-- J'ai l'honneur de me rendre aux ordres de madame la
princesse... elle sait qu'elle peut toujours compter sur moi.
-- En effet, j'y compte, monsieur Tripeaud, et surtout dans cette
circonstance.
-- Si les intentions de madame la princesse sont toujours les
mêmes au sujet de Mlle de Cardoville...
-- Toujours, monsieur, et c'est pour cela que nous nous réunissons
aujourd'hui.
-- Madame la princesse peut être assurée de mon concours, ainsi
que je le lui ai déjà promis... Je crois aussi que la plus grande
sévérité doit être enfin employée... et que même s'il était
nécessaire de...
-- C'est aussi notre opinion, se hâta de dire le marquis en
faisant un signe à la princesse et lui montrant d'un regard
l'endroit où était caché l'homme aux lunettes; nous sommes tous
parfaitement d'accord, reprit-il; seulement, convenons encore bien
de ne laisser aucun point douteux dans l'intérêt de cette jeune
personne, car son intérêt seul nous guide; provoquons sa sincérité
par tous les moyens possibles...
-- Mademoiselle vient d'arriver du pavillon du jardin; elle
demande si elle peut voir madame, dit le valet de chambre en se
présentant de nouveau après avoir frappé.
-- Dites à mademoiselle que je l'attends, dit la princesse; et
maintenant, je n'y suis pour personne... sans exception... vous
l'entendez?... pour personne absolument...
Puis, soulevant la portière derrière laquelle l'homme était caché,
Mme de Saint-Dizier lui fit un signe d'intelligence, et la
princesse rentra dans le salon.
Chose étrange, pendant le peu de temps qui précéda l'arrivée
d'Adrienne, les différents acteurs de cette scène semblèrent
inquiets, embarrassés, comme s'ils eussent vaguement redouté sa
présence.
Au bout d'une minute, Mlle de Cardoville entra chez sa tante.