p. 320), Toulongeon appartenait encore à un Toulongeon. Lors de la 2e
édition de ce livre, in-8º, 1734, p. 641, cette terre était la propriété
de madame de Longhal, épouse du marquis de Dampierre.
Page 197, ligne 20: Elle n'arriva, le jour suivant, qu'à six heures du
soir.
L'exactitude de ces détails résulte de la lettre même de madame de
Sévigné et du mode de voyager pratiqué encore en 1833, quoiqu'il y eût
déjà un bateau à vapeur. A neuf heures du soir, les patrons de la
diligence (coches d'eau) appelaient les voyageurs après que les paquets,
chevaux, voitures, bestiaux avaient été embarqués. Le bateau était traîné
par des chevaux, et ne faisait qu'une lieue et demie à l'heure: cela
était bien lent. A cette même époque de 1833, nous fîmes ce trajet avec
des chevaux de poste beaucoup plus rapidement; mais madame de Sévigné
voyageait avec ses chevaux, et, en suivant la marche ordinaire de onze
lieues par jour, elle eût mis trois jours.
Page 198, ligne 1: Je soupai chez eux.
On voit, par la satire III de Boileau, que l'on dînait alors entre midi
et une heure, immédiatement après la messe; le souper devait être de six
à sept heures du soir.
J'y cours, midi sonnant, au sortir de la messe,
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance...
. . . . . . . Cependant on apporte un potage.
(_Satire du sieur D**_, 1666, in-12, p. 20.)
Page 198, ligne 25: Il n'en est pas de même d'un monsieur M.
Une autre maison qu'on admirait alors à Lyon, bâtie sur la place de
Bellecour par un architecte italien, était celle de M. Cazes.--Madame
Deshoulières a adressé plusieurs pièces de vers à ce M. Cazes, avec
lequel elle avait sans doute fait connaissance lorsqu'au printemps de
l'année 1672, et environ six mois avant le voyage de madame de Sévigné,
cette femme poëte fit un voyage à Lyon. C'est dans cette année que
furent aussi imprimés ses premiers vers, dans le tome I du _Mercure
galant_. (Voyez l'_Éloge historique de madame Deshoulières_, t. I, p. XIX
des _OEuvres_, édit. 1764, in-12.) Elle se rendit dans le Forez, et
ensuite en Dauphiné, et après chez la marquise de la Charce, près de la
ville de Nyons, où elle séjourna trois ans. La première édition de ses
poésies parut en 1668, en un vol. in-8º, chez Sébastien Cramoisy. On y
trouve, p. 33, des vers adressés à mademoiselle de la Charce (Philis de
la Tour du Pin de la Charce, qui combattit vaillamment, le pistolet au
poing, sous les ordres de Catinat), pour la fontaine de Vaucluse. Mais
les vers à M. Cazes et les réponses de celui-ci ne parurent que dans la
seconde édition des _Poésies_ de madame Deshoulières, en deux volumes,
1693, in-8º, avec un beau portrait dessiné par mademoiselle Chéron et
gravé par Van Schuppen. Les vers de M. Cazes à madame Deshoulières et les
réponses de celle-ci sont dans le t. II, p. 257 à 266, de cette édition.
Dans une autre édition il y a une lettre de M. Cazes, datée de
Bois-le-Vicomte le 24 octobre 1689, dans laquelle on dit qu'on célèbre en
ce jour la fête de madame d'Hervart. Il en résulte que ce M. Cazes, qui
faisait facilement des vers, a aussi connu la Fontaine, et a dû se
trouver avec lui à Bois-le-Vicomte et avec le poëte Vergier. Les stances
que fit madame Deshoulières après la mort de M. Cazes et qui commencent
ainsi,
J'ai perdu ce que j'aime, et je respire encor
prouvent, ainsi que d'autres pièces imprimées dans la dernière édition,
que la liaison de madame Deshoulières avec M. Cazes fut très-intime et de
longue durée.
CHAPITRE VIII.
Page 205, note 510.
_La France galante, ou Histoire amoureuse de la cour; nouvelle édition,
augmentée de pièces curieuses_, chez Pierre Marteau, 1695. Ce n'est pas
la première édition de ce recueil impur, qu'il faut lire malgré soi.
Page 209, ligne 20: Fi! je hais les médisances.
Ce trait est joli après ce qu'elle vient de dire. Voilà un exemple de ces
mots vifs et piquants, fins et imprévus, que les contemporains appelaient
les épigrammes de madame de Coulanges et qui faisaient dire à l'abbé
Gobelin, après avoir entendu d'elle une confession générale: «Chaque
péché de cette dame est une épigramme.»
Page 210, note 1: SÉVIGNÉ, _Lettres_ (30 octobre 1672).
Grouvelle est le premier auteur des notes sur cette lettre (30 octobre
1672); du moins je n'ai point trouvé cette lettre dans les deux éditions
de 1726, ni dans celles de 1734 et de 1754, publiées par le chevalier
Perrin. C'est donc à tort que M. G. de S.-G. a supposé que ces notes
étaient de Perrin; mais je n'ai point consulté les éditions
intermédiaires entre les éditions de Perrin et leurs Suppléments et
l'édition de Grouvelle. Les suppositions de cet éditeur, qui dit que le
gros cousin de madame de Coulanges est Louvois, et Alcine la comtesse de
Soissons, mais qui se trouve démenti formellement par la lettre où madame
de Sévigné la traite de vieille Médée, ont passé comme des faits non
contestés dans toutes les éditions de madame de Sévigné faites depuis
Grouvelle, et ensuite dans le _Recueil de Lettres de madame de
Coulanges_, données par Auger (Lettres de madame de Villars, Coulanges,
etc.; Paris, 1805, in-12, 2e édition, t. I, p. 69), et dans l'article du
maréchal de Villeroi de la _Biographie universelle_ (t. XLI, p. 59, etc.,
etc.).
Page 216, ligne 2: Apparenté avec les le Tellier.
Les deux fils du duc d'Aumont, l'un, qui devint duc d'Aumont, l'aîné,
était fils de la sœur de l'archevêque de Reims; l'autre fut duc
d'Humières: ils étaient seulement frères de père.
Page 219, ligne 1: Dans les chansons du temps et dans les notes
historiques de ces chansons.
Ce fut surtout lorsque, dans un âge avancé, la duchesse d'Aumont eut
réellement tourné à la grande dévotion qu'elle se trouva le plus en butte
aux traits satiriques des faiseurs de vaudevilles. Les persécutions
contre les protestants et l'extrême dévotion du roi avaient animé la
jeune cour et l'opinion publique contre les prêtres et contre les
jésuites, et l'on cherchait à rendre suspects et à flétrir les directeurs
spirituels. Voici ce qu'on trouve dans le _Recueil des chansons
historiques_, sur la duchesse d'Aumont (1691):
CHANSON HISTORIQUE _sur Françoise-Angélique de la Mothe-Houdancourt,
seconde femme de Louis-Marie, duc d'Aumont, pair de France,
chevalier des ordres du roi, premier gentilhomme de sa chambre,
gouverneur de Bretagne et du pays de Bolonois_.
Sur l'air: _Je ne saurois_.
Seras-tu toujours éprise
De toutes sortes de gens?
A ton âge est-on de mise?
D'Aumont quitte tes galants.--
Je ne saurois.--
Quitte au moins les gens d'Église.--
J'en mourrois.
«La duchesse d'Aumont étoit dévote de profession; et comme elle avoit
toujours eu quelque directeur en affection, qu'étant fort vive elle étoit
souvent avec lui et en parloit sans cesse, on avoit toujours médit d'elle
et de ses directeurs. Les deux plus fameux qu'elle eût eus jusqu'à cette
présente année 1691 étoient le P. Gaillard, jésuite, qu'elle quitta pour
un prêtre de l'Oratoire, appelé le P. de la Roche. Mais ce qui avoit
encore, plus que tout cela, donné lieu à la médisance, c'est que
Charles-Maurice le Tellier, archevêque-duc de Reims, pair de France,
etc., prélat très-décrié du côté de la continence, avoit été
très-longtemps amoureux d'elle. Cette passion avoit d'autant plus fait de
bruit que la duchesse d'Aumont ayant aigri contre elle, quelques années
auparavant, le marquis de Villequier son beau-fils, celui-ci parloit
publiquement contre le commerce de sa belle-mère avec l'archevêque de
Reims. Le public renchérit encore là-dessus, et n'épargna pas les
directeurs; et peut-être avoit-il raison, car il faut toujours se défier
des femmes, et surtout des dévotes.»
Page 219, ligne 10: Pour la marquise de Créquy, sa nièce.
Le Tellier l'archevêque défrayait sa maison, et lui laissa ses biens.
Saint-Simon donne ensuite pour amant à la marquise de Créquy l'abbé
d'Estrées; mais la conversion de la marquise de Créquy fut entière et de
la bonne espèce, comme celle des la Vallière, des la Sablière, des
comtesse de Marans et de tant d'autres femmes de ce siècle, si fécond en
singuliers contrastes.
Page 220, ligne 1: Sous le nom de _mademoiselle de Toucy_.
La maréchale de la Mothe était la seconde fille de Louis de Brie, marquis
de Toucy; de là le nom que portait sa fille aînée. (Voyez SAINT-SIMON,
_Mémoires authentiques_, t. VII, p. 4.) Le duc d'Aumont était pair de
France, et avait prêté serment pour la charge de premier gentilhomme de
la chambre (ils étaient quatre gentilshommes de la chambre) le 11 mars
1669. Lorsque, huit mois après, en décembre 1669, il épousa mademoiselle
de Toucy, âgée de dix-neuf ans, lui, né le 9 décembre 1632, avait
trente-sept ans. Il avait épousé, le 21 novembre 1660, Madeleine-Fare le
Tellier, morte le 22 juin 1668, dont il avait eu deux filles et deux
fils.
Page 220, lignes 1 et 3: Mademoiselle de Toucy,... ainsi que le duc de
Villeroi.
Villeroi, comme compagnon d'enfance du roi et à cause de sa jolie figure,
jouait dans presque tous les ballets.
En 1655, il représentait avec M. de Rassant, dans le _Ballet des
Plaisirs_, deux garçons baigneurs; et voici les vers que l'on chantait à
leur entrée sur la scène:
Nous ne connaissons point l'Amour ni ses trophées,
Et sommes seulement jolis aux yeux de tous;
Mais quand nous serons grands, toutes les mieux coiffées
Pourraient bien se coiffer de nous.
Louis XIV avait dix-sept ans quand il dansa dans ce _Ballet des
Plaisirs_. Dans la première partie, ce ballet représentait les
divertissements de la campagne, et dans la seconde les divertissements de
la ville; le roi figurait, dans la première entrée de la seconde partie,
un débauché, et voici les vers que, tandis qu'il dansait, Vénus lui
adressait:
Il n'est ni censeur ni régent
Qui ne soit assez indulgent
Aux vœux d'une jeunesse extrême,
Et, pour embellir votre cour,
Qui ne trouve excusable même
Que vous ayez un peu d'amour.
Mais d'en user comme cela,
Et de courre par ci, par là,
Sans vous arrêter à quelqu'une;
Que tout vous soit bon, tout égal,
La blonde autant comme la brune,
Ah! sire, c'est un fort grand mal.
Et cela s'imprimait pour la première fois en 1696, avec privilége du roi
(alors âgé de cinquante-huit ans), et se vendait au Palais, chez Charles
de Sercy, au 6e pilier de la grand'salle, vis-à-vis la montée de la cour
des aydes, à la Bonne Foi couronnée. (Voyez BENSERADE, _OEuvres_, 1697,
t. II, p. 130 et 138.) Les _Contes de la Fontaine_ étaient alors
proscrits par sentence de police.
En 1656, dans le ballet de _Psyché_, Villeroi représentait _Cupidon_, et
madame de Bonneuil _Alcine_. (Benserade, p. 150 et 157.)
En 1658, dans le ballet d'_Alcidiane_, Villeroi était en femme, et jouait
une _Bergère_ et ensuite un _Amour_. (Id., p, 200 et 204.) Il avait alors
quinze ans.
En 1659, dans le ballet de _la Raillerie_, il représentait une fille de
village (p. 212); en 1661, dans le ballet des _Saisons_, un masque (p.
226); et cette année, dans le ballet de _l'Impatience_, il représentait
un grand amoureux. C'est à lui que Benserade prête les plus jolis vers de
cette scène (p. 235); et, dans le même ballet, Villeroi figurait dans la
danse un jeune débauché. Dans les vers qu'on lui chantait, on suppose le
cas où son père pourrait lui refuser de l'argent pour la satisfaction de
ses plaisirs, et l'on termine ainsi:
Et comme il ne s'agit, auprès de la plus chiche,
Que de gagner son cœur pour avoir son argent,
Que vous allez devenir riche!
En 1662, dans le ballet d'_Hercule amoureux_, le roi et la reine
dansaient; la comtesse de Soissons et mademoiselle de Toucy dansaient;
Villeroi n'y figure pas. Benserade, dans les vers qu'on chantait pour la
comtesse de Soissons, fait allusion à son amour avec le roi, malgré la
présence de la reine dans ce ballet.
Ces aimables vainqueurs, vos yeux, ces fiers Romains,
Semblent n'en vouloir pas aux vulgaires humains,
Mais des plus élevés permettre la souffrance:
Et ces grands cheveux noirs, alors qu'ils sont épars,
Ont un air de triomphe et toute l'apparence
De savoir comme il faut enchaîner les Césars.
Et à mademoiselle de Toucy (depuis duchesse d'Aumont), qui représentait
une étoile, on chantait:
Dirait-on pas que c'est l'Amour
Qui ne fait encor que de naître?
Ou l'étoile du point du jour
Qui déjà commence à paraître?
Elle n'avait alors que douze ans; elle naquit en 1650, et mourut en 1711.
(Voyez BENSERADE, t. II, p. 258 et 279.)
Le marquis de Villeroi joua encore dans le ballet de _la Naissance de
Vénus_, en 1665, et représentait un dieu marin et aussi Achille (p. 339
et 352). C'est dans ce ballet que mademoiselle de Sévigné (madame de
Grignan) joua le rôle d'_Omphale_. (Voyez 2e partie de ces _Mémoires_, p.
333.)
Dans la _Mascarade royale_ de 1668, le marquis de Villeroi, à côté du
roi, comme lui figura le _Plaisir_.
Dans le dernier ballet composé par Benserade en 1681, joué en imitation
de ceux de Louis XIV pour divertir le Dauphin, et qui fut non dansé par
le roi, mais devant le roi, c'était une autre génération de beautés; ce
n'est plus, dans ce _Triomphe de l'Amour_, alors le marquis de Villeroi
qui représentait l'Amour, mais c'était son fils, le marquis d'Arlincourt.
Je remarque que la sœur de la duchesse d'Aumont, la duchesse de la
Ferté, plus jeune qu'elle, figure encore dans ce ballet. Le monarque
était vieux; la muse du poëte a changé de ton et est beaucoup plus
réservée. (BENSERADE, t. II, p. 412 et 425.)
Page 210, ligne 30, note 2: _Histoire amoureuse des Gaules_, 1754, in-12.
Ce recueil, qui est en cinq volumes, contient, sous le nom de Bussy, une
grande partie des libelles qui ont paru à différents temps. L'éditeur
n'indique pas la date de la publication de ces divers opuscules, si
importants à connaître pour la critique historique; et il n'a pas connu
les premières éditions ni celles qui sont les meilleures.
J'ai parlé des diverses éditions de l'_Histoire amoureuse des Gaules_ ou
de l'_Histoire amoureuse de France_ de Bussy, par où commence le recueil
de 1754. J'ai fait connaître aussi le recueil des _Histoires galantes_, à
Cologne, chez Jean le Blanc, qui contient les ignobles scènes intitulées
_Comédie galante de Bussy_. Dans les recueils suivants, rien n'est
attribué à Bussy.
I. La _France galante_, ou _histoires amoureuses de la cour_, in-12 de
492 pages, contenant: 1º la France galante, ou histoires amoureuses de la
cour; 2º les Vieilles amoureuses; 3º la France devenue italienne; 4º le
Divorce royal, ou la Guerre civile dans la famille du grand Alexandre; 5º
les Amours de monseigneur le Dauphin et de la comtesse du Roure.
II. _Amours des dames illustres de notre siècle_, 1680, in-12; à Cologne,
chez Jean le Blanc, 384 pages de pagination suivie; puis, le Passe-temps
royal, ou les Amours de mademoiselle de Fontanges, 71 pages; le
frontispice gravé, qui est un Amour ailé, est daté de 1681. La première
partie, de 384 pages, renferme: 1º Aosie, ou les Amours de _M. T. P._
(Montespan); 2º le Palais-Royal, ou les Amours de madame de la Vallière;
3º Histoire de l'amour feinte du roi pour Madame; 4º la Princesse, ou les
Amours de Madame; 5º le Perroquet ou les Amours de Mademoiselle; 6º
Junonie, ou les Amours de madame de Bagneux; 7º les Fausses Prudes, ou
les Amours de madame de Brancas; 8º la Déroute, ou l'Adieu des filles de
joie (il y a une édition séparée de cet opuscule; Elzév., 1667). On
attribue ces libelles à Sandraz de Courtils.
Dans le même genre sont: le _Tombeau des amours de Louis le Grand et ses
dernières galanteries_; à Cologne, chez Pierre Marteau, 1695, in-18, avec
un titre gravé.--La _Vie de la duchesse de la Vallière_, par ***; à
Cologne, chez Jean de la Vérité, 1695, in-12, 321 pages.--La _Chasse au
loup de monseigneur le Dauphin_; à Cologne, chez Pierre Marteau, 1695,
in-12, avec un frontispice gravé; 312 pages in-12.
J'ai un recueil en deux volumes in-12, avec des gravures assez bien
exécutées, intitulé _la France galante, ou Histoire amoureuse de la cour
sous le règne de Louis XIV_; à Cologne, chez Pierre Marteau (sans date);
mais un joli frontispice, gravé par P. Yvert, donne la date de 1736. Ce
recueil est en partie la traduction de ceux dont on vient de donner les
titres.
Le tome 1er, qui a 366 pages, renferme: 1º la France galante, ou Histoire
amoureuse de la cour; 2º Suite de la France galante, ou les Derniers
déréglements de la cour; 3º les Vieilles amoureuses.
Le tome II a 472 pages, et renferme: 1º le Perroquet, ou les Amours de
Mademoiselle; 2º _Junonie_, ou les Amours de madame de Bagneux; 3º les
Fausses Prudes, ou les Amours de madame de Brancas et autres dames de la
cour; 4º la Déroute et l'Adieu des filles de joie; 5º le Passe-temps
royal, ou les Amours de madame de Fontanges; 6º les Amours de madame de
Maintenon, sur de nouveaux mémoires très-curieux; 7º les Amours de
monseigneur le Dauphin avec la comtesse du Roure.
On est surpris de ne pas trouver dans aucun de ces recueils le curieux
libelle de Sandraz de Courtils, intitulé _les Conquestes amoureuses du
grand Alcandre dans les Pays-Bas, avec les intrigues de la cour_;
Cologne, chez Pierre Bernard, 1685, in-12 de 144 pages.
CHAPITRE IX.
Page 254, note: SÉVIGNÉ, _Lettres_ (Lambesc, le mardi 20 décembre à dix
heures du matin).
La date de cette lettre est certaine, car elle s'accorde avec l'extrait
manuscrit des délibérations de l'assemblée des communautés, qui
commencèrent le 17; mais on s'aperçoit en lisant les quatre lettres qui
précèdent celle-ci qu'elles ont besoin d'être replacées dans leur ordre,
et qu'il est nécessaire de rétablir leur date. Aix étant sur le chemin de
Lambesc à Marseille, il était naturel de supposer que la date du 11
décembre devait être convertie en celle du 21; mais deux considérations
démontrent que cette lettre est bien datée du 11 décembre, qui, en
l'année 1672, tombe un dimanche. C'est dans ce jour que madame de
Sévigné, lorsqu'elle était à Livry, avait coutume d'aller à Pomponne
rendre visite à Arnauld d'Andilly, ce qui explique les premiers mots de
la lettre. En outre, ces mots, «Vous seriez bien étonné si j'allais
devenir bonne à Aix; je m'y sens quelquefois portée par esprit de
contradiction,» indiquent un séjour de près d'une semaine, ou plus, à Aix
avant la tenue de l'assemblée, en compagnie avec M. de Grignan.
D'ailleurs, si cette lettre avait été écrite en passant à Aix pour aller
à Marseille, elle devrait être datée du mardi 20, puisqu'il résulte de ce
qui est dit dans la lettre datée de Marseille le mercredi que madame de
Sévigné et M. de Grignan reçurent à Marseille des visites aussitôt leur
arrivée, le mardi soir (t. III, p. 124 et 125, 5e édit. G.). Une autre
preuve du séjour, pendant une semaine ou deux, de madame de Sévigné à Aix
avant la tenue des assemblées, résulte de ces mots contenus dans une
lettre que lui adresse madame de la Fayette, en lui demandant de faire
remettre une lettre à la duchesse de Northumberland, lettre datée du 30
décembre: «Je vous supplie donc, comme vous n'êtes plus à Aix...» (t.
III, p. 137, édit. G.). Donc madame de Sévigné était restée quelque temps
à Aix, et ce séjour ne peut trouver sa place qu'avant l'ouverture de
l'assemblée. Madame de la Fayette savait qu'au 30 décembre madame de
Sévigné était retournée à Grignan. D'après ces observations, les lettres
se classent de la manière suivante:
1º Lettre du dimanche 11 décembre, à Arnauld d'Andilly (d'Aix), t. III,
p. 129, édit. G.;
2º Lettre du mardi 20 décembre (de Lambesc), t. III, p. 121, édit. G.;
3º -- du mercredi 21 décembre (de Marseille), t. III, p. 124, id.;
4º -- du jeudi 22 déc., à midi (de Marseille), t. III, p. 126, id.;
5º -- du jeudi 22 déc., à minuit (de Marseille), t. III, p. 128, id.
Page 259, ligne 23: J'ai bien envie de la faire voir à madame du Plessis.
Madame de Sévigné a connu plusieurs dames du Plessis. D'abord madame du
Plessis-Bellière, la courageuse amie de Fouquet, la belle-mère du
maréchal de Créqui, Susanne de Buc; mais ce n'est point de celle-là qu'il
est ici question. Ce ne peut être non plus la comtesse du Plessis, dont
madame de la Fayette parle dans cette même lettre, puisqu'elle les
distingue non-seulement dans cette lettre, mais dans celle du 19 mai
1673; celle-ci était Marie-Louise le Loup de Bellenave, veuve d'Alexandre
de Choiseul, comte du Plessis, tué au siége d'Arnheim en juin 1672, à
l'âge de trente-huit ans. (SÉVIGNÉ, _Lettres_ [20 juin 1672], t. III, p.
71; SAINT-SIMON, _Mémoires complets et authentiques_, t. III, p. 332.) Ce
Choiseul, comte du Plessis, était fils de César, duc de Choiseul,
maréchal de France; il était cousin de la femme de Bussy, et il y a
plusieurs lettres de lui et de sa femme dans le _Recueil des lettres de_
BUSSY (t. V, p. 157, 162, 131 et 230; t. III, p. 196); il mourut trois
ans avant son père, et laissa un fils unique, qui devint duc et pair et
fut tué devant Luxembourg sans avoir contracté d'alliance. La veuve du
comte du Plessis devint amoureuse de Clérembault, l'écuyer de Madame, et
l'épousa; elle n'avait cependant que trente ans, et lui en avait
cinquante. (_Suite des Mémoires de_ BUSSY, p. 25, mss. de l'Institut.)
Madame du Plessis que nous cherchons n'est pas madame du
Plessis-Guénégaud retirée du monde et faisant son séjour à Moulins. La
madame du Plessis de cette lettre du 30 décembre 1672 et du 19 mai 1673
est donc madame du Plessis-d'Argentré, la mère de cette demoiselle du
Plessis qui aimait tant madame de Sévigné, dont elle était la bête noire
par ses ridicules et ses importunités. Madame de Sévigné écrivit à cette
madame du Plessis lorsqu'elle était en Provence; et madame de la Fayette
lui mande, le 19 mai 1673: «Madame du Plessis est si charmée de votre
lettre qu'elle me l'a envoyée; elle est enfin partie pour la Bretagne.»
Madame de la Fayette, malgré sa paresse, correspondait avec madame du
Plessis, comme on le voit par ce passage d'une de ses lettres à madame de
Sévigné: «J'ai mandé à madame du Plessis que vous m'aviez écrit des
merveilles de son fils.» Ainsi, madame du Plessis avait un fils en
Provence, ce qui explique ses relations avec l'évêque de Marseille, et
pourquoi madame de la Fayette voulait lui montrer la lettre de madame de
Sévigné. Je crois que madame du Plessis était pour madame de la Fayette
une connaissance de sa jeunesse, lorsque, étant demoiselle de la Vergne,
elle passait une partie de la belle saison à Champiré, dans la terre de
son beau-père Renaud de Sévigné. Madame du Plessis-d'Argentré mourut en
avril ou mai 1680. (Voyez SÉVIGNÉ, lettre du 6 mai 1680, t. VI, p. 474,
édit. G.; t. VI, p. 255, édit. M.)
CHAPITRE X.
Page 268, ligne 9: Louis la dota de la terre d'Aubigny-sur-Nière.
Cette terre était en Berry, actuellement dans le département du Cher; le
village est chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Sancerre, et la
forêt, qui en formait probablement la principale partie, a trois lieues
de long sur une lieue de large. C'est un apanage du duc de Richmond, et
la mort du duc de Richmond, sans enfant mâle, avait fait retourner cette
terre à la couronne de France. Le fils aîné de la duchesse de Portsmouth
devint ainsi la tige des nouveaux ducs de Richmond.
Je crois devoir donner ici une lettre de Louis XIV, assez importante, que
M. de Cherrier, le savant historien de la maison de Souabe, a lui-même
transcrite sur l'autographe qui est en la possession de la famille de
Trogoff.
_Lettre de Louis XIV à M. de Kérouet_ (sic), _pour essayer de lui faire
retirer sa malédiction donnée à sa fille mademoiselle de Kérouet,
nommée duchesse de Portsmouth et reconnue maîtresse du roi
Charles II_.--(M. de Kérouet était frère du grand-père de madame de
Trogoff.)
«Mon féal et cher sujet, les services importants que la duchesse de
Portsmouth a rendus à la France m'ont décidé à la créer pairesse, sous le
titre de duchesse d'Aubigny, pour elle et toute sa descendance.
«J'espère que vous ne serez pas plus sévère que votre roi, et que vous
retirerez la malédiction que vous avez cru devoir faire peser sur votre
malheureuse fille. Je vous en prie en ami, mon féal sujet, et vous le
demande en roi.
«LOUIS.»
Page 268, ligne 17: Selon les exigences de sa dévotion.