NOTE 14.

Le discours de Monsieur, à l'Hôtel-de-Ville, renferme un passage trop

important pour n'être pas rappelé ici.

«Quant à mes opinions personnelles, dit ce personnage auguste, j'en

parlerai avec confiance à mes concitoyens. Depuis le jour où, dans la

seconde assemblée des notables, je me déclarai sur la question fondamentale

qui divisait les esprits, je n'ai cessé de croire qu'une grande révolution

était prête; que le roi, par ses intentions, ses vertus et son rang

suprême, devait en être le chef, puis qu'elle ne pouvait être avantageuse à

la nation sans l'être également au monarque; enfin, que l'autorité royale

devait être le rempart de la liberté nationale; et la liberté nationale la

base de l'autorité royale. Que l'on cite une seule de mes actions, un seul

de mes discours qui ait démenti ces principes, qui ait montré que, dans

quelque circonstance où j'aie été placé, le bonheur du roi, celui du

peuple, aient cessé d'être l'unique objet de mes pensées et de mes vues:

jusque-là, j'ai le droit d'être cru sur ma parole, je n'ai jamais changé de

sentimens et de principes, et je n'en changerai jamais.»

Histoire de la Révolution française, Tome 01 · 第 54 / 73 题