BANDOULIÈRE, s. f. Marmotte, mentonnière, mouchoir passé en bande
autour de la tête. _Puisque tu souffres des dents, mets-toi une
bandoulière._
BAN-NER, v. n. Terme culinaire. Languir. _Ne laisse pas ta viande
ban-ner près du feu._ On dit plus souvent: _Bon-ner_.
BANQUE, s. f. Comptoir, table à compter, table à serrer l'argent.
_S'asseoir à la banque. Les voleurs crochetèrent les tiroirs de
la banque._ Terme suisse-roman.
BARA, s. m. Petite boîte, en forme de baril, destinée à recevoir
de l'argent ou des rouages d'horlogerie.
BARACAN, s. m. Bouracan, sorte de gros camelot.
BARAQUETTES, s. f. pl. Souliers minces pour la danse, escarpins.
BARAQUIN, s. m. Petite gamelle que les soldats ajustent et portent
derrière leur havre-sac.
BARBADIAN, s. f. Salsifis sauvage, plante de rebut appelée aussi
Barbe de bouc et Barbouquin. Nous disons d'une chose ou d'une
personne dont nous ne faisons aucun cas: _C'est de la barbadian;
ce n'est que de la barbadian_; c'est-à-dire: C'est moins que
rien. _Barbe-à-Dian_ est un mot patois qui signifie: «barbe de
Jean.»
BARBICHON, s. m. Terme dérisoire. Adolescent, jeune homme qui a
une barbe naissante. Français populaire.
BARBOT, s. m. Les campagnards appellent _raves au barbot_ les
raves bouillies. Ce mot est très-ancien chez nous, puisqu'on le
trouve déjà dans la _Chanson de l'Escalade_ (1602). Voyez le mot
BARBOTER, no 2.
BARBOTER, v. a. et n. Marmotter, parler entre les dents. _Que nous
barbotes-tu là?_ Terme picard, provençal et vieux français.
«Barboter» est français dans une acception différente.
BARBOTER, v. n. Se dit d'un liquide qui cuit à gros bouillon. Dans
le patois vaudois on dit: _Barbotà_ et _borbotà_.
BARBOUILLON, s. m. Homme sans tenue et sans parole, homme qui a
son dit et son dédit; homme, par exemple, qui revient sur un
marché conclu verbalement, ou sur une promesse qu'il a faite de
bouche. _N'ayez rien à faire avec ce Rigollet: c'est un
barbouillon._ Terme suisse-roman et savoisien.
BARBUE, s. f. Terme rural. Provin avec sa racine. En Dauphiné,
_barbas_ a le même sens. R. _barbe_.
BARETTE, s. f. Serre-tête, sorte de coiffe.
BARFOU et BARFOLET, s. m. Terme de pêche. Sorte de filet à mailles
serrées. Une ordonnance de 1797 défendit de pêcher avec ce
filet.
BARGAGNER, v. n. Barguigner, hésiter.
BARGUIGNER, v. n. Nous disons que _le temps barguigne_, pour
signifier que le temps est douteux, et que l'on ne saurait
prévoir s'il pleuvra ou s'il fera beau. En français,
«Barguigner» ne se dit que des personnes, et signifie: Hésiter,
avoir de la peine à se décider, marchander.
BARICOLAGE, s. m. Bariolage.
BARICOLÉ, adj. Bariolé. _Habit baricolé; robe baricolée._ Terme
savoisien et lyonnais. Dans le canton de Vaud on dit:
_Baridolé_.
BARICOLER (SE), v. pron. S'attifer, se parer mignardement.
BARJAQUE, s. et adj. fém. Babillarde, bavarde, causeuse éternelle.
Terme suisse-roman, savoisien et méridional.
BARJAQUER, v. n. Caqueter, bavarder, babiller à outrance et
indiscrètement. En provençal on dit: _Barjka_.
BARJAQUERIE, s. f., et BARJACAGE, s. m. Caquet, babil incessant.
† BARON-MÊTRE, s. m. Baromètre. _Consulter le baron-mêtre._
Prononciation de nos campagnards.
BAROT, s. m. (_o_ bref.) Camion, haquet, charrette basse pour le
transport des marchandises. Terme vieux français, usité dans
diverses provinces du nord de la France.
BAROTTE, s. f. Brouette, tombereau. _Mener la barotte; traîner la
barotte._
BARRE. C'est le nom d'un jeu gymnastique fort connu. On dit en
France: «Jouer aux barres,» et en Suisse: _Jouer à barre_.
BARRER, v. a. (fig.) Serrer. _Avoir l'estomac barré. Le récit
de cet affreux accident lui avait barré l'estomac._ Expression
méridionale.
BARRICADE, s. f. Fête, collation que les paysans donnent à
l'épousée au sortir de l'église. _Faire une barricade._
BARRIÈRE D'ESCALIER, s. f. _Descendez avec précaution, et
tenez-vous à la barrière._ Le mot français est «Rampe.»
«Tenez-vous à la rampe.»
BARRIQUE (UN). Dites: Une barrique.
BARTAVELLE, s. f. En français, ce mot se dit d'une grosse perdrix
rouge. Nous l'employons pour désigner un grand causeur, un
babillard.
BAS, adv. _Se jeter bas du lit; sauter bas d'un cabriolet_. Dites:
Se jeter à bas du lit; sauter à bas d'un cabriolet.
BASANE, s. f. Surnom dérisoire donné aux soldats de l'ancienne
garnison.
† BASELI ou BASELIC, s. m. Plante de jardin. _Un vase de
baseli._ En Languedoc on dit: _Bazéli_; à Lyon, _baselic_. Il
faut écrire et prononcer «Basilic.»
BASOTER, v. n. Balbutier, hésiter, barguigner. _Tu es là à basoter
au lieu de répondre. Il n'y a pas à basoter, ni à tortiller._
BASOTTEUR, EUSE, s. Celui ou celle qui hésite, qui balbutie, qui
barguigne. Se prend toujours en mauvaise part.
BASQUE (UN). Un bâtard. Au féminin, _une basque_. Terme vaudois.
BASSEUR, s. f. _La basseur des eaux._ Expression utile, mais peu
usitée.
BASSIN, s. m. Homme ennuyeux, homme fatigant, homme _sciant_. _Ce
bassin de Z. Z** nous aborda et nous embêta. Personne ne pouvait
tenir avec ce bassin._
BASSINANT, ANTE, adj. Ennuyeux, fort ennuyeux, fort désagréable.
Se dit des personnes et des choses. _Individu bassinant; route
bassinante; travail bassinant._
BASSINE, s. f. Brasier, espèce de bassin de métal où l'on met de
la braise pour réchauffer une chambre, un magasin, un cabinet.
_Bassine à anse. Ébraiser la bassine. La bassine les a entêtés._
Le mot de «Bassine» est français, mais dans une acception un peu
différente.
BASSINER, v. a. Ennuyer, fatiguer, être à charge. _Va-t'en, tu me
bassines. Tout le monde s'est bassiné à cette soirée. Ça me
bassine bien d'avoir à sortir par cette pluie._ Expression
triviale. En Lorraine, _bassiner quelqu'un_ signifie: Lui faire
charivari. _On l'a bassiné trois jours de suite._ [Voyez J.-F.
MICHEL, _Dictionnaire des expressions vicieuses usitées en
Lorraine_, p. 19.]
BASSINET, s. m. _Cracher au bassinet._ Dites: Cracher au bassin;
c'est-à-dire: Boursiller à contre-cœur, contribuer forcément.
R. _bassin_, plat où l'on reçoit les offrandes à la messe; plat
destiné aux cueillettes. _Bassinet_, petit plat, petit bassin.
BATAILLE, s. f. Batterie, querelle où il y a des coups donnés.
_Une bataille de cabaret. Une bataille entre gamins._
BATAILLE, s. f. Nous appelons _Soupe à la bataille_ ce qu'on
appelle à Paris: «Potage à la julienne.»
BATAILLER (SE), v. récip. Se quereller. _Mes petits amis, ne
pourriez-vous pas vous amuser sans vous batailler?_ «Je dirai,
comme je le crois, que la paix vaut mieux que la liberté; qu'il
ne reste plus d'asile à la liberté sur la terre que dans le
cœur de l'homme juste, et que ce n'est pas la peine de _se
batailler_ pour le reste.» [J.-J. ROUSSEAU, _Lettre à M.
Moultou_, du 7 mars 1768.] _Se batailler_ n'est pas dans les
dictionnaires. On dit: «Batailler,» v. n.
BÂTARD, s. m. Longue et grosse scie.
BÂTE, s. f. Terme de couturière. Troussis. _Cette robe est trop
longue, on y fera une bâte._
BÂTIULE, s. f. Terme des campagnards. Sac plein de semence, qu'un
semeur porte en bandoulière lorsqu'il ensemence un champ. A
Rumilly (Savoie), on dit d'une personne qui a le bras en
écharpe: _Elle a le bras en bâtiule_. _Bâtiule_ est un diminutif
de «Bât.»
BATTE, s. f. Sorte d'étoffe grossière de laine. _Une robe de
batte; une jupe de batte._ Terme suisse-roman.
BATTIORER, v. a. Briser les tiges du chanvre ou du lin pour
détacher la filasse de la chènevotte. Terme vaudois et
savoisien. R. _battre_.
BATTIORET, s. m. Broie, instrument qui sert à briser les tiges du
chanvre ou du lin.
BATTRE, v. a. _Ne pas battre le coup_ est une expression familière
qui signifie: Ne s'occuper à rien, être désœuvré, fainéanter.
BATTRE À FROID, (fig.) Battre froid, être froid, témoigner de la
froideur ou de l'indifférence. _Je rencontrai hier Janeret au
café, et je battis froid avec lui._ Dites: «Je rencontrai hier
Janeret au café, et je lui battis froid.»
BATTRE À LA GRANGE. Battre en grange.
BATTRE ATOUT. Terme du jeu de cartes. Faire atout, jouer atout.
BATTRE BRIQUET. Dites, avec l'article: Battre LE briquet.
«Plusieurs battirent le briquet et allumèrent le cigare.» [CH.
NODIER, _Souvenirs et portraits_.]
BATTRE LA VIANDE. Mortifier la viande. _Du bœuf bien battu. En
Angleterre on bat la viande bien plus et bien mieux que chez
nous._
BATTUE, s. f. Babeurre, lait qui reste après qu'on a fait le
beurre. Terme vaudois, fribourgeois et savoisien. Dans le Valais
on dit: Du _battu_.
BAUCHE ou BÔCHE, s. f. Terme du jeu de boule. Pierre faisant
l'office de boule. _Jouer à la bauche._ Dans plusieurs villages
de notre canton, dans le Jura et dans le midi de la France,
_bauche_ signifie: «Boule.» _Jouer aux bôches_ (jouer à la
boule).
BAUCHER, v. a. Débuter, c'est-à-dire: Ôter, chasser avec sa boule
celle de son adversaire. _Bauche-moi cette boule; bauche-la en
place._ Terme vaudois, savoisien, lyonnais et méridional.
BAUME. Nom propre, qui n'est usité que dans cette locution
adverbiale: _Pas plus que de Baume_; c'est-à-dire: Pas du tout,
point du tout, absolument pas. _Tu voudrais que je m'inquiétasse
des cancans de nos commères? En vérité, je ne m'en soucie pas
plus que de Baume. Penses-tu qu'il pleuve ce soir?--Ce soir? Pas
plus que de Baume._ Selon le _Glossaire_ de Gaudy, cette
locution tire son origine du nom de _La Baume_, qui fut le
dernier évêque de Genève, à l'époque de la Réformation. Mais un
fait qui pourrait infirmer cette explication, c'est que d'autres
cantons de la Suisse française emploient aussi ce proverbe.
BAVARD, s. m. Nous employons fréquemment ce mot dans le sens de:
Railleur, moqueur, persifleur. _Croyez-vous, Monsieur, que je me
prenne à vos compliments? On sait assez que vous n'êtes qu'un
bavard._
BAVARDAGE, s. m. Moquerie, raillerie.
BAVARDER (SE), v. pron. Se moquer, se railler. _Ces malicieuses
filles se bavardaient des passants._ Nous disons, dans le même
sens, _bavarder_, v. n. _Vous étiez tous là, comme de grands
nigauds, à ricaner et à bavarder._
BAVERON, s. m. Bavette, serviette d'enfant qu'on attache sous le
menton. Terme français populaire. On disait en vieux français:
_Baverette_.
BAYU, s. m. Voyez BAÏU.
BÉ-À-BA, s. m. _Être au bé-à-ba_, signifie: N'en pouvoir plus,
être à quia, être réduit aux dernières extrémités. On le dit
d'une personne fort malade. On le dit surtout d'un homme à qui
le mauvais état de ses affaires ne laisse plus de ressources et
qui est aux derniers expédients. Terme suisse-roman et
savoisien.
BEAUCOUP, adv. Bien, fort, fortement. _Je crois beaucoup à un
orage pour ce soir. Dans notre cercle on croit beaucoup à la
paix._ Français populaire.
BÉBÉ (UNE). Une nigaude, une niaise qui est toujours bouche
béante. Dans le dialecte limousin on dit: Une _bêbio_, et en
Picardie, une _bébette_.
BEC-À-CORBIN, s. m. _Canne en bec-à-corbin._ Dites: Canne en bec
de corbin. _Corbin_, en vieux français, signifie: «Corbeau.»
BECFI, s. m. Bec-figue. _Le passage des becfis. Tirer des becfis._
Terme savoisien, bressan, lyonnais, etc.
BÉCHÉE, s. f. _Donner la béchée._ Terme français populaire et
vieux français. Dites: Donner la becquée.
BÉCHET, s. m. Trou fait à la glace dans un lieu propre à patiner.
_Prendre béchet_, se dit d'un patineur qui s'enfonce dans l'eau.
_Il a pris béchet jusqu'au cou._ En vieux français, _béchet_ ou
_baichet_ signifie: «Brochet.» Or comme, à Genève, on patine le
plus souvent sur des fossés qui contiennent des brochets, on a
dit, en plaisantant: _Il prend le béchet, il prend béchet_,
pour: «Il s'enfonce dans l'eau.»
BÉCUIT, s. m. Échauffement provenant d'une écorchure. _Avoir le
bécuit._ Dans le patois vaudois, _békoué_ se dit d'un enfant au
berceau dont la peau est écorchée.
BEGNULE, s. f. (Prononcez _be-niule_.) Femme ou fille sotte,
maladroite, sans capacité ni énergie.
BÉGUER, v. n. Bégayer. _Je crois vraiment qu'elle bègue; on dirait
qu'elle bègue._ Terme lyonnais, picard, normand, etc.
BEGUINE ou BÉGUINE, s. f. Bavolet, sorte de coiffe de toile que
portent nos paysannes, principalement celles qui sont âgées.
Terme suisse-roman et savoisien.
BELLES HEURES, s. f. pl. _Vous venez, Messieurs, à de belles
heures._ On dit en français: Vous venez à belle heure.
BELOSSE, s. f. Prunelle, prune sauvage, fruit du prunelier. Terme
suisse-roman, savoisien et vieux français. A Fribourg on dit:
_Bolosse_; à Lyon et dans le Jura, _pelosse_; en Normandie,
_bloche_. A Reims, on donne aux prunes le nom générique de
_balosses_.
BELUES ou BELURES, s. f. pl. Menus copeaux, qui se forment et
tombent sous le rabot. _Un sac de belues; allumer le feu avec
des belues._ Ne pourrait-on pas rapprocher le mot _belue_ ou
_blue_ du mot français «Bluette?»
BELSAMINE, s. f. _Semer des belsamines._ Terme français populaire.
Dites: Balsamine. R. _balsamum_, baume.
† BEL-Z-ET BIEN, loc. adv. Bel et bien. _Tout ça est bel-z-et
bien. Tout ça est bel-z-et bon, mais ça ne me va pas._ Cette
liaison et celles de _petit-z-à petit_ et de _peu-z-à peu_ ne
sont pas rares dans notre dialecte populaire.
BENAITON, s. m. Corbillon, sébile, paneton, panier d'osier rond,
de forme conique et sans anse, pour porter le pain au four. Dans
plusieurs provinces de France, ce panier s'appelle _banneton_;
dans la Bresse, dans le Mâconnais et en Savoie, on dit: _Benon_.
BENET, s. m. Écrivez et prononcez «Benêt.» Ce mot, qui rime avec
_forêt_, s'écrivait anciennement _benais_.
BÉQUE ou BEKKE, s. f. Bout, pointe de quelque corps, et
principalement d'un mouchoir ou d'un châle. Ce terme, qui nous
vient des campagnards, n'est pas inconnu à nos citadines. Dans
le vieux français, _béquu_ ou _bécu_ veulent dire: «Pointu.»
[Voyez ROBERT-ESTIENNE, _Dictionnaire français-latin_, édition
de 1605.]
BÉQUETTE, s. f. Pied d'alouette, plante.
BÉQUILLES, s. f. pl. C'est le nom que nos jeunes campagnards
donnent aux «Échasses.»
BERCHE, adj. et subst. Brèche-dent. Se dit d'une personne à
laquelle il manque une ou plusieurs dents de devant. _Elle est
berche; il est berche. Connais-tu Isabeau la berche?_ Terme
suisse-roman et savoisien.
BERNE, nom propre de ville. Ce nom entre dans plusieurs de nos
locutions proverbiales. Par exemple: _Nous sommes de Berne_,
signifie: Nous sommes sauvés, nous n'avons rien à craindre, nous
sommes des bons. _La justice de Berne_ est une justice sévère,
une justice sans merci. _Votre Mr N. N*** est tendre comme la
justice de Berne._
BESINGUE. Voyez BISINGUE.
BESOLET, s. m. Hirondelle de mer.
BESTIACERIE, s. f. Stupidité extrême, bêtise consommée.
BESULE, s. f., ou BESU, s. m. Ces deux noms se donnent
indifféremment aux diverses espèces de mouettes, oiseaux de mer
de l'ordre des palmipèdes.
BESULE, s. f. Terme d'écolier. Petite bille en marbre ou en grès,
petit _mâpis_.
BÉTANDIER, s. m. Terme rural, par lequel on désigne cet endroit du
fenil où l'on entasse les gerbes après la moisson.
BÊTARD, s. m. Lourdaud, maladroit. _Un gros bêtard._ Terme
suisse-roman et lyonnais. Les dictionnaires disent: «Bêta.»
BÊTE (UN). _Voilà un bête d'homme. Ce village est un bête
d'endroit. Je n'ai pas pu achever de lire ce bête de roman._
Expressions très-usitées à Genève, et qui ne sont pas plus
extraordinaires que les suivantes: Une diable d'affaire, une
diable de femme, nous fûmes reçus dans une diable d'auberge:
toutes expressions qui figurent dans les dictionnaires.
BÊTE, s. f. Nous disons d'une personne que sa famille ou ses amis
négligent, délaissent, abandonnent: _On ne lui dit pas
seulement: Bête, que fais-tu?_ Expression languedocienne. Les
dictionnaires français disent: On ne lui dit pas seulement:
Es-tu chien? Es-tu loup?
BÊTE NOIRE, s. f. Porc, cochon. _Engraisser des bêtes noires._
Expression adoucissante, euphémisme des campagnards.
BÊTIOLER, v. n. Faire la bestiole, faire la bête, faire des
niaiseries, niveler, s'occuper à des riens. _Deviens un peu
sérieux, François, et ne sois pas toujours à bêtioler._
BÊTION, s. m. Nigaud, niais. _Quel bêtion d'homme! Le pauvre
bêtion veut nous parler politique, et il confond sans cesse
Cavaignac et Changarnier. Excusez-le: c'est une tête faible,
c'est un bêtion._ La Fontaine a dit: _Bestion_. A Lausanne on
dit: _Bâtion_.
BÊTISE (UNE). Une chose de peu d'importance, une misère, un rien.
_Combien as-tu payé cette canne?--Une bêtise, quelques sous,
quelques centimes._
BÉTON ou BETTON, s. m. Lait d'une vache qui vient de vêler. Terme
vaudois. Les médecins appellent aussi _béton_ le premier lait
d'une femme qui vient d'accoucher.
BEUFFER, v. n. _Le cœur me beuffe_, signifie: J'ai le cœur gêné,
serré, oppressé.
La sauce semblait de la rafe;
En la voyant le cœur me savatait,
Et je sentais ma fara qui _beuffait_.
[CH.]
BEUFFERIE, s. f. Terme fort trivial, qui signifie: 1º Une lourde
bêtise, une balourdise; 2º Une chose ennuyeuse à l'excès. _Mieux
vaudrait se taire que de raconter des beufferies pareilles.
Conviens, Auguste, que ce vaudeville tant vanté n'était qu'une
beufferie._†
BEUGNET, s. m. Beignet.
BEURRÉE ou POIRE BEURRÉE. Dites: Un beurré, ou une poire de
beurré. Un beurré blanc, un beurré gris.
BEURRES (LES). L'argent monnayé, les écus. _Avoir des beurres.
Palper des beurres._ Expression triviale.
BEURRIÈRE, s. f. Baratte, vase où on bat le beurre. Terme
suisse-roman, savoisien et dauphinois.
BEUVONS, BEUVEZ. Dites: Buvons, buvez. Ces formes du verbe «Boire»
appartiennent à l'ancien français, et on les trouve encore dans
Spon: «Il mangeait et _beuvait_ sans que personne le pût
empêcher.» [Voyez _Histoire de Genève_, tome I, p. 236, édition
de 1730.]
BEVABLE, adj. Buvable.
BEZALLER, v. n. Terme des campagnards. Se dit d'un bœuf ou d'une
vache que les mouches tourmentent et qui se sauve en sautant et
en levant la queue. Il se dit aussi d'un enfant qui se dépite et
se mutine. [P. G.]
BI, s. m. Biez, ou Bief, canal qui conduit les eaux pour les faire
tomber sur la roue d'un moulin. _Passer le bi._ Terme vieux
français.
BIAUDER, v. n. Sauter, jouer. _Nos enfants biaudaient ensemble;
ils ne faisaient que biauder et folâtrer._
BIBI, s. m. Terme enfantin. Joujou.
BICLE, adj. et s. Bigle, louche, qui a la vue courte. _Comment,
Gustave, tu n'aperçois pas ce chalet dans les Voirons? Es-tu
donc bicle?_ Terme vieux français.
BICLER, v. n. et a. Bigler, loucher. _Il braqua son lorgnon et se
mit à nous bicler. Bicler l'œil_, veut dire: «Clignoter.»
BICLŒIL ou BICLE-L'ŒIL, s. m. Celui qui regarde en biglant, en
louchant. Terme trivial.
BIDODI, BIDOGNOL ou BIDOT, s. m. Niais, simple, innocent; homme
d'un esprit faible et borné, homme qui s'abêtit par les excès.
_Il est dans les bidodis; c'est un vrai bidodi._ Terme nouveau.
BIDOLION, s. m. Ce mot, connu surtout des campagnards, signifie:
1º Vin âpre, vin dur; 2º Cidre; 3º Petit bidon.
BIEN, s. m. Pour marquer que tout homme dispose avec plus de
libéralité du bien d'autrui que du sien propre, nous disons
proverbialement: _Du bien d'autrui large courroie._ L'expression
véritable est celle-ci: Du cuir d'autrui large courroie.
BIGNET, s. m. _Un plat de bignets._ Terme vieux français. Dites:
Beignet.
BIGOUDI, s. m. Espèce de doigt de gant rembourré, autour duquel on
roule les cheveux pour des papillotes. [P. G.]
BILER, v. n. Courir vite et sans s'arrêter.
BILEUX, BILEUSE, adj. Écrivez «Bilieux, bilieuse,» en faisant
sonner les deux _i_, et ne dites pas: _Fièvre bileuse,
tempérament bileux, teint bileux._ Faute très-répandue en
France, en Suisse et en Savoie.
BILLARD, s. m. Terme d'écolier. Toupie. _Jouer au billard; lancer
un billard; entortiller un billard; son billard dormait et
ronflait._ Dans les trois quarts de la France, ce jouet
s'appelle _moine_. En Provence on dit: _Boduffe_.
BILLET, s. m. _Je t'en donne mon billet_, est une formule
affirmative qui répond à: Je te l'assure, je t'en donne la
promesse positive, je t'en donne ma parole.
BIOLE, s. f. Bouleau, arbre. _Une verge de biole. Menacer un
enfant de la biole; lui donner la biole._ En Franche-Comté on
dit: _Bioule_ ou _boule_. Dans le canton de Vaud, _la bioulée_,
c'est la fouettée. _Oui, continue à crier, et tu recevras la
bioulée._
BIOLES, s. f. pl. _Être dans les bioles_, signifie: 1º Être un peu
fou, être un peu toqué; 2º Être un peu gris, être entre deux
vins.
BIOLET, s. m. Extrémité, fin bout d'une branche. S'emploie surtout
au pluriel, et en parlant des arbres à fruits. _Si tu_
_cueilles nos cerises, Arnold, fais bien attention de ne point
casser de biolets._
BIRON, s. m. Couvet, sorte de chaufferette.
BISCOIN, s. m. Sorte de brioche au safran. Dans nos campagnes, on
appelle _biscoin_ un petit pain rond que l'on fait pour les
enfants avec les derniers restes de la pâte.
BISCÔME, s. m. Pain d'épice. _Nous tirâmes trois coups à cette
loterie de cinquante centimes, et nous eûmes pour tout lot... un
biscôme!_ Terme suisse-roman.
BISCÔMIER, s. m. Fabricant de _biscômes_.
BISE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne
très-économe: _Elle n'ouvre pas son sac de farine quand il fait
la bise_.
BISÉ (ÊTRE). Être assailli par une forte bise. _En passant sur les
quais du Rhône, nous fûmes bisés d'importance._
BISINGUE (DE), ou DE BESINGUE, ou DE BISINGLE, adv. De travers, de
biais, de guingois. _Cet habit va tout de bisingue. Que t'est-il
donc arrivé, Ferdinand, que tu marches tout de bisingue? Avoir
les yeux de bisingle._ Terme vaudois et franc-comtois.
BISQUE, s. f. Dépit extrême. _Quelle bisque, quelle fameuse bisque
il a eue! Voilà ce qui s'appelle une bisque pommée!_
BISTOT ou BISTAUD, s. m. Le dernier apprenti dans un bureau, dans
un magasin.
BLÂCHE, s. f. Fourrage des marais.
BLAGUE (UNE). Un blagueur, un hâbleur, un vantard. _Va,
Jean-Pierre, va, tu n'es qu'une blague._ Terme trivial.
BLANC, BLANCHE, adj. (fig.) Inutile, qui n'aboutit à rien, qui est
sans résultat. _Faire une course blanche._ Terme méridional.
Dans le canton de Vaud on dit: _Faire une course en blanc_.
BLANC, s. m. Nous disons: _Saigner quelqu'un à blanc_. Les
dictionnaires disent: «Saigner quelqu'un au blanc,» ou «jusqu'au
blanc.»
BLANCHE (LA). Terme des campagnards. _On craint la blanche pour
cette nuit._ Le mot français est Gelée blanche.
BLANCHE GELÉE, s. f. Dites: Gelée blanche. _Chaque automne les
blés noirs souffrent plus ou moins de la blanche gelée._ Terme
suisse-roman. On dit à Chambéry: _Le blanc gel_.
BLANCHET, s. m. Robe de dessous, ordinairement de laine, qu'on met
aux enfants.
BLANCHIMENT, s. m. Nous disons: _le blanchiment d'un plafond; le
blanchiment d'une cuisine; écrire sur le blanchiment; odeur de
blanchiment_. «Blanchiment» est français; mais le sens genevois
n'est pas dans les dictionnaires.
BLESSIR (SE), v. pron. Se blossir, devenir blet.
BLESSON, s. m. Tache noire qui se forme à la peau, à la suite d'un
coup.
BLESSON, s. m. Poire sauvage. Terme vaudois, etc.
BLESSONIER, s. m. Poirier sauvage.
BLETTIR, v. n., et SE BLETTIR, v. pron. Devenir blet. _Les poires
commençaient à se blettir._ Terme dauphinois, lorrain, etc. En
français on dit: «Se blossir.»
BLEU, BLEUE, adj. (fig.) Surpris, frappé d'étonnement, stupéfait.
_Oui, notre jeune cousine s'est laissée enlever par un Polonais,
et j'en suis bleue._
BLOUSIER, s. m. Ouvrier en blouse. Ce terme si connu n'est dans
aucun dictionnaire.
BOBÈCHE, adj. et s. f. Fille ou femme sotte, niaise, nigaude et
maladroite. Voyez le mot suivant.
BOBET, adj. et s. m. Niais, sot, inepte, nigaud. _Ce garçon est si
bobet qu'on l'a exempté, pour cela seul, du service militaire.
Le frère et la sœur se valent bien: l'un est un vrai bobet,
l'autre une franche bobèche._
BOBICHON, s. m. Diminutif de _bobet_.
BOBUE, s. f. Oiseau, la huppe d'Europe.
BOC ou BOT, s. m. Sorte de petit crapaud, qui est gris sur le dos,
avec le ventre rouge. _Éclaffer un boc._ Les campagnards disent:
un _bot_. _Être fier comme un bot. Bot_ se dit en Savoie, en
Dauphiné et en vieux français.
BOC, s. m. _Mettre de la graisse de boc_ sur une écorchure, sur un
très-léger coup, sur une petite entamure à la peau, c'est: Y
mettre sa propre salive. Expression facétieuse et dérisoire. _Tu
t'es piqué au doigt, mon pauvre Élisée, et tu souffres beaucoup;
eh bien! mets-y de la graisse de boc._
BOC, s. m. Le _jeu de boc_ est une sorte de jeu de cartes, qui
n'exige aucune combinaison et où le hasard seul décide. On
l'appelle quelquefois _Jeu des petits paquets_, ou _Jeu des
petits plots_.
BOCHOT, s. m. Petit tonneau.
BOCON, s. m. Petit morceau, bouchée. _Je n'en veux qu'un bocon. Tu
nous donnes là un bien crouye bocon. Notre Jeannot ne nous écrit
que des bocons de lettre. Où allez-vous? disais-je à un mendiant
savoyard.--Pauvre Monsieur, me répondit-il, je vais chercher mon
bocon._ Nous disons proverbialement: _Tenir le bocon haut à
quelqu'un_, pour signifier: Faire qu'une chose lui soit
difficile et qu'il ne l'obtienne qu'avec de grands efforts.
_Crois-tu que Mr N** finisse par accorder sa fille à notre
Amédée?--Je l'espère; mais il lui tient le bocon furieusement
haut._
BOILLE, s. f. Mot d'une orthographe difficile, presque
insaisissable: il rime avec _De Broglie_, et devrait peut-être
s'écrire _boglie_. On appelle ainsi une sorte de hotte en bois
de sapin, dans laquelle nos laitières mettent le lait qu'elles
transportent à la ville sur leur petite charrette. _Une paire de
boilles. Laver les boilles._ Terme vaudois et savoisien. A
Neuchâtel, en Franche-Comté et en vieux français on dit:
_Bouille_.
BOIRE, v. a. Nous disons figurément et énergiquement: _Boire le
sang à quelqu'un_, pour signifier: «Le tourmenter, l'excéder de
sollicitations importunes.» _Finiras-tu, Henri, avec tes
demandes? En vérité, tu me bois le sang._
BOIRE SUR. Prendre une infusion. _Boire sur la camomille; boire
sur le tilleul; boire sur la fleur de bonhomme._
BOÎTE À GIFFLES, s. f. Se dit d'un cabaret bruyant où les
querelles et les batteries sont quotidiennes.
BOÎTE DE TONNEAU, s. f. Cannelle, robinet de cuivre ou de buis
qu'on met à un tonneau pour en tirer le vin ou toute autre
liqueur.
BOÎTIER, s. m. Terme de la fabrique d'horlogerie. Monteur de
boîtes.
BOITON, s. m. Étable à cochons, toit à porcs, porcherie. _Nettoyer
le boiton._ Terme suisse-roman.
BOLANT ou BOULANT, adj. m. Ne s'emploie guère qu'en parlant du
_pain_. _Un pain bolant_ est un pain léger, bien levé, bien
boulangé.
BOLLIOT, BOLLIOTTE, adj. et s. (_ll_ mouillés.) Gros, trapu,
ramassé. _Un petit bolliot; un gros bolliot._ Dans le vieux
français, _beuillu_ se disait d'un homme ventru. Voyez BOILLE.
BOMBONNE, s. f. Sorte de grosse bouteille ou dame-jeanne à l'usage
des droguistes. Ce terme, connu dans quelques parties de la
France, n'est dans aucun dictionnaire usuel. En français,
«Bombe» se dit d'une bouteille de verre ronde, qui n'a qu'un
collet fort court.
BON-À-DROIT, s. m. Bonne mesure, bonne ration. _J'aime bien à me
servir chez cette marchande, parce qu'elle me fait toujours
bon-à-droit._ Terme jurassien.
BOMBONAILLE, s. f. Bonbons, grand assortiment de friandises. _Je
préfère une tranche de pâté à vos meringues et à votre
bombonaille._
BON COURANT (LE). L'ordinaire, ce qui n'est en son genre ni
très-bien, ni très-mal. _Ce roman nouveau est du bon courant.
Les plaidoyers de notre jeune avocat sont du bon courant_, etc.
Expression utile et claire, fort usitée chez nous. Les
dictionnaires disent: «Le courant des affaires, le courant du
marché, le courant du monde,» et rien de plus.
BONFOND, s. m. Signifie: 1º Un réjoui, un Roger-Bontems; 2º Un
étourdi, un tapageur, un évaporé.
BONHEUR, s. m. _Du bonheur que_, veut dire: «Heureusement que.»
_Du bonheur que la sécheresse a fini. Du bonheur que l'incendie
a eu lieu de jour._ «Par bonheur que» est français.
BONNE (DE). Nous disons de quelqu'un qui est gai, qui est en
train, qui est sur son beau dire: _Il est de bonne_. En
Languedoc on dit: _Il est dans ses bonnes_; en vieux français,
_il est en bonne_.
BONNE-MAIN (LA). Petite libéralité, petite gratification faite à
un domestique, à un cocher, à un porte-faix, etc. On dit en
français: «Le pour-boire, la pièce.»
BON-NER, v. a. Combuger, c'est-à-dire: Remplir d'eau un tonneau ou
un autre vaisseau en bois, et les mettre en état de recevoir du
vin ou une liqueur quelconque. _Bon-ner un cuvier avant la
lessive; bon-ner un jarlot._ L'action de _bon-ner_ s'appelle
_bon-nure_. _Faire une bonnure._
BON-NER, v. n. Se dit d'une soupe, d'un légume, d'une viande qui,
placée près du feu, cesse de cuire faute de feu, languit et
contracte un mauvais goût. _Si Madame tarde encore de dîner, sa
soupe bon-nera._ Nous appelons _goût de bon-né_, le goût que
contracte une soupe qui a cuit trop longtemps.
BONNETTE, s. f. Sorte de petit bonnet. _Bonnette de nuit._ Terme
méridional.
BON OISEAU (LE). Expression adoucissante, euphémisme, par lequel
nos paysans désignent «L'épervier,» et en général toute espèce
d'oiseaux de proie.
BONTABLE, adj. Qui a de la bonté, qui est bienveillant, affable,
complaisant, serviable, débonnaire. Terme savoisien et
franc-comtois.
BONTABLEMENT, adv. Avec bonté, avec affabilité.
† BORGNE D'UN ŒIL. Borgne. Terme méridional.
BORNE (UN). Une borne.
BORNICANT, BORNICANTE, s. Celui ou celle qui a la vue très-basse;
celui ou celle qui a les yeux faibles, malades, et qui les
cligne au grand jour. A Neuchâtel on dit: _Bornicle_; dans le
Jura, _bourniclard_, et en Languedoc, _bourniquel_.
BORNU, BORNUE, adj. Creusé, sillonné de fissures, troué plutôt par
le laps du temps et par la nature que par la main de l'homme.
_Pomme de terre bornue; rave bornue; boule bornue; tronc d'arbre
bornu; aqueduc bornu._ En patois, _borna_ ou _bourna_ signifie:
«Trou.» En provençal, _bourna_ veut dire: Creuser, rendre creux.
_Aqueou roure est tout bourna_ (ce chêne est tout creusé, tout
plein de cavités).
BOSCULER, v. a. Bousculer. Voyez BUSCULER.
BOSSE, s. f. Grand tonneau de la contenance d'environ 914 litres.
Terme vieux français. Dans quelques provinces de France, _bosse_
se dit d'un tonneau à mettre le sel.
BOSSETTE, s. f. Grand tonneau dont la capacité varie de 17 à 22
setiers, et qui sert principalement à rentrer la vendange.
BOT, s. m. (_o_ bref.) Crapaud. Voyez BOC.
BOTASSER, v. n. Se dit des plantes et signifie: Végéter, rester
rabougri. Terme vaudois.
BOTASSON, s. m. Rabougri, qui ne croît pas. Se dit des enfants et
des plantes. Terme vaudois.
BOTET, s. m. _Faire botet._ S'associer. Terme d'écolier.
BOTOLION ou BOTOLIOT, s. m. Nabot, courtaud, trapu. _Botoglle_, en
patois, signifie: «Bouteille.»
BOTON, s. m. Terme dérisoire. Bout d'homme, homme d'une taille
très-petite, contrefaite et qui apprête à rire.
BOUBE, s. m. Jeune bouvier, jeune pâtre. En patois, _boube_ veut
dire: «Enfant.» En allemand, _bube_ (prononcez _boube_)
signifie: Jeune garçon. Voyez BOUÈBE.
BOUCANEUR, s. m. Tapageur. «Boucan et Boucaner» sont dans quelques
dictionnaires.
BOUCHARD, BOUCHARDE, adj. et s. Qui a le visage malpropre, surtout
autour de la bouche. _Un enfant bouchard. Regarde-toi au miroir,
petite boucharde._ Terme méridional et vieux français.
BOUCHARDER, v. a. Barbouiller, salir le visage. _Caïon que tu es,
où t'es-tu ainsi bouchardé?_
BOUCHE, s. f. Bouchoir, grande plaque de fer qui sert à fermer la
bouche d'un four. [P. G.]
BOUCHÈRE, s. f. Barbuquet, bouton, élevure au bord des lèvres.
_Laisse donc ta bouchère et ne la touche pas continuellement._
Dans le patois provençal on dit: _Bousserio_; à Lyon,
_boucharle_; en Lorraine, _bouque_.
BOUCHON (À), adv. Voyez À BOUCHON.
BOUCLER, v. a. (fig.) Conclure, terminer. Se dit surtout en
parlant d'un achat, d'une vente, d'un marché, d'une transaction
quelconque, et se joint le plus souvent au mot _affaire_.
_L'affaire est bouclée; elle va se boucler. Nous aurons bientôt
bouclé cette affaire._ Expression heureuse, que je ne trouve
dans aucun dictionnaire, ni dans aucun glossaire.
BOUDINS, s. m. pl. Nous disons: _Manger des boudins; faire griller
des boudins, etc._ Il faut dire au singulier: Manger du boudin,
faire griller du boudin. Dans le langage des écoliers, _Saigner
des boudins, saigner les boudins, faire les boudins_, signifie:
Saigner du nez, saigner par le nez, _boudiner_.
BOUÈBE ou BOËBE, s. des 2 genres. Fils ou fille d'un tel. _Où est
ton bouèbe, voisine? Voyez donc cette bouèbe, qui va se fourrer
dans la pétrissoire!_ Ce mot nous vient probablement du canton
de Vaud, et ce canton l'a reçu des Suisses allemands. Dans le
patois de la Lorraine, _buôbe_ veut dire: «un garçon.» En
allemand, _bube_.
BOUELLE ou BOÈLE, s. f. Ventre, panse. Dans le vieux français,
_boël_ ou _bouèle_ signifient: Boyau, intestins.
BOUER, v. a. Crotter, couvrir de boue, embouer. _Maladroit que tu
es, tu m'as boué. Se bouer_, v. pron. Se crotter.
BOUFFAILLE, s. f. Grande bombance, repas copieux. _Faire une
bouffaille._
BOUFFAILLER, v. n. Augmentatif de Bouffer. _Il n'aime qu'à
bouffailler. Il ne pense qu'à bouffailler._
BOUFFEUR, s. m. Bâfreur, glouton.