Cependant le héros est reparti pour sa capitale, laissant à Sacountala
un anneau où son sceau est gravé. Il lui a juré de la reconnaître
partout à la vue de ce signe.
Au dernier acte, le saint anachorète _Canoua_ revient au monastère
après sa longue absence. Il apprend, de la bouche de son élève chérie
Sacountala, la visite du héros, son amour, sa promesse de la couronne,
quand elle viendra dans sa capitale lui présenter l'anneau nuptial.
L'anachorète apprend d'elle-même qu'une union secrète, mais approuvée
par la religion et les lois, l'unit au héros, et qu'elle porte dans
son sein un gage de son union, roi futur du royaume. Le saint ermite
approuve tout, et comble Sacountala de présents pour la faire
reconduire dignement à son époux.
La description de ces présents de noce est aussi pittoresque qu'elle
est poétique. Les divinités même invisibles y apportent leur tribut.
Les compagnes de la jeune mère s'écrient: «Nous apercevons, flottant
aux branches d'un grand arbre, un voile céleste, du lin le plus fin,
imitant dans sa blancheur la lumière argentée de la lune, sûr présage
du bonheur qui attend Sacountala». Un autre arbuste distillait une
laque admirable, destinée à teindre du plus beau rouge ses pieds
délicats; tandis que, de tous côtés, de petites mains charmantes, qui
rivalisaient d'éclat avec les plus belles fleurs, se faisant jour à
travers le feuillage, répandaient autour de nous ces joyaux de toute
espèce, dignes de briller sur le front d'une reine.
PREYAMVADA, regardant Sacountala.
C'est ainsi que nous voyons l'abeille quitter le creux de l'arbre où
elle a établi sa demeure, pour venir fêter la fleur du lotus, qui
l'attire par son miel parfumé.