NOTE 13.

Le rappel des gardes-du-corps donna lieu à une anecdote qui mérite d'être

rapportée. La reine se plaignait à M. de Lafayette de ce que le roi n'était

pas libre, et elle en donnait pour preuve que le service du château était

fait par la garde nationale et non par les gardes-du-corps. M. de Lafayette

lui demanda aussitôt si elle verrait avec plaisir le rappel de ces

derniers. La reine hésita d'abord à lui répondre, mais n'osa pas refuser

l'offre que lui fit le général de provoquer ce rappel. Aussitôt il se

rendit à la municipalité, qui, à son instigation, fit la demande officielle

au roi de rappeler ses gardes-du-corps, en offrant de partager avec eux le

service du château. Le roi et la reine ne virent par cette demande avec

peine; mais on leur en fit bientôt sentir les conséquences, et ceux qui ne

voulaient pas qu'ils parussent libres les engagèrent à répondre par un

refus. Cependant le refus était difficile à motiver, et la reine, à

laquelle on confiait souvent des commissions difficiles, fut chargée de

dire à M. de Lafayette qu'on n'acceptait pas la proposition de la

municipalité. Le motif qu'elle en donna, c'est qu'on ne voulait pas exposer

les gardes-du-corps à être massacrés. Cependant M. de Lafayette venait d'en

rencontrer un qui se promenait en uniforme au Palais-Royal. Il rapporta ce

fait à la reine, qui fut encore plus embarrassée, mais qui persista dans

l'intention qu'elle était chargée d'exprimer.

Histoire de la Révolution française, Tome 01 · 第 53 / 73 题