XXIII.

Cependant le héros est reparti pour sa capitale, laissant à Sacountala

un anneau où son sceau est gravé. Il lui a juré de la reconnaître

partout à la vue de ce signe.

Au dernier acte, le saint anachorète _Canoua_ revient au monastère

après sa longue absence. Il apprend, de la bouche de son élève chérie

Sacountala, la visite du héros, son amour, sa promesse de la couronne,

quand elle viendra dans sa capitale lui présenter l'anneau nuptial.

L'anachorète apprend d'elle-même qu'une union secrète, mais approuvée

par la religion et les lois, l'unit au héros, et qu'elle porte dans

son sein un gage de son union, roi futur du royaume. Le saint ermite

approuve tout, et comble Sacountala de présents pour la faire

reconduire dignement à son époux.

La description de ces présents de noce est aussi pittoresque qu'elle

est poétique. Les divinités même invisibles y apportent leur tribut.

Les compagnes de la jeune mère s'écrient: «Nous apercevons, flottant

aux branches d'un grand arbre, un voile céleste, du lin le plus fin,

imitant dans sa blancheur la lumière argentée de la lune, sûr présage

du bonheur qui attend Sacountala». Un autre arbuste distillait une

laque admirable, destinée à teindre du plus beau rouge ses pieds

délicats; tandis que, de tous côtés, de petites mains charmantes, qui

rivalisaient d'éclat avec les plus belles fleurs, se faisant jour à

travers le feuillage, répandaient autour de nous ces joyaux de toute

espèce, dignes de briller sur le front d'une reine.

PREYAMVADA, regardant Sacountala.

C'est ainsi que nous voyons l'abeille quitter le creux de l'arbre où

elle a établi sa demeure, pour venir fêter la fleur du lotus, qui

l'attire par son miel parfumé.

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 237 / 339 题