GABION, s. m. Bouge, cabinet qui sert de galetas. _Loger dans un
gabion._ En languedocien, _gabio_ veut dire: Une cage. En
provençal, _gabiolo_ signifie: Prison, maison de détention.
GÂCHE, s. f. Foin qui a crû dans un pré gâcheux.
GADIN, s. m. Layette; c'est-à-dire: Linge, langes, maillot et tout
ce qui est à l'usage d'un enfant nouveau-né. _Faire le gadin.
Donner le gadin._ Expression consacrée.
GADROUILLAGE, s. m. Action de _gadrouiller_, ou résultat de cette
action. _Faire un gadrouillage; faire des gadrouillages._
GADROUILLE, s. f. Mauvaise sauce, mauvaise boisson. _Ce n'est pas
de la soupe que vous nous donnez là: c'est une gadrouille, c'est
de la gadrouille._ Terme suisse-roman.
GADROUILLER, v. n. Se dit ordinairement des enfants, et signifie:
Tripoter avec de l'eau, agiter sans précaution ou salement de
l'eau avec les mains. _Les deux petites filles trouvèrent la
seille pleine, et se mirent à gadrouiller._ Terme suisse-roman.
Dans le dialecte rouchi on dit: _Gadouiller_; à Lyon,
_gabouiller_.
GADROUILLON, ONNE, subst. Celui ou celle qui _gadrouille_.
GAFOUILLER, v. a. et n. Tacher avec de l'eau sale, salir. Se dit
surtout des petits garçons et des petites filles. _On t'avait
mis ce matin un tablier propre, Elisabeth, et le voilà
gafouillé._ Au sens réfléchi, _se gafouiller_, signifie: Se
salir en tripotant avec de l'eau malpropre; en provençal,
_gaffouya_, barboter dans l'eau comme font les canards.
GAGE, s. m. _Le gage d'une domestique, le gage d'un cocher.
Augmenter le gage d'un commis._ Pris dans cette acception,
_gage_ ne s'emploie qu'au pluriel: «Payer les gages, diminuer
les gages.»
GAGER, s. m. Fripier.
GAGÈRE, s. f. _La gagère fera l'estime des meubles._ Terme vaudois
et savoisien. On dit en français: «Fripière.»
GAGNER, v. a. _Mr R** gagne d'être connu._ Dites: Mr R** gagne À
être connu. [_Acad._]
GAGNER À SON AVANTAGE. _À mesure que notre petite Alexandrine
grandit, elle gagne beaucoup à son avantage._ Gagne-t-on à son
désavantage?
GAGUI, s. f. Femme ou fille éhontée, dont la mise annonce le
désordre et la crapule. _Une dégoûtante gagui._ Terme vaudois et
neuchâtelois. Dans le vieux français, _gagui_ ou _gaguie_ se
disait d'une grosse femme, fraîche et enjouée.
GAI, GAIE, adj. Se dit figurément d'une chose qui est au large
dans sa place, dans son lieu. _Cette vis est trop gaie, trop
libre, elle ne tient pas. Ma tabatière était trop gaie, elle
s'est ouverte dans ma poche. Cette nourrice a le lait gai._
Terme dauphinois, lorrain, etc., qui n'a point d'équivalent
exact en français. Le dictionnaire de Trévoux [1721] avait
relevé ce sens, qui a été abandonné à tort par la plupart des
lexicographes subséquents. Laveaux l'a recueilli, mais il ne le
donne que comme terme de marine: Un mât libre.
GAIEMENT, adv. (Au sens figuré.) _Cette vis entre trop gaiement_,
c'est-à-dire: Elle est trop libre, elle ne serre pas assez.
GAILLEMÂFRER, v. a. Bâfrer, dissiper en excès de table.
GAILLEPAN, s. m. Mauvais drôle, chenapan, bandit, vagabond. En
Normandie, on dit: _Galapian_; dans le Berry et en Picardie,
_gaillepat_; dans le bas Limousin, _golopian_, etc.
GALAMAR, s. m. Écritoire. Voyez CALAMAR.
GALANCER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se balancer.
GALANDAGE, s. m. Cloison hourdée, cloison faite de bois et de
gypse. _Ce n'est pas un mur, c'est un simple galandage. Deux
coups de hache ont suffi pour enfoncer le galandage._ Terme
lyonnais. En Franche-Comté on dit: _Galandure_. Dans le canton
de Vaud, _un galandage_ est une cloison en briques.
GALAVARDE, s. f. Petite fille qui aime à courir avec les garçons,
ou qui en imite les manières. _Faire la galavarde._ Dans le
midi de la France, _galavard_ signifie: Goulu, goinfre,
gouliafre; dans le vieux français il signifie: Gros réjoui,
homme sans souci, vaurien.
GALAVARDER, v. n. Se dit des petites filles, et signifie:
Garçonner, imiter les ébats des garçons, faire des jeux de
garçons.
GALÈRE, s. f. Tombereau dont se servent les maçons et qu'ils
traînent eux-mêmes. _Tirer la galère; transporter du mortier
dans la galère._
GALETAS, s. m. Ce mot ne signifie pas: Grenier; il signifie: 1º
Logement pratiqué sous les combles; 2º Logement pauvre et mal en
ordre. [ACAD.]
GALIAUFRE, subst. des 2 genres. Gouliafre, goinfre, glouton. En
vieux français, _galiofe_.
GALIAUFRER, v. n. S'empiffrer, bâfrer, manger avidement et
malproprement.
GALIET, s. m. Caille-lait, sorte de plante.
GALIMAUFRÉE, s. f. Galimafrée, fricassée composée de restes de
viandes.
GALOP, s. m. Algarade, forte réprimande. _Donner un galop;
recevoir un galop; il a eu son galop._ Français populaire.
GAMBÉE, s. f. _D'une gambée on le vit franchir le ruisseau._ Nos
campagnards disent: _Une écambée. Faire une écambée_. Dans le
canton de Vaud, _cambée_; en Dauphiné, _jambée_. Le mot français
est: «Enjambée.»
GAMBER, v. a. _Gamber un fossé._ Le mot français est: Enjamber.
Nos campagnards disent: _Écamber. Écamber une gouille_. Dans le
canton de Vaud, _camber_. En vieux français, _gambe_ ou _cambe_
se disaient pour: «Jambe.»
GAMBION, s. m. Celui qui est contrefait des jambes, celui qui
boite en marchant; bancroche. On dit à Lyon: _Gambille_; dans le
Jura, en Bourgogne et dans le Berry, _gambi_; en Picardie,
_gambète_. Dans le dialecte provençal, _bouès gambi_ signifie:
«Bois tortu.»
GAMBIROLET, ETTE, s. et adj. Bancroche, qui a les jambes arquées.
En languedocien on dit: _Gambèrlié_.
GANDIN, s. m. Tapage, grand tapage, scandale. _Dis voir, Bosson,
quel gandin il y a eu cette nuit dans la montée._
GANDOISES, s. f. pl. Fariboles, sornettes, gravelures, fleurettes.
_Dire des gandoises; conter des gandoises._ Terme suisse-roman,
savoisien et méridional.