COURATIER, s. m. Voyez COURIATIER.
COURBATURE, s. f. Lassitude douloureuse.
COURBE, adj. des 2 genres. Courbé, courbée. _Il marche tout
courbe; elle se tient toute courbe._
COURGERON, s. m. Potiron, sorte de légume. _Peler des courgerons._
Terme suisse-roman et savoisien.
COURGE SAUVAGE, s. f. C'est le nom que nous donnons à une plante
appelée en français Couleuvrée ou Bryone. [P. G.]
COURIATER, v. neutre. Courir, perdre son temps, vagabonder. Se dit
surtout des jeunes garçons et des jeunes filles. _À çà,
Françoise, où avez-vous été couriater, que vous rentrez si
tard?--Couriater, Madame? Je me suis promenée tranquillement
avec mon amie._ Ce mot de _couriater_ n'a point d'équivalent
exact en français.
COURIATERIE, s. f. Action de _couriater_.
COURIATIER, IÈRE, ou COURATIER, IÈRE, s. et adj. Celui ou celle
qui perd son temps en courses de plaisir inutiles. Se dit
surtout des jeunes garçons et des jeunes filles. Terme connu
dans le Berry et sans doute ailleurs. En vieux français,
_couratier_ signifie: 1º Messager; 2º Courtier.
COURT (À). _Vous étiez à court d'argent; je suis à court de pommes
de terre; elle est à court de fascines_, etc. Dites: Vous étiez
court d'argent; je suis court de pommes de terre; elle est court
de fascines. Dans ces exemples, «Court» est un adjectif
invariable.
COURTE-BÛCHE, s. f. Courte-paille. _Tirer à la courte-bûche._
Terme suisse-roman. Voyez BÛCHE.
COURTI ou CORTI, s. m. Jardinet, petit jardin. Ce terme, qui
appartient au vieux français, est fort usité dans la Suisse
romane et dans la moitié de la France.
COURTIAUD, COURTIAUDE, s. et adj. Courtaud, courtaude; homme ou
femme d'une taille ramassée et trapue. _Un petit courtiaud; un
gros courtiaud; une courtiaude réjouie._ On dit quelquefois au
féminin: _Courtiaule_.
COUSINER, v. n. _Cousiner_ n'est pas un verbe neutre. On ne doit
pas dire: _Cousiner avec quelqu'un; il cousine avec tous ceux de
son village; les Vaudois, dit-on, cousinent beaucoup_.
«Cousiner» est un verbe actif. On dira donc: Cousiner quelqu'un;
il cousine tous ceux de son village; les Vaudois se cousinent
beaucoup.
COÛTE, s. f. Coût, dépense, frais.
COUTEAU, s. m. (fig.) Rayon de miel.
COUTEAU DE BOIS, s. m. Plioir, petit instrument fort connu, que
nous appelons aussi, mais improprement, _couteau de papier_.
Terme français populaire.
† COUTELAR, s. m. Coutelas. Dans le patois bressan on dit:
_Cutelar_.
COUTELER, v. a. Faire une blessure avec un couteau. _Se couteler_,
v. récip. S'écharper. Terme vaudois.
COÛTE QUI COÛTE. Expression rapide et concise qui signifie: À
quelque prix que ce soit. _Coûte qui coûte, je veux en finir
avec mon procès._ L'expression française est: Coûte que coûte.
COÛTES, s. f. pl. _Vivre aux coûtes de quelqu'un, être sur les
coûtes de quelqu'un_, signifie: Être à la charge de quelqu'un,
vivre à ses dépens. _Ce jeune homme est depuis deux ans sur les
coûtes de sa grand'mère._ On dirait, en français: Ce jeune homme
est depuis deux ans sur les crochets de sa grand'mère.
COUTHIONS, s. m. pl. _Jouer aux couthions._ Ce jeu, fort en usage
dans diverses communes du bassin de Genève, se joue entre filles
et garçons le jour de Pâques, et quelquefois le lendemain. Il
consiste à lancer des bâtons retordus et recourbés qu'on dirige
contre une baguette appelée _margale_. Celui qui s'est le plus
éloigné de la margale, en jouant, perd quelque chose. Le jeu se
termine à la nuit par un régal, où l'on dépense l'argent qui a
été perdu. [P. G.]
COUTUME, s. f. Nous disons: _Avoir de coutume_, pour: Avoir
coutume. _Nous avions de coutume d'aller ensemble après dîner
boire la demi-tasse._ Expression vieillie, qui a disparu des
dictionnaires.
COUTURE RENTRÉE. Terme de couturière. Rentraiture.
COUVASSER, v. n. Se dit d'une poule qui cherche à couver.
COUVÉ, adj. masc. Ce que nous appelons _œuf couvé_ s'appelle en
français «Œuf couvi,» c'est-à-dire: Œuf à demi couvé, œuf
gâté.
COUVERT, s. m. Couvercle. _Un pot et son couvert; une boîte et son
couvert._ Terme suisse-roman, franc-comtois et méridional.
COUVERTE, s. f. Couverture. _La couverte du lit. Changer de
couverte. Couverte de coton._ Au dix-septième siècle, les
grammairiens français attaquaient déjà ce barbarisme, lequel
cependant est resté vivace en France, en Suisse et en Savoie.
COVET, s. m. Couvet, vase de fer-blanc ou de terre, dans lequel on
tient de la braise allumée, et dont quelques femmes se servent
en guise de chaufferette. A Paris on dit populairement:
_Couvot_. Ces mots viennent probablement du verbe «Couver,»
parce que les femmes semblent, en quelque sorte, s'accroupir sur
ce meuble, comme la poule sur ses œufs.
CRA, s. m. (_a_ bref.) Crasse attachée à la peau de la tête d'un
enfant. Terme vaudois.
CRA (À), loc. adv. Voyez À CRA.
CRACHE, s. f. Salive.
CRACHÉE, s. f. Très-petite quantité. Ne s'emploie guère que dans
cette expression: _Une crachée de neige_.
CRAINTE DE. De crainte de. _Crainte des gendarmes, les deux filous
disparurent. Crainte des brigands, nos voyageurs prirent une
escorte._ Dans le style familier, «Crainte de» peut se dire en
parlant des choses: «Crainte de malheur, crainte d'accident;»
mais il ne se dit jamais des personnes.
CRAINTE DE. _Crainte de tomber, marchez doucement; crainte de vous
égarer, prenez un guide._ Ces phrases sont incorrectes; il faut
ajouter la préposition, et dire: «De crainte de tomber, de
crainte de vous égarer,» etc.
CRAINTE QUE. _Crainte qu'on ne nous dérange, sortons d'ici.
Crainte qu'il ne s'échappe, tiens-le bien._ Dites, avec la
préposition: «De crainte que,» etc.
CRAINTER, v. n. Terme rural. Se dit principalement du raisin et
signifie: Rester petit. _Les raisins ont crainté_ (ils n'ont pu
acquérir leur grosseur accoutumée).
CRAINTER, v. n. Terme rural. Secouer avec vitesse le van sur l'un
et l'autre genou pour en faire sortir les épis et les mauvais
grains. [P. G.]
CRAMARINS, s. m. pl. Terme des campagnards. Groseilles rouges.
CRAMOISIN ou CARMOISIN, s. m. La grosse blanquette, sorte de
poire. Nous disons aussi adjectivement: _Une poire cramoisin_.
Dans le dialecte languedocien, _cramoisin_ et _cramoisien_
signifient: «Cramoisi.»
CRAMPON, s. m. Ne dites pas: _Le crampon d'une boucle_, mais
«L'ardillon d'une boucle.» [P. G.]
CRAPAUD, s. m. (fig.) Terme injurieux qui équivaut à: Polisson,
mauvais drôle. En français, «Crapaud, vilain crapaud,» se disent
d'un homme très-disgracié de la nature. [_Dictionnaire_ de
BESCHERELLE.]
CRÂPE, s. f. Celle qui mène une vie dissolue. De ce mot peuvent
dériver les mots «Crapule» et «Crapuleux.»
CRAQUER, v. n. Nous disons: _Les dents lui craquent_. On dit en
français: Les dents lui claquent.
CRASANE, s. f. Sorte de poire d'hiver. _De bonnes crasanes. Une
livre de poires crasanes._ C'est l'orthographe du dictionnaire
de Trévoux. Mais GATTEL, BOISTE, NOËL ET CHAPSAL, BESCHERELLE,
et Mr PAUTEX, dans son _Vocabulaire_, écrivent: _Crassane_;
l'Académie française préfère _Cresane_; à Reims, à Gap et
ailleurs, on dit: _Cressane_; le peuple de Paris prononce
_Creusane_. Voilà, certes, de quoi choisir.
CRASE, s. f. Berge, falaise, rive escarpée. _Les crases de l'Arve,
au-dessus de Champel._
CRASET, ETTE, s. Se dit d'une personne petite, maigre et chétive.
_Viens-y, craset, viens, que je te giffle. Mettez bien vite à la
raison ce craset._ Terme vaudois.