XX.

Deux ermites, compagnons du saint, paraissent, et aperçoivent le jeune

chasseur. Ils s'entretiennent un moment des avantages de la vie

religieuse pour le salut. Un d'eux reconnut dans le héros le fils du

roi, roi lui-même.

«Je ne m'étonne pas,» lui dit son jeune compagnon, «si ce bras, solide

et noueux comme l'énorme barre de fer qui assure la porte de sa

capitale, a suffi pour soumettre à sa puissance la terre, noire

limite du vaste Océan; si, dans les combats acharnés qu'ils livrent,

les dieux attribuent autant à son arc redoutable qu'aux foudres

d'Indra les victoires éclatantes qu'ils remportent sur leurs fiers

ennemis.»

Ils s'approchent, ils invitent respectueusement le chasseur à venir

habiter quelques jours leur ermitage. Le héros les remercie, il flotte

entre deux courants d'idée; il sent qu'il est nécessaire à sa

capitale, mais il ne peut s'arracher des lieux habités par Sacountala.

«La distance des lieux où je voudrais être à la fois tient mon esprit

divisé, comme sont divisées les eaux d'un fleuve par un rocher qui

s'oppose à son cours.»

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 234 / 339 题