La duchesse de Verneuil était cette Charlotte Seguier, fille du

chancelier Seguier, qui, d'abord duchesse de Sully, avait épousé en

secondes noces Henri, duc de Verneuil, fils naturel de Henri IV et

d'Henriette de Balzac, comtesse d'Entragues. Par ce mariage, les Seguier

avaient l'honneur de se trouver alliés à une princesse du sang. Quand la

duchesse de Verneuil mourut en 1704, Louis XIV, qui voulait élever à un

haut rang ses enfants naturels, porta quinze jours le deuil, comme pour

une princesse du sang. (SAINT-SIMON, _Mémoires_, t. IV, p. 311.) Elle

était, par son premier mariage, la mère du duc de Sully et de la

princesse de Lude. (SÉVIGNÉ, _Lettres_, 3 et 9 février 1672, 26 mars

1680, t. I, p. 311; t. II, p. 372; t. VI, p. 416; t. IX, p. 295, édit.

G.; t. I, p. 236; t. II, p. 311; t. VI, p. 210; t. VIII, p. 457, édit.

M.)

Page 124, ligne 14: Et Barillon.

Barillon, qui joua comme ambassadeur un si malheureux rôle en Angleterre,

était petit, vif, empressé auprès des femmes. Fort riche, il n'épargnait

pas l'argent pour réussir auprès d'elles: c'est ce que nous apprend une

des plus intéressantes historiettes de Tallemant des Réaux, qui nous fait

connaître une madame de Marguenat. Cette madame de Courcelles-Marguenat

était une coquette aussi habile et aussi séduisante que Ninon et qui

aurait pu être aussi célèbre, «puisqu'on disait qu'elle avait Brancas

pour brave, le chevalier de Gramont pour plaisant, Charleval et le petit

Barillon pour payeurs.» Brancas et Gramont sont bien connus des lecteurs

de madame de Sévigné et d'Hamilton; Charleval l'est par ses poésies, et

Barillon par l'histoire et divers mémoires. Assurément cette femme, qui

finit par se faire épouser par Bachaumont, son dernier amant[770], savait

se bien pourvoir.

[770] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, t. VI, p. 152, édit.

in-12; t. IV, p. 236, édit. in-8º.

Page 126, ligne 11: Sa tante de la Troche.

Cette dame était amie et non tante de madame de Sévigné; et dans la 3e

partie, 2e édition de ces _Mémoires_, p. 376, ligne 9, il y a une faute

de copiste, et, au lieu de la Troche, il faut lire la Trousse.

Page 130, ligne 28: En s'adressant à sa fille.

Je m'étonne que les éditeurs de madame de Sévigné ne se soient pas

aperçus que ce paragraphe avait été transposé, et à tort intercalé dans

le _post-scriptum_ du comte de Grignan, qui, après ces mots, _ne vient

pas de moi_, doit continuer par ceux-ci: _vous avez fait faire à ma fille

le plus beau voyage_.

Le comte de Grignan savait la musique, puisque madame de Sévigné lui

envoya des motets; mais son âge et sa position prouvent assez que ce

qu'elle dit ici ne peut s'appliquer à lui.

Page 133, lignes 5 et 12: La comtesse de Saint-Géran.

L'annotateur des _Chansons historiques_ dit que la comtesse de

Saint-Géran (1673) passait sa vie aux Feuillants. Sa liaison avec

Seignelay est postérieure à cette époque.

Page 134, ligne 3: Le marquis d'Harcourt.

Le marquis Henri d'Harcourt était colonel du régiment de Picardie.

L'annotateur des _Chansons historiques_, selon son usage, ajoute à cette

liste des amants de la duchesse de Brissac et lui donne pour amant payant

un riche financier nommé Louis Béchameil, secrétaire du roi.

Page 139, ligne 13: Était due à sa jeune et jolie femme.

C'est ici le lieu de rectifier une faute de copiste qui s'est glissée

dans la 3e partie de ces _Mémoires_, 2e édition (p. 213, lig. 11). Il

faut substituer dans cette ligne la princesse de Soubise à la duchesse de

Sully. Jamais l'on n'accusa celle-ci d'intrigues galantes avec Louis XIV

ni avec aucun autre.

Page 140, ligne 7: Un propos fort graveleux du prince d'Orange.

Bussy lui écrit: «Et sur cela, madame, il faut que je vous dise ce que

M. de Turenne m'a conté avoir ouï dire au frère du prince d'Orange,

Guillaume: que les jeunes filles croyaient que les hommes étaient

toujours en état, et que les moines croyaient que les gens de guerre

avaient toujours, à l'armée, l'épée à la main.» A quoi madame de Sévigné

répond fort gaillardement: Votre conte du prince d'Orange m'a réjouie. Je

crois, ma foi, qu'il disait vrai, et que la plupart des filles se

flattent. Pour les moines, je ne pensais pas tout à fait comme eux; mais

il ne s'en fallait guère. Vous m'avez fait plaisir de me désabuser.»

Page 143, ligne 12: Le Genitoy est un château, etc., etc.

Sur quelques cartes des environs de Paris, ce lieu est écrit _le

Génitoire_; il est situé entre Bussy-Saint-George et Jossigny, à deux

kilomètres de l'un et de l'autre (voyez la feuille 11 des environs de

Paris, de dom Coutans); le _Dictionnaire universel de la France_ (1804,

in-4º, t. II, p. 549) place ce château dans la commune de Jossigny; et le

_Dictionnaire de la poste aux lettres_, publié par l'administration des

postes, 1837, in-folio, dans la commune de Bussy-Saint-George, dont il

est plus éloigné. Avant la révolution, il était de cette dernière

paroisse. Le vrai nom est Genestay; et l'abbé le Bœuf donne l'histoire

de cette seigneurie sans interruption, depuis Aubert de _Genestay_,

_miles_, mort le 30 septembre 1246. Lorsque l'abbé le Bœuf écrivait (en

1754), la maison de Livry était encore en possession de cette terre.

L'abbé le Bœuf termine en disant: «L'antiquité du nom de Genestay me

dispense de réfuter ceux qui s'étaient imaginé que le vrai nom est

Génitoire, qui lui serait venu, selon eux, de l'accouchement d'une dame

d'importance.» (LE BOEUF, _Histoire du diocèse de Paris_, t. XV, p. 97 à

99.)

Les éditeurs de madame de Sévigné ont ignoré ce qu'avait écrit l'abbé le

Bœuf sur le Genitoy; et l'un d'eux a cru que madame de Sévigné faisait

un calembour sur le mot italien _Genitorio_ ou _Genitoio_, et qu'aucune

maison ou château de ce nom n'existait. (MONMERQUÉ, édit. de Sévigné,

1820, in-8º, t. II, p. 419; GAULT DE SAINT-GERMAIN, t. II, p. 4 et 5;

GROUVELLE, édit. in-12, 1812, t. III, p. 83.)

CHAPITRE VI.

Page 147, ligne 4 du texte: Sa mère, etc.

Elle vivait encore lorsque Sidonia était en prison à la Conciergerie, et

peut-être lui a-t-elle survécu; elle avait épousé un nommé Bunel, dont on

ne sait rien.

Page 152, ligne 27: S'introduisit subitement dans sa chambre.

Par le moyen d'une fille d'honneur de la princesse de Carignan, qui se

nommait madame Desfontaines et depuis fut madame Stoup et non Stoute,

comme il est écrit dans la Vie de madame de Courcelles.

Page 154, ligne 8: A peine âgée de seize ans.

Le mariage de la marquise de Courcelles a dû avoir lieu lors du premier

voyage de Louvois en Flandre, à la fin de 1666 ou au commencement de

1667. Gregorio Leti dit qu'elle s'est mariée à treize ans, ce qui n'est

pas, puisqu'elle-même dit qu'elle avait treize ou quatorze ans

lorsqu'elle sortit du couvent. Il faut bien accorder deux ans pour les

démarches interventives faites pour la marier d'abord avec Maulevrier,

alors en Espagne, et ensuite avec Courcelles, qui voyageait en pays

étranger quand on forma le projet de le marier avec Sidonia: morte en

décembre 1685, à l'âge de trente-quatre ans, madame de Courcelles, qui

avait seize ans à la fin de 1666, était donc née en 1650, et non en 1659,

comme il est dit à son article dans la _Biographie universelle_. (_Vie de

madame de Courcelles_, p. 14.)

Page 156, lig. 17: La marquise de la Baume, cette maîtresse de Bussy.

Au volume III, page 67 du _Recueil de chansons historiques_, on trouve un

couplet intitulé «Sur la.... femme de HOSTUN, marquis DE LA BAUME.»

Ce couplet commence par ce vers:

«La Baume, maigre beauté;»

et à la suite du couplet se trouve, sur madame de la Baume, la note

suivante:

«Elle était grande, friponne, espionne, rediseuse, aimant à brouiller

tout le monde et ses plus proches pour le seul plaisir de faire du mal.

D'ailleurs infidèle et fourbe à ses amants, qu'elle n'aimait que par

lubricité, en ayant toujours plusieurs à la fois, qu'elle jouait et

desquels elle se souciait peu.»

Page 161, ligne dernière: L'abbé d'Effiat.

L'abbé d'Effiat possédait l'abbaye Saint-Germain de Toulouse et celle de

Trois-Fontaines.

Page 166, ligne 19: Avec la comtesse de Castelnau.

La comtesse de Castelnau était devenue veuve du maréchal de Castelnau en

1658, et mourut le 16 juillet 1696, âgée de quatre-vingts ans. (Voyez

Dangeau.) Elle fut du nombre de ces femmes qui acquirent une scandaleuse

célébrité par leurs intrigues galantes. Elle eut pour amants Villarceaux,

le marquis de Tavannes, Jeannin de Castille.

Page 168, ligne 8: M. de Marsan.

Peut-être cette aventure de bal avec Charles de Lorraine, comte de

Marsan, que madame de Sévigné, dans ses _Lettres_, nomme le petit Marsan,

contribua-t-elle, quelques années plus tard, à la rupture de son mariage

avec la maréchale d'Aumont, qui eut lieu par l'opposition du chancelier

le Tellier, père de Louvois. (Voyez SÉVIGNÉ, _Lettres_, 24 novembre 1675,

t. IV, p. 118, édit. G.; t. IV, p. 97, édit. M.)

Page 168, ligne 19: La marquise de Courcelles se lia avec la duchesse de

Mazarin.

On composa dans ce temps plusieurs couplets sur la duchesse de Mazarin et

la marquise de Courcelles: nous nous contenterons de citer celui sur

Hortense Mancini, duchesse de Mazarin, et madame de Marolles, marquise de

Courcelles, que le duc de Mazarin avait fait enfermer dans un couvent

pour leurs galanteries:

Mazarin et Courcelles

Sont dedans un couvent;

Mais elles sont trop belles

Pour y rester longtemps.

Si l'on ne les retire,

On ne verra plus rire

De dame assurément.

Page 175, ligne 4: S'enferme dans le château d'Athée, près d'Auxonne.

Athée, petit hameau de 500 âmes, est dans le département de la Côte-d'Or,

arrondissement de Dijon, canton d'Auxonne, à 11 kilomètres de Saint-Jean

de Loos. C'est un lieu fort ancien, dont il est fait mention en 880 dans

le cartulaire de Saint-Bénigne de Dijon, sous le nom d'_Atéias_; il était

du diocèse de Châlon et de l'archidiaconé d'Oscheret. (Voyez J. Garnier,

_Chartes bourguignonnes_, p. 69 et 70.)

Page 175, ligne 23: De M. le comte d'Hona.

L'auteur de la lettre qui est dans le manuscrit de M. Aubenas avait un

oncle dans les bureaux de la chancellerie, sous le ministre le Tellier;

il donne une relation très-détaillée de ce qui concerne le rasement du

château d'Orange. Sa lettre (p. 239 du manuscrit) est intitulée _Lettre

écrite d'Orange_, le 25 juillet 1712, à M. le baron de Roays, pour M.

l'abbé de ***, chanoine de la cathédrale; puis après est une seconde

lettre du même au même, datée du 3 août.

Dans la première (p. 250), il fait du comte d'Hona le portrait suivant:

Il était de belle taille; il avait le visage en ovale, le nez aquilin,

les joues couvertes d'une petite rougeur naturelle, le teint blanc, les

cheveux noirs, les yeux de la même couleur, bien fendus. Il avait encore

de très-belles qualités de corps, beaucoup d'esprit, robuste,

infatigable, sage, assez éloquent à bien parler, bon ami, assez libéral,

magnifique quand il donnait à manger. Il était beaucoup aimé des

catholiques et des huguenots de la ville et de toute cette principauté,

ce qui aurait fait le comble de toutes ces belles vertus qu'il possédait,

n'eût été l'hérésie de Calvin qu'il professait.» Le comte Frédéric d'Hona

eut Bayle pour gouverneur de son fils, et il résidait alors à Copet. La

célèbre _aventurière_ dont il est fait mention dans la lettre de Bayle à

M. Minutoli, datée de Copet le 8 mars 1674 (_Lettres choisies de M.

Bayle_; Rotterdam, 1714, t. I, p. 30), est la marquise de Courcelles,

dont Bayle ignorait alors le nom.

Page 177, ligne 21: C'est de ce lieu qu'il a écrit à Manicamp.

Longueval de Manicamp, dont parle ici madame de Sévigné, était cousin

germain de Bussy (voyez la lettre de Corbinelli, du 10 février 1652, t.

I, p. 230, édit. Amst., 1721), et par conséquent aussi parent de madame

de Sévigné. Il est souvent fait mention de lui dans l'_Histoire amoureuse

des Gaules_ de Bussy; nous y voyons que Manicamp était du nombre de ceux

qui firent la fameuse partie de débauche au château de Roissy. C'est

Manicamp qui, dans l'_Histoire amoureuse des Gaules_, introduit, par les

questions qu'il fait à Bussy, l'histoire de madame de Sévigné. «Je

m'étonne, dit Manicamp, que vous parliez comme vous faites, et que madame

de Sévigny ne vous ait pas rebuté d'aimer les femmes.» (_Recueil des

histoires galantes_; à Cologne, chez Jean le Blanc, p. 180.) Je cite ce

livre de préférence, parce qu'il contient une édition de l'_Histoire

amoureuse de France_, dont je n'ai point encore parlé. Ce volume sans

date a 545 pages numérotées et 4 pages non numérotées; il est ancien, et

en mauvais type elzévirien; il contient: 1º l'Histoire amoureuse de

France; 2º Recueil de quelques pièces curieuses, servant

d'éclaircissement à l'histoire de la vie de la reine Christine; 3º

l'Histoire du Palais-Royal; 4º l'Histoire galante de M. le comte G.

[Guiche] et de M. [Madame, duchesse d'Orléans]; 5º la Relation de la cour

de Savoye ou des Amours de Madame Royale; 6º Comédie galante de M. de

Bussy; 7º la Déroute et l'Adieu des filles de joye de la ville et des

fauxbourgs de Paris.

La sixième pièce, la _Comédie galante de M. de Bussy_, est la plus

curieuse du volume. C'est une pièce infâme, semblable au fameux Cantique

qu'on a si faussement attribué à Bussy: elle est écrite dans un style

ordurier et stupide, tel que celui de portiers ou de domestiques de

mauvais lieux; avec cette différence que le nom de Bussy qu'on lit en

tête de cette composition, écrit en toutes lettres ainsi que les mots

obscènes, ne se retrouve plus dans ce volume comme auteur des autres

pièces, pas même à l'_Histoire amoureuse de France_. Le _Cantique_, dans

cette édition, est à la page 178; l'_Histoire de madame de Sévigny_

commence à la page 182, celle de madame de Monglas à la page 198.

Page 181, ligne 2: Entre les bras d'un homme.

En marge d'une copie des Mémoires de la marquise de Courcelles, M.

Monmerqué a trouvé, à côté du billet qui est à la page 153, ces mots en

italien, qui sont probablement de Gregorio Leti: «_Lei s'era imbertonata

d'un palafreniere inglese, col quale venne sorpresa dal Boulay._»

Page 181, ligne 24: Le mal que vous m'avez fait à l'avenir m'empêchera,

etc.

Il y a là une forte ellipse, mais l'on en saisit bien la raison et le

sens; la phrase est claire pour celui qui sait lire. Les grammairiens et

le prote, ou peut-être Chardon de la Rochette lui-même, n'ont pas compris

cette phrase, et, pour la rendre plus régulière et plus claire, ils ont

corrigé ainsi: «Le mal que vous me ferez à l'avenir,» sans s'apercevoir

qu'ils changeaient un reproche en injure.

Page 182, ligne 17: La marquise de Courcelles se retira en Savoie, et y

resta cachée.

Je crois que la marquise de Courcelles rejoignit à Chambéry la duchesse

de Mazarin, qui y tenait une petite cour, et s'occupait à dicter ses

Mémoires à l'abbé de Saint-Réal; et que ce fut sous la protection de

cette duchesse qu'elle y résida. Mais je n'ai rien trouvé de positif à

cet égard. (Voyez SAINT-ÉVREMOND, _OEuvres_, t. VIII, p. 249, édit. 1753,

petit in-12; t. IV, p. 272, édit. 1739.)

Page 185, note 1, ligne 2: A la suite du _Voyage de MM. de Bachaumont et

Chapelle_.

Une de ces pièces fut composée lors de la première phase du procès,

pendant le temps de la première captivité de madame de Courcelles et

lorsque son mari vivait. Dans cette pièce, on la suppose aux pieds de ses

juges, et on lui fait dire:

Pour un crime d'amour, dont je ne suis coupable

Que pour avoir le cœur trop sensible et trop doux,

Dois-je prendre un tyran sous le nom d'un époux?

Arbitres souverains de mon sort déplorable,

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ah! consultez, de grâce, et vos yeux et vos cœurs;

Ils vous inspireront d'être mes protecteurs.

Tout ce que l'amour fait n'est-il pas légitime?

Et vous qui tempérez la sévère Thémis,

Pourrez-vous vous résoudre à châtier un crime

Que la plupart de vous voudrait avoir commis?

Ce sonnet sur madame de Courcelles fut envoyé à Bussy par le comte de

L*** (Limoges?), et Bussy le trouva fort beau. (BUSSY, _Lettres_, 3 mars

1673; t. IV, p. 38, édit. 1738.)

Je remarque qu'il y a dans ce singulier Recueil de 1698 cité dans la

note, qui fut imprimé en France et non en Hollande, le _Chapelain

décoiffé_ (p. 60-63), qui n'est point attribué à Boileau dans ce

livre.--Ce volume, qui porte une sphère sur le frontispice, a 164 pages,

et se termine par des _Centuries du style de Nostradamus, faites par

monseigneur le duc et envoyées à madame de la Fayette, qui les a

expliquées_.

CHAPITRE VII.

Page 190, ligne dernière: Un père et une sœur.

Je transcrirai le couplet qui se trouve dans les _Chansons curieuses_,

avec le préambule et les notes qui l'accompagnent.

_Chansons historiques_ (1673), vol. IV, p. 61.

Sur l'air: _Amants, ainsi vos chaînes_.

«Chanson dans laquelle l'auteur fait parler Philippe de Coulanges, maître

des requêtes, sur toute la famille.

«Cette chanson fut faite par de Guilleragues, secrétaire du cabinet du

roi, lequel était à l'abbaye de Livry avec le sieur de Coulanges. Elle

fut cause de la ruine de Coulanges, parce que Michel le Tellier,

chancelier de France, crut que cette chanson était de lui, et qu'il

s'opposa toujours à ce qu'il obtînt une intendance.» (Cela est peu

vraisemblable. Ce fut l'éloignement de Coulanges pour les affaires qui

l'empêcha de pouvoir obtenir aucun emploi.)

«J'aime mon beau-frère

Le comte de Sanzei[771],

J'aime ma belle-mère[772],

Mon beau-père du Gué[773],

Mon cousin de la Trousse[774],

Mon frère de la Mousse[775],

Mon oncle le Tellier[776];

Mais j'aime mieux Gautier[777].»

Page 191, ligne 2: Un Virgile, non pas travaillé, mais dans toute la

majesté du latin et de l'italien.

[771] «Turpin de Crissé, comte de Sanzei, colonel d'un régiment

de cavalerie; il avait épousé de Coulanges, sœur de

Philippe-Emmanuel de Coulanges.»

[772] «Turpin du Gué, femme de François du Gué, lors maître des

requêtes et intendant à Lyon.»

[773] «François du Gué, maître des requêtes et intendant à Lyon,

père de madame de Coulanges.»

[774] «Philippe le Hardy, marquis de la Trousse, capitaine

lieutenant des gendarmes de monseigneur le Dauphin, cousin

germain de madame de Coulanges.»

[775] «_Mon frère de la Mousse_: c'était un frère bâtard de

madame de Coulanges, qui était prêtre.»

[776] «Michel le Tellier, qui avait épousé Élisabeth Turpin,

sœur de madame du Gué.»

[777] «Marchand de Paris, avec lequel M. de Coulanges avait dîné

dans une maison auprès de Livry le jour que cette chanson fut

faite.»

L'abbé Faydit nous a conservé un fragment de lettres de Ménage qui prouve

bien que madame de Sévigné n'était pas indigne de la majesté du latin, si

ce passage (extrait des _Remarques sur Virgile et sur Homère, et sur le

style poétique de l'Écriture sainte_; Paris, 1705, in-8º, p. 168, § III)

est authentique.

«M. Ménage écrivant à madame la marquise de Sévigné, en cour, pendant un

carnaval où l'on se divertit beaucoup et où il y eut de grandes fêtes et

quantité de bals et de mascarades, lui dit: «Ce sont des jeux et des

bourdonnements d'abeilles que tous ces grands mouvements que vous vous

donnez dans le carnaval. Un peu de poussière jetée sur la tête des

abeilles fait cesser tous leurs combats, et les oblige de se retirer dans

leurs trous. Je vous attends au mercredi des Cendres. Celles que l'on

vous mettra sur la tête et sur celle de vos jeunes seigneurs feront

cesser tous les divertissements de la cour, et vous ramèneront ici, selon

la prophétie de Virgile, liv. IV, v. 86:

_Hi motus animorum atque hæc certamina tanta

Pulveris exigui jactu compressa quiescunt._»

Cette application des vers de Virgile au jour des Cendres se trouve dans

le _Ménagiana_, mais sans aucune mention de madame de Sévigné ni de la

lettre que lui a adressée Ménage; et cependant la Monnoye, qui a fort

allongé cet article du _Ménagiana_, cite l'ouvrage de Faydit sans faire

non plus mention du fragment de lettres. S'il ne croyait pas à son

authenticité, il fallait le dire; s'il y croyait, il devait transcrire le

fragment de Ménage. (_Ménagiana_, 3e édit., 1715, t. II, p. 308.)

Page 191, ligne 13: Dans le beau château de Montjeu.

La terre et la seigneurie de Montjeu est une ancienne baronnie, que

Charlotte Jeannin, fille du célèbre Pierre Jeannin, président à mortier

au parlement de Bourgogne, apporta en mariage, avec celle de Dracy et de

Chailly, à Pierre de Castille, contrôleur et intendant des finances,

ambassadeur en Suisse, décédé en 1629. Le fils de ce dernier, Nicolas,

joignit à son nom le nom plus illustre de sa mère, et se nomma Nicolas

Jeannin de Castille, et le plus souvent Jeannin. Il obtint, ainsi que je

l'ai dit dans le texte, que sa baronnie serait érigée en marquisat, ce

qui se fit par lettres patentes en 1655, registrées à la chambre des

comptes de Dijon le 30 mars 1656. Il ne prit pas le titre de marquis de

Montjeu, qui lui appartenait; son fils fut ainsi nommé, et le marquisat

de Montjeu appartint au prince d'Harcourt, qui avait épousé la fille

unique du fils de Jeannin. Les biens du prince d'Harcourt et de Guise sur

Moselle ayant été mis en direction, la présidente d'Aligre acheta, en

1748, le marquisat de Montjeu. En 1734, lorsque Garreau publiait sa

seconde édition de la _Description de la Bourgogne_, Montjeu appartenait

encore à madame Jeannin de Castille, princesse de Guise. Il y a une vue

de ce château dans le _Voyage pittoresque de Bourgogne_, in-fol., 1835,

feuille 7, no 25.

Page 193, ligne 12: Auprès de la comtesse d'Olonne, et note 2.

Je cite deux éditions du célèbre libelle de Bussy, qui sont peu connues,

que je possède, et que je n'ai pas encore eu occasion de mentionner. La

première est un in-18 de 258 pages, qui offre au frontispice une gravure

finement exécutée, où il a trois hommes et trois femmes sur le premier

plan, et un homme et une femme sur le second plan, dont on ne voit que

les têtes: en haut, sont deux Amours lançant des flèches. Au bas de cette

gravure-frontispice sont écrits ces mots: HISTOIRE AMOUREUSE DES GAULES,

P. M. DE BUSSY S{n} (_Salon?_) _de la Bastille_; mais l'intitulé de la

page 1 porte: HISTOIRE AMOUREUSE DE FRANCE. Les noms, loin d'être

déguisés, sont en toutes lettres; ainsi Jeannin, qui se nomme

_Castillante_ dans les éditions ordinaires, est nommé ici Jeannin. Les

_Maximes d'amour_ et la lettre de Bussy au duc de Saint-Aignan (p. 239 et

247) s'y trouvent; le fameux _Cantique_ est à la page 196; l'_Histoire de

madame de Sévigny_, à la page 200; celle de madame _de Monglas_ et _de

Bussy_, p. 218. L'autre édition est intitulée _Recueil des histoires

galantes_; à Cologne, chez Jean le Blanc, sans date. Ce volume in-18,

carré, a 545 pages paginées, et de plus trois pages non paginées; j'en ai

déjà parlé.

Je dirai, à l'occasion de ces libelles, que, dans la 3e partie de ces

_Mémoires_, p. 9, ch. 1, on lit: «Deux femmes d'un haut rang étaient

diffamées.» Il fallait ajouter en note, comme citation, VILLEFORT, _Vie

de madame de Longueville_; Amsterdam, 1729, in-12, t. II, p. 161, ou

Paris, 1738, p. 169.

Le passage est important, et confirme par un témoignage si formel ce que

nous avons dit de Bussy et de son libelle que nous allons le transcrire

d'après l'édition de Hollande, où le nom du comte de Bussy-Rabutin est en

toutes lettres, tandis qu'il n'y a que les initiales (C. de B. R.) dans

l'édition de Paris.

«Le comte de Bussy-Rabutin, dans son ouvrage satirique contre tout ce

qu'il y avait à la cour de personnes distinguées par leur mérite, avait

osé s'attaquer à M. le Prince, lequel, indigné de son insolence, en

témoigna publiquement sa surprise. Un gentilhomme, plein de zèle pour son

maître, proposa de le venger, et fit armer tous les bas domestiques de

l'hôtel de Condé, dans le dessein de se mettre à leur tête pour aller

assommer Bussy. Madame de Longueville, qu'il n'avait pas plus épargnée

dans son libelle, fortuitement avertie de cette conspiration, vint en

hâte trouver son frère, et se jeta à ses genoux, et, les larmes aux yeux,

le conjura de sauver la vie au coupable.»

Page 195, ligne 19: Son fils possédait la terre d'Alonne.

Bussy nous apprend qu'il s'était marié avec Gabrielle de Toulongeon, à la

terre d'Alonne, près d'Autun, le 28 avril 1643. (BUSSY, _Mémoires_, édit.

1721, p. 93.) Elle mourut le 26 décembre 1646: il en eut trois filles:

Diane, Charlotte et Louis-Françoise. Ainsi, dans l'espace de trois ans et

huit mois, il eut trois enfants de sa première femme; aussi dit-il que

l'aîné n'avait que deux ans lorsqu'il perdit sa femme. (BUSSY,

_Mémoires_, t. I, p. 125, édit. d'Amsterdam, 1721.)

Page 195, ligne 22: Toulongeon.--Page 196, ligne 1: Chazeul.

Chazeul ou Chazeu fut acquis en 1641, par le comte Roger de Rabutin, de

Catherine de Chissey (voyez GIRAULT, _Détails historiques_, dans les

_Lettres inédites de madame de Sévigné_, 1819, in-12, p. LIV). Garreau,

dans sa 2e édition seulement, dit: «Chazeul, dans la paroisse de Laizy,

seigneurie du bailliage d'Autun.»

Mémoires touchant la vie et les ecrits de Marie de Rabutin-Chantal, (4/6) · 第 25 / 28 段