Laissons Larcher à ses raisonnements et à ses conjectures sur Platon et

sur Aristote: il est évident, par la diversité des trois termes 30, 35,

37, que Lycurgue fut plus sage que ces rêveurs, et qu’il n’exprima point

un âge fixe: l’établir à 37 ou même à 30 ans, eût été priver l’état de 8

ou 10 ans d’une fécondité ordonnée par la nature, et dissiper en

libertinage des forces utiles à la nation. Aristote et Platon, pleins,

comme l’on sait, des idées systématiques d’une physique erronée et

originairement astrologique, ont dit: «La vie ordinaire de l’homme sain

est de 70 à 75 ans. Tout ce qui ne croît pas, décroît: la moitié de la

vie doit se passer à croître, l’autre à décroître... 33 à 37 sont le

terme mitoyen entre zéro et 70 ou 75. Donc le corps n’est parfait qu’à

35 ou à 37.»--L’erreur de ces systèmes est démontrée par les faits et

par la science physiologique. En résultat, il n’existe pas la plus

légère preuve que les Grecs anciens, modernes ou mitoyens, se soient

mariés au terme général de 30 ni de 35 ans; il est au contraire prouvé

par la nature de la question et par les généalogies d’époque certaine,

qu’ils se sont mariés plus tôt; et tout prouve que l’évaluation de trois

générations par siècle a été un moyen purement idéal et systématique

dont d’usage ne peut qu’induire en erreur.

FIN DU DEUXIÈME TOME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS CE VOLUME.

SUITE DE LA CHRONOLOGIE D’HÉRODOTE.

Chronologie des rois de Perse, cités par les

Orientaux modernes, sous le nom de dynastie

_Pishad_ et _Kéan_.--Époques de Zohak, de Féridoun

et du législateur Zerdoust, dit Zoroastre. Page 1

§ I. Époque du législateur Zoroastre 2

§ II. Récit des Parsis sur Zoroastre 14

§ III. Vie de Zoroastre 50

§ IV. Des anciens rois de Perse, selon les Orientaux

modernes 69

§ V. Dynastie Kéan ou Kaian 74

§ VI. Dynastie Piche-Dad 87

Liste chronologique des rois de Juda 105

_Idem_ des rois Chaldéens de Babylone 106

CHRONOLOGIE DES BABYLONIENS 107

CHAPITRE Ier.--Fondation de Babylone 108

CHAP. II.--Récit de Ktésias, système assyrien 114

CHAP. III.--Récit de Bérose et de Mégasthènes--Système

chaldéen 121

CHAP. IV.--Autorités respectives de Bérose et de

Ktésias, comparées et appréciées 132

CHAP. V.--Récit d’Hérodote 137

CHAP. VI.--Résultat 141

CHAP. VII.--Dimension des principaux ouvrages

de Babylone 159

CHAP. VIII.--Histoire probable de Sémiramis 181

CHAP. IX.--Récit de Conon et roman d’Esther 193

CHAP. X.--Babylone depuis Sémiramis 200

CHAP. XI.--Kanon astronomique de Ptolomée 211

CHAP. XII.--Rois de Babylone jusqu’à Nabukodonosor 219

CHAP. XIII.--Règne de Nabopolasar, _dit_ Nabukodonosor 230

CHAP. XIV.--Siége de Tyr 239

CHAP. XV.--Prétendue expédition en Égypte,

en Libye, en Ibérie, sans preuves et sans vraisemblance 246

CHAP. XVI.--Derniers rois de Babylone jusqu’à

Kyrus 253

CHAP. XVII.--Du livre intitulé Cyropédie de

Xénophon 260

CHAP. XVIII.--Du livre intitulé Daniel 266

CHAP. XIX.--Résumé 278

CHRONOLOGIE DES ÉGYPTIENS.

CHAP. Ier 281

CHAP. II. Exposé d’Hérodote 289

CHAP. III.--Système de Manéthon 319

§ I. Texte de Manéthon en son second volume 331

§ II. Analyse du texte cité par Josèphe 341

§ III. Époque de l’entrée et de la sortie des Juifs

selon Manéthon 364

CHAP. IV. Récit de Diodore 373

RECHERCHES sur les antiquités du temple de Dendéra,

dans la Haute-Égypte, d’après la construction

du zodiaque au plafond de son péristyle;

par M. Nouet 418

ÉPOQUES et dates principales de la chronologie d’Égypte,

éclaircies et appuyées par des dates parallèles

et étrangères 431

NOTE sur le système, des générations 436

FIN DE LA TABLE.

[Illustration: Zodiac de Dendera]

[Illustration: Table]

[Illustration: Table]

* * * * *

NOTES:

[1] _Voyez_ le Zend-avesta publié en 1769, tome II, p. 62.

[2] Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXXVII.

[3] _Évêques_ et _curés_ des _Parsis_ ou _Guèbres_, qui sont dans l’Asie

ce que les Juifs sont en Europe, les débris épars d’un ancien peuple

détruit.

[4] Boundehesch, p. 420.

[5] _Voyez_ Histoire universelle, tome IV, in-4°, p. 1 et suivantes.

[6] Indicateur et Moniteur de Masoudi, extrait par M. de

Sacy.--Manuscrits orientaux, tome VII, pag. 161.

[7] Zend-avesta, tome II, pag. 6 et suivantes.

[8] Plin., lib. VII, chap. 16.

[9] _De Antro Nympharum_.

[10] Zend-avesta, tome II, p. 54.

[11] Zend-avesta, tom. II, p. 55.

[12] Eutychius a écrit vers 930, et Aboulfarage vers 1260.

[13] _Voyez_ Hyde, pag. 317 et suivantes.

[14] Ammien Marcellin, lib. XXIII. Il à écrit vers 388 à 390.

[15] Le texte porte: _ab eo_ (Hystaspe...) Anquetil a traduit: _et c’est

de ces mages qu’est venue_, etc. Mém. Académ. des Inscript., tome

XXXVII, pag. 718.

[16] _Plato_, _de Legibus_, pag. 441, édition de 1602.

[17] Témoin Rabbi _Mosès_, Maimonides.

[18] Apulée, lib. II. Iamblique, qui a compilé la vie de Pythagore,

d’après une foule d’auteurs, vers l’an 320, répète la même tradition.

[19] _Voyez_ Chronologie de Larcher, année 608.

[20] _Clemens Alexandrinus_, p. 131. Il écrivait vers l’an 215.

[21] Vers le temps où l’on place cette prophétie, les prêtres chaldéens

montraient celle de Nabukodonosor, qui annonçait la ruine de son empire

(_voyez_ Mégasthènes): les prêtres juifs présentaient à Kyrus une

prophétie d’Isaïe, annonçant son élévation avec son _propre nom_;

malheureusement nous n’avons pas le manuscrit d’Isaïe: encouragé par ces

exemples, le grand-prêtre Iaddus montra aussi au conquérant Alexandre sa

venue prédite; enfin le livre de Daniel prédisait aussi (_après

Antiochus_) les quatre monarchies, dont celle des Romains fut une. Ces

siècles furent ceux des _prophéties_: les époques des révolutions sont

des paroxysmes de superstition. D’ailleurs l’exposé de Masoudi, ou

plutôt des _Parsis_, ses auteurs, est plein de contradictions... _Il y

a_, dit-il, _entre Zerdust et Alexandre environ 300 ans, parce que

Zerdust a paru du temps de Kai-Bistasp_ (Darius Hystasp); mais entre

Darius, élu roi l’an 520, et Alexandre, roi d’Asie en 327, il n’y a que

193 ans, et un _environ_ de 107 ans ne peut se permettre... D’Alexandre,

mort en 324 avant J.-C., jusqu’à Ardéchir, roi en 226 après J.-C., il y

a 550 ans, et Masoudi en compte _environ_ 500; autre erreur trop forte.

Son calcul de la prophétie est d’ailleurs inintelligible... _L’empire

périra au bout de 300 ans; la religion avec l’empire, au bout de

1000_... Est-ce 1300 en tout, ou bien seulement 1000? Il prend ce

dernier parti. Mais, si au temps d’Ardéchir il y avait 800 ans écoulés,

les 100 qu’il voulut ajouter aux 200 restants faisaient 1100, et

cependant, en retranchant 300 ans (moins 10), comme il fit, il augmenta

de près de 500 ans. Or ces 500, ajoutés aux 800 que l’on disait écoulés,

font 1300. La prophétie n’était donc pas de 1000 ans en total, comme le

dit Masoudi, mais de 1000 plus 300... En outre, si Zerdust parut, comme

il le dit encore, 300 ans avant Alexandre, ce fut donc en 630, au temps

de Kyaxar, roi des Mèdes, et de Jérémie, chez les Hébreux. Ici Masoudi,

en contradiction avec lui-même, se place au nombre de ses compatriotes

qui font Zerdust disciple de Jérémie, trompés peut-être par l’équivoque

du nom de ce prophète, avec celui d’_Urmih_, ville natale de Zoroastre.

Ce calcul favoriserait l’hypothèse d’un académicien (l’abbé Foucher),

qui, dans un savant Mémoire (tome XXVII des Inscript.), a voulu prouver

que Zoroastre, législateur, parut au temps de Kyaxarès; mais nous allons

voir que ce système est plein d’incohérences. Cette anecdote

d’_Ardéchir_, en nous donnant la mesure de l’ignorance et de l’audace

des _gouvernants asiatiques_, ne pourrait-elle pas nous donner la clef

d’une autre énigme du même genre? savoir pourquoi le texte grec compte

depuis la création du monde jusqu’à notre ère............ 5508 ans,

tandis que le texte hébreu n’en compte que.....

3760----Différence................. 1748.

Si, comme il est vrai, c’était une opinion générale dans la basse Asie,

100 ans avant et après notre ère, _que le monde allait finir_; si, comme

il est vrai, cette opinion prenait sa source dans la théologie de

Zoroastre, qui dit que le monde, gouverné par _Ormuzd_, après avoir duré

6000 _ans_, est supplanté et détruit par Ahriman, qui règne _six_ autres

_mille_ (total, 12000, c’est-à-dire les douze mois du grand _cercle_ de

l’année, appelé _mundus_, le _manda_ sanscrit); ne pourrait-on pas

croire que les Juifs, imprégnés des opinions perses, ont pu et dû

s’effrayer de voir s’approcher la fin du sixième mille, compté sur la

Genèse; qu’alors la prudence de leur synagogue aurait jugé nécessaire de

faire une suppression qui, comme celle d’Ardéchir, reculât l’_époque du

destin_; et que cette opération n’ayant eu lieu qu’après la traduction

et la divulgation du texte grec, elle n’aurait agi que sur l’hébreu pur,

et qu’elle aurait été effectuée spécialement à une époque où elle aurait

pu embarrasser la secte naissante des chrétiens, qui n’usait que du

texte grec? Tout cela est tellement asiatique et juif, qu’on peut le

regarder comme vrai. Ajoutons que ces _cinq_ et _six_ mille de

Zoroastre, qui n’étaient que des mois, que des signes du Zodiaque

chaldaïquement divisés en _mille parties_, pris ensuite par méprise pour

des années, doivent être le vrai texte sur lequel Hermippe et Eudoxe ont

bâti leur _cinq_ et _six mille ans_? Qu’est-ce que l’histoire ancienne!

[22] Clément d’Alexandrie nous en fournit encore une preuve. «_Platon_,

dit-il, fait mention d’un certain _Ér_ (ou Hèr), fils d’_Armenius_,

Pamphilien d’origine, qui est _Zoroastre_; car il a écrit ces paroles...

Voici ce qu’écrit Zoroastre, fils d’Armenius, Pamphilien d’origine:

Ayant été tué à la guerre, je suis descendu aux enfers (ou cieux

inférieurs), et les dieux m’ont dit ce que je vais raconter.»

Il est évident que ce _Hèr_ a reçu ou pris le nom de _Zoroastre_, et

qu’il a été un de ces charlatans dont l’Asie abonda au temps de _Darius_

et d’_Ostanès_. Sa vision, racontée par Platon, livre X de sa

République, est d’ailleurs curieuse, en ce qu’elle nous montre des idées

zoroastriennes sur l’autre monde, qui se trouvent presque littéralement

chez les musulmans et chez les chrétiens.

[23] Hérodote, lib. I, § CXL.

[24] Lib. I, p. 88, § CVII.

[25] Lib. I, p. 99, § CXX.

[26] En relisant Hérodote, nous trouvons deux autres traits non moins

concluants. Liv. III, § LXV, Cambyse mourant conjure les Perses de ne

point souffrir que le mage _Smerdis_ s’empare du trône, et que par son

imposture l’empire retourne aux _Mèdes_..... Et _ibid._, § LXXIII, le

Perse Gobrya, haranguant les conjurés, leur dit: «Quelle honte pour des

_Perses_ d’obéir à un _Mède_, à un _mage_!»

[27] § CXXXI.

[28] _In Proæmio_.

[29] _Valesii excerpta_, pages 460 et suivantes.

[30] Xanthus, au début de son article, observe que Kyrus s’était fait

_instruire de la doctrine des mages_: donc il n’y était pas né; il les

caressait pour se faire un parti chez les Mèdes.

[31] Lib. I, cap. I.

[32] Ce qu’Augustin, _De civitate Dei_, lib. XXI, cap. 14; ce qu’Orose,

lib. I, cap. 4, dans le Ve siècle; et ce qu’Arnobe, lib. I, dans le

IIIe siècle, disent de Zoroastre et de Ninus, ne sont que la

répétition de ce passage.

[33] Syncelle, p. 167.

[34] Chap. 13, p. 40.

[35] _Érostrate_ brûla aussi le temple d’Éphèse pour qu’on _parlât_ de

lui: d’Érostrate à Ninus, quelle est la différence?

[36] Chap. 14.

[37] _Ibid._ pag. 37.

[38] La preuve que Mosès n’a pas fait un roman, est qu’ayant présenté sa

description à M. Amédée Jaubert, aujourd’hui auditeur au conseil-d’état,

qui a voyagé dans le pays, il nous a assuré, dès la seconde page, qu’il

reconnaissait parfaitement les environs du lac de _Vanck_, et

particulièrement le local appelé _Arnès_, lieu redouté à cause des

voleurs qui s’y cachent dans les trous d’une ruine dont la forme retrace

une vieille digue.

[39] La traduction latine porte Zoroastre à la manière des Grecs; mais

le texte porte _Zerdust_ à la manière des Parsis. Les traducteurs ne

devraient jamais se permettre ces changements de noms propres: il en

résulte quelquefois de graves contre-sens; par exemple, cette même

traduction rend à la page 97, le pays de _Klesoi_ par _Cœlésyrie_,

pendant que c’est l’_Akilis-ène_ de Strabon. Avec ces interprétations,

on a introduit une foule d’erreurs et de difficultés dans l’histoire

ancienne.

[40] Les Arméniens, comme les Arabes, nomment d’un même mot tout grand

espace d’eau: cette mer est le lac de _Vank_. En Égypte, le fleuve

s’appelle _Bahr_, comme l’Océan même. Tout ce récit de Mosès a cela de

remarquable, qu’en le confrontant à celui de Ktésias, l’on trouve que le

Grec nous a donné le commencement de l’histoire de Sémiramis, et

l’Arménien, le dénouement; tous les deux sont parfaitement d’accord sur

le caractère. Et Mosès paraît n’avoir connu Ktésias que par Diodore.

[41] Hérodote, lib. I, § CI, nomme les _Busi_, le _Pareta keni_, les

_Struchates_, les _Arizanti_, les _Boudini_ et les _Magoi_(mages).

[42] Prononcé Irâne ou Èrane: _an_ est la désinence, comme _us_ en latin

et _os_ en grec. Aïr-an. L’Arménien Mosès fait observer que Arioï

signifie (fortes) les _braves_, mot analogue à _virtus_ (_firtus_) et à

_vir_, qui dans le sanscrit ont le même sens qu’en latin.

[43] _Tour_ et _Taur_ s’écrivent par les mêmes lettres arabes, et dans

les radicaux du phénicien et du chaldéen, _Tour_ et _Tsour_ sont le nom

général des montagnes.

[44] _Voyez_ Origène contre Celse, lib. VI; Vie de Zoroastre, pag. 28;

Zend-avesta, tom. II.

[45] L’original de l’_Oupnekhat_, si bizarrement traduit ou plutôt

défiguré par Anquetil, est bien reconnu pour être l’un des livres les

plus authentiques après les Vedas: il date au moins du 1200 ans avant

J.-C.

[46] _Voyez Diog. Laërce, in Proœmio_. Mais lorsqu’il ajoute que les

mages sont antérieurs aux Égyptiens, il est en erreur et il copie

Hermippe et Eudoxe.

[47] Le passage suivant de son Traité sur _Isis_ et _Osiris_ est surtout

remarquable:

«Il est des hommes qui croient qu’il existe deux dieux, dont le

caractère opposé se plaît à faire l’un le bien, l’autre le mal.

Zoroastre les a nommés _Oromaze_ et _Ahrimane_. Il a dit que la lumière

est ce qui représente le mieux l’un, comme les ténèbres et l’ignorance

représentent le mieux l’autre. Les Perses disent qu’_Oromaze_ fut formé

de la lumière la plus pure; _Ahrimane_, au contraire, des _ténèbres_ les

plus épaisses: Oromaze fit six dieux bons comme lui, et Ahrimane en

opposa six méchants. Oromaze en fit encore vingt-quatre autres, qu’il

plaça dans un _œuf_; mais Ahrimane en créa autant, qui percèrent

l’_œuf_, ce qui a produit dans le _monde_ le mélange des biens et des

maux.»

Théopompe ajoute, d’après les livres des mages, «que tour à tour l’un de

ces dieux _domine_ (est _supérieur_) trois _mille_ ans, pendant que

l’autre est _inférieur_; qu’ensuite ils combattent avec égalité pendant

trois autres _mille_ ans... mais enfin le mauvais génie doit succomber,

etc.»

En réduisant ces allégories à leur sens naturel et simple, il en résulte

que Zoroastre, d’après ses méditations physico-astronomiques,

considérait le monde ou l’univers, comme régi par deux principes ou

pouvoirs, l’un de _production_, l’autre de _destruction_; que le premier

gouvernait pendant les six _mille_, c’est-à-dire pendant les six _mois_

d’été, depuis l’équinoxe du Belier jusqu’à celui de la Balance; et le

second pendant les six _mille_ ou six _mois_ d’hiver, depuis la Balance

jusqu’au Belier. Cette division de chaque signe du Zodiaque en 1000

parties, se retrouve chez les _Chaldéens_; et Anquetil, qui a si bien

saisi l’allégorie, parle en plus d’un endroit des douze _mille_ de

Zoroastre, comme des douze _mois_ de l’année.

L’_œuf_ est, comme l’on sait, l’emblème du monde chez les Égyptiens; les

vingt-quatre dieux _bons_ sont les douze mois divisés par _quinzaines_

de lune croissante et de lune décroissante, dont l’usage se retrouve

chez les Indiens comme chez les Romains; ainsi du reste: c’est-à-dire

que tout le système zoroastrien ne fut que de l’astronomie et de

l’astrologie, comme tous les systèmes anciens; et qu’ensuite, défiguré

par ses sectaires, qui ne l’entendirent pas, il reçut un sens mystique

moral et des applications politiques qui ont eu, en plusieurs occasions,

et spécialement chez les Juifs, des conséquences singulières, puisqu’un

nouveau système en naquit.

[48] Page 199, édit. de Rouen, 1653.

[49] _Voyez_ Dupuis, Origine de tous les cultes, pl. n° 17.

[50] _Voyez_ le fragment de Ktésias en Diodore, lib. II, p. 118.

[51] _Voyez_ Diodore de Sicile, lib. I; _Stephanus_, _de Urbibus_, et

_Strabo_.

[52] Ce n’est pas le grammairien, puisqu’il vécut après Diodore.

[53] Mémoires de l’Acad. des Inscript., tom. XVI, p. 245.

[54] Il faut qu’il y ait erreur dans les 599 cités par Fréret.

[55] Son petit-fils _El-Aqrân_ l’avait réparée, en marchant, pour venger

son père, contre le pays de _Sinn_, dont il prit la capitale, et où il

établit une colonie de 30,000 Arabes. La postérité de ces colons

subsistait encore en 1168, selon Ebn Hamdoun, dans le _Thibet_, qui est

le _Sinn_ des auteurs arabes.

[56] Que les Perses de Kyrus et de Darius, possesseurs de _Babylone_,

aient cru que les rois de cette ville avaient toujours été leurs

lieutenants et vassaux, cela se conçoit, parce que, relativement aux

Mèdes, prédécesseurs des Perses, il y a un fond de vérité. Mais que les

auteurs persans du XIe siècle viennent nous dire que Kyrus et Xercès

n’étaient que des vassaux et des lieutenants d’un _châh_ imaginaire,

cela ne prouve que leur ignorance profonde de l’antiquité, et ne mérite

aucune discussion. On ne peut voir sans regrets que M. _Mouradja

d’Ohson_ ait adopté et préconisé chez nous ces rêves asiatiques, dans

son _Tableau historique de l’Orient_; mais l’on conçoit que né

_Arménien_, élevé à _Stamboul_ dans le respect et l’admiration d’un

grand pouvoir, M. Mouradja, en devenant _drogman_ et _comte_ suédois,

n’ait pu changer d’esprit comme de vêtement: son livre, que nous venons

de citer, écrit sans ordre, sans indication d’aucune autorité, n’est

propre qu’à donner des idées fausses et vagues, et ne doit, en aucun

cas, être regardé comme une _histoire_ de l’ancien Orient.

[57] La racine _lahab_ manque dans l’arabe (_Voyez_ Golius), mais elle

subsiste dans l’hébreu, qui, en plusieurs cas, explique très-bien le

vieil arabe.

[58] Il est évident que ce nom d’_Aâd_ fut, chez les anciens Arabes, le

nom de beaucoup d’individus, en même temps qu’il était celui d’une

tribu. Ainsi, chez les Hébreux, _Manassé_, _Siméon_, _Éphraïm_, noms de

tribus, sont aussi des noms d’individus. Parmi les _merveilles du

monde_, les Arabes citent le puits de _Moattala_ chez les _Madianites_,

issus d’_Aâd_, tribu expulsée de l’Iémen. Les _Madianites_ sont cités

avant Moïse: donc l’expulsion des Aâdites date de bien plus loin.

Dans leurs récits mêlés de fables, les auteurs arabes citent,

relativement à _Cheddâd_, plusieurs faits d’une exactitude vraiment

historique et très-instructifs. Par exemple, _Chehab-el-din_, dans son

livre _El-Djoman_ (les Perles), rapporte que{*},

{*} _Voyez_ Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 139. Extrait

par M. de Sacy.

«Aâd eut un grand nombre d’enfants dont trois régnèrent après lui

(savoir): _Mondâr_, _Cheddâd_, et _Loqman_. _Cheddâd_ ayant succédé à

_Mondâr_, fit de grandes conquêtes dans l’Afrique jusqu’à l’Océan. Après

200 _ans_ d’absence, revenu en Iémen, il ne voulut point résider au

château de Mâreb, et il acheva le château appelé _El Mocheyâd_, commencé

par son frère Mondâr. Il y employa avec profusion l’or, l’argent et les

pierres précieuses (qu’il avait rapportées de ses conquêtes). Les murs

étaient ornés intérieurement des pierres les plus rares, et le pavé

était de marbre de diverses couleurs (c’était une mosaïque). _Cheddâd_

avait reçu de la nature une _force_ de corps prodigieuse (son nom en

dérive: _chedid_ signifie _fort_); il pliait le fer avec les doigts, et

l’éclat de sa voix eût _pu tuer un lion_... Il vécut très-âgé, et vit sa

postérité se multiplier à l’infini...

Le _jardin_ nommé _Aram-Zât-el-èmâd_ (Aram aux colonnes), est encore un

ouvrage de ce prince. Ayant lu dans (certains) _livres révélés_ la

description du paradis, dont les «colonnes sont d’or et d’argent, la

poussière de musc et d’ambre, les gazons de safran et d’iris, les

cailloux d’hyacinthe et d’émeraude, etc., il voulut imiter cette

magnificence... Il choisit une plaine délicieuse, coupée de 1000

ruisseaux, et il y bâtit un palais enchanté, etc.

«Dans son livre des _merveilles de Dieu_{*}, Iaqouti s’exprime plus

historiquement sur cet ouvrage: _Aram aux colonnes_, dit-il, est une

ville située entre _Sanaà_ et _Hadramaut_: elle a été bâtie par

_Cheddâd_, fils d’_Aâd_, ancien roi des Arabes; elle avait de longueur

12 parasanges, et autant de largeur (c’est presque la dimension de

Moscou); elle renfermait un nombre infini d’édifices merveilleux, etc.»

{*} Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 393.

Il faut laisser à l’écart toutes les fables que les écrivains ont

brodées sur ce riche canevas: les 200 ans de _Cheddâd_ ne doivent pas

être de leur invention: leur analogie avec les âges prodigieux des

antiquités juives, prouve seulement qu’alors les années n’étaient pas

composées de 12 mois, comme nous l’avons vu dans la _Chronologie_ des

Hébreux. En ne prenant que l’essence des faits rapportés dans l’article

ci-dessus, nous y trouvons une indication claire... que dès avant le

temps de _Haret_ et de _Ninus_, et en remontant jusqu’à celui de

_Sésostris_, les Arabes d’Iémen avaient déja fait en Afrique ces grandes

expéditions qu’ils répétèrent au temps de Salomon: ils avaient pu déja,

bien antérieurement, établir cette colonie _d’Éthiopiens-Abissins_, dont

l’origine, suivant le savant Ludolf, se perd dans la haute antiquité, et

qui, différant totalement de la race _nègre_ par leurs cheveux longs,

leur figure ovale et leur idiome tout-à-fait arabique, attestent une

invasion étrangère qui expulsa les naturels du riche pays qu’arrosent

les affluents du Haut-Nil. On conçoit comment un prince doué de moyens

éminents comme _Cheddâd_, put faire des expéditions dont ses

prédécesseurs lui avaient ouvert les voies, et ensuite déployer un luxe

dont le royaume de Thèbes lui offrait les modèles: il est à remarquer

que le mot _Aram_, qui dans les langues arabiques ne signifie rien, dans

le sanscrit signifie _jardin_; et que le _paradis_ décrit par _certains

livres révélés_, est le paradis _indou_, tel que le décrivent les

_Pouranas_: en sorte que nous avons ici l’indication évidente de la

diffusion du _brahmisme_ dès ce temps reculé; et ce nom d’_Aram_,

_jardin_, donné au riche pays de la Mésopotamie, prouve, avec bien

d’autres noms géographiques, que le système indien s’étendit jadis,

comme l’a très-bien vu Wilford, dans tout le continent de l’Asie. Pour

des yeux libres, l’horizon de l’antiquité s’éloigne et s’étend à mesure

que l’observateur avance; mais pour qui porte les _lunettes juives_, dès

quelques pas au-delà d’Abraham, l’horizon est obstrué par le _mont

Ararat_ et par les ténèbres chaldéennes, où l’imagination fascinée

n’aperçoit que des figures _gigantesques_ et des êtres fantastiques dans

des nuages bizarrement dessinés.

[59] La qualité de parent de Djemchid se trouve même en harmonie avec la

tradition citée par _Maseoudi, que l’une des 4 tribus arabes primitives

possédèrent la Perse_, et furent une portion alliée de ses habitants;

l’une de ces tribus portait le nom d’_Aâd_, qui a dû faire équivoque

avec le père de _Cheddâd_.

[60] On trouve dans l’ancienne Arménie le mont _Capotes_, qui est un mot

pur sanscrit, signifiant le _Lingam_ (Phallus); l’Araxès perce une

montagne à un lieu appelé _Ordovar_, et le Gange en fait autant au lieu

appelé _Héridvâr_, etc.

[61] Si l’on observe qu’en parlant de la défaite d’Astyag par Tigrane et

Kyrus, _Mosès_ fait mention de sa maison (militaire) de 10,000 _ames_,

l’on pensera qu’il a voulu désigner le corps des 10,000 _cavaliers_

devenu partie constituante de l’état militaire des Assyriens, puis des

Mèdes, puis des Perses, où nous le trouvons sous le nom des 10,000

_immortels_. Déïôkes et Kyrus ne firent que copier Ninus: par suite

d’imitation, les Tartares ont copié les Perses dans leur _Touman_ de

10,000 cavaliers.

[62] Ktésias dans Photuis, p. 110.

[63] _Voyez_ d’Herbelot, Biblioth. orient., au mot _Sâm ben Souri_. En

général le lecteur trouvera les traditions que nous citons, soit dans la

Bibliothèque orientale, soit dans le livre I de l’Histoire universelle,

tom. IV, in-4°, dans lequel est inséré un extrait de Mirkond.

[64] Ktésias en Photius, pag. 107.

[65] Athénée, lib. XII, édit. de Schweighauser, tome IV, page 468.

[66] Hérodote est d’accord; seulement il donne à ce second le nom de

_Smerdis_.

[67] Hérodote dit la même chose de _Smerdis_.

[68] _Voyez_ l’Histoire universelle, in-4°, tome IV, page 5 et suivante.

[69] _Voyez_ tome IV, page 414, et ci-devant, pag. 77.

[70] Quint. Curt., lib. V, cap. I.

Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome II · 第 22 / 25 段