Deux ermites, compagnons du saint, paraissent, et aperçoivent le jeune
chasseur. Ils s'entretiennent un moment des avantages de la vie
religieuse pour le salut. Un d'eux reconnut dans le héros le fils du
roi, roi lui-même.
«Je ne m'étonne pas,» lui dit son jeune compagnon, «si ce bras, solide
et noueux comme l'énorme barre de fer qui assure la porte de sa
capitale, a suffi pour soumettre à sa puissance la terre, noire
limite du vaste Océan; si, dans les combats acharnés qu'ils livrent,
les dieux attribuent autant à son arc redoutable qu'aux foudres
d'Indra les victoires éclatantes qu'ils remportent sur leurs fiers
ennemis.»
Ils s'approchent, ils invitent respectueusement le chasseur à venir
habiter quelques jours leur ermitage. Le héros les remercie, il flotte
entre deux courants d'idée; il sent qu'il est nécessaire à sa
capitale, mais il ne peut s'arracher des lieux habités par Sacountala.
«La distance des lieux où je voudrais être à la fois tient mon esprit
divisé, comme sont divisées les eaux d'un fleuve par un rocher qui
s'oppose à son cours.»