ses oeufs[67].
[67] Heureux qui les casse!
CLAVUS CUPIDINIS. _Plaut._ Le clou de Cupidon, qui entre par la
tête[68].
[68] Le passe-partout du jardin de Cypris.
(N) CLAZOMENAE, _arum_, f. Les fesses: la partie chérie des hérétiques
en amour. Comme les habitants de la ville Grecque nommée Clazomène
étaient fort amateurs en ce genre, le nom de la ville est resté à
l'objet de leur amour. C'est comme nous appliquons le nom de _Normand_ à
quelqu'un que nous jugeons fin et cauteleux.
CLINOPALE, _es_. _Suet._ L'exercice de la couchette; les tours de lit;
la lutte amoureuse sur un lit, de peur de se blesser en tombant[69].
[69] Les gens à tempérament regardent cet exercice comme aussi
nécessaire que celui de boire et de manger; et souvent ils ne
considèrent les femmes que comme un meuble de ménage. Cette idée
n'est point galante: en conséquence, il faut que les femmes fassent
payer à ces gens-là leur utilité.
CLITORIAZO, _is, ire_. Clitoriser, se chatouiller le clitoris avec le
bout du doigt pour se faire rire; ou faire cette action sur une personne
dans la même intention. Badiner à l'endroit sensible; se jouer à la
partie chatouilleuse; folâtrer du bout du doigt avec le loquet du
cabinet d'amour[70].
[70] Gratter à la porte du palais d'amour.
CLITORIS, _is_, f. CLITORIUM, _ii_, n. Le clitoris, petit corps très
sensible au haut de la partie naturelle de la femme; il a la figure du
membre de l'homme. Le loquet du cabinet d'amour; le Priape féminin.
(N) CLIVUS, _i_, m. La double colline qui se trouve au bas du dos. Voy.
CLUNES.
(N) CLUNES, _ium_, f. _Clunes agitare, movere._ _Priap._ S'agiter, se
remuer pendant le plaisir amoureux; faire sauter son homme. Ce qui suit
s'applique aux non-conformistes comme aux femmes: _clunibus fluctuare
crispatis_.
COA, _ae_, f. Femme qui boit bien, et qui ne refuse pas d'autres
plaisirs[71].
[71] _Venus Coa_: femme débauchée, libertine à table. _In triclinio
Coa, in cubiculo Nola._
COEO, _is, ivi, itum, ire_. _Ovid._ Se choquer amoureusement; unir les
corps comme les coeurs; s'exercer au combat amoureux; faire l'action;
faire en compagnie le voyage amoureux.
(N) COETUS, _us_, m. L'union charnelle des corps, légitime lorsque des
contrats l'ont sanctionnée; illégitime quand elle tient à la convention
du moment ou à la volonté passagère de deux individus. _Coitus_ et
_concubitus_ lui sont synonymes.
COIRE FURTIM. _Ovid._ Dérober la connaissance d'un duel amoureux;
prendre à la dérobée le plaisir, qui est plus doux quand on le
dérobe[72].
[72] Si toutefois on dérobe un plaisir consenti par les deux personnes
intéressées à ce plaisir.
COGNOSCO, _is, ovi, itum, ere_. _Ovid._ Connaître de la manière la plus
intime et la plus sensible, et par celui de tous les sens qui fait le
plus de plaisir[73].
[73] Connaître est alors synonyme avec posséder et jouir.
COGNOSCERE AMORES SUOS. _Ovid._ Jouir de ses amours; connaître
actuellement quel est le plaisir qu'on peut tirer de ce qu'on aime.
COLEATUS, _a, um_. _Pomp. Ict._ Qui a des témoins pour prouver son droit
en amour.
COLEATA CUSPIS. _Pomp. Ict._ L'aiguille de l'horloge d'amour et ses
contrepoids; le dard, ou la flèche de Cupidon garnie de ses pennes.
COLEPHIUM, _ii_, n. Pain qui avait la figure de ce que, par excellence,
l'on appelle le membre[74].
[74] _Coliphia_: c'était le pain dont se nourrissaient les athlètes.
On croit qu'il était de même sorte que la béquille du Père Barnaba,
et qu'on y glissait de la racine de satyrion pour augmenter les
forces dans la lutte amoureuse.
COLES, _is_, m. _Cels._ La pique du dieu qui gardait les jardins; le
dard de Cupidon, la flèche de l'Amour[75].
[75] La clef de toutes les serrures féminines.
COLEUS, _i_, m. _Cic._ Témoin en justice amoureuse; ce qui rend
témoignage de la virilité; témoin de la validité d'un mariage.
COLUMBOR, _ari_, dép. _Sen._ Baiser à la pigeonne; pigeonner; donner et
recevoir des coups de langue qui n'offensent point[76].
[76] Ou, par périphrase, _humida dare oscula pugnantibus linguis_.
_Tibull._ S'embrasser de tout coeur.
COLUMNA, _ae_, f. La colonne de l'architecture humaine.
COMMITTERE OSCULA LINGUAE. _Ovid._ Commettre à la langue le soin de
l'assaisonnement des baisers; faire servir la langue à rendre les
baisers plus délicieux.
COMPRESSA VIRGO. _Ter._ Fille qui a été vivement embrassée; fille qui a
souffert les plus tendres et les plus sensibles embrassements[77].
[77] _Comprimere patronam_, mettre une femme en presse.
COMPRESSUS, _us_. _Ter._ L'accolade de Cupidon; une embrassade tendre,
vive et très sensible; le plus vif de tous les embrassements[78].
[78] L'étreinte la plus douce, le moment où deux corps ne font qu'un.
EX COMPRESSU EJUS GRAVIDA FACTA EST. _Ter._ Cette fille est grosse de
son fait; il a engrossé cette fille.
CONCHA, _ae_, f. _Plaut._ La coquille de Vénus.
CONCILIATRIX, _icis_, f. _Cic._ Conciliatrice; celle qui s'insinue dans
les bonnes grâces, qui gagne les coeurs, ou pour soi-même, ou pour
d'autres.
CONCILIATRIX ANCILLA. _Plaut._ Une suivante qui ménage les intrigues de
sa maîtresse; une fille qui entre dans le commerce amoureux de sa dame;
une confidente des galanteries de sa maîtresse; l'intendante des
plaisirs de sa dame[79].
[79] Duègne qui trahit son maître pour contenter sa maîtresse, et
_vice versa_.
CONCILIUM GENITALE. _Lucr._ Conseil où l'on agite si l'on mettra un
homme au monde; assemblée où l'on traite plaisamment de la génération de
l'homme; accord mutuel de la nature; correspondance des natures.
CONCIPERE EX ALIQUO. _Cic._ Concevoir du fait de quelqu'un; être grosse
des oeuvres d'une personne; s'être imprimé fortement les plus vives et
les plus sensibles expressions d'amour de quelqu'un.
CONCUBINA, _ae_, f. _Cic._ Concubine; maîtresse; femme d'un homme qui
n'est pas marié; celle à qui un homme ne s'est pas engagé pour
toujours[80].
[80] Synonymes: _concuba, concubia, succuba, pellex_.
CONCUBINATUS, _us_. _Plaut._ Concubinage; habitude de plaisir amoureux
avec une personne[81].
[81] Qui n'est point sa femme par contrat notarié.
CONCUBINUS, _i_, m. _Catull._ Qui a une maîtresse; qui est en habitude
amoureuse avec une fille; qui a une concubine. Ou (_Quintil._): qui a
une patience féminine en amour; catamite[82].
[82] Ganymède. Voy. CATAMITUS, PULLUS.
CONCUBITOR, _oris_, m. Qui couche avec un autre de quelque sexe que ce
soit, ou par compagnie, ou dans la vue du plaisir.
CONCUBITUS, _us_, m. _Ovid._ Les caresses du lit; la tâche des amants;
le devoir amoureux; l'ouvrage d'amour[83].
[83] _Concubitus quaerere_: désirer, rechercher le plaisir amoureux.
CONCUBITUM PETERE, PATI. _Ovid._ Rechercher, souffrir les caresses du
lit.
(N) CONCUBO, _as, are_, CONCUMBO, _is, ubui, ubitum, umbere_. Coucher
avec quelqu'un, homme ou femme: ce mot n'est obscène qu'autant que, de
l'action très innocente de coucher deux, il résulte un plaisir qui n'est
pas innocent.
CONFICERE VIRGINEM. _Ter._ Abattre la fermeté d'une fille; avoir les
gants d'une belle; humilier une pucelle[84].
[84] Forcer la garde du palais d'Amour.
CONFUTUO, _is, ere_. _Catull._ Faire de compagnie ce qu'on appelle
f...... Ou: pondre au même nid qu'un autre[85].
[85] Posséder à deux les faveurs d'une belle.
CONGENUO, _as, are_. _Varr._ Serrer les genoux pour être plus ferme en
lice.
(N) CONGRESSUS, _us_, m. Combat de deux personnes sur un lit ou sur un
canapé. _Congressio_ exprime la même chose.
CONISALUS, _i_, m. Les armes de Priape.
CONJUGIUM, _ii_, n. _Virg._ L'action du mariage, le devoir conjugal.
CONJUGIO ALTERIUS POTIRI. _Virg._ Faire un cocu; jouir de la femme d'un
autre; planter des cornes à quelqu'un.
CONNATATIO, _onis_, f. V. CONNATIO.
CONNATILIS, m. f. _le_, n. _is_, g. Qui travaille au même atelier
amoureux; qui entre de part dans une intrigue amoureuse; qui nage en
amour dans la même eau; qui fait société avec un autre pour un commerce
d'amour; qui vogue en amour sur la même mer.
CONNATIO, _onis_, f. _Plaut._ Course dans la même lice amoureuse;
société en amour; jouissance par indivis; travail au même atelier
amoureux; intrigue amoureuse partagée de concert. Ou, autrement: partage
des faveurs d'une belle avec quelqu'un.
CONNATO, _as, are_. _Plaut._ Partager un coeur avec un autre; être rival
heureux d'un amant bien traité; cultiver amoureusement avec quelqu'un le
même champ; travailler au même atelier d'amour, n'être pas seul qui ait
part aux faveurs d'une belle; goûter les douceurs d'amour au même
endroit qu'un autre; aimer sans jalousie en même lieu; être en société
d'amour avec quelqu'un; avoir un compagnon de jouissance.
CONQUINIO, _is, ire_, CONQUINISCO, _is, ere_. _Plaut._ Offrir le présent
de Ganymède. Ou: baisser la tête et plier le corps, pour donner belle à
l'enfilade.
(N) CONSTUPRO, _as, are_. Violer, faire violence à la pudeur; vouloir
donner par force du plaisir à des femmes qui n'en veulent pas avoir.
CONSUESCERE ALICUI. _Ter._ ALIQUO ou & CUM ALIQUO. _Plaut._ Être l'un
avec l'autre dans la dernière privauté; avoir l'un pour l'autre une
amoureuse complaisance; se donner ensemble de telles libertés, qu'on ne
puisse se refuser rien; être familier au dernier point avec une
personne[86].
[86] Être bien d'accord ensemble.
CONSUESCERE CUM MULIERE. _Cic._ Être en intrigue avec une belle; avoir
commerce ou des liaisons secrètes avec une personne; avoir une habitude;
avoir une inclination; avoir une maîtresse; faire galanterie avec une
belle.
CONSUETIO, _onis_, f. _Plaut._ Commerce amoureux, galanterie; habitude
galante; intrigue; liaison d'amour.
(N) CONTUBERNIUM, _ii_, n. Cohabitation qui dégénère quelquefois en
colibertinage, et tellement que ce mot, dans Suétone, veut dire
_concubitus_. _Vesticontubernium_ exprime la même chose.
(N) CONTUS PEDALIS _vel_ SESQUIPEDALIS. La perche d'amour. Ce mot est
bien expliqué à l'article MENTULA.
CONVENIO, _is, ire_. _Plin._ S'accorder dans le point qui fait la
liaison la plus étroite des deux sexes; ne faire qu'un tout amoureux de
deux moitiés séparées; en venir aux prises sous les étendards de
l'Amour; livrer le combat amoureux; s'assembler amoureusement.
COPA, _ae_, f. _Virg._ Fille de plaisir; fille de joie; fille de
commodité; courtisane; fille commode.
(N) COPULO, _as, are_. Se joindre deux à deux, corps à corps: s'unir
étroitement; jouir amoureusement.
COROLLARIUM PUERILE. _Apul._ La bague que courent certains amoureux
dévoyés du chemin naturel; le soleil rouge-brun de Vénus antistrophe.
CORONA, _ae_, f. La tête du dieu Priape.
(N) COTYTTIA, _orum_, n. Les mystères de la déesse Cotytto, ou de
l'impudicité. Cette déesse n'était ci-devant qu'une danseuse, dont
l'extrême lubricité mérita des autels; ses prêtres s'appelaient
_Baptae_; ils dansaient en contrefaisant les femmes, et probablement
prenaient leur place quand ils trouvaient des amateurs. Eupolis fit une
comédie intitulée _Baptae_: Alcibiade, le Socratique Alcibiade, s'y
trouvant désigné, tua tout bonnement l'auteur pour l'empêcher de
critiquer les moeurs de ses contemporains.
(N) COXA, _ae_, f. La cuisse touche de bien près au temple de Vénus, et
celui-ci est souvent désigné chez les poètes par tout ce qui l'avoisine.
_Laufella tollit pendentis praemia coxae_ (_Juven._): cela veut dire
qu'elle se présente de si bonne grâce au combat amoureux, qu'elle
remporte la victoire.
CRISSANS, _tis_, _omn. gen._ _Juven._ Qui remue les fesses; qui joue du
croupion; qui tortille les fesses; qui remue le cul fort dru.
CRISSATURA, _ae_, f. _Lucret._ Remuement de fesses: jeu du croupion;
mouvement de cul fort prompt; tortillement de fesses fort dru.
CRISSO, _as, are_. Remuer les fesses; faire des mouvements de fesses
fort drus; jouer du croupion; tortiller le cul légèrement; faire des
tortillements de cul fort prompts. Ce verbe est particulier aux femmes
et à ceux qui en font l'office[87].
[87] On croit qu'il se prend plus particulièrement pour la posture
qu'adopte la femme quand elle se met sur l'homme pour ne pas avoir
le dessous; alors elle s'agite beaucoup mieux, et cela donne
l'explication du _lumbi fluctuantes_ de la 18e Priapée.
(N) CROCOTULA, _ae_, f. _Movere lumbos in crocotula._ Habit léger pour
les femmes, et couleur de safran, peut-être par allusion à quelques
usages dans les orgies des Anciens autrement appelées fêtes nocturnes,
mystères, etc. Habits de combat qui ne mettent que peu d'obstacles à la
jouissance. Si l'on veut avoir des détails sur les habillements des
femmes voluptueuses de l'Antiquité, il faut consulter l'_Errotika
Biblion_, p. 94.
(N) CRYPTA, _ae_, f. La grotte de Vénus.
CTIR, ind. La fontaine des amoureux et le gazon qui l'environne[88].
[88] La carte des pays bas.
CUCURBITA, _ae_, f. _Plaut._ Femme galante[89].
[89] Qui se livre aisément.
CUCURBITARIUS, _ii_, m. Qui met en oeuvre la femme d'autrui,
principalement celle de son seigneur de fief, ou de son maître, ou
quelqu'une de leurs parentes.
CUCURBITATIO, _onis_, f. La liberté qu'on prend de semer dans le jardin
secret d'autrui, etc.
CUCURBITO, _as, are_. Planter dans le jardin de plaisir d'autrui, et
particulièrement de son seigneur de fief, ou de son maître; ou mettre en
oeuvre quelqu'une de leurs parentes.
CULICES PATI. Se laisser Ganymédiser.
(N) CULUS, _i_, m. Visage à deux parties, autrement dit postérieur;
objet du culte des hérétiques en amour. _Culus tritus_, autel trop
fréquenté, où les sacrifices sont banaux. Synonymes: _pars postica,
clunes_.
CUNNAGIUM, _ii_, n. Le droit du seigneur en amour; droit de coucher, la
première nuit des noces, avec les femmes de ses vassaux, possédé
autrefois par les comtes chanoines de Lyon[90].
[90] Tout cela est aboli, en France, avec les droits de fiefs.
CUNNATUS, _a, um_. Qui est pourvu de la partie qui fait presque tout le
mérite des femmes.
CUNNILINGUS, _a, um_. _Priap._[91]. Qui lèche le plat dans lequel on
sert le mets amoureux; lèche-c.., épithète des petits chiens des dames,
qui, par là, deviennent souvent enragés[92].
[91] _Lingua maritus_ (_Martial._)
[92] Il y a des hommes qui leur envient ce nom. On dit que les chiens
deviennent enragés à force de s'occuper de cet ouvrage: mais il faut
l'être pour les imiter.
CUNNOSUS, _a, um_. Qui loge au large les pèlerins d'amour[93].
[93] Anneau trop grand pour le doigt.
CUNNULUS, _i_, m. Ce qui ne se trouve que chez les petites filles, un
conin, un conichon.
CUNNUS, _i_, m.[94] _Hor._ Le conduit de l'urine féminine; le vase
amoureux; le chemin couvert de l'amour; la coquille de Vénus; le pays
natal du genre humain; le but où visent les amants; l'endroit, chez les
femmes, qu'on dit, mais qu'on n'imprime pas; l'autel où l'on sacrifie à
l'Amour; le temple de Vénus; l'objet des peines et des plaisirs des
amants; le bel endroit; le carquois de Cupidon; la boutique où l'Amour
fait travailler en peau; le colombier de Vénus; le point d'honneur des
dames[95]; le centre des délices amoureuses; le champ de bataille
d'amour; le manège des coursiers de Cupidon; la nasse où se prennent les
anguilles amoureuses; la salle d'armes du dieu d'amour; la fontaine où
l'on porte l'eau; le réservoir de propagation; le four qui fait lever la
pâte; la cuve de la brasserie humaine; le marais d'amour où l'on enfonce
jusqu'au ventre; le trébuchet amoureux; le nid de l'oiseau d'amour; le
nord de l'aiguille amoureuse; le calendrier naturel; le puits d'amour;
la grotte de Vénus; l'embrasure des canons de Cupidon; le mortier
amoureux; le terroir où l'on plante l'herbe sensitive; le champ qu'on
aime à défricher; le terrier du lapin de Vénus; l'hôtellerie des
pèlerins amoureux; l'objet de la galanterie; le creux où l'on moule les
hommes; le cadran qui a souvent besoin d'aiguille; la manufacture de
Cupidon; le tronc où chacun s'empresse de mettre la pièce; le trône du
dieu des appas; le tribunal d'amour; le clocher où Vénus fait
carillonner; le fourreau propre à toutes lames; le chemin qui conduit au
plaisir; le receveur des droits de la mère d'Amour; le lieu de la
folâtrerie; le bureau de la confrérie de Vénus; le bassin où l'on met
les offrandes amoureuses; le peloton où Vénus fiche ses épingles; le
fourneau où l'on fixe le mercure d'amour; le camp où l'Amour fait
planter le piquet; le plus fort des objets de la tentation; le
manichordion de Vénus; le creuset où l'on met les hommes en fonte; le
palais de la galanterie; la galère qu'une seule rame met en mouvement;
la prairie des amours; le cabinet de Vénus; le jardin de plaisir; la
lice des coursiers d'Amour; le magasin des plaisirs amoureux; la niche
du dieu Priape; la foulerie d'Amour; l'abreuvoir des coursiers de
Cupidon; le tire-moelle amoureux[96].
[94] EPIGRAMMA JOANNIS SECUNDI
_Dicite, grammatici, cur mascula nomina _cunnus_.
Et cur foemineum _mentula_ nomen habet?
Sic ego, sic aliquis senior de gente verenda
Rettulit, attollens longa supercilia:
Mentula foeminei gerit usque negotia sexus,
Inde genus merito vindicat illa sibi;
Indefessus agit res qui, sine fine, virorum,
Mascula non temere nomina _cunnus_ habet._
[95] Ce que les dames appellent «leur honneur», le «coeur» du
chevalier de Boufflers.
[96] La partie qui distingue spécialement le sexe féminin. Nulle femme
sans c.., nul homme sans v... Synonymes Latins de ce bijou: _vagina,
fossa inguinis, sulcus, arvum muliebre, genitale, hortus Cupidinis,
pudendum muliebre, puta, selinon, prodigiosa Venus, meatum Veneris,
feminal, virginal, radius Veneris, scrobs virginalis, barathrum
foemineum, lanuvium, xanion, ulcus, rima, caverna, custon_.
_Infelix, cui torpet hebes locus ille!..._
(Ovid.)
CURRUCA, _ae_, m. Celui que nous appelons improprement _cocu_, à qui sa
femme donne un substitut[97].
[97] Qui n'est pas seul possesseur de son bien.
CYANISSANS, _tis_, _omn. gen._ Qui a envie de travailler naturellement;
qui veut mettre en pratique le symbole de la fève qui a encore sa peau
(c'est la fève de marais, symbole qui a fait dire à Pythagore: _Abstine
a fabis_, abstenez-vous des fèves)[98].
[98] Axiome rejeté par les femmes, même les plus philosophes.
(N) CYBELE, _es_. f. Cybèle, la mère des Dieux, la Bonne Déesse. Ses
mystères se célébraient dans le plus grand secret, mais il paraît que la
chasteté et la tempérance n'y présidèrent pas toujours, quoique les
femmes eussent été dans l'origine les seules initiées. P. Clodius fut le
premier qui entreprit de les violer en s'introduisant, sous l'habit
d'une danseuse, dans l'appartement de Pompeia, épouse de Jules César. La
chronique dit qu'il voulait abuser de cette femme. Les prêtres de cette
déesse se nommaient _Galli_, et avaient été privés de cette partie qui
nous rend hommes. Dans les temps de corruption, des hommes faisant
fonctions de femmes imitèrent entre eux ces mystères et, comme on peut
le croire, y introduisirent ce que la lubricité humaine a de plus
dégoûtant.
CYDON, _onis_, m. Pédéraste, Gomorrhiste.
CYLLO, _onis_, m. _Cic._ Qui a été amplement pourvu par l'Amour en
faveur des dames; personnage bien envitaillé.
(N) CYNAEDUS. Voy. CINAEDUS.
CYSONIPTES, _ae_, m. Baigneur qui a soin de tenir propre tout ce qui est
plus particulièrement dédié à l'amour.
CYSOS, _i_, m. L'écrin du bijou d'amour; la gaine du poignard de
Cupidon.
CYSTHOS, _i_, m. V. CYSOS. Ou: les fesses. Ou: le trou du cul.
D
(N) DECURRERE SPATIUM AMORIS. Faire la course au jardin d'amour; courir
la bague; jouir amoureusement.
(N) DEGLUTIO, _is, ire_. Prendre à la bouche la flûte de Cupidon; la
recevoir, la presser avec les lèvres:
_Deglutit, fellat, molitur per utramque cavernam._
(_Auson._)
DEJICERE CAPUT. Baisser la tête en courbant les reins pour offrir mieux
la bague; présenter le cul en haut[99].
[99] Voyez la différence entre _dejicere caput_ et _demittere caput_,
au mot DEMITTERE.
DELPHYS, _yos_, f. La coquille du limaçon d'amour. Ou: la matrice.
DELTA, ind. Le triangle de la géométrie d'amour; l'entrée du jardin de
Vénus; l'ouverture de l'antre des Nymphes.
DEMITTERE CAPUT. Faire près d'une femme l'office de petit chien; lécher
la baratte où l'on bat le beurre en amour[100].
[100] Voy. VORARE TENTA.
(N) DEPRENSUS, DEPRENSA. Pris sur le fait: _Nihil est audacius, illis
deprensis (adde mulieribus.)_ _Juven._
_Quantum deprensi damna pudoris ement._
(_Auson._)
DEPSO, _is, psui, psitum, ere_. _Cic._ Pétrir le levain amoureux; battre
le beurre d'amour.
DESTUPRATRIX, _icis_, f. _Mart._ Une tribade.
(N) DIFFUTUTUS, _a, um_. Épuisé par trop de jouissance. Voy. EXFUTUTUS.
_Virgo diffututa_, fille commode, qui se laisse caresser par tout le
monde.
(N) DIGITUS IMPUDICUS, INFAMIS. C'est le substitut d'un très joli
instrument dont les dames aiment à jouer. Les Anciens paraissent avoir
employé ce doigt à plusieurs usages: tantôt à procurer du plaisir aux
femmes, tantôt à montrer aux hommes le désir d'une jouissance contre
nature.
DINDYMUS, _i_, m. Le trou de la verge de l'homme.
(N) DIOBOLARES, _ium_, f. Courtisanes pour le bas peuple; raccrocheuses;
salopes à deux sols; paillasses de corps-de-garde.
(N) DISSAVIOR _vel_ DISSUAVIOR, _aris, ari_. Embrasser avec ardeur, avec
vivacité.
DIVIDERE CUM ALIQUA. _Petr._ Partager avec une belle les plaisirs de
l'amour; diviser le terrain amoureux.
DIVISOR, _oris_, m. _Cic._ Corrupteur de jeunes garçons.
DIVOLTRES, _ium_, f. Garces à canailles; donneuses de bonsoir[101].
[101] Coureuses de nuit; chauves-souris.
DO, _as, are_. _Dare solet._ _Mart._ Elle a coutume de s'en faire
donner[102].
[102] _Dare._ Ce verbe se prête à beaucoup d'obscénités; c'est un de
ces mots commodes dans les langues, que l'on prend en bonne ou
mauvaise part selon l'intention louable ou maligne de l'écrivain.
Donner, prêter, accorder, consentir, voilà ses acceptions dans le
langage amoureux.
DARE OPERAM LIBERIS. _Cic._ S'étudier à faire des enfants; s'appliquer à
se faire des successeurs; s'employer à perpétuer sa race; travailler à
sa postérité.
DORILLUS, _i_, m. Le jardin de Nature; le champ de Vénus; le clapier
d'amour.
DRAUCUS, _i_, m. _Mart._ Pédéraste.
DRILOPOTA, _ae_, m. Celui qui boit dans un vase qui représente le
laboureur de la Nature[103].
[103] _Vitreo bibit ille Priapo_ (_Juven._).
DUCO, _is, xi, ctum, cere_. _Plaut._ Trouver une femme, ou un mari, dans
sa main[104].
[104] Faire jouer le prépuce sur le gland.
DUCTO, _as, are_. _Ter._ Conduire au plaisir.
DUCTARE AMICAM. _Plaut._ Conduire du bout du doigt sa maîtresse au
plaisir.
E
EMASCULATOR, _oris_, m. _Apul._ Pédéraste. Ou: qui effémine, qui rend
efféminé[105].
[105] Bourreau des facultés viriles; destructeur d'hommes.
(N) EFFEMINO, _vel_ EFFOEMINO, _as, are_. Être sans force et sans
courage. Ce verbe a des rapports, au figuré, avec _ementulare_.
_Effeminatus culus._ _Priap._ Bijou Grec sans ressort, ou dont le
ressort est usé par le service.
(N) ELECEBRAE, _arum_, f. Courtisanes, filles de joie.
(N) ELEPHANTIS, _idis_. _Priap._ Jeune fille Grecque auteur d'ouvrages
galants dans le genre de ceux de l'Arétin, des _Élégances Latines_ du
faux Meursius, du _Portier des Chartreux_, et de tous les livres
lubriques à l'usage des modernes. Philænis et Cyrène, autres jeunes
filles Grecques, passent pour avoir composé de pareilles tablettes où
étaient peintes les postures libidineuses et leur explication. Elles
étaient autrefois, comme à présent, les leçons préparatoires pour la
jeunesse de l'un et l'autre sexe que les personnes d'un âge mûr ne
prenaient pas la peine d'instruire. De jeunes filles innocentes venaient
offrir en don ces tablettes au dieu Priape, pour lui demander la réalité
des peintures. On doit croire qu'elles traitaient fort mal leur
protecteur, lorsque le voeu n'était pas exaucé; Sotade, poète de
Mantinée, a composé un ouvrage intitulé _Cinaedica_; c'est Suidas qui
nous l'apprend. L'empereur Tibère avait orné les murs de sa chambre à
coucher, à Caprée, de ces peintures lubriques, et cette mode a été
adoptée par quelques vieux et invétérés libertins de son siècle et des
suivants.
EMASCULATUS, _a, um_. Bardache, Ganymède, catamite. Ou: châtré; ou:
rendu efféminé.