XXXIII.

Aussi, avant d'entrer dans l'appréciation des oeuvres purement

poétiques de l'Inde, laissez-moi vous donner brièvement un avant-goût

de sa philosophie et de ses notions morales sur Dieu, sur l'âme, sur

l'homme, sur les rapports de l'homme avec Dieu et de l'homme avec

l'homme; vous verrez si de telles notions, chantées en vers ou

rédigées en dogmes et en codes, sont un indice de cette prétendue

barbarie primitive que les philosophes de la perfectibilité indéfinie

et continue attribuent à cette enfance du monde.

Je puise cet exemple dans le _Bagavagita_, épisode du poëme sacré du

_Mahabarata_, selon MM. _Hastings_ et _Wilkins_, ses premiers

traducteurs.

«La scène est un champ de bataille. Un des combattants, le héros

_Arjoùn_, à l'aspect de ses parents, de ses amis, de ses compatriotes,

qu'il faut frapper dans cette guerre civile, sent défaillir en lui son

coeur, et préfère recevoir la mort au malheur de la donner. Le

demi-dieu _Krisna_, qui combat à côté d'_Arjoùn_, mais qui combat avec

l'impassibilité divine, gourmande le héros de sa faiblesse. Un

dialogue sublime, semblable à ceux de Platon, s'établit entre eux

pendant que les deux armées opposées se reposent un instant du

meurtre.

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 125 / 339 题