exception, lorsqu’ils disent que le roi Manassé fut emmené captif à
_Babylone_ par _le roi des Assyriens_. Mais il ne faut pas oublier que
cette tardive chronique n’a pu être rédigée avant le temps des
Asmonéens, et qu’à cette époque les écrivains juifs empruntaient déjà
les idées et les expressions des Grecs, qui appelaient _Assyriens_ les
peuples de la Babylonie, en sorte que cet exemple même devient l’un des
indices de la posthumité des Paralipomènes: ce livre, au chap. 3, vers.
17 à 24, dénombre sept générations depuis le retour de Babylone; et cela
seul, à 25 ans la génération, conduit jusqu’à l’an 363, c’est-à-dire 33
ans avant Alexandre.
[158] Comme il arrive assez souvent dans l’Inde ou dans la Turquie à des
princes tributaires et à des pachas.
[159] _Voyez Chronologie d’Hérodote_, pag. 481, note [161].
[160] Flav. Joseph., _Antiq. judaic._, lib. IX, cap. 14, pag. 506.
[161] Nous ne combattons point ici une opinion singulière de
_Michaelis_, qui, dans son livre _de Geographiâ Hebrœorum exterâ_,
saisit une phrase de Strabon pour en induire qu’une _peuplade sauvage_
et barbare, appelée jadis _Chalybes_, et plus récemment _Chaldies_,
était venue des bords de la mer Noire conquérir et maîtriser Babylone,
comme les Turkmans ont maîtrisé Bagdad et l’empire arabe. Pour soutenir
cette hypothèse, Michaelis veut que les noms des rois babyloniens soient
des noms russes; par conséquent il suppose que les Chalybes parlèrent un
dialecte slave, quoique les meilleurs antiquaires ne fassent remonter
l’origine des Slaves qu’aux premiers siècles de notre ère, où ces
peuples émigrèrent, à ce qu’il paraît, des frontières de l’Indostan.
D’autre part, outre que les étymologies qu’il allègue d’après Forster,
sont forcées et imaginaires, on peut lui objecter que les noms de
_Nabu-kadnasar_, _Balthasar_, etc., reçoivent une explication plus
raisonnable de l’idiome arabe et chaldéen. Quant à la phrase de Strabon,
lib. XII, p. 549, nous remarquons d’abord avec ce géographe, qu’Homère,
en citant le nom de _Chalybes_, paraît avoir ignoré celui de _Chaldœi_,
et nous en inférons que ce dernier ne se serait introduit que depuis ce
poète, qui a écrit vers l’an 800 avant notre ère, c’est-à-dire quelques
années avant _Phul_, roi de Ninive. Or tous les anciens attestent que
les Chaldéens ont existé à Babylone bien des siècles avant cette date,
et ont existé comme caste sacerdotale et non militaire. Nous observons
de plus que, peu après le temps d’Homère, deux rois de Ninive,
successeurs de _Phul_, exécutèrent de nombreuses déportations de
peuples, et que, de même qu’ils transplantèrent des familles euthéennes
à Samarie, ils purent déporter des familles chaldéennes chez les
_Chalybes_, voisins des _Sàpires_, cités par Sennachérib pour être l’un
des peuples récemment subjugués par ses pères. D’ailleurs Strabon, au
même endroit, nomme quatre peuples à qui un changement semblable de nom
était arrivé; les _Sanni_, jadis _Macrones_; les _Apaïtœ_, jadis
_Kerkitœ_; et d’autres jadis appelés _Byzères_: n’est-il pas plus
raisonnable d’attribuer ces changements aux historiens qui auront
employé d’autres idiomes que les anciens; de penser même que Darius a pu
en être l’auteur dans le registre neuf et régulier qu’il fit composer
pour l’empire perse. Toujours est-il vrai que Strabon peint les _Chaldœi
Chalybes_ comme des sauvages divisés entre eux, tous barbares,
insociables, vivant de pèche, de chasse et de gland, et il n’est pas
probable que de telles hordes, peu nombreuses, aient fait une conquête
aussi difficile que celle de Babylone, en dépit des rois de Ninive.
[162] _Voyez Procli Sphæra_, in-4°, à la fin.
[163] _Syncelli Chronographia_, in-fol.
[164] _Doctrina temporum_, tom. II, pag. 125, _année_ 1627.
[165] _Voyez Rationarium temporum_, à la fin. Petau ne cite pas le
numéro du manuscrit; mais c’est celui de la bibliothèque impériale, coté
2497; un autre, coté 2494, pag. 126, appuie celui-là.
[166] in-8°, 1684. Appendice aux Dissertations sur saint Cyprien.
[167] Joseph, cont. Appion., lib. I, § XIX.
[168] Le Syncelle cite Bérose, mais il est très-douteux qu’il ait eu ce
livre en main; car il n’en cite pas un passage original qui ne se trouve
ailleurs.
[169] _Voyez_ ci-devant, note de la page 123.
[170] Fréret et les missionnaires ont remarqué que le même système
existe dans la chronologie des Chinois, qui supprime les noms des rois
lorsqu’ils ont régné moins d’une année.
[171] _Voyez_ Moïse de Chorène, chap. 13, pag. 40.
[172] _Apud Hebrœos liber Judith inter apocrypha legitur_.....
_Hieronymi opéra_, tom. 1, pag. 1170, in-fol., 1693.
Le savant Bernard de Montfaucon a voulu prouver l’authenticité du livre
et du fait; mais sa dissertation, composée dans sa jeunesse, ne s’appuie
que sur des anachronismes, ou sur des hypothèses, et ne sauve ni les
contradictions palpables, ni l’ignorance évidente de l’anonyme, tant en
géographie qu’en chronologie. Le lecteur peut lui-même en juger par ce
précis de Judith que nous lui soumettons.
[173]
TEXTE DE JUDITH.
_Version latine ou vulgate_.
Arphaxad, roi des Mèdes,
avait subjugué beaucoup de
peuples, et il avait bâti une
grande ville qu’il nomma _Ecbatan_;
et _l’an_ 12 de son règne,
_Nabukodonosor_, roi des Assyriens,
qui régnait dans Ninive,
combattit Arphaxad, et il le
vainquit dans la grande _plaine
de Ragau, près l’Euphrate et
le Tigre_..... Et l’an 13 de son
règne, Nabukodonosor envoya
Holophernus..... _Eliakim_ était
alors grand-prêtre à Jérusalem,
etc.
_Version grecque_.
_L’an_ 12 de Nabukodonosor
qui régna sur les Assyriens
dans Ninive; au temps d’Arphaxad
qui régna sur les Mèdes
dans Egbatanes qu’il avait bâtie:
en ce temps-là, le roi Nabukodonosor
fit la guerre au
roi Arphaxad..... Et l’an 17,
Nabukodonosor combattit Arphaxad,
le défit dans les montagnes
de Ragau, le perça de
traits, et l’extermina jusqu’à
ce jour; et l’an 18, Nabukodonosor
envoya Holophernus
contre les enfants d’Israël qui
revenaient de captivité. _Ioakim_
était grand-prêtre à Jérusalem,
etc.
_Arphaxad_, roi à Ecbatanes, périssant dans une guerre contre les
Assyriens, ne peut être que _Phraortès qui périt dans son expédition
contre les Assyriens de Ninive_, comme nous l’a dit Hérodote. Mais
Ecbatanes fut bâtie par _Deïokès_ et non par son fils _Phraortès_. Ce
roi mède périt l’an 636: à cette époque, Josias, âgé de 11 ans, était
dans l’an 3e de son règne, ou plutôt de la régence du grand-prètre
_Helqiah_..... _Les Juifs revenaient de captivité_..... De quelle
captivité? Il y avait déjà 16 ans que _Manassès_ était mort. Pourquoi le
nom de _Helqiah_ est-il altéré et différent dans les deux versions? La
plus ancienne, qui est le grec, donne 6 ans de durée à la guerre; la
version vulgate fait périr Arphaxad dans la même année, l’an 12 de
_Nabukodonosor_..... Il est bien vrai que l’an 636 se trouve être l’an
11 de _Kynil-Adan_; mais alors l’une des versions s’est permis d’altérer
le texte. Quel fut ce texte original? on l’ignore. L’hébreu qui a servi
de modèle au latin, est mutilé: il a été fait sur le grec qu’il a abrégé
et tronqué, comme font tous les extraits. Le grec est d’accord avec la
version syriaque, très-ancienne aussi; mais ni l’une ni l’autre ne sont
l’original qui a péri. Le latin cadre mieux avec la chronologie
d’Hérodote, sur laquelle il a été calculé ou corrigé. Mais Hérodote dit
que les Ninivites étaient indépendants, qu’ils étaient délaissés de tous
les autres Assyriens; et l’histoire de Parsodas en Ktésias nous montre
Kynil-Adan-Nanibrus, vassal d’Artæus-Kyaxarès.
Dira-t-on que ce Nabukodonosor qui régna dans Ninive, fut un _roi
indigène_ à nous inconnu? En effet, l’auteur de Judith n’exprime pas
qu’il fût roi de Babylone. Mais alors où est son garant? et lorsque
ensuite il ajoute que Judith vécut jusqu’à l’âge de 105 ans (plus de 70
ans après cette guerre); qu’_Israël ne fut plus troublé de son vivant ni
long-temps après_ (dès 609, Josias fut tué et le pays conquis par
Nékos); et lorsque dans le cantique de Judith, il dit _le Perse a frémi
de son audace, le Mède a été troublé de sa force_; tous ces
anachronismes ne décèlent-ils pas clairement la posthumité et
l’ignorance de l’auteur? D’ailleurs sa géographie est un renversement
manifeste, lorsque, traçant la marche d’Holopherne, il le fait partir de
Ninive, le conduit en Cilicie jusqu’au mont _Angê_, ou plutôt _Argœus_:
puis de Cilicie lui fait _passer_ l’Euphrate pour l’établir en
_Mésopotamie_, et _y ruiner toutes les villes fortes qui y étaient,
depuis le torrent de Mambré_ (qui est en Palestine) jusqu’à la mer
_Méditerranée_. En voyant une faute si grossière ajoutée à tant d’autres
invraisemblances, on se range à l’avis de ceux qui dans le livre
intitulé _Judith_, voient un roman écrit au temps des Machabées, pour
exciter le patriotisme juif contre la tyrannie des rois grecs. Il est
possible que dans d’autres guerres, il y ait eu quelque anecdote
semblable, et que quelque captive juive enlevée par un chef de troupe,
l’ait tué, comme on le dit de Judith; mais les détails de ce livre sont
tels, qu’il n’a pu être composé que par la femme même qui en fut le
témoin et le héros (hypothèse absurde), ou par l’écrivain dramatique qui
les puisa dans son imagination. Au reste, de tous les apocryphes
juifs.... c’est le roman le mieux écrit et le plus intéressant.
[174] _Abrégé d’astronomie théorique et pratique_, par M. Delambre, p.
335.
[175] Et cela d’après Bérose, puisque le Syncelle remarque, p. 16, que
Polyhistor copie ou suit habituellement Bérose.
[176] Nabo-kol-asar s’explique bien, _prophète tout victorieux_, ou
_vainqueur de tout_. Dans Nabo-kadn-asar, le mot _kadn_ doit être le
syriaque _gad_, signifiant _la fortune_. Aussi les Arabes ont-ils rendu
ce mot par _bakt-nasar_, vainqueur fortuné. _Kadn_ pourrait être aussi
le mot arabe _gadd-an, multum_.
[177] Jérém. chap. 25, v. I; chap. 36, v. _i_, et chap. 46.
[178] Hérod., lib. II, nos 158 et 159.
[179] Le livre de Jérémie, chap. 46, écrit aussi _Magdoul_; mais celui
des Rois est plus correct lorsqu’il écrit _Magdou_ ou _Mageddo_, attendu
qu’il est contre toute vraisemblance que Josias soit allé combattre à
_Magdol_ qui est près de Peluse en Égypte; tandis qu’il est naturel
qu’il se soit opposé à Nékos, près de _Mageddo_, ville de Palestine,
d’où il fut ramené mourant à Jérusalem.
[180] En la 4e de Ihouaqim, 1re de Nabukodonosor, Jérémie, chap.
46.
[181] Joseph., cont. App., lib. I, § XIX.
[182] Reg. II, chap. 24, v. 5.
[183] Ces déprédations datent de 601, qui est la 7e année de
Ihouaqim. Josèphe est donc en erreur palpable, lorsqu’il dit qu’en l’an
8 de ce prince (l’an 600), Nabukodonosor vint avec une grande armée lui
imposer tribut. Josèphe a mal à propos fait partir de là les 3 ans de ce
tribut.
[184] Prépar. Évang. d’Eus., liv. IX, chap. 39.
[185] _Voyez_ Desvignolles, tom. II, chap. I du liv. IV.
[186] Josèph., contr. App., lib. I, § _xxi_.
[187] _Ibid._ § XVII.
[188] _Voyez_ Desvignolles, liv. IV, chap. I.
[189] _Voyez_ Hérod., lib. II, chap. 44.
[190] Just., liv. XVIII, chapitre 3. Il attribue aux Philistins
d’Ascalon la prise de Sidon, qui occasiona la fondation de Tyr; et la
plus grande puissance des Philistins fut au temps des _juges_.
[191] Josué, chap. 9, v. 27. «Et Josué accorda aux Gabaonites d’être les
coupeurs de bois et les porteurs d’eau habituels à l’Autel-de-Dieu,
_jusqu’à ce jour_..... _Ibid._, chap. 6, v. 25: Et les descendants de la
courtisane Rahab ont vécu au milieu du peuple (d’Israël) _jusqu’à ce
jour_...» On trouve jusqu’à 10 faits cités avec cette expression
_jusqu’à ce jour_, qui désigne une durée déjà prolongée depuis
l’origine. Les Gabaonites paraissent avoir joui jusqu’à Salomon de leur
privilège, qui ne fut troublé que par Saül. Ainsi la rédaction du livre
de Josué prend une grande latitude.
[192] Si l’on voulait en croire les Juifs, ces guerres opiniâtres et
meurtrières que leur firent pendant un siècle et demi les rois de Ninive
et de Babylone n’avaient d’autre motif que la colère du dieu d’Abraham
contre le culte des idoles pratiqué par sa race. Mais pour peu que l’on
réfléchisse sur l’état politique et civil de ces temps reculés, il est
facile de voir que la richesse territoriale et commerciale des Juifs et
des Phéniciens fut le véritable motif des guerres que leur firent les
rois de l’Euphrate et du Tigre, jaloux d’ailleurs du commerce que les
Tyriens et les Palestins faisaient par la mer Rouge dans le golfe
Persique, où ils causaient une dérivation des richesses, qui sans cela
seraient remontées à Babylone et à Ninive.
[193] Hérodote, lib. II, depuis le n° 158 jusqu’au 169e.
[194] _Voyez_ Jérémie, chap. 42, 43, 44. Le chap. 52, v. 30, indique
cette fuite l’an 22 de Nabukodonosor (l’an 583). L’année suivante (582),
son général Nabusardan vint faire un enlèvement de Juifs pour châtiment.
[195] _Voyez_ Larcher, Kanon chronologique, année 750, p. 670.
[196] Strab. liv. XV, p. 687; Josèph., contr. App., liv. I, § XX;
Eusèbe, _Prœp. evang._, lib. IX.
[197] _Eber_, peuple ou pays d’_au-delà_ le désert ou la mer.
_Hybernia_, l’Irlande a la même origine. Il est assez singulier que les
mots germanique et anglais _uber_ et _over_ aient le même sens.
[198] Sall. Bell. jugurth, chap. 18.
[199] _Voyez Catalogo de las lenguas_, tratado 3°, sect. 1, chap. 4,
art. 1°, n° 567, par Hervaz, qui, dans tout son ouvrage, fait un étrange
usage d’une vaste érudition et de la riche collection des vocabulaires
qu’il a eus en main.
[200] Reg., liv. II, chap. dern., v. 27.
[201] Ce même fait est répété mot pour mot dans le dernier chapitre de
Jérémie, dont la fin est littéralement la même que celle du dernier
chapitre des Rois..... Mais est-il naturel, est-il croyable que Jérémie,
qui commença dès l’an 626 un rôle politique et religieux comportant un
âge de 25 ans au moins; que Jérémie, né vers l’an 651, ait encore écrit
en 561, à l’âge de 90 ans? N’est-il pas évident que de très-anciens
copistes se sont permis d’ajouter ces versets, et même une partie de ce
chapitre? et alors où est pour nous la preuve que les deux précédents,
les 50 et 51e, n’ont pas été ajoutés, quand leur contenu, plein
d’allusions à la prise de Babylone par Kyrus, est bien autrement
inconciliable avec la vie de Jérémie? où sont nos garants de
l’autographie des manuscrits de Jérémie?
[202] _Berosus in Joseph. contr. App._, lib. I, § XX.
[203] Dans un fragment cité par Eusèbe (_Prœp. evang._, lib. IX, cap.
41), Mégasthènes offre les mêmes faits; mais les noms sont très-altérés.
[204] Hérod., lib. I, § CXCI, et liv. III, § CL et suiv.
[205] _Diog. Laert., Vita Platonis_, tom. I, liv. III, pag. 185; et
notes de Ménage, tom. II, pag. 152, n° 34. _Voyez_ aussi Dacier, Vie de
Platon, tom. I, p. 107 à III.
[206] Athénée, liv. XI.
[207] _Aulugel. Noctes atticæ_, lib. XIV, chap. 3.
[208] _Cicero ad Quintum fratrem_, epistola Iª. _Cyrus ille a
Xenophonte, non ad historiœ fidem scriptus, sed ad effigiem justi
imperii_.
[209] _Voyez_ sa dissertation, Mémoires de l’Académie des inscript.,
tome III, pag. 58.
[210] Pétau fait exception; Fréret a varié.
[211] Daniel, chap. I.
[212] Daniel, chap. I, v. dernier.
[213] Le songe d’Astyag, dans Hérodote, offre les mêmes circonstances.
[214] A dater de Kyrus (Smerdis est omis).
[215] _Asiatick Researches_, tom. VIII, Mém. n° 6.
[216] _Hieronym., Comment. in Daniel_, tome III, page 1071.
[217] 170 ans avant notre ère.
[218] Entre autres le mot _symphonie. Voyez_, à ce sujet, Michaelis,
Dissertation sur le style du livre de Daniel.
[219] On peut remarquer que tous les apocryphes juifs sont postérieurs
au siècle d’Alexandre, et qu’ils ont dû leur origine à la connaissance
imparfaite que les Juifs prirent de la littérature grecque, à une époque
où le bon goût fut altéré par le malheur des guerres.
[220] Lib. I, fin du § CXCI, et § CLXXXVII.
[221] _Herod._, lib III, _in fine_.
[222] Josèphe, Antiq. jud., lib., IX, chap. 6.
[223] _Voyez_ Petau, Uranolog., p. 312 et 313.
[224] _Sancti Hieronym., Comment. in Daniel_, tome III, pag. 1110.
[225] Ce livre, comme celui de Suzanne, a été classé au rang des
apocryphes dès le temps de saint Jérôme. Quant à Daniel, nous ajouterons
la remarque qu’entre le style et les images de plusieurs de ses
chapitres et de ceux de l’Apocalypse, il y a une analogie qui indique,
1° un rapprochement dans le temps de composition; 2° une identité de
source religieuse et mythologique, qui, pour ces deux livres, est la
théologie persane et mithriaque.
[226] Eusèbe, Prépar. évang., liv. IX.
[227] _Voyez_ son livre intitulé _Canon ægyptiacus_, l’un des plus
érudits, mais aussi l’un des plus mal fabriqués de l’_école moderne_:
tout y est pétition de principes, jugement sans discussion, décision
sans preuves, rapprochement sans analogie, et digression sans motifs.
[228] On ne voit pas sans quelque surprise le nom de ce nouveau roi cité
par Hérodote en son second livre, § CXI..... Ce n’est pas que cet
historien, alors âgé de 71 ans, n’ait pu le connaître; mais outre que le
passage cité a l’air d’une note rapportée, il porte une erreur
chronologique incompatible avec les idées de l’auteur, en ce qu’il
suppose un laps de 700 années entre le règne d’_Amyrtée_ et celui
d’Anysis, que précéda l’Éthiopien Sabako. Or, nous verrons que, dans le
plan d’Hérodote, Sabako n’a pu précéder l’an 750, ou tout au plus l’an
780 avant N. E., et de là au règne d’_Amyrtée_ (en 413) il n’y a que
trois siècles et demi. Aussi les savants critiques regardent-ils comme
interpolé ce passage qui d’abord n’était point dans les manuscrits au §
CXL. Il a plu à Larcher d’altérer encore ce texte et de substituer de
son chef le nombre 500 à celui de 700 que portent les manuscrits.
[229] Hérodote, Strabon, Pline, etc., nous apprennent que faute de bois,
les naturels n’avaient pour embarcations que des pirogues ou de palmier
ou de roseaux tressés recouvertes de peaux goudronnées.
[230] Hist. natur., lib. VI, pag. 343, Hardouin.
[231] Strabo, lib. XVII, p. 790, Casaubon.
[232] _Voyez_ tome IV, p. 468.
[233] Diod. Sicul. lib. I.
[234] Le son du _th_ grec est sifflant comme l’_s_.
[235] Diodore semble indiquer cette durée pour celle d’Europe seulement.
Celle d’Éthiopie n’a pu durer 3 ans.
[236] Strabo, lib. XIV, p. 686.
[237] _Cedreni hist. compendium_, p. 20.
[238] Lib. XXXIII.
[239] Argonauticon, lib. V.
................................. Ut prima Sesostris
Intulerit rex bella Getis, ut clade suorum
Territus hos Thebas patriumque reducat ad amuem,
Phasidis bos imponat agris Colchosque vocari
Jubeat.................
[240] Strabo, lib. I, p. 38. Aristote, Meteorol., lib. I, cap. 14, pag.
548. Pline, lib. VI, cap. 29.
[241] Le sens étant continu ici, l’on doit conclure que ce fut en la
même ville qu’il éleva ces obélisques, les mêmes que Germanicus y
trouva, comme nous le verrons.
[242] Les journaux du temps auront bien loué ce trait d’humanité: nous
qui calculons que les prisonniers de Sésostris furent le prix du sang et
des trésors de l’Égypte, nous pensons que ces travaux coûtèrent à la
nation vingt fois, plus que s’ils eussent été faits directement par ses
mains, sous un régime de paix. De tout temps l’hypocrisie et la fausse
logique ont été l’apanage de la tyrannie.
[243] _Voyez_ le tableau de la Chronologie d’Hérodote, à la fin de ce
volume.
[244] Diodor., lib. I, p. 72.
[245] Tacite, _Annal._, lib. VI, § XXVIII, parlant de la durée des
_périodes_ dont la fin amenait l’apparition du _Phénix_ (oiseau
fabuleux), dit: «L’opinion varie sur le nombre des années: celui de 500
ans est le plus répandu; celui de 1,461 est affirmé par quelques auteurs
qui disent que les _Phénix_ ont paru d’abord sous Sésostris (quelques
manuscrits lisent Sesosis), puis au temps d’Amasis; enfin sous le
troisième Ptolomée (d’Égypte). _Mais l’antiquité est ténébreuse_: entre
ce Ptolomée (Évergète) et Tibère, il y a eu un peu moins de 250 ans;
d’où l’on conclut que ces oiseaux sont une fable.»
Nous ajoutons qu’entre Amasis en 570 et Ptolomée en 247, il y a 323 ans,
entre Amasis et Mœris 780; ainsi tout est discordant.
Le traducteur d’Hérodote s’est cru plus heureux et mieux instruit,
lorsque d’un passage inédit de Théon il a conclu que Sésostris avait
commencé de régner juste en 1365. Nous avons consulté sur ce même
passage MM. _Peyrard_ et _Halma_, savants hellénistes et géomètres, à
qui nous devons la traduction d’Euclide et de Ptolomée: leur réponse par
écrit nous assure que le texte de Théon diffère matériellement du sens
que lui donne Larcher. Théon dit: «Si nous voulons trouver le lever de
la canicule l’an 100e de Dioclétien, prenons les 1,605 années
accumulées depuis Ménophrès (roi égyptien) jusqu’à _la fin_ d’Auguste;
ajoutons-leur les 100 ans écoulés depuis le commencement de Dioclétien,
et nous aurons 1,705 ans.»
Tout ce qu’on peut voir ici est que sous Ménophrès, roi égyptien, il y
eut une observation précise du lever en question, qui servit de base aux
calculs, et que ce Ménophrès vécut 1,605 ans avant la mort d’Auguste.
Larcher veut que _la fin_ d’Auguste soit la fin de son ère: il place de
son autorité la fin de cette ère à l’an 328 de J.-C.; il dit qu’en
ajoutant ce nombre à celui de 1,605, cela donne l’an 1323 avant J.-C.,
33e année de Sésostris. Il nous est impossible de voir comment cela
se fait. De plus, il prétend que Mên-Ophrès signifie un _Pharaon, qui ne
peut être que Sésostris_, et il ajoute que _mên_ est une particule
ajoutée par les Grecs, _euphoniœ gratiâ_. (_Voyez_ Traduct. d’Hérodote,
tome II, seconde édition, page 556.) Nous avouons que tout cela est
au-dessus de notre portée.
[246] L’érudit Larcher prétend avoir prouvé de fait et de droit, que
chez les anciens Grecs on ne se mariait qu’à 33 ans. Si le lecteur prend
la peine de lire notre note à la fin de ce volume, il se convaincra que
jamais on n’a plus abusé de la permission de citer.
[247] _Voyez_ Fl. Josèphe contr. Appion., lib. I, § XIV; et le Syncelle,
pag. 40, 52, 53, etc.
[248] L’examen minutieux de ces altérations ne mènerait à rien: il nous
suffit d’observer que jusque dans les _additions_ énoncées par le
compilateur, _son total ne cadre point avec les sommes partielles qu’il
donne_. Par exemple, les règnes de la 18e dynastie rendent 259, et le
Syncelle accuse 263: Ceux de la 1re, 263, le Syncelle, 253. La 5e,
218, le Syncelle, 248, etc. En plusieurs dynasties il y a, tantôt des
omissions de règne, tantôt des lacunes de noms; dans une occasion, à la
dynastie 18, le Syncelle nous avertit qu’Africanus voyant que ses
calculs n’amenaient pas Moïse au temps du roi _Amosis_ (comme l’exigeait
l’opinion dominante), il a supprimé 110 ans à un patriarche, pour opérer
le synchronisme requis.
[249] § XXVI, contr. Appion, lib. I.
[250] Contr. Appion, lib. I, § XXVI.
[251] Hist. nat. lib. VI, p. 343 édit. de Hardouin.
[252] Eusèbe, qui suit cet auteur, compte 2024; et Larcher, 2107.
[253] Nous ne parlons point de la liste d’Eusèbe, parce qu’il ne paraît
pas que cet auteur ait connu Manéthon autrement que par l’entremise
d’Africanus.
[254] _Cedren. histor. compendium_, pag. 20.
[255] _Voyez_ les passages d’Esdras cités en notre Ier volume des
Recherches sur l’histoire ancienne, p. 441, et en celui-ci, page 134.
[256] Syncelle, pages 52, 53.
[257] Selon quelques auteurs, tels que Pline, Diodore, l’Égypte aurait
eu jusqu’à 10,000,000 d’habitants; mais c’est beaucoup, à moins d’y
joindre des dépendances au-delà des cataractes et dans les _oasis_.
[258] _Athoris_ dans l’Eusèbe du Syncelle, Acherre I dans Africanus: la
lettre égyptienne a pu embarrasser les Grecs qui n’auront pas eu son
identique.
[259] Il est bien possible aussi que le commerce d’Ophir, qui fleurit
vers cette époque, y ait contribué.
[260] Quelques savants modernes veulent trouver ici la fondation de
_Tanis_, et ils s’appuient d’un passage du 72e psaume, qui désigne
cette ville comme le centre d’habitation des Hébreux; mais ce psaume 72
n’est point une autorité suffisante, attendu qu’il est l’ouvrage du
lévite _Saphan_, après la captivité de Babylone: cela indique plutôt
comme déjà existante, cette confusion des _Hébreux_ avec les _Pasteurs_,
que nous retrouvons dans la version des docteurs juifs, comme dans
Josèphe.
[261] _Shât_ signifie en copte comme en arabe _canal_, une _rivière_.
[262] Josèphe, lib. I, contre Appion, § XXVI.
[263] Exod., chap. 12.
[264] _Recherches nouvelles_, tome I, pag. 163 et suivantes.