FROUILLE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.
FROUILLER, v. n. Tromper au jeu, tricher. _Si tu frouilles encore
une fois, je ne joue plus._ Terme suisse-roman.
FROUILLERIE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.
FROUILLEUR ou FROUILLON, s. m. Tricheur.
FROÛLER (SE), v. pron. Se frôler, se frotter.
† FROUMILIÈRE, s. f. _Détruire une froumilière._ Dites:
«Fourmilière.» Dans le Berry on dit: _Froumi_ pour: «fourmi;» en
vieux français, _fromi_; à Reims, _freumi_, et dans notre
patois, _fremi_.
FRUIT, s. m. _Manger un fruit. Mangeriez-vous un fruit?_ Cette
locution n'est pas admise. L'Académie et les grammairiens
veulent qu'on dise: Manger DU fruit, ou qu'on spécifie le fruit
dont il est question. «Mangeriez-vous une pêche? Mangeriez-vous
un abricot?»
FRUITE, s. f. Terme des campagnards. Cidre, vin de fruit. _Faire
la fruite._
FRUITIER, s. m. Fromager, celui qui fait le beurre et le fromage
dans les _fruitières_. Terme suisse-roman et franc-comtois.
FRUITIÈRE, s. f. Fromagerie, laiterie, établissement où l'on fait
le beurre et le fromage.
FUMERIE, s. f. Habitude de fumer du tabac, habitude de beaucoup
fumer. _Crois-moi, Gustave, renonce à la fumerie. La fumerie
prend chaque jour plus d'extension._
FUMET, s. m. Fumeron. _Prenez mon chauffe-pied, Fanchon, et
ôtez-en le fumet._ Terme vaudois, neuchâtelois et savoisien. On
dit en Lorraine: _Un fumant_.
FUMETERRE (LE). Plante très-commune dans les champs. Ce mot est du
genre féminin. «Une fumeterre.»
FUMIER, s. m. (fig.) Vieille chose, objet de rebut et qui
embarrasse dans une maison. _À notre prochain déménagement nous
nous débarrasserons de tous nos fumiers._
FUR ET MESURE (AU). _Travaillez sans crainte, on vous payera au
fur et mesure._ Il faut dire, selon les dictionnaires: «Au fur
et à mesure,» ou bien: «À fur et mesure,» ou: «À fur et à
mesure.»
FURON (LE). Le furet, amusement de société, qui consiste à se
passer l'un à l'autre un objet, une clef, par exemple, avec
assez de rapidité et d'adresse pour que cet objet échappe à la
personne qui doit le saisir. _Faire au furon. Jouer au furon._
«Il a passé par ici, le _furon_ du bois, Mesdames; il a passé
par ici, le _furon_ du bois joli.» Ces rimes se chantent pendant
que le _furon_ circule entre les joueurs. Le nom français de ce
jeu est: «Jeu de la savatte.»
FUSÉ, SÉE, adj. Se dit surtout du bois qui est vieux et vermoulu.
_Poutre fusée. Sapin fusé._ On appelle _linge fusé_, celui que
l'humidité, ou le soleil, ou le laps du temps ont endommagé. _Un
rideau fusé._
FUSÉES, s. f. pl. (fig.) _Faire des fusées._ Vomir. Dans le
langage parisien populaire on dit: _Jeter des fusées_. [Voyez le
_Dictionnaire du Bas langage_, t. II.]
FUSER (SE), v. pron. Se dit des personnes, et signifie: Tomber en
langueur, se consumer, dépérir. _Depuis la mort de son enfant,
cette jeune dame est inconsolable; elle ne dort plus, elle ne
mange plus, elle se fuse._ Ce verbe s'emploie aussi à l'actif:
_La jeune Éléonore a un esprit ardent et une imagination qui la
fusent_. Expressions remarquables, inconnues aux dictionnaires.
FUSTE, s. f. Sorte de tonneau. Terme suisse-roman et savoisien. En
provençal _fusto_, et en vieux français _fust_, signifient:
Pièce de bois de charpenterie. De ce mot _fust_ s'est formé le
vieux mot de _fusterie_, qui veut dire: Chantier, atelier de
charpenterie. Une de nos principales places publiques s'appelle
_Place de la Fusterie_.
FUSTIER, s. m. Marchand de planches, de chaux et de gypse. Terme
vieux français. Dans le midi de la France, _fustier_ signifie:
«Charpentier.»
G
† GABINET, s. m. _Un gabinet sur le devant. Un gabinet à six
fenêtres_, etc. Terme vieux français. On dit aujourd'hui:
«Cabinet.»