GRELON, s. m. Écrivez et prononcez «Grêlon.»

GREMILLETTE, s. f. (_ll_ mouillés.) Lézard gris, lézard de

murailles. [P. G.] Dans le patois de Rolle (canton de Vaud) on

dit: _Gremeillette_.

GREMOLLION ou GREMAILLON, s. m. Grumeau, portion durcie d'un

liquide. _La soupe s'était mise en gremollions. Notre pauvre

Estelle vomissait des gremollions de sang._ Terme connu aussi

chez nos voisins du canton de Vaud. Dans le Berry et en Lorraine

on dit: _Gremillion_.

GRENÉ, ÉE, adj. _Épi grené._ Terme méridional et vieux français.

Dites: «Épi grenu.» Le verbe «grener» est français.

GRENETTE, s. f. Ce mot signifiait jadis: Marché aux grains; et

c'est le nom que porte encore aujourd'hui notre halle au blé.

Terme vaudois, savoisien, etc.

GRENETTE, s. f. Semen contra, poudre contre les vers, barbotine.

GRENIER À LESSIVE, s. m. Séchoir, sécherie, étendage.

GRENOUILLE, s. f. (fig.) Sorte de petit instrument formé d'une

tête de bouteille recouverte d'un morceau de parchemin traversé

par du crin. En le faisant tourner comme une crécelle, il imite

assez bien le cri des _grenouilles_, quand elles commencent à

crier au printemps. [P. G.]

GRÈSE, adj. fém. Voyez GRÈZE.

GRÉSILLER, v. neutre. Croquer sous la dent, comme le pain

lorsqu'il s'y est mêlé du sable ou du menu gravier. En Languedoc

on dit: _Gréziner_.

GREUBE, s. f. Tuf, terre sèche et dure qui sert à écurer, à

nettoyer les ustensiles de cuisine, les tablettes de sapin, etc.

_Patte à greube._ Terme suisse-roman et savoisien. Le vendeur

de greube s'appelle, dans notre patois: _Le greubi_.

GREUBIÈRE, s. f. Carrière d'où l'on tire la _greube_.

GREUBONS, s. m. pl. Peau croustillante qui reste quand on vient de

fondre du lard. _Un plat de greubons._ A Neuchâtel et dans

quelques parties du canton de Vaud, on dit: _Grabon_; dans

l'allemand-suisse, _Grieben_.

GREUGER, v. a. Gruger, friper, dissiper en folles dépenses. _Il

avait hérité trois mille francs: c'est tout greugé._ En vieux

français, _gréuge_ signifie: Perte, dommage.

GREULER, v. actif. Secouer un arbre pour en faire tomber les

fruits. _Greuler un cerisier, greuler un pommier._ En Savoie on

dit: _Creuler_; en Franche-Comté, _crôler_; en vieux français,

_crosler_ et _crouller_. Figurément et familièrement, _creuler_

s'emploie dans le sens de: Questionner quelqu'un, lui arracher

des nouvelles, le forcer, de façon ou d'autre, à dire ce qu'il

sait et qu'il se soucie peu ou point de raconter. _Nous l'avons

tant pressé, nous l'avons tant greulé, qu'il a fini par nous

débiter tout le journal._ Voyez le mot suivant.

GREULER, v. neutre. Grelotter, trembler de froid ou de peur. _Ce

pauvre diable, blotti dans un fossé, greulait comme la feuille

du tremble._ Terme suisse-roman, qu'on retrouve tel quel dans le

patois lorrain. Dans le Jura on dit: _Grouller_; en Bourgogne et

en vieux français, _gruler_. Nous disons à l'actif: _Greuler la

fièvre_, pour: Trembler la fièvre, avoir le tremblement qui

résulte de la fièvre. Nos campagnards disent en ce même sens ou

sens analogue: _Greuler le marmot_.

GREULETTE ou GREULAISON, s. f. Frisson, tremblement que donne la

fièvre ou la peur. _Avoir la greulette; avoir la greulaison._

Cette dernière expression est surtout familière aux campagnards.

GREULETTE, s. f. Sorte de terrine appelée aussi: _Grailette_.

GRÉVÉ, VÉE, adj. et part. _Un fonds grévé; un domaine grévé

d'hypothèques._ On doit écrire et prononcer «Grever,» sans

accent sur l'_e_.

GREVURE, s. f. Blessure. Ce terme vieillit.

GRÈZE ou GRÈSE, adj. f. _Soie grèze._ Soie qui est tirée de dessus

le coton. Terme lyonnais. Dites: «Soie grége.»

GRIBICHE, s. f. Signifie: 1º Femme ou fille maligne, méchante,

pie-grièche; 2º Et plus souvent, Fille ou femme de mœurs

dissolues. En Normandie, _gribiche_ se dit d'une vieille femme

méchante dont on fait peur aux enfants.

GRIE, s. f. Plâtre gris, gypse. Terme de nos campagnards et de

ceux du canton de Vaud. Il existe à Bernex une ancienne carrière

de _grie_, qui a fait donner le nom de _grisse_ aux terrains

environnants.

GRIFFÉE, s. f. Griffade, coup de griffe.

GRILLE, s. f. Cheville du pied. _S'écorcher la grille._ Terme

suisse-roman, savoisien et franc-comtois.

GRILLER, v. a. Rôtir. _Griller du café; griller des châtaignes;

griller des glands._ Terme savoisien. En français «Griller»

signifie: Rôtir sur le gril. «J'avais couché mes pincettes sur

la braise pour faire griller mon pain.» [Xav. DE MAISTRE,

_Voyage autour de ma chambre_, ch. VIII.]

GRILLET, s. m. (LL mouillés.) Sorte d'insecte. _Le cri des

grillets. Un trou de grillet._ Terme suisse-roman, savoisien,

lyonnais, franc-comtois et méridional. En Poitou et dans le

Berry on dit: _Grelet_; en limousin et en vieux français,

_gril_. Les dictionnaires et le bon usage veulent qu'on dise:

«Grillon.» R. lat. _gryllus_.

GRILLOIRE, s. f. Sorte de petite casserole à manche, surmontée

d'un couvercle, et qui sert à rôtir le café. Dans le canton de

Vaud on dit: _Un grilloir. Le grilloir à café_.

GRILLOIRE, s. f. (fig.) Endroit où la chaleur est insupportable;

endroit où l'on grille. _Ce cabinet au midi est une grilloire

pendant l'été._

GRILLOTTER, v. actif. Griller, frire.

GRIMPER, v. n. Dans notre langage énergique, _faire grimper les

murs à quelqu'un_, signifie: L'impatienter outre mesure, le

vexer, le dépiter à l'excès. Les dictionnaires disent en ce même

sens: «Faire sauter quelqu'un au plancher, le faire sauter aux

nues.» On dit en Languedoc: _Faire monter quelqu'un au ciel sans

échelle_.

GRIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau bien connu. Au sens figuré,

nous appelons _grimpion, grimpionne_, celui ou celle qui cherche

par des politesses, par des avances répétées, par des

flatteries, à s'introduire, à se glisser dans une société plus

élevée, plus haut placée que la sienne. De là ont pris naissance

les phrases suivantes familières: _C'est un grimpion; il fait le

grimpion; elle fait la grimpionne. Ces jeunes époux veulent

grimper. Les grimpions doivent éprouver quelquefois de fameux

déboires_.

GRIMPIONNER, v. n. Faire le _grimpion_, faire la _grimpionne_. _Tu

ne t'aperçois pas que cette jeune femme veut absolument

grimpionner._

GRINGALET, ETTE, adj. Faible, chétif. _Cheval gringalet; veau

gringalet. Ton beau-frère est bien gringalet_, etc. Le

_Complément_ du dictionnaire de l'Académie, et le dictionnaire

de M. Bescherelle ne présentent ce mot que comme substantif, et

ne l'emploient qu'en parlant de l'homme. Nous l'employons

très-souvent comme adjectif, et nous lui donnons des sens fort

étendus.

GRINGE, adj. Triste, ennuyé, chagrin, de mauvaise humeur,

maussade, malingre. _Rosalie est toute gringe aujourd'hui, et je

crains qu'elle ne soit malade. Qu'avez-vous donc, Monsieur le

notaire? Vous paraissez sombre et préoccupé?--En effet, je

suis gringe. J'attendais mes enfants par le bateau à vapeur, et

voilà le bateau qui arrive sans eux._ Terme suisse-roman. Dans

le patois de l'évêché de Bâle, on dit: _Graigne_; en

Franche-Comté, _grigne_, et en Bourgogne, _greigne_; dans le

Berry, _grignaut_; dans le patois rouchi, _engraigné_. Tous ces

mots, qui sont fort usités, n'ont point de correspondants exacts

en français. Dans le dialecte normand, _grigner_ signifie: «Être

maussade.» En Picardie, _grigneux_ et _grignard_ veulent dire:

Pleurnicheur.

GRINGERIE, s. f. Mauvaise humeur, malingrerie. _Après une pareille

mésaventure, un peu de gringerie est bien permis._

GRIOTTE, s. f. En français, ce mot désigne une espèce de cerise

grosse et noirâtre, plus douce que les autres. En Suisse, au

contraire, nous appelons _griotte_ une cerise acide.

GRIPPÉ, ÉE, adj. Atteint de la grippe. _Toute la famille est

grippée._ Ce mot, si connu en Suisse et en France, n'est dans

aucun dictionnaire usuel.

GRISAILLE, s. f. Ribotte, excès de table, excès de boisson. [P.

G.]

GRISE, s. fém. Tour malin, malice, espièglerie. _En faire des

grises, en faire voir de grises_, signifie: Jouer des tours,

faire des malices, attraper, tourmenter. _Voilà un bambin qui en

fera voir de grises à son père et à sa mère. Vous m'en faites

des grises, malins enfants que vous êtes._ Locution dauphinoise,

limousine, etc.

GRISPER et GRISPOUILLER, v. a. Crisper, agacer, impatienter. _Cela

me grispouille_, c'est-à-dire: Cela me tarabuste.

GRISPILLE, s. f. Sorte de jeu ou d'amusement, appelé aussi

_tire-poils_, et en français: La gribouillette. [P. G.] _À la

grispille_, locution adverbiale, signifie: Au pillage. _Tout

était à la grispille dans cette maison._

GRISPILLER, v. a. Voler, filouter, friponner.

GRISSE ou GRITZE, s. m. Gruau d'avoine ou d'orge. Ce terme, usité

dans toute la Suisse romane, est formé du mot allemand _Grütze_,

qu'on prononce _gritze_, et qui a le même sens.

GROGNASSER, v. n. Grogner, se plaindre en grognant. Terme parisien

populaire.

GROGNE, s. f. Mauvaise humeur, disposition à se plaindre. _Avoir

la grogne._

GROGNER QUELQU'UN. Le gronder, le réprimander avec humeur. _Il

grogne tout son monde; il ne cesse de nous grogner._ «Grogner,»

verbe neutre, est français. «Cette femme ne fait que grogner.»

GROGNONNE, adj. et s. féminin. _Sa maladie l'a rendue un peu

grognonne._ Dites: «Grogneuse.»

GROLLE, s. f. Vieux soulier fort usé, savate. _Mettre des grolles.

Porter des grolles. Comment donc, Madame Bonnard? vous nous

donnez là du pain qui est sec comme de la grolle._ Terme vieux

français et français populaire.

GRONDÉE, s. f. Gronderie, réprimande. _Faire une grondée. Recevoir

une grondée._

GROS, s. m. _Le gros de l'hiver; le gros de l'été._ Dites: «Le

fort de l'hiver; le fort de l'été.»

GROS (LES). Les notables, les riches, les principaux de l'endroit.

_Nos gros se montrèrent, en toute occasion, humains et

charitables._

GROS, s. m. Terme de calligraphie. _Écrire en gros_, c'est Écrire

en gros caractères. Il faut dire: «Écrire la grosse.»

GROS, adj. _De gros en gros_, locution adverbiale. _Il consentit à

nous raconter de gros en gros cette singulière aventure_. Il

faut dire: «En gros.» Raconter en gros.

GROS-BLÉ, s. m. Nonnette, variété de froment. Le _gros-blé_

s'appelle aussi en français: «Blé barbu» et «Blé poulard.»

GROS-FORT, s. m. Grande absinthe, plante.

† GROS MAL, s. m. Haut mal, épilepsie, mal caduc. _Tomber du

gros mal._ Terme vaudois et savoisien. Dans le Limousin on dit:

_Le grand mal_.

GROS NEIRET ou GROS NOIRET, s. m. Canard garrot.

GROSSET, ETTE, adj. Un peu gros. _Un poulet grosset; une perdrix

grossette._

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 72 / 74 题