(1837--1838.)
I. Affaires d'Espagne. M. de Metternich et Louis-Philippe.
Malgré quelques difficultés, bons rapports avec les
puissances continentales.--II. Humeur et mauvais procédés de
l'Angleterre. À Paris et à Londres, protestations en faveur
du maintien de l'alliance. Le maréchal Soult au couronnement
de la reine Victoria. Accalmie générale en Europe.--III. Le
gouvernement français demande à la Suisse l'expulsion du
prince Louis Bonaparte. Excitation des esprits. Le prince se
retire en Angleterre.--IV. L'Autriche annonce qu'elle va
évacuer les Légations. Obligation qui en résulte, pour la
France, d'évacuer Ancône. Le Roi et M. Molé n'hésitent pas.
Antécédents de la question. Raisons de justice et de
politique qui militent pour l'évacuation. Comment elle
s'opère.--V. Le roi de Hollande adhère aux vingt-quatre
articles et en demande l'exécution. Soulèvement des esprits,
en Belgique, à la pensée de restituer le Luxembourg.
Dispositions des puissances. Que pouvait faire la France?
Difficultés qu'elle rencontre à Londres et à Bruxelles.
Décision de la conférence. La Belgique finit par se
soumettre. Les trois affaires de Suisse, d'Italie et de
Belgique sont exploitées par l'opposition.--VI. Action
maritime en Amérique, spécialement contre le Mexique. Succès
des armes françaises. Fermeté du ministère dans ses rapports
avec les puissances. Affaire de Cracovie. Conclusion sur la
politique extérieure de M. Molé.
I
Nous avons déjà vu comment, à peine arrivé au ministère des affaires
étrangères, M. Molé s'était appliqué, sous la direction du Roi, à
rétablir, avec Vienne et Berlin, les bons rapports, un moment altérés
à la fin de l'administration de M. Thiers, et comment il avait donné
tout d'abord un gage aux puissances continentales, en renonçant à
toute intervention armée de la France au delà des Pyrénées[385].
Depuis lors, les choses, en Espagne, étaient allées de mal en pis.
Bien que les Cortès eussent revisé la constitution de 1812 dans un
sens un peu plus monarchique, la révolution était maîtresse. La reine
Isabelle et sa mère se trouvaient en réalité prisonnières des
ministres radicaux que les séditions militaires ou seulement
l'impossibilité de gouverner faisaient se succéder avec une
prodigieuse rapidité. Il n'était pas même permis à Marie-Christine de
recevoir une lettre que l'ambassadeur de France demandait à lui
remettre de la part du roi Louis-Philippe. Partout, dans l'armée, dans
l'administration, le désordre et l'anarchie; les villes et les
provinces en insurrections continuelles; le trésor à sec. Pendant ce
temps, la guerre civile se prolongeait, sans résultat décisif d'aucun
côté, avec plus de brigandages et d'assassinats que de batailles; les
deux armées, constitutionnelle et carliste, l'une de cent cinquante
mille hommes, l'autre de cinquante, parcouraient une bonne partie de
la Péninsule, sans presque jamais se rencontrer, surtout redoutables
aux populations paisibles. D'une part, don Carlos était trop incapable
pour profiter des avantages d'une pareille situation; d'autre part,
les généraux de l'armée constitutionnelle s'entravaient mutuellement
par jalousie et employaient à des _pronunciamentos_ les troupes qu'on
leur confiait pour combattre les rebelles, pendant que les soldats,
non payés, insultaient ou massacraient leurs officiers. État inouï
qu'un pays d'une civilisation plus avancée et plus compliquée n'eût pu
supporter quelques mois, sans tomber en pleine décomposition, et qui
devait être celui de l'Espagne pendant plusieurs années. Ce spectacle
attristait le gouvernement français, mais le confirmait dans sa
résolution de ne pas prendre à sa charge la restauration d'un État si
malade. Plus que jamais, il se renfermait dans une attitude
d'observation et d'attente, sympathique à la jeune reine, prêt à aider
moralement la régente dès qu'elle pourrait reprendre quelque autorité,
mais s'abstenant de tout ce qui eût pu paraître un appui donné aux
révolutionnaires alors maîtres du gouvernement, et au fond fort
incertain sur l'issue finale. Les chancelleries continentales se
flattaient même, en voyant la réserve de Louis-Philippe, qu'il
évoluait pour se rallier à don Carlos[386]. Sorte de méprise assez
fréquente de leur part: peu préparées, par leurs habitudes d'esprit, à
saisir certaines nuances intermédiaires, aussitôt qu'elles voyaient le
gouvernement français refuser de s'engager en quelque aventure
révolutionnaire, elles le croyaient sur le point de s'enrôler dans la
Sainte-Alliance[387].
[Note 385: Cf. plus haut, p. 122 et suiv.]
[Note 386: Lettres de M. de Metternich au comte Apponyi, du 17 février
1837 et du 21 février 1838. Lettre du même à M. de Sainte-Aulaire, en
date du 21 février 1838. (_Mémoires de Metternich_, t. VI, p. 196,
271, 272.)--Le chancelier s'en prenait même aux légitimistes français
de ce que Louis-Philippe hésitait encore. Le 25 juillet 1837, après
avoir rappelé qu'il avait trouvé le roi de Prusse très-chaud pour don
Carlos, il ajoutait: «Dites aussi à Alcudia que j'ai des nouvelles de
Paris, qui me prouvent que tout irait à souhait sans les légitimistes
français qui prennent à tâche de tout gâter, dans le but de créer des
embarras à Louis-Philippe et de marier la Restauration en France avec
le succès définitif de don Carlos. S'il y a moyen de gâter les
affaires de celui-ci, c'est aux légitimistes français que le malheur
sera dû. Ces braves gens sont tellement légers, et ils manquent si
complétement de toute saine pratique, que l'abîme dans lequel ils sont
tombés ne doit surprendre personne. L'événement prouve de nouveau que
les amis sont ordinairement plus dangereux que les adversaires.»
(_Ibid._, p. 211.)]
[Note 387: M. de Barante notait et expliquait ainsi cette méprise des
cabinets du continent: «J'ai pu observer constamment cette
impossibilité d'entrer dans une opinion moyenne et de se mettre dans
le vrai sur notre situation. Tantôt, c'est une conviction que nous
sommes en voie de révolution, que nous nous laissons, par principe,
par aveuglement ou par faiblesse, entraîner aux désordres de la
république et de l'anarchie; tantôt, lorsque quelques actes de raison
et de force ont manifesté la sagesse du Roi, le bon esprit du pays,
l'énergie des ministres, les politiques du pouvoir absolu s'imaginent
qu'enfin nous sommes des leurs, que nous revenons dans la bonne route
et que nous allons, en commun et par les mêmes procédés, marcher au
même but. De là, mécompte, étonnement, blâme de notre politique qu'on
taxe d'inconséquence, de mobilité, ou qu'on déclare ne pouvoir
comprendre.» (Dépêche de M. de Barante, en date du 15 octobre 1836.
_Documents inédits._)]
Quoi qu'il en soit, les puissances nous savaient gré de notre conduite
en Espagne, et nous témoignaient chaque jour plus ouvertement leur
bienveillance. On a vu la part prise par la Prusse, au mariage du duc
d'Orléans. À Vienne, M. de Metternich s'employait à améliorer les
relations entre l'Autriche et la France. Plus que jamais, il se
complaisait dans les rapports secrets qu'il avait noués avec
Louis-Philippe. Il s'étendait en dissertations sur la politique
conservatrice et sur les moyens de corriger l'origine révolutionnaire
de la monarchie, encourageant le Roi à empoigner les rênes du
gouvernement[388], lui prodiguant ses conseils[389], flatté des
confidences qu'il recevait en réponse[390], et faisant étalage «des
lourds travaux auxquels il se livrait» pour remplir cette sorte de
mission[391]. Il se croyait autorisé à donner son avis sur les détails
de notre politique intérieure, même sur ceux qui touchaient à
l'intimité de la maison royale, par exemple, sur la situation à faire
au duc d'Orléans[392]. Nous n'avons point trace des réponses du Roi.
Non moins expérimenté que le chancelier, et peut-être plus fin, il en
prenait et en laissait des conseils de ce dernier, mais écoutait tout
sans impatience, s'attachant à prolonger et à resserrer une intimité
qui rentrait dans les vues générales de sa politique. À l'origine,
l'ambassadeur d'Autriche à Paris était seul dans le secret; plus tard,
M. de Sainte-Aulaire, représentant de la France à Vienne, y fut en
partie initié[393]. Singulière chose, en vérité, que ces
communications mystérieuses et persistantes entre deux personnages
venus de points si opposés, placés dans des conditions et en face de
tâches si différentes. M. de Metternich lui-même en était frappé.
«Rien n'est curieux, écrivait-il au comte Apponyi, comme les rapports
qui se sont établis entre ce prince et le chef du cabinet autrichien,
car ils prêtent tout naturellement à beaucoup de fausses
interprétations... La vérité, c'est que, malgré des points de départ
opposés ou différents, les hommes pratiques peuvent se rencontrer à
l'égard du but, et c'est ce qui arrive à ces deux hommes! Le roi
Louis-Philippe ne veut pas m'enrôler sous le drapeau de la révolution,
tout comme je ne veux pas le pousser à l'absolutisme. Il veut régner,
pour pouvoir vivre, et je ne lui demande pas autre chose. Le jour où
nous sommes d'accord sur ce fait, les moyens de nous entendre ne
sauraient offrir d'autres difficultés que celles qui sont inhérentes
aux choses elles-mêmes[394].»
[Note 388: Lettre du 8 décembre 1836. (_Mémoires de Metternich_, t.
VI, p. 161.)]
[Note 389: «Il faut au gouvernement français des conseils, je ne les
lui épargne pas; mais ce qui manque, c'est l'organe pour les suivre.»
(Lettre de Metternich à Apponyi, du 14 octobre 1837. _Mémoires de
Metternich_, t. VI, p. 199.)--«Aussi souvent que je signe une
expédition comme celle de ce jour, je suis à me demander si je n'abuse
pas des moments du Roi. Comme ma conscience m'absout, ne fût-ce que
grâce à l'intention qui me guide, je me refuse à écouter mes
scrupules.» (Lettre du 26 janvier 1837. _Ibid._, p. 191.)]
[Note 390: «Ce que Sa Majesté vous a confié au sujet de la gêne
qu'Elle éprouve dans l'adoption de mesures légales pour arrêter, en
France, le mal le plus flagrant, me cause un chagrin profond, mais ne
me surprend pas.» (Lettre du 28 janvier 1837. _Ibid._, p. 193.)]
[Note 391: «Ce sentiment ne m'empêche pas de me livrer à de lourds
travaux, et mon expédition de ce jour en renferme une preuve
nouvelle.» (Lettre du 7 février 1837. _Ibid._, p. 194.)]
[Note 392: «Le Roi vous ayant fait l'honneur de vous parler de
l'attitude de Mgr le duc l'Orléans, je crois pouvoir supplier Sa
Majesté de vouer tous ses efforts au soin de faire entrer Son Altesse
Royale au conseil. Ce n'est pas là que les héritiers présomptifs du
trône courent le risque de se compromettre: c'est dans les Chambres,
ou quand ils se trouvent en pleine liberté d'appréciation.
Circonscrire cette liberté, c'est rendre aux princes et à l'État qui
vit du présent et de l'avenir, un service certain. Si les premiers
restent exclus de la connaissance des affaires, ils deviennent, pour
le moins, des critiques fort dangereux et la pâture des intrigants.»
(Lettre du 28 janvier 1837. _Ibid._, p. 193, 194.)]
[Note 393: M. de Metternich écrit, le 3 janvier 1838, au comte
Apponyi, au sujet de M. de Sainte-Aulaire: «Il est, jusqu'à un certain
point, dans le secret de mes rapports avec le roi Louis-Philippe, et
il les regarde, _aujourd'hui_, comme un bienfait pour la France.»]
[Note 394: Lettre du 26 janvier 1837. (_Mémoires de Metternich_, t.
VI, p. 189, 190.)]
Cette intimité n'était pas cependant sans nuages et sans
intermittences. Tantôt, c'était une parole prononcée à Paris, qui
détonnait aux oreilles des hommes d'État du continent, comme une
fausse note révolutionnaire; tantôt, c'était un procédé discourtois
des vieilles monarchies, montrant qu'elles n'avaient pas encore pris
tout à fait leur parti de traiter le gouvernement de Juillet sur un
pied d'égalité. Le 14 janvier 1837, dans un discours sur l'Espagne, M.
Molé avait, sans penser à mal, inséré cette phrase: «Nous détestons
l'absolutisme et nous plaignons les nations qui connaissent assez peu
leurs forces pour le subir.» Aussitôt, grand émoi chez les
ambassadeurs d'Autriche et de Russie, qui voyaient là «un appel à la
rébellion, adressé à tous les peuples». De là, pendant quelque temps,
un peu de froideur dans les relations diplomatiques. À la cour de
Berlin, où l'on avait fait preuve de si amicales dispositions, lors du
mariage, on se refusait cependant, malgré les insinuations indirectes
de notre représentant, à échanger, avec Louis-Philippe, les ordres de
Prusse et de France, comme il était d'usage entre souverains.
Frédéric-Guillaume, personnellement, l'eût fait volontiers, mais il
n'osait braver le sentiment contraire de son entourage où dominait
l'influence du Czar. «On nous tient encore en dehors du droit commun,
écrivait à ce propos M. Bresson à M. Molé, le 31 décembre 1837. C'est
l'ouvrage de l'empereur de Russie. On lui fait ce genre de concession
pour l'apaiser. Le roi de Prusse craint de se mettre en avant seul,
d'attirer exclusivement sur lui l'attention, de sembler faire parade
de ses bons rapports avec nous et de son influence à Paris. C'est un
miracle que, dans l'affaire du mariage, nous ayons pu le conduire si
loin. Le prince Wittgenstein en est encore lui-même dans
l'étonnement[395].»
[Note 395: _Documents inédits._]
Mais ces vieux restes des anciennes dissidences ne produisaient que
des ombrages passagers. Le rapprochement n'en continuait pas moins, et
chaque jour on était plus content les uns des autres. M. de
Metternich, bien que continuant à voir très en noir l'avenir de la
France, et tout en disant que «la barque de 1830 faisait eau de toutes
parts[396]», «chantait les louanges» de M. Molé, et déclarait «le
préférer à tous les autres ministres que le Roi avait eus depuis sept
ans[397]»; il aimait à répéter que «le cabinet était composé des
hommes les plus honnêtes qui se fussent trouvés au timon des affaires
depuis 1830[398]». «Si le bon Dieu, disait-il encore à M. de
Sainte-Aulaire en 1838, me donnait à choisir un ministre des affaires
étrangères pour la France, je lui demanderais avec les plus ferventes
prières de conserver celui qui y est[399].» Le chancelier surtout ne
tarissait pas en éloges de l'«expérience», de la «haute intelligence»,
de l'«habileté» de Louis-Philippe, «le seul homme, disait-il, qui, au
milieu des sots, n'a pas été un sot». Et il ajoutait: «Le Roi n'a pas
trouvé, en Europe, un cabinet qui l'ait mieux compris que le nôtre et
qui l'ait même deviné, lui et sa pensée gouvernementale, comme nous
les avons devinés[400].» La princesse de Metternich, si prévenue
qu'elle fût, était obligée de reconnaître l'«esprit» de
Louis-Philippe[401]. Mêmes impressions à Berlin. «La confiance est
grande au dehors, écrivait de cette ville M. Bresson, et notre
position s'en ressent.» Et encore: «Nous n'avons jamais été mieux
placés ici que depuis que M. Molé est au pouvoir.» Dans une autre
lettre du 31 décembre 1837, ce diplomate racontait que le prince
Wittgenstein, confident du roi de Prusse, lui avait défini ainsi les
sentiments de son gouvernement: «En 1830, nous avons vu avec regret la
révolution. En 1837, nous ne verrions pas avec un moindre regret une
révolution en France. Nous désirons ardemment le maintien de la
dynastie.» Et notre ambassadeur ajoutait: «Ces paroles résument la
situation en Prusse[402].» Il n'était pas jusqu'en Russie, où notre
gouvernement n'eût gagné en considération. M. de Barante écrivait de
Saint-Pétersbourg, le 22 octobre 1837: «Au dehors, du moins du côté où
je suis, la réputation de sagesse et de fermeté du Roi fait, de jour
en jour, du progrès... Il y a satisfaction à représenter la
France[403].» Le Czar lui-même se prenait de goût pour M. Molé[404];
événement plus nouveau et plus extraordinaire encore, il faisait
l'éloge de Louis-Philippe. «Sa conduite, disait-il au ministre de
Prusse, est aussi bonne que le permettent des circonstances
difficiles. C'est évidemment un souverain fort habile; il est plus fin
que nous tous[405].» Avec Nicolas, il est vrai, ces justices n'étaient
que passagères; la passion reprenait bientôt le dessus, mais sans
pouvoir nous nuire beaucoup, car toutes les fois que, dans sa haine
contre le gouvernement de 1830, ce prince faisait mine de passer des
paroles aux actes, l'Autriche et la Prusse l'obligeaient de s'arrêter
en refusant de le suivre. Leurs ambassadeurs à Saint-Pétersbourg, M.
de Ficquelmont et M. Libbermann, avaient même pour instruction
«d'amener le Czar à une meilleure appréciation de l'état de la
France[406]».
[Note 396: _Mémoires de Metternich_, t. VI, p. 195; cf. aussi p. 276 à
279.]
[Note 397: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 11 septembre
1837. (_Documents inédits._)]
[Note 398: _Mémoires de Metternich_, t. VI, p. 195, 276.]
[Note 399: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 9 septembre
1838.--Seulement notre spirituel ambassadeur, quelques semaines plus
tard, après avoir transmis à M. Molé de nouveaux compliments de M. de
Metternich, ajoutait: «Je vous garantis les paroles; mais quant aux
sentiments, je vous prie de croire encore un peu plus à la sincérité
de ceux que je vous porte.» Lettre du 22 décembre 1838. (_Documents
inédits._)]
[Note 400: _Mémoires de Metternich_, t. VI, p. 161, 162, 185.]
[Note 401: _Ibid._, p. 347.]
[Note 402: _Documents inédits._]
[Note 403: _Ibid._]
[Note 404: Lettre de M. de Barante à M. Bresson. (_Ibid._)]
[Note 405: Lettre du même à M. Molé, 30 décembre 1837. (_Ibid._)]
[Note 406: Dépêche de M. Molé à M. de Barante, du 17 novembre 1837, et
lettre de M. Bresson à M. Molé, du 31 décembre 1837. (_Documents
inédits._)]