AGERE LENONEM. _Cic._ Faire le métier de pourvoyeur de Vénus; se mêler

d'appareiller des amants; travailler à concilier les volontés en amour;

s'appliquer à l'union des amants; donner ses soins à rendre mutuelles

les inclinations amoureuses; être agent de change en amour; s'attacher à

rendre les amants contents; s'employer à faire réussir les passions

galantes; faire l'office d'appareilleur d'amour; faciliter les approches

intimes des amants; être conciliateur en amour.

AGITO, _are_. _Hor._ Se prend aussi pour faire l'action que demande une

passion qui fait le plaisir et la peine de la plupart des hommes.

AGNEON, _i_, n. Bordel, lieu où l'on trouve des filles de commodité; par

antiphrase, bon lieu[33].

[33] Ou, plutôt, mauvais lieu que le plaisir n'habite jamais, et où le

mal habite toujours.

(N) AGO, _is, egi, actum, agere_. Agir; est le contraire de _pati_;

souffrir les agissants. C'est jouer avec ardeur au jeu d'amour. Il est

du style Sodomitique.

AGULA, _ae_, f. Appareilleuse, maquerelle.

ALECTRA, _ae_, f. Celle qui ne laisse pas de prendre les plaisirs de

l'amour, bien qu'elle soit sans mari; celle qui se console galamment de

la solitude du célibat ou de la viduité; celle qui se sert du remède

propre à guérir les chagrins où le célibat et le veuvage peuvent

plonger[34].

[34] Épicurienne qui laisse à qui les veut les peines et les tourments

du mariage, mais qui s'en procure les plaisirs.

ALICARIAE, _arum_, f. _Plaut._ Filles de joie qui se tenaient devant les

boutiques des vendeurs de fromentée, attendant aventure.

ALIENUS EST DIU VENERIS USUS EO QUI CONVALUIT. _Cels._ Celui qui relève

de maladie se doit interdire pour un temps l'usage de Vénus; les délices

de l'amour sont un mets dont les convalescents ne doivent point goûter;

au sortir d'une maladie, on doit être dispensé pour quelque temps du

service des belles; les plaisirs de l'amour ne sont point faits pour un

convalescent; il ne sied point du tout de faire le galant tant qu'on a

besoin de reprendre des forces; vouloir faire l'amour pendant une

convalescence, c'est chercher entre les bras de Vénus une rechute[35].

[35] Ou même la mort. Les vieillards sont comme les convalescents:

l'usage des plaisirs amoureux les tue ou les rend imbéciles.

ALILARIA, _ae_, f. Garce suivant la Cour, putain de Cour[36].

[36] Comme les gens de Cour sont au-dessus des préjugés, c'est pour

cela qu'elles y abondent.

ALLUDERE AD SCORTUM. _Ter._ Se jouer à une courtisane[37].

[37] Badiner, folâtrer avec une fille de joie.

(N) ALUTA, _ae_, f. Peau inutile; boyau sans ressort et propre à être

livré au mégissier. _Aluta Priami_: vieil outil qui ne peut plus servir

qu'à exciter les sarcasmes des jeunes filles. Instrument fêté dans sa

jeunesse, et méprisé, comme tant d'autres choses, lorsqu'il se trouve

usé par le service ou la vieillesse.

AMASCUS, _i_, m. _Plaut._ V. AMASIUS.

AMASIA, _ae_, f. _Gell._ Celle qui aime, ou qui est aimée, maîtresse.

Ou: femme galante[38].

[38] Bonne amie à qui il ne manque que le contrat matrimonial pour

être une femme parfaite.

AMASIO, _onis_, m. _Apul._ V. AMASIUS.

AMASIOLA, _ae_, f. Une petite maîtresse, une jeune enfant qu'on aime.

AMASIOLUS, AMASIUNCULUS, _i_, m. _Petr._ Un jeune amoureux, un petit

galant. Ou: un petit favori, un jeune mignon.

AMASIUS, _ii_, m. _Plaut._ Un amoureux, un galant, le berger d'une

bergère, l'amant d'une belle. Ou: celui qui est porté à l'amour, qui est

enclin aux plaisirs de Vénus. Ou: un favori, un mignon, celui qui

souffre les caprices amoureux d'une passion déréglée.

AMATIO, _onis_, f. _Plaut._ Amourachement, amourette; attachement

galant, inclination amoureuse.

AMATOR, _oris_, m. _Ter._ Un amoureux, un galant, un passionné, un

amant[39].

[39] En Français, le mot _amateur_ équivaut à libertin: un friand de

jeunes tendrons.

AMATORCULUS, _i_, m. _Plaut._ Diminutif d'_amator_.

AMATORIA VOLUPTATE FRUI. _Cic._ Goûter les plus parfaites douceurs de

l'amour; jouir des plaisirs amoureux; satisfaire ses amoureux désirs;

s'enivrer des délices de l'amour.

AMATRICULA, _ae_, f. V. AMASIOLA.

AMATRIX, _icis_, f. _Plaut._ Amante, amoureuse, bergère, maîtresse.

AMATUS, _us_, m. Ce qu'on aime, objet aimé, ses amours, son inclination.

AMBULARE IN MASCULOS. _Sen._ Donner dans ses amours l'exclusion au beau

sexe; prendre un sexe pour l'autre dans ses divertissements amoureux;

faire un affront aux femmes et à la nature; se méprendre au sexe dans

ses amours; aimer ses pareils avec dérèglement.

(N) AMICUS LAEVIS vel LEVIS. Ami jeune et sans barbe, qui chez les

Anciens tenait lieu d'une amie et en faisait les fonctions.

AMISSI CORPORIS DAMNUM. _Phaed._ Le dommage que cause la perte de la

virilité, la perte de ce qui nous distingue et qui nous fait aimer des

femmes.

(N) AMOR, _is_, m. L'Amour, le fils de Vénus; la passion d'aimer. Cette

passion n'est point obscène par elle-même, mais l'abus de l'amour le

devient. _Amor Socraticus_: l'amour Socratique, quoique portant le nom

d'un sage, doit être proscrit de la bonne compagnie et relégué dans les

collèges, les séminaires, les couvents et dans toutes les sociétés

composées d'hommes qui connaissent trop ou trop peu les femmes. La bonne

philosophie n'est point de contrarier la nature. L'amour Platonique est

au moins fondé sur la délicatesse, mais les femmes commencent à

l'abjurer comme inutile et ridicule.

AMPHICAUSTIS, _is_, f. (dans les comiques). La partie sans laquelle les

femmes seraient bien malheureuses.

AMPHIDAEUM, _i_, n. Les lèvres rebordées de la bouche inférieure, qui

engloutit la plus pure substance des hommes.

(N) AMPLEXUS, _us_, m. Étreinte amoureuse, embrassement, baiser.

ANAGRIPH, ind. Le plaisir amoureux pris avec une fille, ou avec une

veuve.

ANAITIS, _idis_, f. Vénus Assyrienne, dans les temples de laquelle les

filles des meilleures maisons tiraient gloire d'avoir gagné leur mariage

en satisfaisant les désirs amoureux de tous ceux qui se présentaient, et

après ce galant noviciat trouvaient à se marier plus avantageusement, vu

leur grande expérience[40].

[40] Si les divinités des Assyriens avoient des temples en France, nos

jeunes filles n'auraient pas les pâles couleurs.

ANAPHLASMUS, _i_, m. Le plaisir amoureux.

ANAPHLYSTIUM, _ii_, n. Le mariage solitaire, le combat de cinq contre

un.

ANAPHLYSTIUS, _ii_, m. Qui trouve une femme dans sa main.

ANAPHRODISIA, _ae_, f. Apathie de la nature, insensibilité pour les

plaisirs de l'amour[41].

[41] Mort anticipée.

ANAPHRODISUS, _a, um_. Qui est insensible aux plaisirs de Vénus; qui est

dans l'indolence à l'égard de l'amour; qui n'a aucun goût pour les

douceurs amoureuses; que les charmes de Vénus n'attirent point; qui

n'est ému d'aucuns désirs pour la beauté; que les délices de l'amour ne

tentent pas; qui n'est point touché des attraits de Vénus; qui n'a

aucune pente aux divertissements amoureux; qui ne se sent point;

insensible aux traits de l'Amour; sur qui les appas de Vénus ne font

point d'effet.

ANCUBA, _ae_, f. Succube, qui est introduite dessous.

ANCYRA, _ae_, f. V. MENTULA.

ANDROGENIA, _ae_, f. L'union des corps qui perpétue le genre humain; la

liaison des deux sexes pour la propagation des hommes; le mélange des

corps et des esprits pour reproduire son semblable; ce qui donne

naissance à l'amour et ensuite aux hommes.

ANDROGENUS, _a, um_. Qui s'étudie à la reproduction; qui prend soin de

la propagation humaine; qui fait ce qu'il peut pour perpétuer le genre

humain; qui travaille à se faire des successeurs; qui s'emploie à se

donner une postérité.

(N) ANDROGYNUS, _i_, m. Androgyne. On appelle de ce nom l'être qui

réunit les deux sexes. Deux androgynes parfaits équivaudraient à quatre

personnes ordinaires; mais comme la Nature les crée presque tous

imparfaits, douze androgynes ne valent ni un homme ni une femme.

ANDROPHYTIDES, _is_, _omn. gen._ Qui est propre à donner des habitants à

sa patrie; qui a tous les talents nécessaires pour peupler le monde; à

qui rien ne manque pour fournir des sujets à l'État; qui ne laissera pas

périr la race des hommes par sa faute; qui est en état de travailler à

la propagation du genre humain.

ANDROSATHUS, _i_, m. Que l'Amour a libéralement fourni; avantageusement

pourvu des dons de l'Amour[42]; qui a de grandes parties pour Vénus; à

qui l'Amour a fait présent d'un sceptre magnifique; qui est avantagé de

la nature en faveur des dames; qui a un grand talent pour persuader en

amour; un substitut du dieu des jardins; un second Zagachrist. V.

MENTULATUS.

[42] Qui a de grands moyens de plaire au beau sexe.

(N) ANHELO, _as, are_. _Juv._ Montrer toute sa vigueur et se mettre hors

d'haleine; être sur le grabat pour avoir trop travaillé.

ANITERGIUM, _ii_, n. Mouchoir de commodité, torchecul[43].

[43] Si ce mot n'est pas propre, au moins il est expressif.

ANO FASCINUM INSERERE. _Petr._ Introduire un suppositoire vivant.

ANTILLO, _as, are_. V. SCORTOR.

ANULARE, _is_, n. La bague que l'on court en amour; l'anneau que l'amour

cherche à mettre à son doigt[44].

[44] Et qui est propre à tous les hommes.

ANXITIA, _ae_, f. Fille de joie, garce[45].

[45] Coquine.

APHRODISIA, _orum_, n. _Plaut._ Les plaisirs de Vénus, les jeux où Vénus

engage les amants, les combats amoureux, les victoires amoureuses, les

exercices d'amour.

APHRODISIAS, _adis_, f. Ile dans le golfe Persique, où Vénus était

servie de la manière la plus tendre et la plus vigoureuse.

APHRODISIASMUS, _i_, m. Le service de Vénus; l'usage des contentements

que Vénus peut procurer; le doux emploi auquel la mère d'Amour destine

les amants; le devoir amoureux.

APHRODISIUM, _ii_, n. Les délices où Vénus invite; le plaisir sans

lequel on ne verrait point d'amants; les douceurs qu'offre la mère

d'Amour pour payer les maux que son fils fait souffrir.

APHRODISIUS, _a, um_. Qui est tout à Vénus; qui s'est voué tout entier à

la mère d'Amour.

APHRODITARIUM, _ii_, n. Médicament propre au service de Vénus.

APOCOPUS, _i_, m. Eunuque; homme qui a souffert un retranchement

considérable; personnage de mauvais augure pour les dames; inhabile ou

impuissant; celui dont les forces ne lui permettent pas de servir sous

les enseignes d'Amour; auquel il n'est pas permis de lever l'étendard

amoureux; qui est dans l'impuissance de combattre amoureusement[46].

[46] Dont le lit est un lit de repos.

APORAPHANIDOSIS, _is_, f. Peine des pauvres surpris en adultère à

Athènes, auxquels on fourrait un navet dans le cul après leur en avoir

arraché les poils; d'où est venu le proverbe: _Drôle à la fesse

tondue_[47].

[47] Le code criminel d'Athènes méritait aussi d'être réformé.

AQUACULO, _as, are_. Maquereller, faire le maquerellage. V. AGERE

LENONEM.

AQUARIOLUS, _i_, m. _Cic._ AQUARIUS, _ii_, m. _Juv._ Maquereau,

pourvoyeur d'amour[48]. Ou (_Apul._): cocu volontaire, mari commode. Ou

(_Fest._): suppôt de bordel, souteneur, mangeur de blanc.

[48] Voy. BALLIO.

AQUATICULUS, _i_, m. Le bas du ventre; l'endroit où sont les parties

destinées à la génération, qui, par l'abondance d'une chaleur humide qui

y règne, se couvre de poils; le pénil; la motte[49].

[49] L'aqueduc d'amour.

ARARE FUNDUM ALIENUM. _Plaut._ Cultiver le champ d'autrui; travailler à

la tâche d'un autre; mettre en oeuvre le fonds de son voisin; prendre

soin des plaisirs de la femme de quelqu'un; se divertir aux dépens des

maris.

ARCUM TENDERE. _Apul._ Se mettre en état de servir les belles; être en

amour sous les armes; se tenir prêt pour le combat amoureux; se disposer

à l'attaque amoureuse; diriger son intention au service des dames.

ARDERE FELICITER. _Ovid._ Être heureux en amour; avoir du bonheur dans

ses amours; être vu de bon oeil par les dames; être bien reçu des

belles; être favorisé du beau sexe; ne point soupirer à crédit; ne

s'enflammer jamais seul; ne point brûler d'une passion infructueuse;

être homme à bonne fortune.

ARGA, _ae_, f. Le vase amoureux.

ARGENTARIAE ELECEBRAE. _Fest._ Filles de joie.

ARIETINO, _as, are_. Beliner.

(N) ARMA VIRILIA. Les armes propres à la joute amoureuse.

ARRHENOCOETES, _ae_, m. Pédéraste, adonné à l'amour des mâles,

bougre[50], Sodomite[51].

[50] Bulgare.

[51] Hérétique en amour.

ARRIDET FORTUNAE HORA. _Petr._ Voici l'heure du berger; berger, ton

heure sonne; le moment heureux est venu.

ARRIGERE AD VETULAS. _Mart._ Être fort galant près des vieilles; ne pas

mépriser les vieilles amoureuses[52].

[52] Heureux qui peut ainsi faire, car les jeunes doivent bien trouver

leur compte avec un tel homme.

Le mot _arrigere_ s'emploie presque toujours avec un autre mot qui

détermine le genre d'action qu'il exprime. En langage lubrique, cela

veut dire: avoir la lance en arrêt pour attaquer les jeunes filles

et les jolies femmes. _Arrigere in aliquam_: avoir une intention,

des désirs de préférence pour une dame. _Arrigis? en propera_, dit

Pétrone à une jeune fille qui n'osait pas profiter d'une bonne

occasion.

ARSENOCOETA, _ae_, m. V. ARRHENOCOETES.

ARSENOTHETA, _ae_, m. Corrupteur de jeunes garçons[53].

[53] Homme dangereux, qui ne fait rien qu'à rebours du bon sens.

ARTICULOS OMNES COMMODITATIS & SCIRE. _Plaut._ Connaître l'heure du

berger[54].

[54] Deviner le moment de la faiblesse des dames.

(N) ARVA CONSERERE MULIEBRIA. Ensemencer les champs d'amour; rendre une

femme fertile.

ARVUM GENITALE. _Virg._ ARVUM MULIEBRE. _Lucr._ Le champ que l'amour

fait cultiver; le jardin de Vénus; la patrie commune de tous les hommes;

le pays natal; le lieu de la naissance.

ASINIS (AB) AD BOVES TRANSIRE. _Plaut._ Quitter la mandille pour devenir

fermier général; passer du régiment de l'arc-en-ciel dans la brigade de

la fortune; parvenir d'une condition médiocre à une fortune

considérable.

ASOTIUM, _ii_, n. Endroit où l'on se divertit; lieu de plaisir; maison

de divertissement; maison libre; maison de liberté; maison où l'on se

réjouit.

ASSILIO, _is, lii, lui, ultum, ire_. _Col._ Saillir; couvrir; faire

l'action naturelle; sauter sur les quatre quartiers[55].

[55] Cela se dit plutôt des animaux que des hommes.

ASTYANASSA, _ae_, f. La suivante d'Hélène, qui composa un livre des

différentes manières d'androgyniser: ce que Philénis et Éléphantine

imitèrent depuis; et, de nos jours, Louise Sigée de Tolède, dame

Espagnole, et le magnifique Molza, Florentin.

ATAURUS, _a, um_. Qui n'a point encore fait l'exercice de Vénus[56].

[56] Novice qui ne connaît rien aux plaisirs de l'amour.

ATHYR, ATHYRI, ind. L'antre des Nymphes; la fontaine où l'on porte

l'eau; la boutique où l'Amour fait travailler en peau.

ATTENUATUS AMORE. _Ovid._ Atténué par les fatigues de l'exercice

amoureux.

ATTRECTARE UXOREM ALICUJUS. _Cic._ Manier, patiner, tâtonner la femme de

quelqu'un[57].

[57] La caresser.

AVERSA VENUS. _Jul. Cap._ Amour désordonné, dérèglement en amour; injure

faite à Vénus et aux belles; la Vénus antistrophe; l'art subtil.

B

BABALUM, _i_, n. La pique du dieu gardien des jardins; le sceptre de

Cupidon.

(N) BACCHANALIA. Bacchanales, ou les fêtes en l'honneur de Bacchus, dieu

de la vendange. D'abord elles furent décentes, mais elles offrirent

ensuite tous les désordres de la débauche la plus crapuleuse. On portait

en procession des membres virils couronnés par des matrones

respectables. Les Bacchantes couraient les rues toutes nues. Aujourd'hui

il n'y a de Bacchanales que dans de petits appartements consacrés à

cela, et ces fêtes se nomment, comme autrefois, orgies.

BADAS, _ae_, m. Qui se laisse métamorphoser en fille; qu'on emploie pour

fille[58].

[58] Par une erreur bien volontaire.

BAETA, _ae_, m. Qui se laisse prendre pour une jolie fille, et qu'on

traite de même.

BALANUS, _i_, m. Le gland qu'on offre à Vénus; la tête du dieu Priape.

BALLIO, _onis_. _Cic._ Conciliateur d'amourettes; pourvoyeur

d'amour[59].

[59] Négociant en jeunes filles.

(N) BALNEA, _eorum_. Bains publics, endroits de rendez-vous et

préparatoires à la prostitution. Les Romains y allaient pour examiner

les hommes nus, et choisir en quelque sorte les jeunes gens les plus

propres à contenter leur goût singulier pour le péché contre nature. On

dit que, dans plusieurs de ces endroits, les hommes et les femmes se

baignaient pêle-mêle. Véritablement, les Romains ont poussé très loin ce

genre de mollesse, qui se retrouve en Asie.

(N) BAPTAE, _arum_, m. Prêtres de Cotytto, dont il sera parlé plus bas.

C'étaient de francs vauriens et les plus débauchés des hommes. De tous

temps les prêtres ont été libertins plus ou moins ouvertement.

(N) BASIATIO, _onis_, f. Baiser, l'action d'embrasser. Voy. OSCULUM.

(N) BASIO, _as, are_. Baiser, donner des baisers, embrasser.

BASSARA, _ae_, f. Fille de joie, courtisane.

BATALUM, _i_, n. BATALUS, _i_, m. Le batail, ou le battant de la cloche

amoureuse.

BATALUS, _i_, m. Qui souffre qu'on le fasse servir de femme; qui laisse

exiger de lui le plaisir que les femmes seules devraient donner. Ou:

Voy. PODEX.

BETA, _ae_, f. Voy. BAETA.

BILBIL, _ind._ BILBIS, _idis_, f. _Fest._ BILLIS, _is_, f. Le lait

d'amour répandu à terre[60].

[60] Esprit-de-vin évaporé contre l'intention de la Nature.

(N) BONA DEA. Cérès, ou la Bonne Déesse. Ses mystères, inconnus aux

historiens et aux mythologistes, ne l'étaient pas à Juvénal. Si on l'en

croit, il s'y passait de son temps des choses qui offensent rudement la

pudeur. Cérès était la déesse de la terre et de la fécondité; une de ses

fêtes avait lieu au mois de Mai, si célèbre par la révolution qui se

fait dans la nature, qu'une chaleur nouvelle semble vivifier alors et

rappeler aux actes d'une régénération entière. Ce que dit Juvénal de la

licence de ces fêtes fait croire que, quoique dans les premiers temps de

leur institution à Rome elles eussent été chastes, néanmoins, par

analogie avec les propriétés du mois de Mai, il s'y serait introduit des

mystères très opposés à leur première institution. Les prêtres de tous

les pays ont le talent de régénérer, par des institutions commodes, la

religion lorsqu'elle se perd. Les mystères d'Isis, de Vénus, de Bacchus,

de Priape, n'étaient guère plus chastes. Clodius, à Rome, tenta le

premier de violer les mystères de la Bonne Déesse, qui se célébraient à

huis clos entre femmes, et, sous un déguisement féminin, s'introduisit

dans la maison de César pour mieux jouir de Pompeia, qu'il aimait.

Pompeia était la femme de César: elle ne pouvait mieux se venger de ses

infidélités qu'avec ce Clodius, l'un des plus beaux chevaliers de son

temps.

Voy. Juvénal, sat. 6e, vers 313 et suiv.; Apulée, au liv. 8e de ses

_Transformations_.

BIPENNA, _ae_, f. L'instrument avec lequel l'Amour taille sa besogne.

BUBALIUM, _ii_, n. La bague qu'on court dans l'académie amoureuse.

BUCHEIS, _idis_, f. Palma Christi, plante merveilleuse pour les

exercices d'amour. Elle croît en Syrie[61].

[61] Rien n'est plus dangereux que ces remèdes aphrodisiaques. Ils

conduisent à l'impuissance par le plus court chemin.

C

CADERE CREBRO. _Plaut._ Tomber souvent sur les bras d'une aimable

ennemie[62].

[62] C'est un plaisir qu'on n'a pas toujours le pouvoir de se procurer

et qui n'en est que plus piquant lorsqu'on l'éprouve.

CADURCA, _orum_, n. Les bords de la fontaine d'amour; les lèvres de la

bouche amoureuse; ce qu'on appelle, aux vieilles, les babines.

CADURCUM, _i_, n. Le cabinet de Vénus, la loge amoureuse[63].

[63] La chambrette des délices.

CAPULUS, _i_, m. _Priap._ Le manche amoureux; la poignée d'amour.

CARUNCULA, _ae_, f. Carnosité; excroissance de chair; chair glanduleuse

et spongieuse; caroncule, dont quatre forment une barricade au devant du

chemin couvert de la forteresse d'amour. Palissade sur laquelle niche

quelquefois cet oiseau rare qu'on appelle aux Indes oiseau de Paradis,

et en France pucelage.

CASALBADIUM, _ii_, n. _Petr._ Fille de commodité, fille de joie.

CASALVIUM, _ii_, n. Lieu, à Athènes, où l'on pouvait se fournir de

filles commodes.

CASAURA, _ae_, f. Fille commode.

CASAURIUM, _ii_, n. Bordel, lieu de plaisir.

CASTRA CUPIDINIS. _Ovid._ Le camp de l'amour; le poste amoureux.

(N) CASTRO, _as, are_. Ôter le sexe à un homme; le rendre neutre,

inhabile à la génération; le priver de ce qui attire les dames, de ce

lien qui joint un sexe à l'autre et des deux n'en fait qu'un. _Eunucho

committere juvenem_ exprime la même chose que _castrare_.

CATADACTYLIUM, _ii_, n. La bague puérile, que courent certaines gens

d'un goût extraordinaire.

(N) CATAMITUS, _i_, m. Favori de Jupiter, Ganymède; jeune garçon

substituant les filles. Notre mot Français _chattemite_, que l'on

interprète par ceux-ci: _patelin_, _rusé_, _hypocrite_, n'aurait-il pas

aussi quelque analogie avec celui-ci? Voy. CONCUBINUS, PULLUS.

CATAPYGOS, _i_, m. Qui recherche la Vénus antistrophe. Ou: le doigt du

milieu auquel on met quelquefois une bague, mais qui n'en porte

jamais[64].

[64] Des religieux Asiatiques, par esprit de pénitence, se mettent au

gland un anneau assez lourd pour empêcher l'effet des désirs

charnels.

CATAPYGOSINE, _es_, f. L'amour de Vénus antistrophe, l'exercice de l'art

subtil; la passion à laquelle les auteurs orientaux disent que la femme

de Loth s'était soumise.

(N) CATIA MATRONA. Femme qui s'habille à la manière des courtisanes, qui

savent faire valoir tous leurs avantages corporels; femme leste,

élégante.

CAUDA, _ae_, f. _Hor._ Ce qu'on appelle la queue dans les animaux qui

n'en ont point.

CAULIS, _is_, m. CAULOS, _i_, m. La tige du genre animal.

(N) CELLA, _ae_, f. La cellule des prêtresses de Vénus; la petite alcôve

où elles se retirent pour sacrifier à l'amour dans un lieu de

prostitution.

CERCOLIPA, _ae_, m. _Catull._ Voy. PENIS.

(N) CEVEO, _es, cevi, cevere_. _Juv._ Il a la même acception que le mot

_crissare, crisso_, cité plus bas. Cependant le verbe _cevere_ désigne

plus spécialement le mouvement des hommes pendant le plaisir à la

Grecque: _Ego te ceventem, Sexte, verebor._ _Juvenalis._

CHALAMYDES, _dum_, f. Celles qui, par humilité, veulent bien prendre sur

elles le fardeau du genre humain.

(N) CHALCIDISSO, _as, are_. Mot tiré du Grec, qui exprime un genre de

fantaisie érotique qui consiste à se faire lécher ou sucer les parties

naturelles par des enfants. Les anciens habitants de la Chalcide

chérissaient cette singulière volupté.

CHELIDON, _onis_, f. La caverne de Vénus; le gouffre où se précipitent

la plupart des hommes.

CHIA, _ae_, f. _Mart._ (_Subaud._ FICUS). La figue que les Ganymèdes

donnent à entamer, que Martial dit être d'un goût piquant et qui excite:

au lieu que, dans les femmes, il dit qu'elle est fade et insipide, et la

nomme _marisca_, et prétend que c'est un second c...

CHOEROS, _i_, m. La bauge où se vautrent les hommes les plus propres; le

bourbier où presque tous les hommes se plongent.

CHRYSION, _ii_, n. Le Priape enfantin, une courte, une guigi, une

margot.

(N) CICINNIA, _ae_, f. La patronne des mignons ou Ganymèdes.

CIDARIUS, _ii_, m. Pédéraste; qui aime les jeunes garçons.

CILLO, _onis_, m. _Sext. Pomp. Ict._ Qui se laisse assujettir à

l'ouvrage dont les femmes sont jalouses; qui usurpe l'emploi des femmes

dans la République d'Amour; qui souffre les caresses qui ne sont dues

qu'aux femmes[65].

[65] Et mérite par conséquent leur juste indignation.

CINAEDIA, _ae_, f. CINAEDIUM, _ii_, n. La patience à se laisser

métamorphoser en femme.

CINAEDOLOGUS, _i_, m. Qui s'entretient de ce que les Italiens appellent

l'art subtil; qui parle de l'amour déréglé pour les jeunes garçons.

CINAEDOLOGI, _orum_, m. Vers qui traitent de l'art subtil des Italiens.

CINAEDUS, _i_, m. _Catull._ Jeune garçon qui se livre à toutes les

caresses que l'on veut lui faire[66].

[66] Octave, qui depuis fut appelé Auguste, passe pour avoir joué ce

rôle auprès de César, qui, par reconnaissance, l'adopta. Les

Romains, avant que d'être abrutis par l'esclavage, lui firent un

jour sentir qu'ils savaient bien qu'il devait le trône à cette

complaisance, et applaudirent devant lui à ce vers d'une comédie que

l'on jouait:

_Videsne ut cinaedus orbem digito temperet?_

Ce goût paraît être celui des grands rois, et c'est peut-être pour

cela que le grand Frédéric en était entiché de nos jours.

CIPUS, _i_, m. Le terrain où se plante le piquet amoureux.

Dictionnaire érotique Latin-Français · 第 4 / 10 段