BOUFFISURE, s. f. Écrivez et prononcez «Bouffissure.»

BOUGER, v. n. Nous disons de quelqu'un qui, par frayeur, demeure

immobile: _Il n'ose ni bouger, ni griller. Elle voyait le voleur

se glisser dans la salle voisine, et, blottie dans l'angle du

mur, elle n'osait ni bouger, ni griller._

BOUGER, v. a. Remuer, ôter de sa place, changer de sa place.

_Bouger une table; bouger un canapé_: phrases vicieuses, puisque

le verbe _bouger_ n'est pas actif. On ne doit pas dire non plus:

_Se bouger_, pour: Se remuer, se déplacer, changer de place.

_Bouge-toi de là, paresseux! Te bougeras-tu quand je te parle?_

Terme gascon et vieux français.

BOUGILLER, v. n. Bouger sans cesse. _L'ennuyeux enfant, qui ne

fait que bougiller! Auras-tu bientôt assez bougillé?_ Terme

savoisien.

BOUGILLON, BOUGILLONNE, adj. et s. Mièvre, qui change toujours de

place, qui ne peut se tenir en repos, qui est incommode par ses

perpétuels déplacements. _Faire le bougillon. Tu es bien

bougillonne, Alexandrine. Votre jeune écolier est un enfant

étourdi et bougillon._ M. Bescherelle, qui a recueilli ce mot,

ne le donne que comme substantif; nous l'employons fréquemment

comme adjectif.

BOUGILLONNAGE, s. m. Action de _bougiller_.

BOUGILLONNER, v. n. Se dit des personnes, principalement des

enfants, et signifie: Être dans un mouvement continuel et

fatigant.

BOUGNET, ETTE, adj. Se dit des enfants et signifie: Joli, gentil,

mignon. Voyez le mot suivant.

BOUGNON, adj. et s. des 2 genres. Joli, gentil, mignon. _Un

bougnon d'enfant. Cette petite est bougnon. Quel bougnon que

votre Amélie!_

BOUÏE, s. f. Petite lessive. _Tu fais la lessive, Madelon?--Non,

Madame, ce n'est qu'une bouïe._ Les mots _Bouïe_ et _buie_ se

disent en Suisse, en Savoie, en Bourgogne et dans le Lyonnais;

_bouaye_ ou _boaïe_ se disent dans les Vosges; enfin le vieux

mot de _buée_ est encore d'un fréquent usage dans plusieurs

provinces du nord et de l'orient de la France.

BOUILLIR, v. n. et a. Ce verbe est estropié dans les phrases

suivantes: _Quand ma servante me répondait avec ce mauvais ton,

je bouillissais_ (je bouillais). _Eh bien, Jacqueline,

qu'attendez-vous là, plantée comme une idoine?--Pardine, Madame,

j'attends que ce maudit coquemar bouillisse_ (bouille).--_Eh! ne

voyez-vous pas qu'il bouillit_ (qu'il bout), _et que moi aussi

je bouillis d'impatience_ (je bous d'impatience) _en voyant vos

patetages?_

BOUILLON, s. m. Pluie, grosse pluie, averse. _Nous allons avoir du

bouillon._ A Rennes, _mettre les pieds dans le bouillon_,

signifie: Mettre les pieds dans la crotte.

BOUILLON À LA REINE, s. m. Lait de poule. _Prendre un bouillon à

la reine._ Terme languedocien, etc.

BOUILLON BLANC. Breuvage empoisonné. _Elle fit tout doucettement

prendre au cher homme un bouillon blanc,... et ni vu ni connu._

On dit en français, dans le même sens: Administrer un bouillon

d'onze heures.

BOUILLON POINTU, s. Lavement. Français populaire.

BOUION, s. m. Petite lessive, petite _bouïe_.

BOULANT, adj. m. Voyez BOLANT.

BOULE, s. f. Nous disons figurément: _Perdre la boule_, pour:

Perdre la tête, se troubler dans un discours, perdre le fil de

ses idées. _Avant l'audience, il parlait crânement et avec un

flux de paroles; arrivé devant le juge, il perdit la boule, et

balbutia._ Expression signalée aussi dans le _Dictionnaire

jurassien_ de M. MONNIER.

BOULE, s. f. Nous disons figurément: _Tenir pied en boule_, pour

signifier: Être assidu, être appliqué. On dit en français: Tenir

pied à boule.

BOULEVARI, s. m. Grand bruit, grand tapage, grand désordre. _Un

boulevari assourdissant._ Terme français populaire. A Reims on

dit: _Houlvari_. Le dictionnaire de l'Académie dit: «Hourvari.»

BOULI, s. m. _Du bouli; un bon bouli._ Terme français populaire.

Écrivez et prononcez «Bouilli,» en mouillant les _ll_.

BOURANFLE ou BOURENFLE, adj. Enflé, bouffi. _Un visage bouranfle;

des joues bouranfles. Tu es aujourd'hui un peu bouranfle._ Terme

suisse-roman et savoisien. En provençal, _boudenfle_; dans le

dictionnaire de Cotgrave [édition de 1650], on trouve

_bourranflé_.

BOURDIFAILLE, s. f. Sorte de pâtisserie.

BOURDIFAILLE, s. f. Femme sans tête, femme étourdie et négligente.

Dans l'_Album de la Suisse romane_, tome I, page 122, Mr J.-Fr.

Chaponnière a tracé un spirituel portrait de la _Bourdifaille_.

Nous y renvoyons nos lecteurs. _Bourdifaiho_, en provençal, veut

dire: Ravauderies, bagatelles, guenilles, rebuts. A Neuchâtel,

_bourdifaille_ est synonyme de «Canaille.»

BOURGUIGNÔTE, s. f. Bourguignonne, paysanne du Jura. _Votre dame

est aussi marchandeuse qu'une bourguignôte._ On disait dans le

vieux français: _À la Bourguignôte_, pour signifier: A la façon

des Bourguignons.

BOURI! BOURI! Cri dont on se sert dans nos basses cours pour

appeler les canards. En Normandie et dans le vieux français,

_bourre_ signifie: «Canard;» dans le patois lorrain on dit:

_Bouorre_. Dans le patois vaudois, _bourita_ est le nom de la

femelle du canard.

† BOURIAUDER, v. a. Tourmenter, faire souffrir.

BOURILLON, s. m. Nombril. Dans le patois du Jura on dit:

_Berelion_; dans le patois de la Bresse, _beurelion_. Dans le

dialecte languedocien, _bourillon_ signifie: «Bourgeon.»

BOURNEAU, s. m. Nous appelons _bourneau_: 1º Le tuyau de bois, de

grès ou de terre cuite, destiné à conduire l'eau à une fontaine;

2º Par extension, la fontaine elle-même. _Le bourneau du Molard.

La conche d'un bourneau. Tomber dans le bourneau. Changer les

bourneaux. Les bourneaux sont arrêtés._ Terme suisse-roman et

savoisien. Dans le midi de la France et en vieux français,

_bourneau_ a le sens de Tuyau de grès ou de terre cuite.

BOURRAIN, s. m. Brisures de menu bois, menues parcelles qui se

détachent des fagots entassés dans un grenier. _Une poignée de

bourrain. Ramasser du bourrain._ En français, _bourrée_

signifie: «Bois menu et mauvais.» A Rennes, les balayeurs

s'appellent _des bourriers_.

BOURRATIF, IVE, adj. Se dit d'un mets qui bourre et rassasie

promptement. _Nos matafans et nos châchauds à la drachée sont

bourratifs._ Terme un peu trivial.

BOURREAUDE, s. f. Femme qui se livre à des actes de cruauté.

_Voyez cette bourreaude qui va noyer elle-même son chat._

BOURREAUDER, v. a. Faire souffrir, tourmenter. _Bourreauder un

chien; bourreauder un lapin. Bourreauder un petit enfant._ Terme

suisse-roman et savoisien, connu aussi dans le nord de la

France. _Bourreauder une poupée_, c'est: La gâter, l'abîmer. En

Franche-Comté, _bourreauder un ouvrage_, c'est: Le bousiller, le

faire avec précipitation et sans soin.

BOURREAUDEUR, BOURREAUDEUSE, s. Se disent quelquefois pour:

Bourreau, _bourreaude_.

BOURRÉE, s. f. Fougade, travail acharné mais court; effort

considérable, mais qui dure peu. _Travailler par bourrées._ En

Languedoc on dit: _Bourrade; donner une bourrade_. A Rumilly

(Savoie), _une bourrée de mal de ventre_, c'est: Une douleur

violente, mais courte, de mal de ventre.

BOURRÉE, s. f. Bourrade, rebuffade, réprimande faite avec humeur,

avec dureté et avec une sorte d'éclat. _Faire une bourrée._

«Bourrer» est français dans le sens de Tancer durement et en

élevant la voix.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 35 / 74 题