[266] Ici se présente un rapprochement singulier: Eusèbe, en son
_Chronicon_ (par Scaliger) dit en une année (qui correspond à l’an 1575
avant J.-C.) «que des _Éthiopiens venus du fleuve Indus_, campèrent et
s’établirent près de l’_Égypte_». «Les Juifs, de leur propre aveu, étant
de _race chaldéenne_ (branche des _Arabes_ noirs), il s’ensuit qu’ils
sont de vrais _Éthiopiens_. Quant au fleuve _Indus_ ou _Noir_, ce nom a
été donné à plusieurs fleuves: en outre, Mégasthènes, parlant des
_Juifs_, dit qu’ils furent une tribu ou secte indienne appelée _Kalani_,
et que leur théologie se rapproche beaucoup de celle des Indiens.
Devrait-on lire _Kaldœi_ au lieu de _Kalani_? Josèphe n’en fait pas la
remarque. En résultat, ceci nous indique toujours une tribu d’Arabes
Éthiopiens.
[267] Eusèbe, _Prœp. evang._, lib. IX.
[268] _Recherches nouvelles_, tome I, p. 278.
[269] Hécatée, ancien auteur, nous donne encore une autre version, en
disant «que beaucoup d’Égyptiens rapportent à Dieu même l’origine du
peuple juif, en ce qu’alors il y avait en Égypte plusieurs races
d’étrangers qui chacune observaient des rites particuliers et divers de
sacrifices, et comme il arriva que plusieurs Égyptiens quittèrent le
culte national, le gouvernement crut nécessaire d’éloigner ces
étrangers: les premiers et les plus importants allèrent en Grèce sous la
conduite de Dareau et de Cadmus; les autres allèrent en Judée».
[270] Tacite dit que ce fut à l’occasion d’une _contagion_ (_tabe
ortâ_), et sur l’ordre d’un oracle: il ajoute que ce fut sous le roi
_Bocchoris_; mais le seul de ce nom que présentent les listes avant
Sabako, ne peut convenir, et ceci indique que Tacite a consulté d’autres
auteurs que Manéthon.
[271] Lib. I, page 18, édition de Wesseling.
[272] _Voyez_ page 52 et suivantes.
[273] Diodore prouve qu’il a puisé à de bonnes sources, quand il dit que
selon plusieurs historiens, les prétendues 100 _portes_ n’ont été que de
grands _vestibules de temples_ ou de _palais_. C’est précisément
l’équivoque du mot arabe _bâb, porte_ et vestibule, désignant
figurativement un _palais_. Tout son récit sur Thèbes est du plus grand
intérêt, à suivre sur les plans de cette ville par les savants français.
[274] Sésos-tris paraît se composer de _Sésoos_, qui ne diffère point de
_Sethos_ prononce à la grecque.
[275] Diodore, édition de Wesseling, lib. I, p. 79.
[276] Diodore, pag. 78, n° 68.
[277] Diodore, lib. I, page 76, n° 66.
[278] _Ibid._, édit. de Wesseling, p. 72, 73, 74.
[279] Ce doit être lui dont le père _Gnephactus_ maudit la mémoire de
Menas.
[280] On a lieu de croire que ce fut ce Ramessès qui força les Hébreux
de bâtir les villes de Ramessès et de Phitom, autre analogie.
[281] Diod. sicul., lib. I, p. 57.
[282] Après tant de siècles de réunion ils en diffèrent encore.
[283] Tacite, _Annal._, lib. II, année 772.
[284] Remarquez bien que sur ce monument autographe, il n’est pas donné
le plus léger indice des puissantes cités de Ninive et de Babylone.
[285] Le texte dit 200 chars par chacune des 100 portes; et nous voyons
dans les monuments que chaque char n’a qu’un cheval.
[286] Ammien Marcell., lib. XVII, pag. 90, _de Bello Persico_. Diodore,
lib. IV, p. 263, W. parlant des exploits d’Hercule, dit «qu’il bâtit en
Libye une ville appelée _Hécatompyle_ (du nombre de ces 100 portes),
laquelle a fleuri pendant une longue série de siècles, jusqu’à ce que
les Carthaginois ayant dirigé contre elle une armée commandée par
d’habiles généraux, réussirent à s’en emparer.» Les auteurs de la
description de Thèbes qui nient le fait, veulent que Diodore ait récité
une fable et qu’Ammien l’ait répétée: mais il est clair qu’Ammien a
puisé à une autre source, et probablement dans les livres de Juba, la
circonstance de temps qu’il désigne.
[287] Josèphe, lib. IX, chap. 2, place Nahum vers le temps de Manahem
(778), et le livre des Rois place Jonas sous le règne de Jéroboam II,
mort en 780. Il paraît que vers cette époque il y eut un moment de grave
danger pour Ninive, peut-être de la part des Kimmériens, dont Strabo,
lib. III, page 222, place une terrible incursion au temps d’Homère, par
conséquent vers l’an 700 à 800: cette secousse semble avoir réveillé de
leur indolence les rois de Ninive, qui depuis _Phul_, alors mis en
scène, se montrèrent tous actifs.
[288] Les traducteurs divaguent sur le texte de ce mot, qui hors ce sens
n’en a aucun.
[289] _Voyez_ Marsham, et mieux encore Desvignoles, tom. II, pag. 736 et
suiv.
[290] Diod. sicul. pag. 101, W.
[291] C’est-à-dire un _mètre_; or le _mètre_ est juste l’élément du
stade égyptien que nous avons vu employé pour la pyramide de Bélus, 3190
ans avant J.-C. _Voyez_ ci-devant page 174.
[292] Bailly, _Astronomie ancienne_, pag. 403.
[293] Par suite de ce mouvement annuel, le point équinoxial se trouve
aujourd’hui sortir du second des Poissons; et cependant nos poètes
chantent encore le _Bélier_ comme Virgile chantait le Taureau.
Candidus auratis aperit cum cornibus annum.
[294] _Diogène de Laërte_, en son préambule, nous dit, d’après les
prêtres égyptiens, que depuis _Vulcain_ ou _Phtha_, fils de Nilus,
jusqu’à l’arrivée d’Alexandre, 373 éclipses de soleil avaient été
observées en Égypte, concurremment à 832 éclipses de lune. Des nombres
si positifs ne doivent pas être une pure fiction: il serait digne des
astronomes modernes de calculer quelle durée de temps ce nombre exige;
cela pourrait donner une correction lumineuse aux 48,863 ans que Diogène
dit avoir été celle de cette durée, et qui dans tous les cas sont
inadmissibles (peut-être y a-t-il erreur décuple de 4863).
[295] Cette note dans la première édition du tome II, se trouvait après
la pag. 82.
[296] _Voyez_ la Vie de Lycurgue dans Plutarque, Diogène de Luërte, etc.