† ARMOIRE (UN). _Nous incantâmes un superbe armoire de sapin._
Ce solécisme nous est commun avec nos voisins de France, de
Suisse et de Savoie.
† ARMOLAU, s. m. Émouleur, gagne-petit. _Quand l'armolau
passera, dites-lui de monter._ Terme neuchâtelois.
ARPION, s. m. Harpon. En provençal, _arpioun_ signifie: Une
griffe.
ARPIONNER, v. a. Harponner.
ARRAL (D'). De travers, à rebours, mal. _Ce vêtement va tout
d'arral. Notre affaire ira tout d'arral_, etc. Terme des
campagnards. [P. G.]
ARRAPER, v. a. Prendre par force, arracher.
ARRÊTE, s. f. Arrêt, cesse, repos. _N'avoir point d'arrête_,
signifie: Bouger sans cesse, agir continuellement, se trémousser
sans relâche.
ARRÊTER, v. n. S'arrêter. _Partez donc; la dernière cloche vient
d'arrêter. Nous eûmes beau faire des signes avec nos mouchoirs,
l'omnibus ne voulut pas arrêter._ Il est mieux de dire: Ne
voulut pas s'arrêter.
ARRÊTER, v. n. Cesser. _Il a arrêté de pleuvoir; il a arrêté de
sonner. Laisse ton labourage, André; et si la pluie arrête, tu
le reprendras._
ARRHES, s. f. pl. Dans le langage populaire raffiné, on aspire ce
mot, et l'on dit: _Des hharrhes; livrer les hharrhes_. C'est une
grossière faute: il faut prononcer _les z-arrhes_.
ARRIÉRAGES, s. m. pl. Arrérages.
ARRIÈRE-GRAND'MÈRE, s. f. Bisaïeule.
ARRIÈRE-GRAND-PÈRE, s. m. Bisaïeul. Terme méridional.
† ARSOUILLE, s. f. Homme ou femme de néant, crapule. Terme
ignoble, qu'on retrouve dans quelques provinces du nord et du
centre de la France. [Voyez le _Glossaire picard_ de M. l'abbé
Corblet.]
ARTÈRE (UN). _Le gros artère._ Solécisme fréquent. Ce mot est
féminin.
ARTEUIL, s. m. Orteil, doigt du pied. _Il s'écrasa l'arteuil._
Dans notre patois, on dit: _artieu_; dans le Limousin et en
vieux français, _arteil_; en Languedoc, _artel_; en rouchi,
_artoil_; dans le dictionnaire de Cotgrave, on trouve _artail_
et _artoir_: tous mots qui se rapprochent beaucoup de
l'étymologie latine _articulus_. «Orteil,» qui s'en éloigne
davantage, a prévalu.
ARTICHAUT BÂTARD, s. m. La grande joubarbe.
ARVE, rivière. Nous disons, en retranchant l'article devant ce
mot: _Le sable d'Arve; la queue d'Arve; le bord d'Arve; le
chemin d'Arve; patiner sur Arve_. Ces façons de parler sont un
reste du vieux français.
AS (UNE). Terme du jeu de cartes. _Une belle as._ Solécisme qu'on
retrouve aussi dans le français populaire.
ASPIRAL, s. m. Spiral. Terme d'horlogerie.
ASSATIR ou ACHATIR, v. a. Écacher, aplatir, tasser, écraser. _Un
terrain assati; une pomme assatie. Du pain assati_ est du pain
mal cuit, mal levé, qui est trop serré, si l'on peut s'exprimer
ainsi. Le verbe _assatir_ ou _achatir_ se dit aussi des
personnes. _J'ai tant marché, que je suis tout achati. Si tu
raisonnes encore, petit drôle, je t'achatis. Quand il apprit la
nouvelle de cette faillite, il resta comme achati_;
c'est-à-dire: Comme écrasé. Dans le patois languedocien, _acata_
veut dire: Abaisser, et le participe _acatat_ signifie: Courbé,
bas. Dans le patois du Berry, _sater_ a le sens de: Presser,
fouler.
ASSATISSEMENT, s. m. Aplatissement, abaissement.
ASSAUT, s. m. Nous disons figurément: _Faire un assaut à
quelqu'un_, pour: Le tancer vertement, éclater contre lui en
reproches. _Recevoir un assaut_ veut dire: Être fortement
réprimandé. En Lorraine, _assauter quelqu'un_ signifie:
L'accabler d'injures, de reproches, d'invectives.
ASSÉNER, v. a. _Asséner un coup de poing._ Ce mot s'écrit
«Assener» sans accent sur l'_e_. [ACAD.]
ASSÉYER (S'), v. pron. S'asseoir. _Asséye-toi, Colas. Prenez la
peine, Mesdames, de vous asséyer._ Faute fréquente.
ASSEZ, adv. _Monsieur a-t-il assez bois? Aurons-nous assez crême
pour quinze personnes?_ Dites: Assez de bois, assez de crême,
etc.
ASSOYER (S'), v. pron. S'asseoir. _Ils s'assoyèrent par terre_,
est un barbarisme. On dit pourtant: Assoyez-vous; il faut que tu
t'assoyes, etc. Pour les deux manières de conjuguer le verbe
S'asseoir, voyez absolument les dictionnaires et les grammaires,
et ensuite débrouillez la chose, si vous le pouvez.
ASTHME, s. m. Se prononce _asme_.
ASTRAGON, s. m. _Vinaigre à l'astragon._ Écrivez et prononcez
«Estragon.»
ATARTI, IE, adj. Épuisé de fatigue, éreinté.
ATOUT, s. m. Soufflet, taloche, mornifle, fort coup. _Flanquer un
atout; appliquer un atout; se donner un atout._ Terme parisien
populaire, picard, etc.
ATRAN et ATREIN, s. f. Terme des campagnards. Fourche de fer à
trois cornes, pour prendre et remuer le fumier. Terme savoisien.
Dans le canton de Vaud on dit: _Trein_ ou _treun_; en
Franche-Comté, _Tran_; en Dauphiné, _Trenc_.
ÂTRIAUX, s. m. pl. Boulettes de foie de cochon. _Une douzaine
d'âtriaux._ Terme suisse-roman. A Besançon on dit: _Atraux_; en
Lorraine, _Hâtrez_. Dans le vieux français, _le Hétriaulx_
signifie: Le foie.
AUBE, s. f. Nous disons: _Travailler d'une aube à l'autre_, pour
signifier: Travailler autant que la journée peut s'étendre.
Expression remarquable, qui prouve qu'anciennement on ne
distinguait pas (quant au degré de lumière) l'aurore du
crépuscule, puisque l'un et l'autre étaient appelés du nom
d'_aube_ ou blancheur. [Voyez Villa, _Nouveaux gasconismes
corrigés_, t. I.] Cette expression, _d'une aube à l'autre_,
n'est dans aucun des dictionnaires que j'ai pu consulter.
AU-DESSUS, adv. _Être au-dessus_, se dit d'un malade qui, après
une dangereuse maladie, est sur le point d'entrer en
convalescence. _Alexis a été entre la vie et la mort pendant
plusieurs mois; mais, grâce à Dieu, le voilà au-dessus._
Expression consacrée.
AU-DEVANT, adv. On entend souvent dire: _Il lui est allé au
devant_, pour: Il est allé au-devant de lui. Ce barbarisme est
déjà signalé dans les _Remarques_ du grammairien Vaugelas,
publiées il y a deux cents ans.
† AUPARAVANT, prép. _J'arriverai auparavant lui. Vous serez
servi auparavant ces dames._ Dites: J'arriverai avant lui; vous
serez servi avant ces dames. «Auparavant» est un adverbe, et les
adverbes n'ont pas de régime. Cette faute appartient au vieux
français.
† AUPARAVANT DE. _Auparavant de mourir, il restitua la somme.
Nous danserons auparavant de souper._ Dites: Avant de mourir;
avant de souper.
AUPARAVANT QUE, loc. conj. _Auparavant que tu partes, on se
reverra._ Cette expression appartient au vieux français. Dites:
Avant que tu partes, on se reverra.
AUSSITÔT, adv. _Aussitôt à mon arrivée, j'irai vous voir._ Dites:
Aussitôt mon arrivée; ou: Aussitôt après mon arrivée; expression
meilleure que l'autre.
AU SÛR, loc. adv. Pour sûr, avec certitude. _Es-tu bien certain de
la chose, Bernard?--Je ne la sais pas au sûr, et je ne voudrais
pas en jurer._
AUTEUR, s. m. Cause. _Tu as déchiré ma veste, Jules.--Eh bien! je
m'en moque, c'est toi qui en es l'auteur: tu n'avais qu'à ne pas
me chicaner._ Terme parisien populaire, etc.
AUTOUR DE, loc. prép. Environ, à peu près. _Il est autour de midi.
À ce bal nous étions autour de soixante. Il y a autour de quatre
ans que notre oncle est mort._
AUTRE, adj. Les quatre expressions suivantes: _Rien d'autre,
Quelqu'un d'autre, Quelque chose d'autre, Personne d'autre_,
sont des expressions vicieuses, qu'il faut remplacer par
celles-ci: Rien autre, Quelque autre, Quelque autre chose ou
Autre chose, Personne autre ou Nul autre; ou par des termes
équivalents. Ne dites donc pas: _J'ai gagné mon enjeu et rien
d'autre. J'inviterai toute la famille, mais personne d'autre.
Voudrais-tu un peu de café, Albertine?--J'aimerais mieux quelque
chose d'autre._ Ce sont là des phrases barbares.
AUTRES FOIS (LES), loc. adv. _Les autres fois on fermait les
portes de la ville à six heures du soir._ Dites: Autrefois,
jadis, anciennement.
AUTU-BÔTU, adv. En bloc, l'un portant l'autre, pêle-mêle. _Acheter
un chariot de foin autu-bôtu_; c'est-à-dire: Sans le peser.
«Jamais je ne ferai un marché _autu-bôtu_ dans une matière de
cette importance.» [HUMBERT, _Adresse à mes concitoyens_. 1792.]
AVA! Exclamation de découragement ou d'incertitude. _Ava! n'essaie
pas, tu n'y pourras jamais parvenir. Ava! ne sortons pas, la
pluie commence._
AVALANCHER, v. n., et S'AVALANCHER, v. pron. S'ébouler. _Le
terrain menaçait d'avalancher. Le glacier venait de
s'avalancher._ En provençal, _s'avalancha_ veut dire:
S'affaisser, s'ébouler, crouler.
AVALÉE, s. f. Forte réprimande, gronderie brusque. _Faire une
avalée. Il nous surprit dans la vigne et nous fit une effroyable
avalée._
AVALER, v. a. Quereller durement, rudoyer, malmener. _Gardez-vous,
mes enfants, de lui demander congé; il vous avalerait._ Terme
français populaire.
AVALER, v. a. (fig.) Nous disons de quelqu'un qui a des maux de
gorge: _Il a avalé le chat par la queue_; ou: _Il a avalé la
queue du chat._ En français, on dit d'un chanteur qui éprouve un
embarras de gosier: «Il a un chat dans la gorge.» [ACAD.]
AVALE-ROYAUME, s. m. Dénomination facétieuse qu'on donne à une
personne avide, insatiable.
AVALOIR, s. m. Grand gosier, vaste gosier, vaste estomac.
_Dis-moi, Georgette, il faut que tu aies un fameux avaloir pour
avoir englouti toute la fricassée de boudins. Avaloir_ est un
mot français; mais on l'écrit «Avaloire,» avec _e_ final, et il
est du genre féminin.
AVAN, s. m. Osier, pleyon. _Les avans aiment le bord des eaux._
Terme franc-comtois, etc.
AVANCE, s. f. _Avoir de l'avance_ signifie, dans le langage des
ouvriers et des domestiques: Avoir quelque argent devant soi,
avoir des économies, être en fonds. _Tu es toujours ouvrier,
Mathurin?--Hélas! oui, Monsieur; je n'ai point d'avance. Si
j'avais eu de l'avance, je me serais établi depuis longtemps._
AVANCE, s. f. _Prendre de l'avance, gagner de l'avance_, sont des
expressions incorrectes. _Antoine, toi qui marches moins vite
que tes compagnons de route, prends de l'avance, gagne de
l'avance._ Les dictionnaires disent, en retranchant l'article:
Prendre l'avance, gagner l'avance. [ACAD.]
AVANCE, s. masc. Ce qui se trouve déjà de fait ou de préparé. _Tu
me conseilles donc de bâtir ce mûr, Bastian?--Puisque Monsieur a
tout le sable qu'il faut, et la moitié des pierres, c'est un
joli avance, c'est un bon avance._ Ce mot est féminin: Une bonne
avance.
AVANCÉ, CÉE, adj. Celui ou celle qui a quelque argent amassé,
quelque petit fonds de réserve. Expression familière aux
ouvriers et aux domestiques. _Notre Suzon attend, pour se
marier, d'être plus avancée._
AVANCÉ, CÉE, s. _Les avancés de la secte. Les avancés du parti. Un
tel est dans les avancés._ Néologisme utile.
AVANTER, v. a. Aveindre, prendre un objet qui n'est pas à la
portée de la main. _Toi qui es grand, Eugène, avante-nous ce
panier qui est sur le buffet. Monte sur l'échelle et avante
ce gros livre. Tâche d'avanter mon volant sur ce poirier._ Terme
formé de la préposition «Avant.» _Avanter_, c'est: Tirer en
avant, amener en avant. Ce verbe n'a point d'équivalent exact en
français; car le verbe «Aveindre» est peu usité.
AVEC, prép. Nous disons, et les Méridionaux le disent aussi: _Vous
arriverez avec la nuit; nous voyageâmes avec la pluie; ils
partirent avec le beau temps_. Ces phrases, et phrases
semblables, n'ont pour elles l'autorité d'aucune grammaire, ni
d'aucun dictionnaire.
AVEC, prép. _Je suis ami avec Isaac. Connais-tu la Louise,
Benoît?--Si je la connais: on est amie avec. Les deux cousines
sont amies ensemble._ Ces expressions ne sont pas françaises.
AVEC, prép. Ne dites pas: _Compter avec les doigts_. Dites:
Compter sur les doigts, ou par les doigts.
AVEC, prép. _Quand cela va bien, il faut aller avec._ Ce proverbe
signifie qu'On doit être modéré en toute chose; qu'il faut, en
toute chose, jouir sans abuser. _Allons, M. l'adjoint, encore un
verre de Champagne.--J'ai eu ma bonne part, Messieurs, et, comme
dit le proverbe, quand ça va bien, il faut aller avec_
(c'est-à-dire: Quand les choses vont bien, il faut être content
et ne pas aller jusqu'à l'excès).
AVEC CELA QUE, loc. conj. Outre que, d'ailleurs. _Le temps est
trop incertain et trop humide pour que je me mette en route,
avec cela que j'ai une douleur au genou._
AVENAIRE, s. m. L'_avenaire_ est un homme essentiellement
désagréable, qui blâme tout, critique tout, et chez qui la
contradiction est un besoin. A Neuchâtel, _avenaire_ signifie:
Aventurier, homme sans aveu, nouveau venu, intrus. C'est à peu
près le sens que lui donne le _Dictionnaire français-anglais_ de
Cotgrave, seul dictionnaire où j'aie trouvé cette curieuse
expression. Dans le patois du bas Valais, _aveniro_ veut dire:
1º Enfant maigre; 2º Polisson R. _advena_ ou _advenarius_,
étranger.
AVOCATON, s. m. Mauvais avocat. Dans le français populaire on dit
quelquefois: _Avocasson_.
AVORGNAU, s. m. Homme incommode, homme ennuyeux, butor. Terme tant
soit peu trivial, et qui commence à vieillir.
AVOUAI, AHOUÉE ou AHOUAI, s. m. Cri, clameur générale
d'approbation dans une réunion bachique. _Encore un avouai!_
AVOUGNON, s. m. Coup, fort coup.
AVOUILLON, s. m. Aiguillon pour piquer les bœufs.
AVOUILLONNER, v. a. Piquer un bœuf avec l'aiguillon pour le faire
aller. Ce mot et le précédent nous viennent des campagnards.
B
BABAN ou BAMBAN, s. m. Nigaud, dadais, niais, batteur de pavé.
_As-tu vu ce grand baban qui voulait faire le gentil?_ Terme
suisse-roman et savoisien. Voyez BAMBANER.
BABET, s. m. _Faire babet._ Ce terme d'écolier signifie:
S'associer dans un jeu, mettre en commun les gains et les
pertes. _Qui veut faire babet? Faisons babet ensemble._
BABO, s. m. Bobo, petit mal physique, douleur légère. _Elle a babo
au doigt._ Terme méridional, etc.
BABOLER, v. n. Bredouiller. _Parle donc distinctement, Louise, et
ne babole pas._ En vieux français, _babouleur_ signifiait:
Babillard.
BABOLI, s. m. Babillard inepte.
BABOUINE, s. f. Babine.
BÂCHE, s. f. Fourrage de marais, herbe qui croît dans un terrain
marécageux.
BACHET ou BACHAT, s. m. Auge, abreuvoir, bassin, pierre ou pièce
de bois creusée et qui sert à abreuver les animaux domestiques.
_Le bachet de Pezay._ Terme savoisien, lyonnais et vieux
français. Dans le Limousin on dit: _Bac_.
BÂCHEUX, EUSE, adj. Nous appelons _pré bâcheux_ un Pré qui est
humide et marécageux.
BACHIQUE, adj. Bizarre, grotesque, comique, original,
extraordinaire. Se dit des personnes et des choses. _C'était
véritablement bachique de les voir danser._ Français populaire.
BACOUNI, s. m. Batelier. R. _bac_.
BACULO, s. m. Bâtonnet, jeu d'écoliers. _Jouer à baculo; jouer au
baculo; lancer le baculo._ R. _baculus_.
BADE (À LA). Locution très-familière aux campagnards, et qui
signifie: En liberté. _Être à la bade_, être libre. _Ils mirent
les chevaux à la bade dans le pré. Bon! ne voilà-t-il pas que
mon étourdi laisse l'eau à la bade_; c'est-à-dire: Laisse le
robinet ouvert.
BADE (DE), loc. adv. En vain, inutilement. _Ne me faites pas venir
de bade. Le vent ne court jamais de bade_; c'est-à-dire: Amène
infailliblement la pluie. En provençal, _bada_, et en vieux
français, _bader_, signifient: Ouvrir la bouche, béer, faire le
badaud, badauder.
BADINAGE, s. m. Joujou, jouet, amusette. _Une boîte de badinages.
Je t'apporte des badinages neufs: tu tâcheras d'en avoir soin._
BAFFE, s. f. Coup bien assené, forte tape, giffle. Terme vieux
français.
BÂFRÉE, s. f. Bâfre, godaille. Terme dauphinois, etc.
BAGAR (UN). Une bagarre.
BAGNOLET, s. m. Baquet peu profond, mais d'une grande surface, où
l'on dépose le lait, pour que la crême se forme plus aisément.
Terme suisse-roman et savoisien.
BAGUENAUDEUR, s. m. Baguenaudier, celui qui s'amuse à des
bagatelles. Terme français populaire.
BAGUETTE DE RIDEAU, s. f. Tringle.
BAHIU ou BA-IU, s. m. Bahut, grand coffre, malle énorme. Nous
disons au figuré, d'un homme gros et lourd, d'un homme replet et
stupide: _C'est un gros bahiu_. Dans le dialecte rouchi, _baïou_
se dit d'un badaud, d'un imbécile, qui ouvre la bouche pour
regarder, et qui regarde autant de la bouche que des yeux. A
Rumilly (Savoie), on dit: un _bavu_.
BAIDE ou BÈDE, s. f. Terme des campagnards. Interstice,
intervalle. _La cheminée fumait beaucoup: on fit une baide à la
porte_; c'est-à-dire: On l'entr'ouvrit un peu. _La pluie est
bien forte, attendez une baide pour partir_; c'est-à-dire:
Attendez une éclaircie.
BAIGNER, v. n. _La lune baigne_; c'est-à-dire: La lune est
entourée d'un cercle de vapeurs. Cette expression si connue
n'est consignée, je crois, dans aucun dictionnaire.
BAIGNER, v. n. _Allons baigner! Qui vient baigner?_ Il faut dire,
en employant le pronom personnel: Allons nous baigner. Qui vient
se baigner?
† BAIGNES, s. f. pl. Bains. _La saison des baignes._
BAÎLLÂ, s. m. Bâillement. A Neuchâtel on dit: un _baîlle_.
BAILLARJAUD, s. m. Pansu, qui a une panse rebondie.
BAÎLLER, v. n. _Baîller aux corneilles_, signifie: Avoir la bouche
ouverte et regarder niaisement. Écrivez Bayer aux corneilles, et
prononcez _bé-ié aux corneilles_.
BAIN-MARIN, s. m. _Réchauffer une soupe au bain-marin._ Dites: Au
bain-marie. A Neuchâtel on dit: _Au bain mari_.
BAISER (LE). _Le baiser d'un pain._ Dites: La baisure, ou le
biseau; c'est-à-dire: L'endroit par lequel un pain en a touché
un autre dans le four.
BAÏU, s. m. Voyez BAHIU.
BALAI, s. m. _Pêcher au balai._ Dites: Pêcher au torchon.
BALALÂME ou BALALARME, s. m. Se dit d'un gros meuble antique et
massif. _Ôtez-moi ce grand balalâme de fauteuil._
BALAN, s. m. Balançoire, escarpolette. Au sens figuré ce mot
signifie: Incertitude, irrésolution. _Être en balan_, ou _Être
sur le balan_, veut dire: Être incertain, être en balance,
flotter entre deux projets. _Je suis en balan si je partirai
demain._ Expression méridionale.
BALANCES (DES). Dites: Une balance, quand il ne s'agit que d'un
seul instrument à peser. «Ajuster une balance; nettoyer les
bassins d'une balance. L'hôtel de la Balance.»
BALANDRIER, s. m. Garde-fou, barrière, galerie. On lit dans les
_Chroniques_ de Michel Roset: «Ils composèrent une graisse comme
leurs prédécesseurs, et engraissèrent les verrouils des portes
et les _balandriers_ des rues et places où on soûlait
s'appuyer.»
† BALIER, v. a. Balayer. _Balier le colidor; balier la montée._
Terme français populaire et vieux français.