[71] Lib. XXIII, pag. 351. _De bello persico_.

[72] Par exemple, le fort de Rhacotis où les rois d’Égypte entretenaient

une garnison sur le lieu où fut bâtie Alexandrie. _Voyez_ Strabon, lib.

XVII, p. 792.

[73] 330 ans avant notre ère, 8 siècles et demi après la fondation.

[74] _Voyez_ le récit de Ktésias en Diodore, dont le lecteur trouvera

une traduction littérale dans la Chronologie d’Hérodote, pag. 97.

Comparez aussi Strabon, lib. XVI, au début.

[75] _Diod. Sicul._, lib. II, p. 120, édit. de Wesseling.

[76] Nous examinerons dans un article séparé la valeur de ces mesures.

[77] Il y a ici une absurdité évidente. _Le plus petit mur intérieur_

plus _long_ que _l’extérieur qui l’enveloppe_! Sûrement il faut lire:

_surpassa en largeur et hauteur_.

[78] La circonstance des 2,000,000 d’ouvriers levés par corvée, suggère

une observation: ce fut un spectacle étrange que cette réunion d’hommes,

divers de couleur de peau, de formes de vêtement, d’habitudes d’actions,

de culte, et surtout de langage. Plus de 80 dialectes ont dû se parler

dans le vaste empire de Sémiramis. L’Asie retentit des récits de ce fait

romanesque, brodé par l’imagination arabe: peut-être a-t-il engendré le

conte de la confusion des langues survenue aux constructeurs de la tour

de Babel, ainsi que nous l’avons dit, partie Ire, page 147. Nous

ajoutons qu’il est probablement aussi la source de l’origine vicieuse

que les Juifs donnent au mot _Babylon_. Selon eux _Babyl_ signifie

_confusion_: cela ne se trouve dans aucun dictionnaire hébreu, arabe,

etc. Mais comme en hébreu le mot _confusio_ (_turba mixta hominum_)

s’exprime par le mot _arab_, et que les indigènes de Babel étaient des

_Arabes_, il est probable que le sens d’un mot a passé à l’autre,

surtout quand la loi défendait aux Juifs de prononcer le nom des dieux

étrangers, dont Babel était un composé: _Ba-bel, palais de Bel_. La

ville phénicienne appelée par les Grecs _Bybl-os_, plus ancienne que

Sémiramis, s’appelle en langage oriental, _Babel_: dira-t-on qu’il s’y

est fait aussi une _confusion_ de langues?

[79] Nous retrouvons ce roi dans les listes sanscrites des modernes

indiens, sous le nom de _Tchandra-Goupta_, successeur de _Nanda_.

[80] _Bahr_ en arabe, qui signifie à la fois _mer_ et _grand fleuve_,

toute _grande étendue d’eau_.

[81] Ce récit a une analogie frappante avec le début de la Genèse.

[82] On dispute sur l’époque de Bérose, et cependant la question nous

semble simple aux yeux d’une critique raisonnable. Tatien, l’un des plus

savants chrétiens du second siècle de notre ère, parlant de Bérose, lui

rend ce témoignage: «Bérose est le plus savant des écrivains (sur

l’Asie); et pour preuve, je citerai la préférence que le roi Juba,

lorsqu’il traite des Assyriens, déclare donner à l’histoire de cet

écrivain, qui avait composé 2 livres sur les faits et gestes des

Assyriens». (_Oratio contra Græcos_, p. 293{*}.)

{*} Le témoignage de l’historien Josèphe n’est pas moins avantageux à

Bérose, et ces autorités sont d’un autre poids que l’opinion de l’auteur

superficiel de l’article _Bérose_ dans le Dictionnaire des grands

hommes.

Quant à son âge, Tatien dit: «Bérose, prêtre baylonien, naquit à

Babylone sous Alexandre; il dédia à Antiochus, troisième depuis ce

prince, son histoire divisée en 3 livres, dans laquelle, parlant des

actions des rois de Babylone, il en cite un entre autres appelé

_Nabukodonosor_, etc.»

Maintenant raisonnons: Si Bérose naquit sous Alexandre, il faut entendre

Alexandre, roi à Babylone, par conséquent vers l’an 330. Mais le

traducteur latin de Tatien s’est permis d’altérer le texte grec en

disant: _Bérose fut contemporain d’Alexandre_ (Alexandro æqualis,

quoique le grec _kata Alexandron gegonôs_ signifie littéralement _né au

temps d’Alexandre_). Le Syncelle, selon son usage, avait déjà altéré

cette phrase en disant, pag. 28; _Bérose, dans son premier livre des

Babyloniques, se fait honneur d’avoir vécu sa jeunesse sous Alexandre_

(genestaï tèn-êlikian), et le traducteur du Syncelle (Goar) l’a encore

altéré en disant: _parem se Alexandro jactat_. Enfin ce même Syncelle,

toujours incorrect, dévie encore plus du sens dans un autre passage,

lorsqu’il dit, p. 14: _Bérose, dans ses Antiquités chaldaïques, rapporte

qu’il a fleuri sous Alexandre_.

Faute d’avoir fait ces corrections, plusieurs ont cru que Bérose avait

réellement été un homme de 25 à 30 ans sous Alexandre, et alors il leur

a été impossible de concilier un passage de Pline qui dit, lib. VII,

chap. II: «Épigènes assure que les Babyloniens ont des observations de

720 ans de date, écrites sur des briques cuites; mais _Bérose_ et

Critodème réduisent cette durée à 480 ans (selon quelques manuscrits, et

490 selon d’autres)».

Sur ce passage l’on raisonne et l’on dit: «Puisque Nabonasar (selon

Bérose) détruisit tous les monuments historiques antérieurs à son règne,

les observations qui le précédèrent ont dû être détruites: celles dont

il s’agit ne doivent donc dater que de l’an 1 de Nabonasar, qui est l’an

747 avant notre ère: de 747 ôtez 480 de Bérose, vous ayez 268. Cette

année fut la 15e d’Antiochus-Soter, qui succéda à Séleucus-Nicator en

282. Mais si _Antiochus-Théos_, qui fut successeur de _Soter_ et 3e

depuis Alexandre, ne régna qu’en 262, comment Bérose lui a-t-il dédié

son livre?» Nous répondons qu’étant né sous Alexandre vers 330, Bérose

avait eu, l’an 268, environ 63 ou 64 ans; ce qui est un âge convenable,

tandis que la chose serait presque impossible dans l’autre hypothèse, où

il aurait 85 à 90 ans. Si l’on préfère la leçon de 490 au lieu de 480,

la dédicace tombera en l’an 258, et Bérose aurait 74 ans, ce qui est

encore possible, mais moins probable; et néanmoins il a pu dédier son

livre à Antiochus-Théos, _prince royal_, en l’an 268, tout aussi-bien

qu’à Antiochus-Théos, _roi_ en l’an 258: ainsi la balance des

probabilités est plus favorable à la leçon 480. Nous ne disons rien des

720 ans d’Épigènes, parce que l’époque de cet auteur n’est pas connue.

Quant à la correction systématique qui veut ajouter _mille_, et lire 480

_mille ans_, elle n’est appuyée ni par les manuscrits, ni par le texte

de Pline, qui, en concluant que l’usage des lettres est éternel, a eu en

vue leur invention sous _Phoronée_ et sous les plus anciens rois de la

Grèce, sans compter que cet écrivain n’est pas toujours conséquent.

[83] Phrase très-remarquable.

[84] Ces mêmes paroles se retrouvent, à vingt mots près, dans le

Syncelle, page 220, et probablement il les a copiées de Josèphe.

[85] Mégasthènes appelle ce canal de dérivation, _arma kalé_; Pline

l’appelle _amalchar_, et dit que ce mot signifie _fleuve royal_ en

langue chaldéenne: nous disons qu’en cette langue _fleuve royal_ se dit

_nahr-maleka_, qui ne ressemble en rien à _am-al-char_, mais assez bien

à _ar-makalé_, que les copistes ont altéré en oubliant l’_n_ dans _nar_,

et en invertissant μακαλε pour μαλακε nahr-malake: l’am-al-char de Pline

est un mot arabe signifiant _mère de l’abondance_, de _la richesse,

om-el-chair_. Quant à nahr-malake, il signifie aussi _fleuve de la

reine_, et se rapporte fort bien à Sémiramis.

[86] _Voyez_ le plan de Babylone, chap. 7.

[87] Ici _Labo_ se trouve écrit au lieu de _Nabo_, comme _Labynet_ au

lieu de _Nabunet_.

[88] _Voyez_ Chronologie d’Hérodote, p. 70 et suivantes.

[89] Entre autres, l’une des portes de la ville portait le nom de cette

reine. _Voyez_ Rennel, _Geog. System. of Herodotus_, sect. XIV.

[90] _Voyez_ liv. II, § XCIX et suiv., et liv. I, § I.

[91] La traduction française de Larcher porte: «Ce sont eux qui l’ont

environnée de murailles et qui l’ont embellie par les temples qu’ils y

ont élevés.» Cette périphrase dénature matériellement le texte: _muros

amplius ornaverunt et templa_. Cette traduction est pleine d’altérations

semblables, et l’on peut assurer qu’Hérodote est _à traduire en

français_.

[92] Liv. I, pag. 66, édit. de Wesseling.

[93] _Strabo_, lib. XVI, pag. 737: «Ninive est située dans l’Atourie;

l’Atourie ressemble au pays qui entoure _Arbèles, dont elle est séparée_

par la rivière du Loup (le Lycus); Arbèles appartient à la Babylonie,

qu’elle joint _au-delà_ du Lycus; la plaine d’Atourie entoure Ninive.»

On voit que la frontière de la Babylonie, vers Ninive, était la rivière

du Loup ou Lycus, située _au-delà_ d’Arbèles relativement à cette

Babylonie: or la distance du Lycus à Ninive n’est que d’environ 16

lieues communes de France. Et Ktésias dit qu’au premier combat,

Sardanapale poussa les rebelles à 7 stades, qui font 477 toises, parce

que son stade est celui de 833½ au degré, comme nous le verrons. Aux

deux combats suivants, le roi chassa les rebelles jusqu’à la frontière

de Babylonie, et le récit de l’historien montre qu’elle n’était pas

loin.

Il est bon de remarquer ici que l’_Atourie_ n’est autre chose que la

prononciation chaldéenne du mot _Ashourie_ (Assyria), le dialecte

chaldéen changeant très-souvent le _shin hébreu_ et _arabe_ en _tau_.

Aussi Casaubon, dans ses notes sur le premier paragraphe du livre XVI de

Strabon, remarque-t-il que, selon le témoignage de Pline et d’Ammien, le

pays où fut Ninive s’appela d’abord _Assyrie_, puis _Adiabène_; et que,

selon Dion (_in Trajano_), l’Adiabène avait été appelée _Atourie_ par

les _Barbares_ (les Chaldéens), qui avaient changé l’_s_ en _t_

(Assouria-Atouria[94]). Quant au mot _Adiabène_, Ammien-Marcellin veut

lui donner une origine grecque qui est forcée; c’est le nom syrien et

chaldéen de la rivière du _Loup_ qui en ces dialectes se dit _Diab_ et

_Ziab_, _Zab_ de la géographie moderne; et les Grecs, qui l’appelaient

_Lycus_, ne firent que traduire le mot chaldéen. Il est probable

qu’après la conquête d’Alexandre, toutes leurs instructions leur furent

fournies par les astronomes et géographes babyloniens.

[94] La traduction chaldaïque d’Onkelo rend toujours _assour_ par

_atour_.

[95] _Voyez_ Chronologie d’Hérodote; p. 103. Le traducteur a commis une

erreur à cette même page 103, note [96], en évaluant le stade de Ktésias

à 85 toises, tandis qu’il ne faut l’estimer qu’à 68 toises 5 pieds 2

pouces.

[96] Golfe Persique.

[97] Lib. II, pag. 84.

[98] _Voyez_ l’article des rois homérites, tome IV, page 506 de la

_Chronologie d’Hérodote_; et la _Géographie de la Genèse_, à la fin,

Ire partie de nos _Recherches_.

[99] _Lexicon de Urbibus_.

[100] Il faut entendre Bélus, aucun ancien auteur n’ayant jamais parlé

du sage Babylon.

[101] _Vide Salmasium Exercit. Plinianæ, in Solin._, p. 866. E. Saumaise

veut qu’au lieu de _deux mille_ ans, on lise _mille deux_ ans; mais

cette correction est sans appui, et elle a contre elle la leçon de

Photius, qui a lu 1800 ans.

[102] Selon le calcul vulgaire; _voyez_ Larcher. Chronologie. Selon nous

1015.

[103] Selon l’auteur du livre des Rois.

[104] Selon le texte grec, lequel, traduit authentiquement par l’ordre

du roi Ptolomée, représente l’ancien original hébreu cité par Esdras,

plus exactement que l’hébreu actuel, retouché sous les Asmonéens par le

grand sanhédrin.

[105] _Voyez_ les Tables de la Polyglotte de Walton, tom. I, p. 4 et

suiv.

[106] D’ailleurs ajoutez les 10 ans qu’ils suppriment tous au règne

d’Amon, fils de Josias, et vous avez 3196 ans, une seule année de

différence.

[107] Voyage dans les mers de l’Inde, tome I, p. 320.

[108] _Voyez_ Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXIV, p. 432.

[109] _De Cœlo_, lib. II, chap. 14.

[110] Liv. I.

[111] Mémoires de l’Académie des Inscriptions, tom. XXVIII, page 253.

[112] Geographical system of Herodotus, in-4°, London, 1800. Sect. XIV.

Rennel nie même le stade de 51 toises, qu’il regarde comme chimérique.

[113] _Voyez_ Traité des mesures, poids et monnaies des peuples anciens

et modernes, par Paucton, traduit et publié en 1780, à Paris, in-4°.

[114] Métrologie in-4°, Paris, 1789.

[115] Il est fâcheux de voir le major Rennel traiter cette raison de

conte apocryphe; on croirait qu’il n’a pas connu le caractère des

anciens.

[116] Danville l’estime à 4,900 toises, et ne donne que 3,100 toises de

côté moyen à la ville de Paris.

[117] _Voyez_ Strabon, liv. XVI, p. 739.

[118] L’abbé de Beauchamp, dans son Mémoire sur les ruines de Babylone,

observe que les Arabes qui retirent une quantité de briques et autres

matériaux de construction dans la portion de Babylone située à l’est de

l’Euphrate, n’en trouvent point dans la portion à l’ouest. _Voyez_ le

Journal des savants, décembre 1790.

[119] Sous le règne de Darius-Hystasp, les habitants de Babylone voulant

se révolter, s’aperçurent qu’ils avaient peu de vivres, et parce qu’ils

avaient chacun plusieurs femmes, ils en réservèrent chacun une et

tuèrent les autres à titre de bouches inutiles. Après le siège, qui ne

fut pas meurtrier, Darius, pour repeupler la ville comme auparavant,

ordonna de reprendre des femmes, et le nombre fourni par les pays

environnants fut de 50,000. _Voyez_ Hérod., lib. III, § 152. Ceci ne

donne pas l’idée d’une grande population; à la vérité Babylone était sur

son déclin; mais c’était encore une grande ville.

[120] Pour estimer la population de Babylone, Rennel établit une

comparaison avec la ville de Londres; et parce que Londres contient plus

de 700,000 têtes sur un espace carré de 15 milles ½, et que ces 700,000

bouches consomment le produit de 6,600 milles carrés de bonnes terres,

il prétend que Babylone, qui contenait 72 milles carrés (selon lui, et

il se trompe d’un quart) aurait absorbé le produit de toute la Chaldée.

Mais après avoir vu les villes et les peuples d’Asie, il est étonnant

que Rennel ait établi une telle comparaison: d’abord parce que l’on peut

assurer que 10 Anglais consomment autant que 50 Arabes; 2° parce que les

villes asiatiques ont de vastes espaces vides que l’on ne voit point

dans les villes anglaises, dont le principe architectural est d’être

très-serrées. C’est ainsi que l’on nous disait, il y a 30 ans, que le

Kaire contenait 700,000 âmes, ou tout au moins 400,000, parce qu’il

égale Paris en surface; et lorsque l’armée française a voulu le

vérifier, elle a trouvé assez juste le nombre de 250,000 qu’avait estimé

le voyageur Volney. _Voyez_ l’ouvrage de Rennel, sect. XIV.

[121] Selon Romé de Lisle, l’orgye vaut 5 pieds 1 pouce 7 lig. _Voyez_

sa Métrologie.

[122] La coudée royale est évaluée 17 pouces 4 lignés, par Romé de

Lisle.

[123] Hérod., liv. III, § CLII.

[124] Il y en a plusieurs: en prenant celui d’Ératosthènes, les 32

passent un peu 26 de nos pieds. Métrolog. pag. 1.

[125] in-4°, tome I, part. II, p. 54, lettre 17.

[126] Le plèthre vaut 14 toises I pied 6 lignes. Métrologie, page 6.

[127] Hérod., lib. I, § CLXXXI.

[128] C’est l’expression d’Ammien-Marcellin.

[129] _Voyez_ le temple du Soleil à Palmyre, celui même de Jérusalem.

[130] Depuis des siècles que cette pyramide est écroulée et fouillée par

les Arabes qui en retirent des briques, elle a dû perdre infiniment de

sa hauteur, et cependant l’abbé de Beauchamp lui a encore trouvé 180

pieds d’élévation. _Voyez_ Journal des savants, Décemb. 1790.

[131] Si les degrés croissaient régulièrement de l’équateur en allant au

pôle, l’on pourrait déterminer à quelle latitude fut mesuré celui dont

nous parlons; mais des opérations faites à diverses latitudes prouvent

que ce progrès n’est pas régulier. D’ailleurs le même local, mesuré par

des personnes et par des méthodes différentes, donne des résultats

différents: c’est ainsi que la mesure ordonnée, près Paris par

l’Académie des sciences, a différé de 67 toises en plus de la mesure

ordonnée par l’Institut. Il serait néanmoins curieux de mesurer un degré

terrestre par des moyens ordinaires, dans le pays de Babylone: les

Arabes firent cette opération sous le kalifat d’El-Mâmoûn[132].

Malheureusement le vrai résultat de leur toisé est difficile à établir

dans cette circonstance. Au reste c’est une chose digne d’attention que

tous les stades anciens, le pythique, l’olympique, le nautique,

l’égyptien, etc., soient également des parties aliquotes exactes d’une

circonférence de la terre, mesurée d’après les principes et par les

procédés que nous connaissons; et que tous ces stades donnent au degré

terrestre une étendue qui ne varie que de quelques toises au-dessus de

57,000 toises, le stade pythique excepté. Selon Romé de Lisle, le stade

d’Ératosthènes donne 57,166 toises; le stade nautique, 57,066; le stade

olympique, _idem_; le stade phileterien, 50,070; le stade égyptien,

57,066; le stade pythique, 156,000 toises par degré.

[132] _Voyez_ Notice des manuscrits orientaux, tom. I, pag. 51 et suiv.

[133] Ici vient se placer un passage de Cicéron qui, parlant des

principes de l’art de _deviner_, dit (_lib. I, cap. II, de

Divinatione_): «En remontant aux autorités les plus reculées, je trouve

dès les premiers temps les _Assyriens_, qui, à raison de l’étendue et de

la planimétrie des contrées qu’ils habitaient, découvrant de toutes

parts un ciel sans obstacles, observèrent les mouvements des étoiles

tant propres que respectifs, et, sur leurs aspects, fondèrent l’art des

horoscopes, etc.».

Ces _Assyriens_ de Cicéron ne peuvent être ceux de Ninive, dont le pays

se trouve au pied du mont Taurus; ils doivent être ceux de la Babylonie,

ainsi désignés par les Grecs dès avant Hérodote. Or, comme il est prouvé

qu’avant Ninus ce pays fut le siège d’un état policé et d’une population

arabe nombreuse et civilisée comme l’Égypte, il s’ensuit que c’est à ce

peuple qu’il faut appliquer ces mots de Cicéron: «_Principio Assyrii, ut

ab ultimis_ auctoritatem repetam, propter planitiem magnitudinemque

regionum quas incolebant, cum cœlum ex omni parte patens et apertum

intuerentur (il eût dû ajouter _perlucidum_), trajectiones motusque

stellarum observaverunt.»

[134] Ces fuyes sauvages sont encore aujourd’hui un cas fréquent en

Syrie et en Palestine; les pigeons y sont par milliers.

[135] Liv. XXXV, chap. 10, p. 224 de l’Histoire naturelle de Pline,

traduction de Poinsinet.

[136] _Oda_ en turc, chambre.

[137] _Colombe_ et _pigeon_ se dit _ïounah_, qui n’a rien d’analogue.

Mais on nous dit que les troupes babyloniennes avaient pour enseigne une

_colombe_, ce qui explique l’expression de Jérémie et du psaume

_Exurgat, fuyez la colère de la colombe_. Ces enseignes ayant été

instituées par Sémiramis, peut-être le peuple l’a-t-il désignée sous cet

emblème.

[138] _Voyez_ le texte ci-devant, p. 116.

[139] _Voyez_ Mémoires de Beauchamp, _Journal des savants_, décembre

1790.

[140] _Strab._, lib. XVI.

[141] Elle ne dit rien de la frontière d’ouest, la _Méditerranée_; et ce

silence est contre Ktésias en faveur d’Hérodote. Sémiramis n’eût pas

omis un pays aussi remarquable que la Syrie, sa patrie: elle a dû, par

amour-propre, omettre une frontière aussi bornée que celle de

l’Euphrate.

[142] _Asiatick Researches_, tome IV, Dissert. de Wilford sur Sémiramis.

[143] Notre époque de Sémiramis trouve un appui singulier dans un

passage de Porphyre, que cite Eusèbe, _Prœp. evang._, lib. I, pag. 30.

Selon Porphyre, «l’historien phénicien _Sanchoniaton_ avait fleuri avant

la guerre de Troie, dans un siècle rapproché de Moïse, _ainsi que l’on

pouvait s’en convaincre par les Annales des rois phéniciens_: et il

avait été contemporain de Sémiramis, que l’on place très-peu de temps

avant la guerre (ou prise) de Troie, ou même parallèlement.»

Sur ce texte nous remarquons que la plupart des écrivains grecs placent

cette prise l’an 1184 avant notre ère: dans nos calculs le règne de

Sémiramis a eu lieu depuis 1195 jusqu’en 1180: on voit que le

synchronisme est complet, et il est d’autant plus concluant, que

Porphyre nous le donne comme le résultat des 3 chronologies assyrienne,

phénicienne et grecque, comparées entre elles. Les interpolations de

Ktésias se trouvent ici jugées et rejetées.

Ce même fragment de Porphyre donne lieu à une autre combinaison

singulière: cet écrivain dit «que Sanchoniaton, pour mieux s’assurer de

la vérité des faits, consulta de très-anciens monuments ammonites, et un

certain _Ierombal_ juif, prêtre du dieu Ieou.»

En parcourant les livres juifs, nous trouvons l’un des juges

spécialement désigné par le surnom de _Ierobaal_ (_ennemi de Baal_); ce

juge est _Gédéon_, qui, à titre de prophète envoyé de Dieu, mérite aussi

le nom de _prêtre_: Gédéon nous serait donc indiqué ici comme ayant

gouverné jusque vers l’an 1190 et au-dessus: sa fin aurait précédé de 50

à 60 ans l’avènement de Héli en 1131. La liste informe que nous avons

critiquée à l’article des Juges (première partie des _Recherches

nouvelles_), en présente beaucoup plus, comme on le voit ici.

Gédéon-Ierobaal meurt vers 1190.

Abimeleck règne 3 ans.

Thola.

Iaïr gouverne 22

-----

Total 25 ans.

Servitude sous les Ammonites et les Philistins, 18 ans.

Jephté 6 ans.

Abesan 7

Ahîalon 10

Abdon 8

----

Total 31

Servitude sous les Philistins 40 ans.

Samson 20

Héli, juge en l’an 1131.

Écartons le fabuleux Samson; admettons, avec plusieurs chronologistes,

que les 40 ans de servitude sous les Philistins, ont été parallèles aux

40 ans de Héli: déjà nous n’aurons que 28 à 30 ans depuis ce

grand-prêtre, en 1131, jusqu’à Jephté, qui aura géré vers 1166. D’autre

part, entre Jephté et Gédéon, Josèphe n’admet point _Thola_; la

servitude sous les Ammonites et les Philistins a pu n’affecter que

quelques tribus, tandis que Iaïr gouvernait les autres. Il ne resterait

donc que 25 ans entre Jephté et Gédéon, qui serait mort vers 1190; et

comme les indications de Porphyre ne sont pas précises, Gédéon peut être

reculé jusque vers 1200. Ce ne sont là que des hypothèses, dira-t-on;

mais l’autorité de Porphyre, qui, de l’aveu même de ses ennemis, fut un

savant écrivain, est faite pour balancer ici celle d’une compilation

indigeste, surtout lorsque Porphyre s’appuie de monuments positifs,

réguliers, dont les expressions s’accordent avec les raisonnements que

nous avons formés sur d’autres bases et par d’autres moyens.

[144] Tatien, pag. 243.

[145] Eusèbe, pag. 13.

[146] _Atossa quæ est Sémiramis_.

[147] Clément d’Alex. Strom., lib. III, pag. 185.

[148] Athénée cite deux exemples de semblable confusion de noms par des

historiens de son temps: l’un disant que Ninive fut prise par _Kyrus_,

au lieu de _Kyaxar_; l’autre que l’on voyait à Ninive le tombeau de

_Ninus_, au lieu de _Ninyas_. Athénée, en faisant lui-même ces

remarques, nous montre que ces cas ont été assez fréquents.

[149] Il semble aussi que cette Sémiramis doit être celle qu’Hérodote a

eu en vue par suite de ces confusions.

[150] _Voyez_ Ktésias en Diodore, lib. II.

[151] Ktésias et Moïse de Chorène.

[152] Lib. I, § CLXXVIII.

[153] _Norma, regula_.

[154] Josèph. contr. Appion., lib. I, § XIX.

[155] Reg. lib. II, cap. 23, v. 29, etc. 24, v. 7.

[156] Ce mot persan _satrape_ reçoit une explication instructive et

curieuse de l’ancienne langue de l’Inde, le sanscrit, qui fut

très-analogue à celle des Perses de Kyrus. En le décomposant, on y

trouve deux mots qui signifient _maître du dais_ ou _parasol_

(_ishattra-pah_ ou _pad_); ce qui nous apprend que jadis en Perse, comme

aujourd’hui dans l’Inde et à la Chine, l’attribut honorifique des

gouverneurs des provinces était de se faire porter le _parasol_, de

rendre leurs sentences et décisions sous le _parasol_. Aussi lorsqu’en

ces derniers temps nous avons eu à Paris des envoyés du shah de Perse,

eux et leurs gens ont-ils été scandalisés de voir le parasol dans toutes

les mains indistinctement. Notre industrie, pour rendre ce meuble plus

commode, a su le réduire à une seule tige ou bâton; mais dans l’origine,

il était monté sur deux et même sur quatre, et il était le dais dont les

prêtres et les rois ont conservé le très-antique usage oriental, et dont

notre climat nous a fait oublier le motif et l’intention.

Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome II · 第 23 / 25 段