. Molé arriver au ministère des affaires étrangères. Il était
d'usage à peu près constant, depuis 1830, que les discours de la
Couronne, en France et en Angleterre, fissent mention spéciale de
l'union existant entre les deux États occidentaux. Le discours du roi
des Français, prononcé le 27 décembre 1836, n'y avait pas manqué[407].
Au contraire, le discours du roi d'Angleterre, lu le 31 janvier
suivant, se tut complétement sur la France[408]. Cette omission fut
très-remarquée. Lord Palmerston avait écrit, le 27 janvier, à lord
Granville, son ambassadeur à Paris: «Notre discours ne dira pas un mot
de la France ou de l'alliance française. Nous ne pouvons rien dire à
son éloge, et par conséquent le silence est la façon la plus polie
dont nous puissions en user avec elle.» Le 3 février, après la
discussion de l'Adresse où il n'avait pas non plus été question de
notre pays, il ajoutait: «Si, comme vous le dites, la France doit
avoir été mortifiée de n'être pas mentionnée dans le discours, elle ne
trouvera pas probablement plus agréable d'avoir été si complétement
oubliée dans le débat[409].» Même silence à l'ouverture de la session
de 1838. Lord Palmerston était personnellement fort animé contre M.
Molé, qu'il accusait d'avoir des «sentiments anti-anglais[410]». À
chaque instant, nous nous heurtions à la mauvaise volonté du chef du
_Foreign Office_ et de ses agents. À Saint-Pétersbourg, tandis que les
ambassadeurs d'Autriche et de Prusse s'efforçaient d'amener le Czar à
de meilleurs sentiments pour la France, l'ambassadeur anglais «ne
négligeait aucune occasion de lui en parler dans un sens d'ironie et
de malveillance[411]». Dans l'été de 1837, le nouveau roi de Hanovre
ayant aboli, par un véritable coup d'État, la constitution de son
royaume, le gouvernement du roi Louis-Philippe, fidèle à la tradition
de la politique française, décida de «protéger les libertés
allemandes» et de faire des représentations à la diète de Francfort;
l'Angleterre lui dénia vivement le droit de s'occuper de ces affaires.
[Note 407: Le Roi disait: «Toujours intimement uni avec le roi de la
Grande-Bretagne, je continue à faire exécuter le traité de la
Quadruple-Alliance...»]
[Note 408: Le roi de la Grande-Bretagne se contentait de dire qu'il
«continuait à recevoir de toutes les puissances étrangères les
assurances les plus positives de leurs dispositions amicales...»
L'année précédente, après une déclaration à peu près identique, il
avait ajouté: «L'union intime qui existe entre ce pays et la France
est une garantie pour l'Europe du maintien de la paix générale.»]
[Note 409: BULWER, _Life of Palmerston_, t. II, p. 214, 215.]
[Note 410: BULWER, _Life of Palmerston_, t. II, p. 213.]
[Note 411: Dépêche de M. Molé à M. de Barante, du 17 novembre 1837.
(_Documents inédits._)]
C'était surtout en Espagne que la dissidence éclatait. Lord Palmerston
eût attribué volontiers à notre refus d'intervention l'état misérable
de la Péninsule. Lui aussi, comme les ministres du continent, était
tout disposé à croire que Louis-Philippe allait, au mépris de la
Quadruple-Alliance, abandonner la cause d'Isabelle et se rallier à don
Carlos[412]. À Madrid, entre les deux ambassades, l'antagonisme était
manifeste. Faire à tout prix échec à l'influence française était le
principal souci du représentant de l'Angleterre. La faction radicale,
alors au pouvoir en Espagne, était connue pour être «le parti anglais»
et faisait montre de son hostilité contre la France. Espartero,
populaire dans ce parti, déclarait que «ses inclinations et ses
opinions étaient en faveur d'une alliance intime avec la
Grande-Bretagne», tandis que Narvaez, son rival militaire, son ennemi
politique, attaché à la monarchie constitutionnelle, homme d'ordre et
d'autorité, passait pour le client de la France. Narvaez était en
disgrâce, même en fuite, tandis que montait l'étoile d'Espartero, créé
fastueusement duc de la Victoire pour avoir délivré Bilbao.
[Note 412: Le roi Léopold de Belgique écrivait à M. Molé, le 8
décembre 1837, au sujet de ces préventions de l'Angleterre: «Vous vous
souviendrez que l'opinion a été assez généralement répandue, et
surtout par les soins des diplomates du Nord, que le Roi ne serait pas
fâché de voir réussir don Carlos. Vous comprendrez combien il est
difficile de défendre la politique toute neutre qu'on désire conserver
vis-à-vis de l'Espagne, quand on rencontre alors l'idée que, dans
cette extrême modération, il pourrait bien y avoir un peu de faveur
pour don Carlos.» (_Ibid._)]
M. Molé n'ignorait pas les mauvais sentiments de lord Palmerston à son
égard[413]. Il y répondait en traitant le représentant de l'Angleterre
à Paris avec politesse, mais froidement et sans confiance[414].
Louis-Philippe, dans ses conversations avec les ambassadeurs des
puissances continentales, ne se retenait pas toujours de décocher,
contre les ministres d'outre-Manche, des épigrammes sur lesquelles
naturellement le secret n'était pas gardé[415]. Ces ambassadeurs
étaient d'ailleurs fort empressés à insister sur les mécomptes que le
Roi rencontrait dans l'alliance anglaise. C'était aussi l'un des
sujets sur lesquels revenait le plus volontiers M. de Metternich, dans
les communications qu'il destinait à Louis-Philippe. «Cette prétendue
alliance, disait-il, pèsera chaque jour davantage sur le _roi
conservateur_, tandis que, dans les occasions où il s'éloignera de ce
système, il ne trouvera dans les whigs que faux frères qui voudront se
servir de lui pour le _gros ouvrage_, ainsi qu'il en a déjà été des
prétentions anglaises à l'intervention française dans les affaires
d'Espagne[416].» Toutes les fois que le chancelier entrevoyait quelque
difficulté entre Paris et Londres, par exemple dans les affaires du
Mexique, il se frottait les mains. «Moins ils s'entendent, disait-il,
tant mieux pour nous; et certes, je ne graisserai pas les roues pour
qu'elles tournent mieux[417].»
[Note 413: «Le général Pozzo, écrivait M. Molé au Roi, le 15 août
1837, m'a confirmé, ce que je savais déjà, le mauvais vouloir de lord
Palmerston pour moi personnellement. Tout le ministère anglais appelle
M. Thiers de ses voeux.» (_Revue rétrospective._)]
[Note 414: Lord Palmerston écrivait, le 3 novembre 1837, à son
ambassadeur à Paris, lord Granville: «Sébastiani (alors ambassadeur de
France à Londres) m'a demandé comment allaient les choses entre vous
et Molé. Bien et mal, lui ai-je dit. J'ajoutai qu'on ne peut rien
imaginer de plus cordial que la façon dont il vous reçoit, dont il
vous parle, toujours avec la plus grande ouverture et la plus grande
confiance, du temps, des élections françaises, de ce qui se passe dans
les Chambres et ainsi de suite; mais que, toutes les fois que vous
portez la conversation sur les questions européennes où l'Angleterre
et la France ont un intérêt commun, et où il y a à faire une chose ou
l'autre, Molé se renferme aussitôt dans sa froide réserve, n'a pas
d'opinion, n'est pas suffisamment informé des faits, veut réfléchir
sur la matière, et en somme s'échappe sans donner aucune réponse.»
(BULWER, _Life of Palmerston_, t. II, p. 215.)]
[Note 415: HILLEBRAND, _Geschichte Frankreichs_, t. II, p. 362.]
[Note 416: Lettre à Apponyi, du 2 janvier 1837. (_Mémoires de
Metternich_, t. VI, p. 186, 187.)]
[Note 417: Dépêche du comte Sambuy, datée de Vienne, le 5 novembre
1838. (HILLEBRAND, _Geschichte Frankreichs_, t. II, p. 288.)]
Cependant on se gardait, aussi bien à Londres qu'à Paris, d'une
rupture ouverte. Dès le 9 janvier 1837, M. Molé disait solennellement
à la Chambre des pairs: «L'honorable préopinant (M. de Dreux-Brezé) a
parlé de l'alliance anglaise, et, à ce sujet, il m'a personnellement
interpellé. Je suis heureux d'avoir l'occasion de le déclarer à cette
tribune: mon opinion personnelle est que l'alliance anglaise doit être
la base de notre politique, et qu'aujourd'hui la paix de l'Europe
serait compromise, si cette alliance venait à se rompre.» De son côté,
lord Palmerston, comme s'il voulait atténuer l'effet fâcheux du
silence gardé sur la France dans le discours de la Couronne,
saisissait l'occasion d'une interpellation sur les affaires d'Espagne,
pour faire, le 10 mars 1837, une déclaration analogue: «En ce qui
concerne, disait-il, l'alliance du gouvernement anglais avec la France
dans la question espagnole, si quelqu'un ici pense qu'elle s'est
relâchée, il se trompe; l'alliance des deux pays est fondée sur des
intérêts communs, et j'ai la confiance qu'ils auront longtemps encore
les mêmes amis et les mêmes ennemis, parce qu'ils auront le même
intérêt dans toutes les grandes questions européennes.»
Le _Journal des Débats_ relevait avec satisfaction ce langage, qui,
d'après lui, «ne devait laisser aucun doute sur la sincérité de
l'alliance unissant les deux puissances[418]», et M. Molé écrivait à
l'un de ses ambassadeurs: «Le discours dans lequel lord Palmerston a
essayé de réparer l'impression produite par le silence gardé, dans
une occasion solennelle, sur l'alliance de la France et de
l'Angleterre, aura appelé votre attention. Je dois dire que ce
ministre nous avait, depuis longtemps, fait parvenir des explications
conçues dans le même esprit. D'après ces explications, l'omission,
tant remarquée dans le discours du trône, n'aurait été déterminée que
par des considérations de politique intérieure. Lord Palmerston y
avait vu d'autant moins d'inconvénients qu'il s'était proposé d'y
suppléer dans la discussion de l'Adresse par les déclarations les plus
explicites; malheureusement l'Adresse, n'étant pas attaquée, n'avait
pu être discutée; il avait dû attendre une occasion, et la
malveillance en avait profité pour répandre les assertions les plus
contraires aux véritables sentiments du cabinet britannique[419].» Le
roi des Belges s'interposait, avec une intelligente activité, entre
les deux gouvernements. Nul n'était à la fois plus intéressé à établir
entre eux de bonnes relations, et mieux placé pour aller de l'un à
l'autre, en conciliateur; allié de la famille royale d'Angleterre par
son premier mariage, il était, par le second, gendre de
Louis-Philippe. «Je suis bien heureux d'apprendre, écrivait-il à M.
Molé, le 30 novembre 1837, que les rapports entre la France et
l'Angleterre s'améliorent de plus en plus, et je suis convaincu que la
grande franchise que vous apportez dans vos relations avec le
ministère anglais, sera récompensée par les plus grands succès...
D'Angleterre, on m'exprime, avec la plus _grande chaleur_, le vif
désir que l'on a de _maintenir_ l'alliance la plus _sincère_ et la
plus _intime avec la France_. Vous pouvez compter sur mon assistance
bien franche[420].»
[Note 418: 14 mars 1837.]
[Note 419: Lettre à M. de Barante, en date du 14 mars 1837.
(_Documents inédits._)]
[Note 420: _Documents inédits._]
D'ailleurs, s'il y avait quelque méfiance à notre égard, dans l'esprit
de lord Palmerston, il ne semblait pas qu'elle fût alors partagée par
la nation anglaise. Celle-ci se montrait plutôt en veine de sympathie
pour la France. Le 28 juin 1838, il y avait grande fête outre-Manche.
C'était le couronnement de la jeune reine Victoria qui avait succédé,
le 20 juin 1837, à Guillaume IV. Après une suite de rois peu
populaires et qui ne méritaient pas de l'être, le peuple anglais
saluait avec enthousiasme l'aurore radieuse d'un règne dont il ne
pouvait cependant pressentir alors toute l'étendue et toute la
grandeur. La France se fit représenter à cette cérémonie par le
maréchal Soult. Choisir un soldat de fortune pour prendre rang au
milieu d'ambassadeurs extraordinaires, appartenant presque tous à la
plus ancienne aristocratie d'Europe; envoyer dans la patrie de lord
Wellington le général qui avait été, en Espagne et en France,
l'adversaire souvent heureux du vainqueur de Waterloo, c'était une
inspiration originale et hardie: l'événement prouva qu'elle était
heureuse. Au premier abord, on avait pu craindre le contraire: des
journaux anglais avaient commencé par attaquer l'ancien lieutenant de
Napoléon, chicanant sa gloire, lui contestant le gain de la bataille
de Toulouse, et racontant qu'à Waterloo, le dîner préparé pour lui
avait été mangé par Wellington. Mais la réaction se fit bientôt,
rapide et complète. Fêté par l'aristocratie, acclamé par la foule, le
maréchal fut, pendant plusieurs jours, l'objet d'une de ces ovations
comme on n'en voit que sur les bords de la Tamise. Au défilé du
cortége, la voiture de l'ambassadeur de France, en forme de gondole,
d'un fond bleu avec des ornements d'argent, surpassant en splendeur
celles des autres diplomates, fut accueillie, sur tout le parcours,
par des hourras frénétiques. Le succès du vieux soldat balançait
presque celui de la jeune reine. Ces applaudissements retentirent sur
le continent. Les autres puissances, dont les représentants avaient
été loin de recevoir un tel accueil, se montraient surprises et
jalouses. En France, l'amour-propre national était agréablement
flatté, non cependant sans que les ministres ne se demandassent si le
maréchal n'allait pas revenir, de ce triomphe d'outre-mer, avec une
importance embarrassante. «On prétend, écrivait un observateur, que le
ministère s'inquiète de son retour: ce sera, dit-on, un petit
Bonaparte[421].»
[Note 421: Lettre de la duchesse de Broglie à M. de Barante, 17
juillet 1838. (_Documents inédits._)]
En somme, bien qu'au fond il y eût refroidissement entre les deux
puissances occidentales, aucun éclat ne s'était produit: au
contraire, des deux parts, il y avait effort pour conserver les
apparences, comme si l'on sentait qu'une rupture ouverte serait une
altération inquiétante, peut-être un bouleversement de ce _statu quo_
européen que chacun alors s'appliquait à maintenir. À ce point de vue,
M. de Metternich lui-même, si désireux qu'il fût de voir se relâcher
l'intimité des deux États, se fût effrayé d'un conflit. «Ne croyez
pas,--disait-il à notre ambassadeur, avec plus de sincérité qu'on ne
lui en aurait peut-être supposé au premier abord,--ne croyez pas que
je veuille vous brouiller avec l'Angleterre. Dieu m'en préserve! Je
veux seulement vous mettre en garde contre lord Palmerston. Mais
serrez-vous contre lui, pour empêcher ses écarts; contenez-le: voilà
votre rôle en Europe. Le nôtre est de contenir la Russie, et nous ne
manquerons pas à cette mission[422].»
[Note 422: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 27 novembre
1836. (_Documents inédits._)]
Rarement on avait vu tous les États aussi sincèrement d'accord pour
éviter toute affaire et tout changement. «Il n'est pas une puissance,
écrivait M. de Barante à M. Molé, qui désire autre chose que le _statu
quo_; aucune ne se propose un but; aucune ne prépare l'exécution d'un
dessein[423].» La situation se prêtait à cette immobilité. Par un
phénomène rare d'accalmie politique, aucune difficulté grave ne
s'imposait aux gouvernements, ni ne mettait aux prises leurs intérêts
et leurs amours-propres. L'Espagne sans doute était toujours en feu;
mais cet incendie demeurait comme localisé à l'extrémité de l'Europe;
du moment où la France, sa plus proche voisine, se renfermait dans une
attitude d'attente et d'observation, les plus éloignés pouvaient bien
en faire autant: seule, notre intervention eût transformé la question
espagnole en une question européenne. À y regarder un peu
attentivement, on aurait discerné, en Orient, le germe d'une
complication plus redoutable, dans les menaces de guerre
qu'échangeaient le Sultan et le pacha d'Égypte; mais l'opinion et les
cabinets eux-mêmes, dans leur désir de repos, perdaient volontiers de
vue un danger qui se manifestait sur un théâtre si lointain;
d'ailleurs, tous les efforts de la diplomatie ne se réunissaient-ils
pas pour retarder la rupture, pour contenir, au jour le jour,
l'ambition d'Alexandrie comme le ressentiment de Constantinople?
[Note 423: Lettre du 2 mai 1837. (_Ibid._)]
Dans cette immobilité générale, peut-être y avait-il plus de fatigue
du passé ou d'inquiétude de l'avenir que de bien-être actuel. On s'y
plaisait cependant, et surtout on désirait la prolonger. Ce n'étaient
ni Louis-Philippe, ni M. Molé qui songeaient à troubler, par quelque
entreprise, un calme extérieur en harmonie avec leur politique
intérieure et avec l'état de l'esprit public en France. Plus que
jamais, ils voulaient, selon la formule de M. Thiers, «faire du
cardinal Fleury[424]». Le président du conseil avait personnellement
ce qu'il fallait pour éviter avec adresse les difficultés, et aussi
pour demeurer inactif tout en gardant bon air. Cette politique n'eût
pu sans doute convenir longtemps à une grande nation, mais elle
n'était pas alors sans certains avantages[425]. Si de graves questions
devaient être soulevées en Europe, notre intérêt n'était-il pas
qu'elles le fussent le plus loin possible de 1830, à une époque où,
toute méfiance contre le gouvernement de Juillet ayant enfin disparu
dans les cours du continent, nous aurions pleine liberté dans le choix
de nos alliances? Le temps travaillait alors pour nous.
[Note 424: Louis-Philippe disait à M. de Werther, ambassadeur de
Prusse: «Tant que j'aurai Molé, vous pouvez dormir tranquille.»
(Dépêche d'Arnim, HILLEBRAND, _Geschichte Frankreichs_, t. II, p.
288.)]
[Note 425: «M. Thiers m'écrivait une fois: Ce n'est pas un cardinal de
Richelieu qu'il nous faut, mais un cardinal Fleury.--Cela est encore
plus vrai aujourd'hui qu'il y a trois ans. Cette ligne de conduite est
non pas seulement nécessaire, mais habile. Si nous avons quelque chose
à gagner, si nous voulons faire naître des occasions favorables et en
profiter, c'est en évitant la jactance ambitieuse et les grands airs
de Louis XIV et de Napoléon.» (Lettre de M. de Barante à sa famille.
_Documents inédits._)]